Abdellatif Loudiyi

Mohammed VI écrit à Vladimir Poutine, Bourita s’envole pour New York

Le roi Mohammed VI a envoyé un message écrit au président russe Vladimir Poutine qui a été remis, à Moscou, par Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, au vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov.

Le portail du ministère russe des Affaires étrangères, qui a publié l’information, indique que le message royal relate les derniers développements dans les relations amicales entre les deux pays et leur renforcement, ainsi que le dialogue franc et constructif concernant plusieurs sujets d’intérêt commun, dont notamment la situation en Afrique du Nord et dans la région sahélo-saharienne.

L’entretien, qui s’est déroulé en présence de l’ambassadeur du Maroc en Russie, Abdelkader Lecheheb, intervient à quelques jours de la réunion du Conseil de sécurité concernant l’affaire du Sahara.

Par ailleurs, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, qui était attendu à Paris pour des entretiens avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, devrait s’envoler directement pour New York pour s’enquérir personnellement, et in situ, des derniers développements de l’affaire du Sahara et rencontrer le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

L’OTAN souhaite intégrer les cybercapacités au même titre que les forces terrestre, maritime et aérienne

Le Maroc, représenté par une délégation marocaine conduite par Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, a pris part à Bruxelles à la réunion des ministres de la Défense des pays de la coalition contre l’organisation terroriste Daech. La réunion, à laquelle ont pris part une trentaine de ministres chargés de la Défense des pays membres de la coalition anti-Daech, a fait le point sur les mesures prises pour lutter contre cette organisation terroriste. Cette rencontre, présidée par le secrétaire d’État américain à la Défense Jim Mattis, en présence du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est déroulée en marge de la réunion des ministres de la Défense des États membres de l’Alliance Atlantique qui a décidé de la création d’un commandement central de cyber-opérations qui contribuera à intégrer la cyber-sécurité dans la planification et les opérations de l’OTAN, à tous les niveaux.

Face à la menace croissante que représentent les cyberattaques, les ministres de la Défense de l’OTAN ont entériné une série de principes déterminant comment l’Alliance peut intégrer les cybercapacités de ses pays membres dans les opérations militaires qu’elle mène. Les ministres se sont accordés sur la création d’un centre d’opérations cyber, qui contribuera à intégrer la cyber-sécurité dans la planification et les opérations de l’OTAN, à tous les niveaux. Cette décision fait suite aux mesures prises l’an dernier, consistant à reconnaître le cyber comme domaine opérationnel, au même titre que les domaines terrestre, maritime et aérien.

En réponse aux changements intervenus dans l’environnement de sécurité en Europe, les ministres se sont également mis d’accord sur le projet conceptuel d’une structure de commandement de l’OTAN adaptée qui sera dotée de nouveaux commandements pour faciliter le mouvement des troupes à travers l’Atlantique et au sein de l’Europe.

En avril dernier, l’Allemagne a mis en place sa propre cyber-armée, une force séparée au sein de la Bundeswehr, aux côtés de la marine, de l’armée de Terre et de l’Air, une première parmi les 28 pays membres de l’OTAN.

Chine, Russie et Corée du Nord, une urgence absolue

Les ministres de la Défense de l’OTAN ont discuté des «programmes illégaux» menés par la Corée du Nord dans le domaine nucléaire et des missiles balistiques. Le secrétaire général a souligné que les sanctions de l’ONU devaient être appliquées pleinement et en toute transparence. Jens Stoltenberg a précisé que la Russie et la Chine avaient un rôle spécial à jouer, en tant que pays voisins et aussi en tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Afghanistan toujours prioritaire

Les ministres de la Défense ont décidé d’augmenter les effectifs de Resolute Support, la mission OTAN de formation en Afghanistan, dont le nombre passera de 13 000 hommes environ à quelque 16 000 hommes. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fait cette annonce à la fin d’une réunion de deux jours des ministres de la Défense des pays de l’Alliance, à Bruxelles. Jens Stoltenberg s’est félicité du fait que « les forces afghanes font des progrès, même si la situation reste très difficile ». Les ministres sont également convenus de l’importance de financer les forces de sécurité afghanes et ont salué la volonté de l’Afghanistan de progresser encore davantage sur la voie des réformes et de la réconciliation.

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RIF : Washington met en garde ses ressortissants au Maroc

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Le Département d’Etat américain a publié une mise en garde destinée à ses ressortissants au Maroc les incitant à prendre les mesures de sécurité nécessaires en vue de la manifestation prévue jeudi 18 mai à Al Hoceima.
Dans une alerte câblée par le Bureau of Diplomatic Security relevant du State Department, les autorités américaines expliquent à leurs concitoyens qu’en plus de la manifestation d’Al Hoceima, est prévu également un sit-in devant le Parlement à Rabat, ce jeudi aussi, à 19h, en solidarité avec le mouvement d’Al Hoceima.

Dans sa note, Washington tient à expliquer que ces manifestations ne sont en aucun cas adressées contre la politique US ou les intérêts américains au Maroc, et qu’il s’agit de mouvements liés à des problèmes sociaux dans le Rif.

Le communiqué appelle les américains, pour ceux notamment qui se trouveraient dans le périmètre des manifestations, d’éviter les rassemblements publics à Al Hoceima ou à Rabat ce jeudi. «Il est toujours prudent d’éviter les grandes foules et les rassemblements de nature politique » dit substantiellement le texte rendu public hier soir. « Si vous êtes dans le périmètre d’une manifestation, vous devez faire preuve de prudence, maintenir un profil bas et rester vigilant à environnement, car les manifestations pacifiques peuvent facilement dégénérer » conclut le communiqué.

Par ailleurs, et sur instructions du roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’Etat-Major Général des Forces armées royales, le Général de Division Abdelfattah Louarak, Inspecteur général des FAR, a reçu, jeudi au siège de l’Etat-Major des FAR à Rabat, le Général d’Armée Thomas D. Waldhauser, Commandant du Commandement américain pour l’Afrique “AFRICOM”, qui effectue une visite au Royaume du 17 au 19 mai à la tête d’une délégation militaire.

Le même jour, et toujours en en exécution des instructions royales, le ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdeltif Loudyi, a reçu Sorin Ducaru, Secrétaire général adjoint de l’OTAN, chargé des risques sécuritaires émergents.

Cet ancien ambassadeur roumain auprès de l’Otan, de Washington et des Nations unies, apporte son soutien au Conseil de l’Atlantique Nord et conseille le secrétaire général pour tout ce qui concerne l’évolution des défis de sécurité émergents, leurs incidences potentielles sur la sécurité de l’Alliance et l’élaboration des politiques et des plans d’action voulus.
Sorin Ducaru dirige également la Division Défis de sécurité émergents du Secrétariat international de l’OTAN et il assure la coordination du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité.

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Mohammed VI désigne un gouvernement d’action

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Le Roi Mohammed VI a nommé, ce mercredi, les membres du nouveau gouvernement. Après un blocage institutionnel qui a duré près de six mois, l’équipe de l’Exécutif est fin prête. De prime abord, la principale observation relevée dans la composition de l’équipe proposée par le Chef du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani, est son architecture réorientée en pôles de compétences.

Composé de 39 membres, dont 2 (deux) ministres délégués auprès du Chef du Gouvernement (Défense et Affaires générales), 2 (deux) ministres délégués (Intérieur et Affaires étrangères) et 12 (douze) Secrétaires d’Etat, le nouvel exécutif est un véritable gouvernement d’action.

Nabil Benabdallah, facilitateur auprès de l’Etat et grand architecte de cette nouvelle formation pour avoir été durant des mois au four et au moulin en vue de faire réussir l’expérience d’un second gouvernement PJD, est propulsé à la tête d’un grand département qui réunit l’Aménagement du territoire national, l’Urbanisme, l’Habitat et la Politique de la ville, alors que dans le gouvernement sortant il était en charge uniquement de l’Habitat et de la Politique de la ville. Il dispose d’une Secrétaire d’Etat sous son autorité, en la personne de Fatna Lkhiyel membre du bureau politique du Mouvement Populaire.

De son côté, Aziz Akhannouch hérite lui aussi d’un super-ministère. Outre l’Agriculture et la pêche maritime, le département de Akhannouch englobe désormais le développement rural et les eaux et forêts. Avec en prime deux Secrétaires d’Etat sous ses ordres : Mbarka Bouaida du Rassemblement National des Indépendants qui quitte les Affaires étrangères et Hamou Ouheli du Mouvement Populaire, un grand revenant après avoir siégé au gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Une question reste posée : est-ce que ce nouveau format mettra fin à l’existence du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts dirigé par Abdeladim Lhafi ? Les semaines à venir nous le diront.

Toujours dans le volet superstructures, Mohamed Hassad est désigné à la tête d’un département englobant tous les niveaux de l’Enseignement, fondamental et supérieur, en plus de la Formation professionnelle et la Recherche scientifique. Deux Secrétaires d’Etat serviront sous les ordres de l’ancien ministre de l’Intérieur (remplacé par le wali de Rabat Abdelouafi Laftit), à savoir Khalid Samadi et l’ancien puissant Directeur général de l’OFPPT, Larbi Bencheikh, qui a été de tous les voyages du roi Mohammed VI en Afrique.

Mohamed Hassad travaillera en bonne intelligence avec le conseiller royal Omar Azziman, Président délégué du Conseil Supérieur de l’Enseignement, aux côtés duquel il tentera de mettre en oeuvre les recommandations ad hoc du Conseil supérieur notamment en termes de programmes et de vision stratégique mais également en ce qui concerne la gestion à bon escient des actifs immobiliers et du foncier dont jouit le département.

En revanche, la grande surprise reste l’éjection de Charki Draiss de son poste de «numéro deux de l’Intérieur». Il fait apparemment les frais de sa gestion «trop sécuritaire» de la situation dans le Rif. C’est Noureddine Boutayeb, Wali-Secrétaire général du ministère de l’Intérieur qui lui succède à cette fonction charnière et sensible. Et c’est une première : le ministre délégué est d’habitude un «monsieur sécurité». Là c’est différent. Il s’agit d’une transformation en profondeur dans l’approche de ce département. Le duo Laftit-Boutayeb est davantage porté sur la gestion du territoire, le développement local et humain et les montages financiers, compétences idoines pour accompagner la régionalisation avancée.

Si des ministres de souveraineté comme Ahmed Taoufiq et Abdellatif Loudiyi ont été maintenus, respectivement aux Affaires islamiques et à l’Administration de la Défense nationale, Driss Dahhak, par contre, quitte le Secrétariat général du gouvernement. Ce haut magistrat de carrière, compétent et intègre, est pressenti président-délégué du Conseil supérieur de la Magistrature. Dahhak, est remplacé par Mohamed El Hajjoui, grand commis de l’Etat et longtemps secrétaire général de la Primature. Il connaît parfaitement les rouages et les arcanes de l’Administration.

De son côté, l’équipe gouvernementale qui a piloté la COP22, à sa tête Salaheddine Mezouar et Hakima El Haité, n’a pas été retenue par El Othmani. Et le département de l’Environnement disparaît de la nouvelle architecture pour laisser place à un autre chargé du «développement durable». Il s’agit-là d’un signal fort qui met en exergue une réorientation de l’Etat dans son approche globale de la gestion de l’environnement. Une collaboration étroite avec la Fondation Mohammed VI pour le développement durable n’est pas à exclure.

Mustapha El Khalfi, quant à lui, quitte le ministère de la Communication hérité par un inconnu du bataillon, Mohamed Laaraj, mais demeure Porte-parole du gouvernement en plus d’être ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile.

Et au moment où Aziz Rabbah et Abdelkader Amara se sont échangés les maroquins, la patronne de la banque d’affaires Capital Trust, Lamia Boutaleb, pilotera la département du Tourisme sous la tutelle de Mohamed Sajid. Son alter ego, la Pjdiste Jamila El Moussali, hérite de son côté du portefeuille de l’économie sociale, également sous l’autorité du patron de l’Union Constitutionnelle qui, après une gestion en dents de scie du Conseil de la Ville de Casablanca, se retrouve à la tête d’un grand ministère qui réunit le Tourisme, le Transport aérien, l’Artisanat et l’Economie sociale, aura des défis énormes à relever et une situation complexe à gérer.

Enfin, si Mohamed Boussaid et Moulay Hafid Elalamy sont des «intouchables», un jeune loup fait son entrée dans le gouvernement de El Othmani. Othmane El Ferdaous, ancien directeur-chargé de mission chez Mena Media Consulting, travaillera sous l’aile de MHE en tant que Secrétaire d’Etat en charge de l’Investissement.

 

Abdellah EL HATTACH.

 

André Azoulay en «VRP» du Maroc au #MSC2017

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Devant un parterre de 500 personnalités, civiles et militaires, toutes triées sur le volet, le Conseiller du Roi Mohammed VI, André Azoulay, a représenté le Maroc à la 53e édition du Munich Security Conférence (MSC2017).

Ce panel dirigé par le Professeur Felbermayr, directeur de l’Institut Info Center for International Economics, comprend outre M. André Azoulay Conseiller du Roi Mohammed VI, la Rwandaise Louise Mushikiwabo et Dirk Hoke, Président exécutif (CEO) d’Airbus Defence and Space (DS) Ce Side Event traitant de l’immigration a été organisé en marge du #MSC2017 par l’Institut du commerce Allemagne-Afrique dit AFRIKAVEREIN.

Le Forum de Munich sur les politiques de défense –ou Wehrkunde en allemand -, fondé en 1962 par l’éditeur allemand Ewald-Heinrich von Kleist-Schmenzin sous le nom de Wehrkundetagung, est une rencontre annuelle, qui s’étale sur trois jours, et consacrée aux questions de sécurité internationale. Elle permet à des ministres, de hauts responsables militaires, des diplomates et autres scientifiques et représentants des médias d’avoir des échanges informels sur les questions de politique étrangère et de politique de défense qui se posent à l’Europe et à l’Amérique, notamment.

Cette année, les 500 participants ont débattu en profondeur des relations transatlantiques mais aussi de l’Afrique. André Azoulay, qui intervenait au nom du Maroc, a tenu à affirmer, que le Roi Mohammed VI, «tournant le dos sans état d’âme et sans frilosité à tous les postulats qui ont longtemps enfermé la relation de l’Afrique avec le monde occidental dans une équation dissymétrique et parfois archaïque, a d’entrée de jeu et sans ambiguïté installé le Maroc dans une dialectique et une stratégie qui disent à nos partenaires africains que le moment est venu pour l’Occident de passer d’un esprit de conquête à un esprit de partage.» Pour le Conseiller du souverain, «c’est à une véritable refondation de la relation Sud-Sud que le Roi Mohammed VI s’est attelé, inspiré par une révision radicale des paramètres qui, depuis la fin de la période coloniale, ont déterminé un modus vivendi qui s’est longtemps accommodé du seul instinct de conservation des intérêts acquis et de la préservation archaïque du statu quo d’un autre temps

Et c’est cette refondation exemplaire qui a l’ambition d’installer une dynamique qui, à terme, portera la signature du Maroc pour «sceller la fin du pacte post-colonial en proposant une répartition plus juste des richesses créées en commun en Afrique et pour une gouvernance d’une nouvelle génération qui sera à la hauteur des attentes et des espoirs d’un continent qui dépassera les trois milliards d’habitants à l’horizon 2050», soit près du tiers de la planète.

La 53e Conférence de sécurité de Munich, marquée notamment cette année par la présence du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le président du Conseil européen, Donald Tusk, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ou encore le vice-président des États-Unis Mike Pence, des ministres russe, saoudien et iranien des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, Adel Al-Jubair et Jawad Zarif, ainsi que du ministre israélien de la Défense, Avigdor Libermann, fut une excellente tribune pour André Azoulay de mettre en exergue l’exceptionnelle percée des entreprises marocaines dans le continent Africain, notamment dans le secteur bancaire, celui des engrais, des télécommunications ou des services.

Et c’est justement dans le cadre de ce rôle avant-gardiste joué par le Royaume du Maroc dans toute la région, et notamment dans la recherche d’une solution juste et durable à la Cause palestinienne, qu’André Azoulay a appelé les participants à ce «Davos de la Défense», de protéger et encourager la solution de deux Etats –Palestine/Israël- rappelant au passage tous les efforts consentis par le Maroc durant plus d’un demi-siècle pour éviter la fragilisation des acquis au Moyen-Orient.

Et si deux jours avant l’intervention d’André Azoulay à Munich, le Maroc prenait part à Bruxelles, à la réunion des ministres de la défense des pays de la coalition contre l’organisation terroriste Daech en Syrie et en Irak, avec une importante délégation conduite par Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale, pour discuter des défis de la lutte antiterroriste, André Azoulay a achevé son intervention au Wehrkundetagung en appelant à une accélération de la reconnaissance de l’État de Palestine, seule réponse concrète et valable que la communauté internationale peut apporter aux menaces qui pèsent sur ce processus, et seul moyen susceptible, demain, d’apporter la paix, le respect mutuel, la dignité, la justice, les droits à tous les peuples de la région et aux générations montantes.

Abdellah EL HATTACH 

#MSC2017 ( @MunSecConf ) et Coalition internationale Vs. DAECH

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La 53e édition de la Conférence de Munich sur la sécurité s’achève aujourd’hui après 3 jours d’intenses débats et concertations qui ont réuni plus de 500 personnalités, chefs d’États ou de gouvernements, ministres, diplomates, militaires et experts.

Cette édition intervient à deux jours d’intervalle avec la réunion tenue à Bruxelles par les ministres de la Défense des pays de la Coalition contre l’organisation terroriste Daech, à laquelle a pris part le Maroc, représenté par Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale, à la tête d’une importante délégation.

Si la rencontre de Bruxelles, tenue en marge de la réunion des ministres de la Défense des Etats membres de l’OTAN, a été consacrée à l’examen des moyens d’accélérer la lutte contre l’organisation terroriste Daech qui continue de constituer un défi mondial pour lequel tout le monde doit demeurer mobilisé, tout en sachant que ce combat va être long et fastidieux, celle (la rencontre) de Munich avait à l’ordre de jour tous les sujets chauds du moment : les relations États-Unis-Europe, la crise en Ukraine et les relations avec la Russie, la guerre en Syrie, la situation sécuritaire en Asie-Pacifique, la Corée du Nord et l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien. Il était également question lors de ce MSC2017 de terrorisme international, de la guerre de l’information et électronique ainsi que des menaces liées à la santé et au climat.

Selon le président de la Conférence de Munich, Wolfgang Ischinger, «le monde est confronté à un environnement de sécurité internationale qui est sans doute plus volatile qu’à aucun moment depuis la Seconde Guerre mondiale» et, selon lui, «l’ordre libéral que beaucoup d’entre nous ont pris pour acquis est de plus en plus menacé de l’intérieur et de l’extérieur», avant d’ajouter qu’il «il était important de trouver des moyens de défendre et de renforcer les valeurs fondamentales de l’Occident et les institutions d’un système international fondé sur des règles.»

La délégation américaine, emmenée par le vice-président Mike Pence, et les secrétaires à la Défense et à la Sécurité intérieure James Mattis et John Kelly, était sur la défensive cherchant à expliquer et à convaincre les nouvelles orientations de la Maison Blanche concernant la nouvelle politique étrangère américaine très contestée par les européens.

Côté européen, ce sont la Chancelière allemande Angela Merkel et la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini, ainsi que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui ont eu la lourde tâche d’opposer une fin de non-recevoir aux récentes velléités de Washington, en argumentant que le pire scénario pour l’Europe serait une administration américaine poursuivant une politique aboutissant à la désintégration de l’Europe, insistant au passage que tout accord entre les États-Unis et la Russie ne devait pas se faire aux dépens de l’Europe, et ont unanimement signifié que l’Europe ne soutiendra pas de nouvelles sanctions contre Téhéran si les États-Unis rompaient unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien.

D’ailleurs, au troisième jour des travaux du MSC2017, le dossier iranien était largement débattu, notamment en présence du ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov et son homologue chinois Wang Yi. Et si le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a saisi l’occasion de critiquer une nouvelle fois l’accord sur le nucléaire iranien, son homologue saoudien, Adel al-Jubeir, s’est joint quant à lui à la symphonie israélienne, estimant que l’Iran «faisait partie du problème et non de la solution» et a rejeté tout dialogue avec Téhéran dans l’immédiat, ce à quoi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a immédiatement répliqué : «L’Iran n’est pas influencé par les menaces, a déclaré. L’Iran réagit très bien au respect. Nous ne réagissons pas bien aux menaces.»
Si de larges divergences demeurent entre les participants des deux Conférences, à Bruxelles et à Munich, concernant les points de vue politiques et moyens de régler les crises au Moyen-Orient, un seul point a fait l’unanimité lors des deux rendez-vous internationaux, il s’agit de la lutte antiterroriste et le combat contre Daech dans lequel le Maroc est un acteur mondial respecté pour ses prises de position et son grand professionnalisme dans le traitement –pas uniquement sécuritaire- de ces questions d’intégrisme qui virent à la violence.

Abdellah EL HATTACH


Téléchargez le programme et la liste des participants ici. Des photos et des vidéos de la conférence sont disponibles dans cette médiathèque. Vous trouverez également des transcriptions de nombreux discours ainsi que des citations clés faites lors des débats. Consultez les revues de presse et les analyses des débats de Munich pour en savoir plus sur Munich Security Report, un rapport annuel sur les principaux enjeux de la sécurité internationale publié dans la perspective de la conférence de Munich. Un résumé des débats lors de l’événement traditionnel de lancement du MSC, où, le 13 février, le président du MSC, Ischinger, a présenté les thèmes de la prochaine conférence de Munich sur la sécurité, est disponible ici.
Nous avons également résumé dans la colonne de droite toutes les informations relatives à la conférence de Munich sur la sécurité de cette année.