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Égypte - Page 3

Entre football et cynisme diplomatique, le jeu perdant de l’Égypte

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Le Sommet de l’Union africaine tenu à E le 27 janvier dernier, et durant lequel le Maroc a retrouvé sa place au sein de sa famille africaine après une bataille diplomatique épique de plusieurs années et un lobbying de haut vol, était l’occasion pour Rabat d’identifier exactement qui sont réellement ses amis – sachant que nos amis on les connaît parfaitement- et tisser de nouvelles alliances interafricaines.

L’objectif derrière cette offensive diplomatique, n’était nullement de composer une majorité numérique qui porterait la voix des intérêts du Royaume au sein de l’Union africaine, mais relevait surtout de la perspective d’une vision politique qui permette la construction d’un vrai espace économique africain qui transformerait le continent en une future vraie puissance dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, et développant des infrastructures et chantiers communs, des liaisons terrestres, maritimes, aériennes et de (télé)communications qui placeraient l’Afrique, à l’avant-garde des espaces régionaux produisant une grande croissance et offrant une forte valeur ajoutée humaine et dans les services.

Nonobstant cet exercice d’identification politique, il était impensable, a priori, pour les stratèges marocains, de considérer l’Égypte comme faisant partie du camp hostile aux intérêts supérieurs du Maroc. Mais les faits sont têtus et Le Caire a fait preuve d’une mauvaise foi complexe à l’égard du Maroc dont il est difficile d’analyser et de comprendre les tenants et aboutissants.

Le régime militaire égyptien s’est aligné sur les thèses des séparatistes sans raison politique objective et à un moment du nouvel ordre mondial où ces mêmes thèses élisent de moins en moins domicile dans les chancelleries internationales. Ce qui prouve que la position de l’Égypte est largement anachronique et n’épouse pas l’évolution logique de la géopolitique mondiale.

Et pour confirmer cette tendance belliqueuse infondée de la part de l’Égypte, il est intéressant de rappeler que lors du Sommet africain, Israël a décidé de donner un coup de fouet à sa politique de colonisation. Et pendant que les observateurs attendaient une réplique diplomatique de la part des autorités égyptiennes, le régime d’Al-Sissi a fait la sourde oreille, habitué qu’il est de la politique de l’autruche, et a continué, avec l’Algérie, de tirer les ficelles du Polisario dans les coulisses d’Addis Abeba.

En revanche, et alors que tout le monde attendait le Maroc sur le seul front africain, Rabat a surpris l’opinion mondiale en prenant franchement et solennellement la défense des intérêts palestiniens. En effet, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tenu, malgré un agenda surchargé, à envoyer un message urgent au président palestinien Mahmoud Abbas dans lequel le souverain réitère la position ferme et inconditionnelle du Royaume du Maroc aux côtés du peuple palestinien, et sa condamnation avec les termes les plus forts de la politique expansionniste israélienne, rappelant au responsable palestinien l’engagement du Maroc et de Sa Majesté, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, en faveur de la cause palestinienne.

La mesquinerie égyptienne est également anecdotique sur le plan du fairplay. Le fairplay sportif s’entend. Il y a quelques jours, certains titres de la presse égyptienne, ont mal digéré le message de remerciements de Sa Majesté le Roi au président camerounais à l’occasion de la victoire de la sélection camerounaise sur son homologue égyptienne en finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football tenue à Libreville au Gabon. L’esprit des félicitations du souverain était purement sportif, mais l’interprétation d’une partie des médias égyptiens était politiquement tordue.


Illustration de l’hystérie collective des médias égyptiens

Cela nous rappelle comment les régimes militaires successifs au pouvoir au Caire ont toujours tenté d’imiter et, à défaut, de faire capoter, le leadership naturel du Maroc dans son environnement régional, oubliant au passage toute l’influence imposée par le Maroc, sous l’impulsion directe de Sa Majesté Hassan II, pour permettre le retour de l’Égypte au sein de la Ligue Arabe après qu’elle fut chassée de ses rangs suite à la reconnaissance de l’État hébreux résultant des Accords de Camp David et le discours du président Anouar Sadate devant le parlement israélien, la Knesset : efforts de Sa Majesté Hassan II couronnés de succès et ont effectivement permis la réintégration de l’Égypte au sein de la Ligue Arabe lors d’un sommet tenu au Maroc sous la présidence effective du défunt souverain.

Abdellah El Hattach.

Sa Majesté au Soudan du Sud : l’Egypte dans tous ses états

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Sa Majesté le Roi Mohammed VI a débuté cet après-midi, à Juba, une visite officielle en République du Soudan du Sud, la première effectuée par le Souverain dans ce pays de l’Afrique de l’Est.
Longtemps hostile à l’intégrité territoriale du Royaume, le Soudan du Sud commence à reconsidérer, graduellement et positivement, ses positions vis-à-vis du Maroc.

D’ailleurs, Rabat, et sur hautes instructions royales, a érigé sur place, depuis plus d’une semaine un hôpital militaire de campagne pour venir en aide aux populations précaires et défavorisées du pays, gage d’un renouveau politique dans les relations bilatérales entre les deux pays.

Il faut reconnaître aussi, que lors des travaux du 28e Sommet Africain, le Soudan du Sud, et sur pression de l’Egypte, s’est trouvé entre le marteau et l’enclume, et n’a pu clarifier sa position quant au retour du Maroc au sein de l’UA. Il aura fallu tout le savoir-faire de Nasser Bourita et Mohamed Yassine Mansouri, chapeautés par le Conseiller du souverain, Fouad Ali El Himma, pour faire revoir sa copie au Soudan du Sud : l’objectif de l’Egypte était de faire capoter la visite de Sa Majesté à Juba.

Les relations entre Le Caire et Rabat ne sont pas au beau fixe. L’Egypte ne voit pas d’un bon œil le retour du Maroc au sein de l’Union africaine. Non pas qu’ils bloquent le mécanisme de réintégration, ont tout fait pour ralentir celui-ci en mettant en avant certaines dispositions obsolètes de la défunte OUA et, plus grave, en reconnaissant à la pseudo-RASD le statut de « pays fondateur » de l’UA.

Les relations en dents de scie entre l’Egypte et le Maroc connaissent, depuis quelque temps, une certaine crispation et, rappelons-nous, qu’au mois d’octobre dernier, Le Caire recevait la visite d’une « délégation parlementaire » du Polisario, à l’occasion d’une conférence parlementaire arabo-africaine à Charm el-Cheikh.

Cette attitude non amicale vis-à-vis du Maroc a plusieurs explications. La première concerne la crise profonde qui ronge les relations entre l’Egypte et l’Arabie saoudite. Le Caire cherche à régler ses comptes avec Ryad par ricochet via Rabat car elle estime que la proximité historique entre le Maroc et l’Arabie se fait à ses dépens. L’autre explication tire son origine dans le développement grandissant des relations géoéconomiques entre le Maroc et l’Ethiopie à travers les accords agricoles, des phosphates et, surtout, ceux ayant trait à la gestion de l’eau : le grand barrage An-Nahda (la Renaissance) bâti en Ethiopie est une grande problématique en Egypte qui y voit un acte belliqueux car il régule le débit du Nil au profit de petits agriculteurs éthiopiens et sud-soudanais, alors que l’Egypte avait, historiquement, le monopole sur ces questions.

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La rancœur de l’Egypte dépasse souvent ces considérations politiques et économiques, et voit dans la dynamique de Sa Majesté une concurrence à son ‘leadership’ continental. En effet, après la mort du colonel Kaddafi, et la vacance du pouvoir militaire en Algérie, les militaires égyptiens, à leur tête le ‘maréchal’ Al-Sissi, cherchent à manipuler certains pays africains au profit d’une hégémonie du Caire. Mais le travail humaniste du Roi, sincère, désintéressé, et sur le terrain, a fait basculer les équilibres géopolitiques au profit d’un Maroc généreux et fédérateur.

Et la réponse à toutes ces supputations, est venue d’une manière solennelle et claire dans le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lors de l’ouverture des travaux du 28e Sommet africain tenu hier à Addis-Abeba : « Certains avancent que, par cet engagement, le Maroc viserait à acquérir le leadership en Afrique. Je leur réponds que c’est à l’Afrique que le Royaume cherche à donner le leadership. »

Le Maroc est désormais ami et allié de toute l’Afrique, occidentale, orientale, septentrionale et australe. Et la visite que débute aujourd’hui Sa Majesté au Sud Soudan, que l’Egypte estime faire partie, à côté du Soudan et de l’Ethiopie, de son périmètre géopolitique et d’influence économique, est une réponse, à qui de droit, que l’Afrique est désormais une et unifiée, et que seul paie le travail.

Abdellah El Hattach. 

Egypte: 5 personnes tuées dans un attentat à la bombe à l’intérieur d’une église copte orthodoxe

Au moins 25 personnes ont été tuées dimanche dans un attentat à la bombe à l’intérieur d’une église copte orthodoxe au Caire, a indiqué la télévision égyptienne d’Etat en citant le ministère de la Santé. L’explosion a eu lieu en pleine célébration vers 10 heures dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, contiguë de la cathédrale copte Saint-Marc.

La télévision d’Etat évoque un « attentat à la bombe ». Mais aucune revendication n’a été formulée pour l’instant.

L’Egypte tente une incursion au Liban au détriment de l’Arabie saoudite

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Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Samih Shoukry est, depuis mardi, dans la capitale libanaise, Beyrouth, pour exprimer le soutien de l’Egypte au gouvernement libanais et ses institutions, et renforcer les relations bilatérales entre les deux pays. Samih Shoukry rencontrera le président libanais nouvellement désigné, le Général Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri auxquels il remettra deux messages du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.
La visite comprend également des entretiens avec un certain nombre de dirigeants politiques libanais les plus éminents, à leur tête le premier ministre du gouvernement intérimaire, Tammam Salam, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Kassil, le Président du Parlement, Nabih Berri, ainsi qu’un certain nombre de chefs de partis politiques libanais.
Les entretiens se focaliseront sur les relations bilatérales entre les deux pays à différents niveaux, les développements les plus importants sur les scènes régionale et internationale, ainsi que l’évolution de la situation interne du Liban après la fin de la crise du vide présidentiel.
Cette visite intervient à un moment crucial de la situation au Proche-Orient, notamment en Syrie. Les israéliens, par exemple, estiment que l’élection de Aoun au poste de président du Liban signifie que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est le grand gagnant de la partie. Surtout que l’allié de l’Arabie saoudite, Saad Hariri, s’est aligné sur la voie du Hezbollah ce qui permet à Hassan Nasrallah et aux Iraniens d’augmenter davantage leur influence sur le Liban. De leur côté, les chrétiens maronites du Liban comptaient sur le soutien de la France et des Etats-Unis ou même d’Israël. 
Or, aujourd’hui la situation a changé vu que Aoun et les Maronites ont lié leur sort à celui de Hassan Nasrallah et du pouvoir syrien. D’ailleurs, Bachar al-Assad n’a pas manqué de féliciter Michel Aoun suite à son élection à la tête de l’Etat libanais. Outre le soutien du Hezbollah, le général Aoun a obtenu l’appui inopiné de deux de ses adversaires : Samir Geagea chef des Forces libanaises et Saad Hariri. 
D’ailleurs, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Samih Shoukry, a rencontré aujourd’hui Samir Geagea et, d’une pierre deux coups, il tentera de mieux assimiler le rôle de Téhéran au Liban et, pourquoi pas le contrecarrer, et, d’autre part, damer le pion à Ryad en raison de la fraîcheur de la relation de l’Arabie saoudite avec le Liban et l’Égypte.
Le Caire, capitale d’une puissance sunnite gardera ainsi une certaine influence sur ce Liban fragile mais éminemment stratégique en vue de toute solution future -même hypothétique- aux problèmes de la région.

Le projet de liaison intercontinentale Égypte-Arabie Saoudite fait couler beaucoup d’encre

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Le projet d’interconnexion terrestre entre l’Arabie saoudite et l’Égypte via un pont qui reliera les deux pays, continue de susciter des remous de part et d’autre des rives de la Mer Rouge, mais également chez le voisin israélien.

Si les opinions publiques respectives en Égypte et en Arabie Saoudite apprécient bon an mal an la rétrocession des deux îlots Tiran et Sanafir -situées à l’entrée stratégique du golfe d’Aqaba- par Le Caire à Ryad, en Israël on semble s’en féliciter.

Selon le quotidien israélien Haaretz, l’Etat hébreu aurait reçu des gages d’assurance de Washington que l’opération de rétrocession par l’Egypte de deux îlots de la mer Rouge n’affecterait pas le passage des navires de guerre et de commerce israéliens de et vers le port sensible de Eilat, information confirmée par le ministre israélien de la Défense. En effet, Moshé Yaalon avait mis en garde les pays riverains du Golfe d’Aqaba de toute atteinte au statu quo qui risquerait de déstabiliser toute la région, en rappelant que les traités de paix signés avec Israël par l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994, garantissent la liberté de navigation pour l’Etat hébreu dans ces zones cruciales pour l’accès à l’océan Indien et le commerce avec l’Asie. Si l’Arabie saoudite n’entretient pas de relations officielles avec Israël, Haaretz croit savoir que le ministre de la Défense israélien Moshé Yaalon aurait reçu de l’Egypte, des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite des assurances sur le maintien du statu quo.
En Égypte le débat est tout autre. Une large frange de l’opinion publique conteste purement et simplement la rétrocession de ces deux îlots à l’Arabie saoudite, y voyant une grave atteinte à la souveraineté égyptienne. Une autre, salue de son côté ce projet titanesque car il est porteur de projets d’investissements majeurs dont la zone franche de Sinaï. ( cf article #le1  » La liaison terrestre Égypte-Arabie Saoudite inquiète Israël  » )

Du côté saoudien, certains milieux contestent les tentatives de rapprochement avec l’Etat hébreu alors que les autorités saoudiennes démentent catégoriquement toute naturalisation avec Israël.

 

Abdellah El Hattach

La liaison terrestre Égypte-Arabie Saoudite inquiète Israël

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L’Arabie saoudite et l’Égypte ont convenu de construire un pont qui reliera les deux pays. Long de 50 km, il fera la liaison entre la péninsule du Sinai et la région de Tabouk, au nord-ouest de l’Arabie saoudite. Il s’agit d’un projet  demeuré longtemps dans les tiroirs et jamais mis en oeuvre à cause du veto israélien; l’Etat hébreu y voyant une menace pour sa sécurité nationale.

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak a également pesé de tout son poids pour que le projet ne sorte jamais de sous terre suite à une pression constante de Tel-Aviv. Situé dans une des régions les plus sensibles du globe, le futur pont joindra trois points sous haute surveillance, à savoir le triangle constituant le golfe d’Aqaba et le golfe d’Eilat, adjacent à la mer Rouge et le détroit de Tiran, région sous contrôle militaire direct des armées saoudienne, égyptienne et israélienne, d’où l’inquiétude d’Israël qui risque de ne plus avoir un droit de regard sur le trafic dans cette zone, sachant que le Sinaï est une  base arrière active et dangereuse de Daech et qu’à son extrême pointe sud se trouve la station balnéaire huppée de Charm al-Chaikh, désertée depuis quelques mois par les touristes étrangers suite à l’attentat contre un avion de ligne russe qui avait fait de nombreuses victimes.

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Le projet de pont permettrait quant à lui d’attirer les riches familles saoudiennes de la rive ouest de l’Arabie même si le risque sécuritaire reste posé.

par Abdellah El Hattach