Alpha Condé

Guinée: investi pour un troisième mandat, Condé prône l’unité après une crise sanglante

Le président Alpha Condé a appelé mardi les Guinéens à «oublier le passé» et à se tourner vers un «avenir d’unité et d’espérance», après plus d’un an de contestation meurtrière, lors de son discours d’investiture pour un troisième mandat qualifié «d’imposture» par son principal adversaire.

AFP

Ancien opposant historique élu en 2010 et réélu en 2015, Alpha Condé a fait adopter en mars, lors d’un référendum boycotté par l’opposition, une nouvelle Constitution. Une nouvelle loi fondamentale remettant, selon ses partisans, son compteur présidentiel à zéro et lui permettant de se présenter au scrutin du 18 octobre dernier, alors qu’il avait déjà accompli les deux mandats autorisés.

La réforme constitutionnelle, puis la candidature d’Alpha Condé, ont donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils d’octobre 2019 aux lendemains de l’élection.

M. Condé, proclamé vainqueur dès le premier tour par la Cour constitutionnelle le 7 novembre, a prêté serment à la mi-journée devant celle-ci et un parterre d’invités, dont 11 chef d’Etat africains, réunis dans un Palais Mohammed V de Conakry placé sous haute sécurité.

«Le changement de Constitution du 22 mars 2020 est une violation de la Constitution et du serment d’Alpha Condé, tout comme sa candidature au scrutin du 18 octobre qu’il a perdu», a réagi auprès de l’AFP son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, qui assure avoir remporté l’élection et qui ne cesse de dénoncer une fraude.

Rues vides dans Conakry

«Il ne dispose donc d’aucune légitimité et d’aucune base légale pour exercer un troisième mandat. Sa prestation de serment d’aujourd’hui n’est qu’une autre imposture que nous n’acceptons pas», a ajouté le chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Les rues de Conakry sont restées vides tout au long de la journée, sans que l’on puisse dire si c’est parce que la journée avait été déclarée fériée par le pouvoir ou si la population a suivi le mot d’ordre de «boycott» lancé par le Front national pour la Défense de la Démocratie (FNDC), une coalition de partis, de syndicats et d’associations de la société civile qui a été le fer de lance de la mobilisation contre le troisième mandat d’Alpha Condé.

Un dispositif de sécurité très important, composé de policiers, gendarmes et militaires, avait en tout cas été déployé jusque dans la grande banlieue de Conakry, réputée acquise à l’opposition, a constaté un correspondant de l’AFP.

«J’exhorte chacun d’entre vous à oublier le passé qui divise au profit d’un avenir d’unité et d’espérance», a déclaré Alpha Condé lors de son discours d’investiture pour le «premier mandat de la Quatrième république», selon l’expression des autorités.

Affirmant sa «conviction que la Guinée se fera avec tous les Guinéens», il a estimé que le pays ouest-africain, pauvre malgré des ressources naturelles considérables, a «besoin d’un véritable sursaut national».

Gouverner autrement

«Mais chacun doit respecter la loi et bannir de ses propos et de ses actes la violence, afin que notre pays demeure une société de liberté et de responsabilité», a prévenu M. Condé, alors que la justice et la police ont lancé depuis le scrutin une vague d’arrestations contre ceux qu’elles disent soupçonner d’être impliqués dans les violences.

Alpha Condé a aussi affirmé sa volonté de «gouverner autrement». «Nous nous engageons à lutter avec fermeté contre la corruption, le copinage et le clientélisme», a-t-il promis.

«Cela veut dire travailler pour les couches les plus vulnérables. Les ministres et hauts fonctionnaires doivent être au service du peuple et non à leur service ou à celui de leur famille», a-t-il assuré.

Dans un communiqué, Amnesty International a dénoncé mardi les «homicides commis par des forces de défense et de sécurité dans des quartiers favorables à l’opposition après l’élection présidentielle», faisant état d’un bilan «d’au moins 16 personnes tuées par balle entre le 18 et le 24 octobre».

Le pouvoir guinéen accuse régulièrement les ONG internationales de partialité, leur reprochant de ne pas dénoncer les violences commises par les manifestants.

MEDays2018 : Le Président du Burkina Faso invité de marque

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La ville du Détroit abritera du 7 au 10 novembre prochain, la 11ème édition des MEDays, organisés par l’Institut Amadeus, dirigé par Brahim Fassi Fihri. Traitant du thème « A l’ère de la disruption, bâtir de nouveaux paradigmes », le forum accueillera plus de 150 intervenants de choix et près de 3 000 participants. Placé sous le Haut patronage du roi Mohammed VI, ce forum international reviendra sur les différentes ruptures et mutations connues par le monde à plusieurs niveaux notamment diplomatiques, sociaux, économiques. « Les évolutions internationales récentes sont porteuses de déstabilisation dont pourraient se prémunir les pays du Sud en renforçant leurs coopérations. », prônent les organisateurs de l’évènement.

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Donald Trump vise la Chine en honorant l’Afrique

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Le président américain, Donald Trump, a offert mercredi 20 septembre 2017, à New York, un déjeuner de travail en l’honneur de plusieurs dirigeants Africains. Étaient conviés à ce repas aux relents très économiques, les présidents de la Côte d’Ivoire, d’Ethiopie, du Ghana, de la Guinée, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et de l’Ouganda. Les neuf chefs d’Etat Africains ont discuté avec leur homologue américain des moyens de promouvoir la paix et la prospérité dans le continent. Pour Washington, il est question de mettre en place avec l’Afrique une stratégie pragmatique axée sur la sécurité, l’infrastructure et l’économie et d’autres intérêts communs. Mais en filigrane il faut comprendre que les Etats-Unis essaient de s’attaquer à un marché conquis par la Chine ce qui donne beaucoup de fil à retordre à Washington.

En l’absence des présidents du Gabon, Ali Bongo, et du Rwanda, Paul Kagame, pourtant présents à New York, les Alassane Ouattara, Mulatu Teshome, Nana Akufo-Addo, Alpha Condé, Hage Geingob, Muhammadu Buhari, Macky Sall, Jacob Zuma et Yoweri Museveni ont, d’une seule voix, portée par le président de Guinée, exprimé leur enthousiasme pour l’approche américaine qui tend à booster la croissance en Afrique, de donner un coup de fouet à l’emploi et combattre le terrorisme. Pour concurrencer Pékin, la politique étrangère américaine en Afrique, dominée traditionnellement par la diplomatie et le militaire, est tenue, en vue de mieux apprivoiser les marchés africains, d’adopter une approche disciplinée priorisant une politique commerciale agressive.

Le président Donald Trump salue le président nigérian Muhammadu Buhari lors d’un déjeuner de travail avec des dirigeants africains à l’Hôtel Palace à New York, le 20 septembre 2017

Le président Donald Trump a exprimé le souhait des Etats-Unis d’élargir la coopération et le commerce avec l’Afrique tant sur le plan bilatéral que global et fait état de l’intérêt de Washington à identifier de nouvelles opportunités mutuellement bénéfiques pour le commerce entre les deux parties. Sauf que la suprématie commerciale de la Chine en Afrique est une réalité. Durant sa campagne électorale et au tout début de son mandat, Donald Trump ignorait l’Afrique, réduisant d’une manière significative les aides financières de son pays à plusieurs capitales africaines.

Donald Trump a cependant surpris son assistance en invitant les dirigeants Africains qui ont partagé son repas à s’inspirer de l’exemple Sud-Africain, dont l’une des grandes société spécialisées en industrie pétrochimique envisage de procéder à des investissements de masse aux États-Unis. En effet, le géant SASOL va construire une usine en Louisiane pour 9 milliards, ce qui créera des centaines d’emplois pour la main d’œuvre américaine. Les chefs d’Etat Africains s’attendaient à entendre parler d’investissements américains dans le continent, pour créer des emplois chez les jeunes en Afrique, et non l’inverse. D’où l’annonce par le président Trump de l’intention du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson d’ordonner au Millennium Challenge Corporation de procéder à un investissement de plusieurs centaines de millions de dollars en Côte d’Ivoire pour encourager et soutenir les réformes dans ce pays.

Parce que Washington sait pertinemment qu’elle ne peut pas concurrencer Pékin sur son théâtre de prédilection où elle dispose d’une présence ancienne avec une expérience terrain inégalable.

Il est donc improductif pour l’administration américaine de demeurer en compétition directe avec la Chine dans le continent africain, notamment dans des secteurs d’activité où le géant asiatique est confortablement installé depuis des décennies.

Washington est consciente que la domination chinoise en Afrique, notamment dans l’industrie et les BTP est un cas d’école. Les Etats-Unis sont donc tenus de s’orienter vers des secteurs où ils disposent d’un avantage concurrentiel éprouvé : les services, l’éducation, la finance, les médias, l’agrobusiness et l’ingénierie dans les énergies renouvelables.

Dans ce contexte précis, le président Trump a demandé au Département américain du Commerce de jouer un rôle central dans cette nouvelle vision des marchés africains. A l’instar de la Chine, ce département est appelé à mettre en place des programmes de formation et d’accompagnement des PME américaines en Afrique, principaux relais de croissance après l’épuisement de l’intervention des multinationales et des grands groupes.

En effet, et à la demande expresse des leaders africains conviés au déjeuner, la formation et l’enseignement demeurent les nerfs de la guerre et constituent des leviers fondamentaux à chaque niveau de la stratégie de pénétration du continent africain.

Abdellah EL HATTACH

La «Cellule Afrique» de l’Elysée est de retour : une exhumation du «Foccarisme» ?

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Voulue par le général De Gaulle et maintenue par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, la cellule Afrique, dans son format ancien, est démantelée sous Nicolas Sarkozy – mais qui charge son homme lige, Claude Guéant, de ces fonctions. Cette unité, qui n’est pas sous l’autorité du Quai d’Orsay, relève directement du pouvoir discrétionnaire du président de la République française. Elle est connue pour disposer de réseaux extra-diplomatiques directement liés aux services de renseignement. Elle refait aujourd’hui surface. En effet, Emmanuel Macron a décidé d’installer auprès de lui un «Conseil présidentiel pour l’Afrique» en vue de «renouveler le partenariat entre la France et l’Afrique et permettre une nouvelle approche des enjeux de société». D’ailleurs, les premiers pas du président français en tant que chef des Armées étaient de rendre visite aux troupes françaises en position au Mali dans le cadre de l’opération Barkane. Visite renouvelée en juillet à l’occasion de la réunion du G5-Sahel. La vision Macronienne pour l’Afrique se résume selon lui aux “trois D” : Défense, Développement, Diplomatie.


Si la cellule Afrique sous tous les présidents de la Ve République avait pour rôle principal de mettre en place des liens financiers occultes entre le régime du pays africain concerné et le pouvoir central à Paris, elle s’appuyait essentiellement sur une horde d’attachés techniques français auprès des présidences africaines ou via les grandes entreprises françaises. Ce qui donnait lieu à une ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

C’est le schéma dessiné et laissé par Jacques Foccart, fondateur de cette cellule et son patron durant quatorze ans. Foccart, qui faisait le bon et mauvais temps en Afrique, occupait les fonctions officieuses de «Conseiller aux affaires africaines et malgaches» avec rang de Secrétaire général de 1960 à 1974. D’ailleurs, l’ancien président Jacques Chirac, alors jeune haut fonctionnaire, travaillait sous ses ordres.

Homme de l’ombre du gaullisme, Jacques Foccart est le fondateur et patron de la “Cellule Afrique” de l’Elysée entre 1960 et 1974, dépositaire de la “FrançAfrique” et fondateur du SAC, police parallèle de sinistre mémoire

La nouvelle structure créée et voulue par Emmanuel Macron s’appelle «Conseil présidentiel pour l’Afrique.» Comme son ancêtre la Cellule Afrique de Jacques Foccart, elle échappe totalement à l’autorité ministère des Affaires étrangères.

Annoncé, certainement par pure coïncidence, le jour même de la parution du dernier numéro du magazine panafricain Jeune Afrique dont la une a provoqué l’ire des marocains, le Conseil présidentiel pour l’Afrique est sorti de sous terre lors de la Conférence annuelle des ambassadeurs de France, et la veille de la visite à Rabat du président de la Commission de la Cedeao pour préparer l’intégration du Maroc à cet important espace régional africain.

Composée de personnalités françaises d’origine africaine, le Conseil appuiera le président dans ses prises de position et de décision concernant le continent africain et l’aidera à dessiner les grandes lignes de la politique africaine de la France. D’ailleurs, les nouveaux membres désignés intuitu personae à ce Conseil planchent déjà sur la rédaction du discours d’Emmanuel Macron qui sera adressé à l’attention de l’Afrique en novembre prochain.

Franck Paris, camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, et son conseiller aujourd’hui pour l’Afrique à l’Elysée, chapeautera cette nouvelle entité en coordination avec Bernard Emié, patron de la DGSE et ancien ambassadeur de France en Alger. Si le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Julien Dray n’a pas été associé à la composition et à la nomination de ce Conseil, le directeur Afrique au Quai d’Orsay a, quant à lui, appris la nouvelle à travers les médias. Façon claire de dire que l’Afrique demeure la «chasse gardée» du président de la République.

Bernard Emié patron de la DGSE, le service de renseignement extérieur de la France, et ancien Haut représentant de la République française en Algérie, reçu par Abdelaziz Bouteflika

Cela ressemble aussi à une réponse au tac-au-tac au président guinéen, Alpha Condé, qui a estimé dernièrement qu’il “urgeait que l’Afrique se prenne en main et qu’elle définisse son propre plan de développement économique et sa propre méthode d’appliquer les principes démocratiques et ce par un affranchissement total du Franc CFA” hérité de l’ancienne colonie et la prise d’une posture indépendante en vue d’une “Afrique autonome et panafricaniste”. Propos qui ne résonnent pas bien du côté de Paris.

Officiellement, le Conseil présidentiel pour l’Afrique aura pour objectif premier de «faire respirer les flux » entre Paris et l’Afrique. La France s’estimant la mieux à même de répondre aux aspirations des Africains, tente de réactiver des canaux de discussion avec un continent qui a ses spécificités et désormais ses attentes particulières et urgentes. Un continent qui a aussi diversifié ses partenaires économiques, politiques et militaires : Chine, Inde, Japon, Turquie etc.

Les maghrébins sont en ordre minoritaire dans ce nouveau Conseil de onze membres dont deux français qui ne sont pas originaires d’Afrique. Sous-représentée, l’Afrique du Nord compte un seul «représentant», la Franco-tunisienne Sarah Toumi, une jeune entrepreneuse de 30 ans. Algériens, marocains, égyptiens et libyens sont absents du bataillon.

Abdellah EL HATTACH


Liste des membres du CPA et pays d’origine

  • Jean-Marc Adjovi-Boco, Franco-Béninois, 54 ans, ancien sportif et entrepreneur
  • Jules-Armand Aniambossou, Franco-Béninois, 55 ans, directeur général Afrique et Outre-Mer du groupe Duval
  • Diane Binder, Française, 37 ans, directrice adjointe du développement international du groupe Suez ;
  • Yves-Justice Djimi, Français, 36 ans, avocat
  • Liz Gomis, Française, 36 ans, journaliste et réalisatrice
  • Jeremy Hadjenberg, Français, 43 ans, directeur général adjoint chez I & P
  • Yvonne Mburu, Kényane, chercheuse et consultante en santé
  • Vanessa Moungar, Franco-Tchadienne, 33 ans, directrice genre, femmes et société civile à la Banque africaine de développement
  • Nomaza Nongqunga Coupez, Sud-Africaine, 36 ans, entrepreneuse dans la culture
  • Karim Sy, Franco-Libano-Malien, 49 ans, entrepreneur dans le numérique
  • Sarah Toumi, Franco-Tunisienne, 30 ans, entrepreneuse

MBS reçoit le chef de la diplomatie algérienne et Alpha Condé

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Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, effectue depuis deux jours un Road Show dans les pays du Golfe.


Dans la première étape de sa tournée qui l’a conduit en Arabie saoudite, Abdelkader Messahel a rencontré son homologue saoudien Adel Al-Jubeir, avec qui il s’est entretenu des situations de crise et les conflits que connaît le monde arabe, à leur tête la crise diplomatique dans le Golfe, la situation en Libye, les guerres au Yémen et en Syrie ainsi que la question palestinienne.

La préparation de la réunion de la haute commission mixte algéro-saoudienne était également à l’ordre du jour.

Durant son séjour en Arabie saoudite, Abdelkader Messahel a été reçu en audience par le vice-roi et prince héritier Mohammed Ben Salmane qui officie à la tête de son pays par décret royal de son père le roi Salmane Ben Abdelaziz qui séjourne actuellement au Maroc dans le cadre d’une visite privée.

Pour rappel, Ryadh accueillera le sommet Arabie Saoudite-Afrique en novembre prochain. A cet effet, le président en exercice de l’Union africaine, le guinéen Alpha Condé, se trouve actuellement en Arabie saoudite où il a été reçu par le prince héritier et vice-roi Mohammed Ben Salmane.

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Mohammed VI se prononce pour un pragmatisme appuyé de l’Afrique

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Conformément au discours du Roi Mohammed VI devant le 28ème Sommet de l’Union africaine tenu en janvier 2017 à Addis-Abeba, le Maroc s’est engagé dans le débat avec un esprit constructif, une approche positive pour contribuer à l’Agenda africain en matière de paix, de stabilité, de sécurité et de développement. La 29ème session, qui a débuté aujourd’hui, intervient à un moment important, où des sujets précieux pour l’avenir de l’Organisation sont sur la table, notamment les questions de la réforme des structures de l’Union africaine et du financement des activités de l’Union pour qu’elle ne soit pas dépendante du financement extérieur en ce qui est de son propre fonctionnement.
L’ouverture de ces travaux s’est caractérisée par l’important discours adressé par le Roi Mohammed VI dont la lecture a été faite par le Prince Moulay Rachid qui représente le souverain à ce sommet.

Ci-après le texte intégral du Discours Royal, prononcé par le Prince Moulay Rachid.

« Louange à Dieu,
Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.

Monsieur le Président Alpha Condé, Président en exercice de l’Union Africaine,
Chers Frères et Sœur, Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Président Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

Le Royaume du Maroc participe à son premier Sommet en tant que membre de l’Union Africaine, depuis son retour au sein de sa famille institutionnelle en janvier dernier. Il conforte ainsi son action dans le continent et consolide ses liens multidimensionnels avec les pays africains frères.

A la suite de la décision Historique d’Addis Abeba, le Maroc a poursuivi le processus d’accès aux instruments juridiques, afin de participer pleinement aux activités de l’organisation et contribuer à l’agenda de tous les organes.
Comme il s’y était engagé, le Maroc a participé à toutes les réunions, selon l’esprit constructif que J’avais annoncé dans Mon Discours d’Addis Abeba : « Nous ne voulons nullement diviser, comme certains voudraient l’insinuer.
Dès que le Royaume siègera de manière effective, et qu’il apportera sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant ».

Ce Sommet nous offre l’occasion de souligner l’engagement à la fois, sincère, responsable et indéfectible de nos pays, au service des causes et des intérêts du continent africain.

L’action du Président Alpha Condé à la tête de notre organisation suscite notre admiration. En effet, grâce à son leadership et à sa clairvoyance, il mène des efforts remarquables de rationalisation des travaux de notre organisation. Il a adapté notre agenda pour répartir plus judicieusement le suivi des thèmes prioritaires, et il donne ainsi une grande visibilité à l’action de l’organisation.

Mes remerciements vont à Son Excellence Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA, pour ses efforts inlassables en vue d’impulser une nouvelle dynamique au travail de la Commission, et pour accompagner l’élan de réformes au sein de Notre Organisation.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Nous avons toujours été convaincus que l’Afrique peut transformer ses défis en authentique potentiel de développement et de stabilité. Sa croissance démographique, ses institutions, la migration et la jeunesse constituent des opportunités qu’il nous incombe collectivement de saisir.

Le Maroc veut contribuer à l’émergence d’une Nouvelle Afrique : une Afrique forte, une Afrique audacieuse qui prend en charge la défense de ses intérêts, une Afrique influente dans le concert des Nations.

Pour définir cette nouvelle Afrique, il convient de s’affranchir de toute illusion, de rejeter les chimères. La Nouvelle Afrique que Nous appelons de Nos vœux doit au contraire s’appuyer sur une vision concrète et pragmatique, apte à faire naître une Afrique conquérante et solidaire.

L’Afrique est à la croisée des chemins et il Nous incombe de choisir la bonne voie pour son émergence. A cette heure, les défis auxquels est confronté notre Continent prolifèrent : multiplication des acteurs non-étatiques donnant lieu à de nombreuses zones grises, menaces du terrorisme transnational et de l’extrémisme violent et impacts du réchauffement climatique.

Face aux nouvelles menaces qui guettent notre Continent, il est nécessaire que l’UA entame sa mue, afin d’apporter des réponses adéquates et appropriées.

Pour ce faire, il est, à Notre sens, fondamental que les Etats africains se fixent des objectifs réalistes et pragmatiques, basés sur les priorités réelles du Continent. L’Afrique n’a plus besoin de slogans idéologiques, elle a besoin d’actions concrètes et résolues dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement humain.

Le Maroc a foi dans la capacité de l’Afrique de se renouveler et d’impulser son propre élan. Les limites de la coopération classique Nord-Sud pour relever le défi de l’émergence étant évidentes, l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération interafricaine, ainsi que de partenariats stratégiques et solidaires entre pays frères.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

L’UA doit être aujourd’hui un instrument au diapason des enjeux de notre Continent. Plus que jamais, elle doit être en phase avec les défis du moment. L’émergence de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales, refonte qui permettra de répondre pleinement et impérieusement aux enjeux qu’elle doit relever.

A cet égard, Nous tenons à saluer le leadership du Président Paul Kagamé sur cette question si importante pour notre Continent africain ; Nous le félicitons pour son rapport, à la fois considérable et dense, qui contient des recommandations essentielles, pour établir des solutions « garantissant l’avenir de l’Union Africaine ».
« L’impératif de renforcer notre Union » livre un diagnostic édifiant de l’état de l’UA et propose des recommandations réalistes et pragmatiques. Cet impératif est notre impératif. Plus que jamais, une vision transformatrice de l’Union Africaine est nécessaire.

La réforme de l’Union Africaine constitue un chantier important, dans lequel le Maroc s’investira aux côtés de ses pays frères.

Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines.

La mise en œuvre de cette réforme n’est plus un luxe, mais une impérieuse nécessité, au regard des enjeux et des défis considérables, que notre Continent doit relever.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Une politique volontariste orientée vers la jeunesse canalisera l’énergie pour le développement. L’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse. Aujourd’hui près de 600 millions d’Africains et d’Africaines sont des jeunes. En 2050, 400 millions d’Africains auront entre 15 et 24 ans.

Cette progression souligne l’urgence d’orienter le dividende démographique vers l’émergence du continent. Une occasion inespérée s’offre ainsi à l’Afrique de bénéficier d’une main d’œuvre jeune, éduquée et abondante pour nourrir sa croissance économique.

Chaque année plus de 11 millions de jeunes Africains font leur entrée sur le marché du travail alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés. Plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour.

Comment œuvrer pour résorber le chômage qui frappe de plein fouet la jeunesse du continent, puisque 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes ?

La réponse réside dans un traitement volontariste du triptyque « éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle » avec une exigence élevée de qualité.

Elle réside également dans les investissements conséquents, durables et judicieux qui doivent être entrepris dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’emploi.

L’investissement en faveur des jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du Continent, est fondamental. Cette action passe par une formation adéquate, une insertion douce et encadrée dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse, pour exprimer ses talents et pour contribuer à l’essor du continent.

Une jeunesse africaine livrée au désœuvrement bloquera l’émergence tant souhaitée du Continent. Et si le défi de l’employabilité des jeunes n’est pas traité de toute urgence, cette carence aura pour conséquence leur désœuvrement, renforcera en conséquence leur vulnérabilité et le risque de leur radicalisation.

Près de 40% des personnes au chômage sont des recrues de choix pour les mouvements rebelles, les groupes extrémistes ou terroristes qui sévissent à travers le continent.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

L’Afrique perd ses jeunes, par la migration légale ou illégale. Cette déperdition est injustifiable.

Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ?

Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout.
Des milliers de jeunes africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît. Ils sont des hommes de valeur, des ressources humaines pour notre Continent.

En tant que Leader, désigné lors du 28ème Sommet, sur la Question de la Migration, J’ai l’intention de soumettre une contribution axée sur la nécessité de développer une Vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis. Il s’agit avant tout de modifier nos perceptions face à la migration, de l’aborder, non comme une contrainte ou une menace, mais comme une force positive. De tous temps, la migration n’a-t-elle pas été un facteur de rapprochement entre les peuples et les civilisations ?

Traiter le défi de la migration requiert une approche novatrice qui permette d’évaluer les causes, l’impact, d’envisager des solutions, notamment par la création de synergies entre les politiques de développement et de migration.

Nous devons travailler conjointement à l’élaboration d’un Agenda africain sur cette thématique ; il articulerait une vision commune des voies et des moyens de traiter la Question de la Migration au sein de notre Continent et dans les instances internationales.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La Nouvelle Afrique tirera le meilleur de ses potentialités, car notre Continent regorge d’atouts immenses. Le Maroc veut contribuer à l’émergence de cette Nouvelle Afrique.

L’Afrique doit se tourner vers son avenir avec détermination, en comptant essentiellement sur ses capacités propres.
Nous le devons à nos peuples, nous le devons à notre jeunesse. La promesse de lendemains meilleurs et d’un avenir radieux ne doit plus être un slogan et encore moins un vœu pieux. Nous sommes tenus de joindre le geste à la parole pour nos générations futures, et pour une Afrique Nouvelle.

Je vous remercie.

Wassalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh”

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#CIEA2017 à Abidjan s’attaque à la mise en oeuvre des plans d’émergence

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Plusieurs chefs d’états africains ont pris part, ce mardi 28 mars 2017, à Abidjan à la cérémonie d’ouverture de la 2ème édition de la Conférence Internationale sur l’Emergence de l’Afrique (CIEA), qui a choisi pour thème cette année : « La mise en oeuvre des plans d’émergence ».

En effet, Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire a prononcé une allocution d’ouverture devant le Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, et Président de la Guinée Alpha Condé, de la Présidente en exercice de la CEDEAO, et Présidente du Libéria Ellen Johnson-Sirleaf, et du Président du Comité d’Orientation du NEPAD, et Président du Sénégal, Macky Sall.

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Alassane Ouattara a rappelé dans son allocution les travaux de la première édition qui ont constitué selon le Président ivoirien “un cadre privilégié pour s’imprégner de l’expérience des pays émergents, partager les caractéristiques des plans d’émergence des pays africains et réfléchir sur leurs propres trajectoires vers l’émergence.”

 

Le Président ivoirien a voulu donné le ton aux débats de cette édition : Comment surpasser les difficultés de la mise en oeuvre des divers processus d’émergence dans lesquels sont engagés plusieurs pays africains. L’objectif fixé par Ouattara est de répertorier les obstacles à lever afin d’accélérer la marche des pays africains vers l’émergence en tenant compte des logiques économiques mondiales et de nos réalités socioculturelles.

Le président ivoirien a également rappelé une autre préoccupation confiée auparavant par la Ministre Ivoirienne du Plan et du Développement, Kaba Nialé, lors de la conférence de presse de lancement de la CIEA le 9 mars dernier, concernant l’éveil de la conscience collective et l’adhésion des populations aux différents plans d’émergence et au concept qui exprime la volonté collective des peuples de sortir d’une situation de vulnérabilité et de prendre leur destin en main.

Avant cette allocution du Président ivoirien, la Ministre ivoirienne du Plan et du Développement, Mme Nialé Kaba, le Président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, l’Administrateur du PNUD, Helen Clark, et les Présidents Macky Sall, Ellen Johnson-Sirleaf et Alpha Condé sont intervenus pour poser les problématiques de l’émergence de l’Afrique et situer les enjeux de cette Conférence.

Invité spécial du #CIEA2017, le Royaume a été présenté comme un cas d’école pour mettre en relief ses expériences réussies dans la mise en oeuvre des plans d’émergence visant le développement économique et humain. Et sur Hautes Instructions du Roi Mohammed VI, le Maroc a marqué sa présence à travers une délégation conduite par la présidente de la CGEM, Miriem Bensalah Chaqroun. Au côté de laquelle étaient présents le Président du Groupe Holmarcom, Mohamed Hassan Bensalah, la directrice exécutive de la SNI, le président de la commission Afrique et Sud/Sud et associé du cabinet Mazar, Abdou Souléye Diop, Noufissa Kessar ainsi que de l’ambassadeur marocain en Côte d’Ivoire Abdelamlek Kettani.

Notons que les travaux de la 2ème Conférence Internationale sur l’Emergence de l’Afrique se poursuivront jusqu’au 30 mars 2017.

 

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