Bernard Emié

Comment les services de renseignement algériens ont mené en bateau Emmanuel Macron

A la veille des élections présidentielles, le patron des services secrets algériens, Mohamed Kaidi, s’est envolé à Paris pour informer l’appareil d’Etat Français que le nom du futur Président de son pays n’était autre que Azzedine Mihoubi. Mais la surprise d’Emmanuel Macron sera grande quand les résultats du suffrage ont donné gagnant, Abdelmadjid Tebboune. L’information révélée par Maghreb Intelligence met la lumière sur la fragilité de l’Etat-major de l’armée algérienne, depuis l’avènement du hirak. Une fragilité que la mort surprise de l’homme fort du régime, Ahmed Gaïd Salah, ne fera qu’accentuer.

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Crise libyenne ou comment Macron cherche à faire cavalier seul

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Paris a accueilli le mardi 29 mai une réunion des différents protagonistes de la crise libyenne et les représentants de plusieurs pays concernés ou intéressées par ce conflit. Le but de Macron est d’accélérer la mise en place d’une feuille de route et un mode opératoire pour l’organisation d’élections présidentielles qu’il souhaite voir se dérouler d’ici la fin de l’année. Mais ni le leadership contesté que veut imposer unilatéralement le président français au nez et à la barbe de l’Italie et du Maroc sur ce dossier, ni la réalité militaire du terrain en Libye ne permettent un tel optimisme.

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La «Cellule Afrique» de l’Elysée est de retour : une exhumation du «Foccarisme» ?

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Voulue par le général De Gaulle et maintenue par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, la cellule Afrique, dans son format ancien, est démantelée sous Nicolas Sarkozy – mais qui charge son homme lige, Claude Guéant, de ces fonctions. Cette unité, qui n’est pas sous l’autorité du Quai d’Orsay, relève directement du pouvoir discrétionnaire du président de la République française. Elle est connue pour disposer de réseaux extra-diplomatiques directement liés aux services de renseignement. Elle refait aujourd’hui surface. En effet, Emmanuel Macron a décidé d’installer auprès de lui un «Conseil présidentiel pour l’Afrique» en vue de «renouveler le partenariat entre la France et l’Afrique et permettre une nouvelle approche des enjeux de société». D’ailleurs, les premiers pas du président français en tant que chef des Armées étaient de rendre visite aux troupes françaises en position au Mali dans le cadre de l’opération Barkane. Visite renouvelée en juillet à l’occasion de la réunion du G5-Sahel. La vision Macronienne pour l’Afrique se résume selon lui aux “trois D” : Défense, Développement, Diplomatie.


Si la cellule Afrique sous tous les présidents de la Ve République avait pour rôle principal de mettre en place des liens financiers occultes entre le régime du pays africain concerné et le pouvoir central à Paris, elle s’appuyait essentiellement sur une horde d’attachés techniques français auprès des présidences africaines ou via les grandes entreprises françaises. Ce qui donnait lieu à une ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

C’est le schéma dessiné et laissé par Jacques Foccart, fondateur de cette cellule et son patron durant quatorze ans. Foccart, qui faisait le bon et mauvais temps en Afrique, occupait les fonctions officieuses de «Conseiller aux affaires africaines et malgaches» avec rang de Secrétaire général de 1960 à 1974. D’ailleurs, l’ancien président Jacques Chirac, alors jeune haut fonctionnaire, travaillait sous ses ordres.

Homme de l’ombre du gaullisme, Jacques Foccart est le fondateur et patron de la “Cellule Afrique” de l’Elysée entre 1960 et 1974, dépositaire de la “FrançAfrique” et fondateur du SAC, police parallèle de sinistre mémoire

La nouvelle structure créée et voulue par Emmanuel Macron s’appelle «Conseil présidentiel pour l’Afrique.» Comme son ancêtre la Cellule Afrique de Jacques Foccart, elle échappe totalement à l’autorité ministère des Affaires étrangères.

Annoncé, certainement par pure coïncidence, le jour même de la parution du dernier numéro du magazine panafricain Jeune Afrique dont la une a provoqué l’ire des marocains, le Conseil présidentiel pour l’Afrique est sorti de sous terre lors de la Conférence annuelle des ambassadeurs de France, et la veille de la visite à Rabat du président de la Commission de la Cedeao pour préparer l’intégration du Maroc à cet important espace régional africain.

Composée de personnalités françaises d’origine africaine, le Conseil appuiera le président dans ses prises de position et de décision concernant le continent africain et l’aidera à dessiner les grandes lignes de la politique africaine de la France. D’ailleurs, les nouveaux membres désignés intuitu personae à ce Conseil planchent déjà sur la rédaction du discours d’Emmanuel Macron qui sera adressé à l’attention de l’Afrique en novembre prochain.

Franck Paris, camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, et son conseiller aujourd’hui pour l’Afrique à l’Elysée, chapeautera cette nouvelle entité en coordination avec Bernard Emié, patron de la DGSE et ancien ambassadeur de France en Alger. Si le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Julien Dray n’a pas été associé à la composition et à la nomination de ce Conseil, le directeur Afrique au Quai d’Orsay a, quant à lui, appris la nouvelle à travers les médias. Façon claire de dire que l’Afrique demeure la «chasse gardée» du président de la République.

Bernard Emié patron de la DGSE, le service de renseignement extérieur de la France, et ancien Haut représentant de la République française en Algérie, reçu par Abdelaziz Bouteflika

Cela ressemble aussi à une réponse au tac-au-tac au président guinéen, Alpha Condé, qui a estimé dernièrement qu’il “urgeait que l’Afrique se prenne en main et qu’elle définisse son propre plan de développement économique et sa propre méthode d’appliquer les principes démocratiques et ce par un affranchissement total du Franc CFA” hérité de l’ancienne colonie et la prise d’une posture indépendante en vue d’une “Afrique autonome et panafricaniste”. Propos qui ne résonnent pas bien du côté de Paris.

Officiellement, le Conseil présidentiel pour l’Afrique aura pour objectif premier de «faire respirer les flux » entre Paris et l’Afrique. La France s’estimant la mieux à même de répondre aux aspirations des Africains, tente de réactiver des canaux de discussion avec un continent qui a ses spécificités et désormais ses attentes particulières et urgentes. Un continent qui a aussi diversifié ses partenaires économiques, politiques et militaires : Chine, Inde, Japon, Turquie etc.

Les maghrébins sont en ordre minoritaire dans ce nouveau Conseil de onze membres dont deux français qui ne sont pas originaires d’Afrique. Sous-représentée, l’Afrique du Nord compte un seul «représentant», la Franco-tunisienne Sarah Toumi, une jeune entrepreneuse de 30 ans. Algériens, marocains, égyptiens et libyens sont absents du bataillon.

Abdellah EL HATTACH


Liste des membres du CPA et pays d’origine

  • Jean-Marc Adjovi-Boco, Franco-Béninois, 54 ans, ancien sportif et entrepreneur
  • Jules-Armand Aniambossou, Franco-Béninois, 55 ans, directeur général Afrique et Outre-Mer du groupe Duval
  • Diane Binder, Française, 37 ans, directrice adjointe du développement international du groupe Suez ;
  • Yves-Justice Djimi, Français, 36 ans, avocat
  • Liz Gomis, Française, 36 ans, journaliste et réalisatrice
  • Jeremy Hadjenberg, Français, 43 ans, directeur général adjoint chez I & P
  • Yvonne Mburu, Kényane, chercheuse et consultante en santé
  • Vanessa Moungar, Franco-Tchadienne, 33 ans, directrice genre, femmes et société civile à la Banque africaine de développement
  • Nomaza Nongqunga Coupez, Sud-Africaine, 36 ans, entrepreneuse dans la culture
  • Karim Sy, Franco-Libano-Malien, 49 ans, entrepreneur dans le numérique
  • Sarah Toumi, Franco-Tunisienne, 30 ans, entrepreneuse

Hammouchi reçu au Centre national du contre-terrorisme, la nouvelle Task Force du renseignement auprès de Macron

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Oubliées les bisbilles diplomatico-judiciaires qui ont entaché les relations entre le Maroc et la France sous François Hollande ? Et les attaques dont Abdellatif Hammouchi, patron de la police et des services secrets marocains, avait été la cible par certaines ONG et autres milieux politico-médiatiques de l’Hexagone ? C’est ce que croient savoir nos confrères de Mondafrique qui font état d’une réunion, il y a quinze jours, à l’Elysée, du directeur général de la DGSN et de la DGST avec ses homologues français du contre-espionnage et du renseignement.

Présenté comme l’interlocuteur «privilégié de la France au Maroc sur les dossiers sécuritaires», Abdellatif Hammouchi aurait eu, «de longues discussions avec les proches collaborateurs du président français, Emmanuel Macron, notamment sur des dossiers se rapportant à la lutte contre le terrorisme.»

Abdellatif Hammouchi ne serait pas «un inconnu» pour Emmanuel Macron, lequel aurait eu «un entretien avec Abdellatif Hammouchi juste après son dîner avec le souverain marocain, Mohamed VI» lors de sa récente visite à Rabat, ajoute Mondafrique. Emmanuel Macron aurait même été, «impressionné par la maîtrise des dossiers sécuritaires dont a fait preuve le patron des renseignements chérifiens».

Informé de la visite de Abdellatif Hammouchi à l’Elysée, «le président français aurait tenu à passer une tête chez ses collaborateurs et à s’entretenir sur les dossiers sécuritaires» avec le patron des services marocains de renseignements.

LE1.ma avait fait état de la création, le 8 juin 2017, d’une «task force» placée auprès du président de la République française chargée du «pilotage stratégique des services de renseignement» à la tête de laquelle a été nommé l’ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian. Emmanuel Macron avait procédé, à la même date, à la nomination du préfet Laurent Nunez en tant que directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), et Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, en tant que patron de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).
Pour rappel, Emmanuel Macron a comme «confident» l’historien Benjamin Stora qui s’affiche désormais solennellement auprès du chef de l’Etat français en qualité de «conseiller officieux» pour les affaires du Maghreb et dont il a l’oreille.

LE1

Macron choisit ses nouveaux “espions”

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Le Conseil de défense réuni mercredi à l’Elysée sous la présidence d’Emmanuel Macron a validé la création d’un «centre national du contre-terrorisme», placé au sein de la Coordination nationale du renseignement, sous l’autorité directe du président de la république. L’occasion aussi pour le Président Français de nommer de nouveaux patrons des services de renseignement intérieur et extérieur.

Cette nouvelle unité constitue en fait la «task force» promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle. Ce centre, placé auprès du président de la République, sera chargé du «pilotage stratégique des services de renseignement». Et c’est l’ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian qui a été choisi pour diriger cet organisme. Ce préfet de 63 ans, qui sera entouré d’une vingtaine d’analystes issus des ministères de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice et de l’Économie, participera, ès qualité, au Conseil de Défense du mercredi à l’Elysée et sera chargé de fluidifier la réactivité et l’information auprès du Président de la République.

Par ailleurs, l’Elysée indique que Emmanuel Macron procédera à la nomination du préfet Laurent Nunez en tant que directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), tandis que Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, est pressenti pour prendre la tête de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).

LE1