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Abdellatif Jouahri

Fin des prolongations pour Abdellatif Jouahri, Ahmed Lahlimi et Badre Kanouni

Le prochain Conseil des Ministres devrait apporter son lot de surprises. Outre, la nomination des secrétaires d’Etat qui devraient venir renforcer un gouvernement Akhannouch peu performant, des rumeurs perssistantes parlent d’une vague importante de changement qui toucherait le top management de plusieurs institutions publiques. Selon Assabah, en seraient concernés, entre autres, Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib, Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan et Badr Kannouni, président du directoire du groupe Al Omrane. Le ministère de l’Intérieur devrait connaitre également d’importants changements. Khalid Safir, l’un des plus brillants et des plus performants de la maison en serait la tête d’affiche.

Fin novembre, circulait sous le monteau, une liste de candidats aux postes de Secrétaires d’Etat auprès du gouvernement Aziz Akhannouch. Quelques noms étaient même cités sur des supports de presse. «Une tentative d’élimination de quelques profils», disait-on.

Selon les informations d’Assabah, Aziz Akhannouch aurait proposé une première liste au Cabinet Royal, qui lui a été retournée estampillée par un «niet catégorique». Une deuxième liste composée de six Secrétaires d’Etat aurait été quand à elle approuvée. L’hebdomadaire arabophone croit savoir que le Parti de l’Istiqlal devrait avoir la part du lion dans ces nominations, se considérant laisé, en tant que membre de la majorité gouvernementale dans la distribution des portefeuiles ministeriels.

Le ministère de l’Intérieur pour sa part se prépare à vivre un séisme au sein de son organigramme. On évoque le départ de Khalid Safir, qui serait appelé à d’autres fonctions en dehors de la maison de Laftit, et de son remplacement au poste de Wali, Directeur Général des Collectivités Locales, par Jelloul Samsseme. Ce dernier est Wali attaché à l’administration centrale du Ministère de l’Intérieur. Il avait fait les frais d’une colère royale en 2015, suite à une plainte d’un MRE. Assabah avait, fin 2020, sorti le même nom pour le même poste qualifiant le Wali Samsseme, d’«amnistié».

D’autres Walis et gouverneurs arrivés en âge légal de départ à la retraite ainsi que ceux n’ayant pas été satisfaisants, devraient céder leur place à de nouveaux visages.

Abdellatif Jouahri, Ahmed Lahlimi et Badre Kanouni enfin libérés

Les départs de ces hauts reponsables a toujours été d’actualité. Si Badre Kanouni s’y attendait en raison de ses 11 années passées à la tête du groupe Al Omrane, Abdellatif Jouahri et Ahmed Lahlimi de part leur stature était des «éternels». Ils jouissent d’une considération particulière dans l’appareil de l’Etat et assurent le rôle de tours de contrôle de la situation financière, économique et social du pays.

Programmée avant 2017, le remplacement du Wali Bank Al Mghrib aurait été retardé pour plusieurs raisons. Notemment, l’échec de Mohamed Boussaid a mené à bien la mise en place du nouveau régime de change et l’avénement de crises économiques successives. Abdellatif Jouahri a joué un rôle central depuis 2017 pour alerter, dénoncer et contenir les flux sortants importants de devises. Il a également occupé le payssage médiatique sur des sujets d’ordre économique et social à travers des points de presse devenues un rendez-vous incontrournable. Son indépendance envers les acteurs du secteur bancaire et envers l’excutif et le soutient du Souverain dont il joussiait lui donnait une forte crédibilité auprès du public.

L’autre mission que Abdellatif Jouahri a mené avec tact et fermeté et l’assainissement du passif de la banque d’Othmane Benjelloun. Voilà deux hommes qui se sont cotoyés durant plusieurs années qui devraient se retirer des affaires la même année.

A l’occasion de son discours d’ouverture de la 11 ème législature, le 8 octobre 2021, le Roi Mohammed VI a appelé à «une refonte substantielle du Haut-Commissariat au Plan dans la perspective d’en faire un mécanisme d’aide à la coordination stratégique des politiques de développement et d’accompagnement de la mise en œuvre du modèle de développement». Le rapport de Chakib Benmoussa présenté au Roi recommandait la création d’un mécanisme de suivi de la mise en œuvre du nouveau modèle de développement. La décision du souverain a été de confier cette mission au HCP.

Contrairement à Abdellatif Jouahri, le Haut commissaire au plan qui fêtera ses 83 ans en mars prochain, Ahmed Lahlimi ne parlait que peu, par contre il publiait des rapports qui parlaient pour lui. Comme, Jouahri son indépendance à l’exécutif, il y tenait. D’ailleurs, il a toujours été la cible des critiques des plus virulentes sur ses prédictions qui vont souvent à l’encontre de l’agenda politique du gouvernement.

Le remplacement de ces deux hauts responsables est inévitable, toutefois auraient-ils la bonne relève ?

Intelligence économique : Jouahri se plug aux Douanes

Key Points

  • Bank Al-Maghrib a signé une convention avec l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) visant au partages de donnés, d’études et de travaux de recherche à caractère économique et financier.
  • Abdellatif Jouahri renforce le développement d’un pôle d’expertise économique et financière dans le cadre du plan stratégique 2019-2023.

Que se passe-t-il ?

Bank Al-Maghrib et l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) ont signé, jeudi, une convention de partenariat ayant pour objectif la mise en place d’un cadre formalisé pour l’échange de données et d’expériences dans les domaines d’intérêt commun des deux institutions, annonce une dépêche de la MAP.

Ce nouveau cadre de coopération permettra l’échange de données et l’accès aux informations et études produites par les deux institutions dans le cadre de leurs missions respectives, indique le communiqué conjoint des deux institutions.

Pourquoi est-ce important ?

En plus de son rôle de régulation du marché financier et et la préservation de la valeur du dirham, Bank Al-Maghrib est en charge de l’élaboration et la publication des statistiques monétaires du pays, l’élaboration d’un certain nombre de rapports notamment le rapport remis annuellement au roi Mohammed VI.

Abdellatif Jouahri, est devenu au fil du temps une personnalité influente dans le paysage médiatique en ce qui concerne la conjoncture économique du pays. Une posture qui s’est révélée avec sa sortie tonitruante, annonçant le report de la libéralisation du dirham contre l’avis de l’ancien ministres des finances Mohamed Boussaid. Ses conférences de presse, désormais diffusées en directe sur les réseaux sociaux, sont devenues de véritables évènements médiatiques. Sa disponibilité et le ton marocain du grand oncle, font de lui un excellent client de la presse.

Jouahri fait face à plusieurs défis et à des ruptures historiques, notamment la relance économique post-Covid, la pression européenne sur le dossier de blanchiment et la monnaie digitale. C’est dans ce contexte qu’il a prévu, dans son plan stratégique 2019-2023, le développement d’un pôle d’expertise économique et financière.

La présente convention avec la douane est un exemple de partenariats à travers lesquels, BAM souhaite consolider une remontée d’information fiable et rapide à même de permettre d’accroître la robustesse de l’analyse économique et de la stabilité financière mais aussi de renforcer les techniques de contrôle.

Votre Briefing du Jeudi

#1 – Couvre-feu Ramadanien : les marocains résignés à moitié

La communication déplorable du gouvernement a mis les marocains en émoi à l’annonce du couvre-feu nocturne durant le Ramadan. Le vide laissé par le Chef de gouvernement Saad Dine El Otmani et le ministres des affaires religieuses, Ahmed Toufiq, a créé une grande confusion profitant à des mouvements répertoriés extrémistes. Du pain béni pour Hassan al-Kettani, qui entre deux posts sur les tarawih, glisse une menace de déstabilisation à la Jordanienne. Cette troisième vague semble mal supportée par les populations, de par le monde, lassées et épuisée des mesures de restriction sanitaires et les contradictions générées par le grand écarts des gouvernements impuissants devant l’ampleur de la menace économique, sociale et sécuritaire.

Au Maroc, la campagne de vaccination et une grande flexibilité des autorités acquise au fil du temps, ont certes amélioré les libertés de circulation et la vie sociale en comparaison avec les pays européens, mais la menace économique est très importante. Dans l’absence d’aides directes, de plan volontariste et puissant de relance Saad Dine El Otmani, a fini par grippé à la machine de production au risque de mettre en équation la paix sociale du pays.

Fait insolite en relation avec le couvre-feu Ramadanien, le président de la Commune de Louta, près d’Al Hoceïma, Mekki El Hannoudi, a annoncé sur sa page Facebook, qu’il allait permettre aux habitants de sa commune qu’il allait les laisser sortir jusqu’à onze heure du soir et qu’il en assumerait les conséquences. A des fins purement électoralistes, cet usfpéiste prend le risque de créer un mouvement de désobéissance au niveau national.

#2 – Les images des arrestations violentes des jeunes manifestantes émeuvent les femmes au Maroc

Les autorités publiques perdent pour la seconde fois la bataille de l’image face à un mouvement des enseignants contractuels, de plus en plus organisé et de plus en plus imprévisible. Les vidéos de l’arrestation ciblée de deux jeunes femmes , identifiées comme leaders du mouvement ont choqué de par leur violence. Des scènes que les féministes n’ont pas voulu laisser passer. Elles rappellent que trop les violences quotidiennes dont sont victimes les femmes marocaines. Militantes de gauche, actrices ou collectif Masaktach ont exprimé sur les réseaux sociaux leur colère et ont demandé la libération immédiate de ces jeunes femmes dont Nezha Majdi qui avait dénoncé le harcèlement et les agressions sexuelles des forces de l’ordre dans une précédente manifestation.

20 manifestants sont tours en état d’arrestation.

#3 – Cryptomonnaie : Benchaaboun calme les ardeurs de Jouahri

Le Benkirane de l’économie et des finance, Abdellatif Jouahri, qui à force de vouloir vulgariser Keynes, sa langue a fourché le mardi 24 mars en traduisant «Souverain» par «Moul Chi» créant une dangereuse confusion sur un dossier aussi sensible que celui des ententes des pétroliers, s’est fait corriger par Mohammed Benchaaboun sur les cryptomonnaies.

«La crise a démontré que le digital et le numérique vont prendre de plus en plus d’importance, pas uniquement dans les domaines du commerce et des échanges, mais également sur le plan monétaire. J’ai dis à mes équipes que nous devons absolument être agiles et proactifs», avait déclaré tout sourire le gouverneur de la banque centrale.

Notre Binebine de l’économie avait également assuré les médias qu’il avait mis sur pied un comité, «en bonne et du forme, dont les membres se dédient à cette problématique, avec pour mission d’identifier et d’analyser les avantages».

Mais, comme les transformations consomment beaucoup de bande passante, un luxe que le Ministre de l’Economie et de Finance semble ne pas en disposer pour le moment, vu les montagne de problèmes plus urgentes à traiter, Benchaaboun décide de mettre fin au débat par une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Une vidéo sur laquelle les logos du Ministère et celui de BAM ont bien été mis en évidence, une voix off nous explique la dangerosité de l’investissement dans la cryptomonnaie.

«Intaha Al Kalam».

#4 – Le Maroc dézingue, Moul El Bendir, le Chef de la gendarmerie des séparatistes … par le biais d’un drone de combat chinois

Le héros national s’appelle désormais, Wing Loong 1, un drone de combat d’altitude de croisière moyenne et de longue autonomie (MALE), construit par l’entreprise chinoise China Aviation Industry Corporation.

Dah El Bendir, le chef du corps de la «gendarmerie» du groupe séparatiste du Polisario, qui tentait une incursion dans la région de Touizgui en territoire marocain, en tête d’une milice armée, a été abattue mardi 7 avril par les Forces Armées Royales par le drone Wing Loong 1.

Il s’agit de la première opération du genre à être médiatisée en raison du grade de la cible.

La presse officielle a pleuré Dah El Bendir, le qualifiant de martyre.

#5 – La séduction à la française, salie par #MeToo

Depuis le début de l’année, rappel The New York Times, un certain nombre d’hommes puissants dans certains des domaines les plus importants de la France ont fait l’objet d’accusations directes et publiques d’abus sexuels et d’insecte. La plupart de ces accusations ont surgi après des années de silence. L’effet a été immédiat, des enquêtes officielles lancées, des accusés ont perdu leur poste et d’autres ont été purement et simplement bannis de la vie publique.

La liste des noms est déjà longue et s’allonge : Gérard Depardieu, la plus grande star de cinéma française, Gérald Darmanin, le puissant ministre de l’Intérieur, Olivier Duhamel, un intellectuel éminent, Richard Berry, un acteur célèbre et PPDA, ancien roi des JT.

Ces accusations ont également conduit à repenser la masculinité française, y compris l’archétype des Français en tant que séducteurs irrésistibles, souligne Natasha Frost, journaliste au NYT.

#6 – Une large campagne appelant au boycott des E.A.U trouve son échos en Arabie Saoudite

Le hashtag مقاطعه_الامارات# ( Boycott des Emirats ) est un trending twitter dans plusieurs arabes depuis mardi 6 avril. Il s’agit de la première campagne digitale de boycott d’un pays arabes jamais lancée sur les réseaux sociaux. Israël et la France ont souvent fais les frais de mobilisations de ce genre.

Les lanceurs de cette campagne ont trouvé le liant idéal : la Palestine et le rapprochement entre MBZ et Netanyahu. Mais les véritables raisons sont d’ordre géopolitique et économique.

Le plus surprenant et que l’analyse de cette campagne révèle que plus de 60% des utilisateurs avaient des adresses IP saoudiennes. Le Yémen, la Libye, l’Algérie et le Koweït viennent après.

La crise en Jordanie, les difficultés dans lesquels est confronté Sissi en Egypte, la reconsidération du dossier iranien sont des signaux d’une reconfiguration en cour de la géopolitique de la région MENA.

Coronavirus : Abdellatif Jouahri appelle les établissements de crédit à suspendre la distribution des dividendes

Afin de pouvoir jouer pleinement leur rôle dans le financement de l’économie durement impactée par la pandémie, grâce entre autres à des fonds propres suffisants, les banques et autres sociétés financières ont été invitées par Bank-Al Maghrib à suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019.

La gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, annonce dans un communiqué, avoir invité les établissements de crédit à conserver des fonds propres suffisants pour faire face aux effets de la crise pandémique du Covid-19, et préserver ainsi leur capacité d’octroi de financement dans ces circonstances exceptionnelles.

M. Jouahri a ainsi appelé ces établissements à suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019 et de renforcer leur rôle dans le financement de l’économie.

Il est noté que Bank Al-Maghrib BAM a déjà adopté un ensemble de mesures de politique monétaire et prudentielles visant à faciliter l’accès au crédit bancaire au profit à la fois des ménages et des entreprises.

Abdellatif Jouahri, assure dans son communiqué que la banque centrale continuera de suivre de près les implications de la crise sanitaire sur l’économie nationale et le système financier et prendrait, le cas échéant, les mesures nécessaires pour y faire face.

Le roi Mohammed VI loue les compétences de Abdellatif Jouahri et fustige le GPBM

Dans un discours très attendu à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire d’octobre, et au lendemain du remaniement ministériel, le Roi Mohammed VI a défendu le droit des jeunes à accéder au financement. Le souverain qui a loué la solidité du système financier marocain grâce à la qualité et le travail des organes de régulations, a fustigé les banques marocaines au sein desquelles subsistent encore des mentalités qui entravent le développement et l’investissement.

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Programme de privatisation : La dream Team de Mohammed VI

Le roi Mohammed VI a choisi la dream team qui a va être en charge de la mise en oeuvre du programme de privatisation annoncé en 2018. Une dream team composée de femmes et d’hommes qui ont tous un point commun : la discrétion et le sérieux. S’agit-il d’un signal aux différents responsables réputés pour leur médiocrité et leur incompétence à la veille d’un séisme politique salutaire ?

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Bank al-Maghrib réagit à une communication frauduleuse concernant Abdellatif Jouahri

Plusieurs personnes ont constaté la présence dans leur courrier électronique d’un message en provenance d’un certain «Abdellatif Jouahri» invitant les destinataires à effectuer les démarches nécessaires pour être reconnus bénéficiaires d’un compte bancaire d’un montant de 34,5 millions d’Euros qui n’aurait pas été mouvementé depuis 3 ans et qui risque de passer sous la tutelle du trésor public si aucun ayant droit ne se manifeste.

Pour lever tout équivoque et parer à toute mauvaise interprétation, Bank Al-Maghrib a publié ce vendredi un communiqué dans lequel la banque centrale du royaume tient à préciser que le Gouverneur Abdellatif Jouahri, «n’est d’aucune manière l’expéditeur de ce courrier.»

Bank Al- Maghrib dit décliner «toute responsabilité par rapport au contenu du message.»

L’institut d’émission ne précise cependant pas si une quelconque enquête a été ouverte ou si le parquet a été saisi pour élucider cette affaire pour le moins louche.

En l’absence de Fouad Ali El Himma, Jouahri et Jettou esquissent un sombre tableau de la situation socio-économique du Maroc

En pointant du doigt dans son discours du trône ceux qu’ils a désignés comme des «négativistes, nihilistes et autres marchands d’illusions» qui usent «du prétexte de certains dysfonctionnements pour attenter à la sécurité et à la stabilité du Maroc ou pour déprécier ses acquis et ses réalisations», le roi Mohammed VI reconnaît «l’ampleur du déficit social et les modalités de réalisation de la justice sociale et territoriale» qui sont parmi les principales raisons qui ont incité le souverain à appeler au renouvellement du modèle de développement national. Le roi Mohammed VI, qui rappelle qu’il «est insensé que plus de cent programmes de soutien et de protection sociale, de différents formats [mobilisant] des dizaines de milliards de dirhams, soient éparpillés entre plusieurs départements ministériels et de multiples intervenants publics», dénonce cette pratique selon laquelle «les programmes [sociaux] empiètent les uns sur les autres» péchant par manque de cohérence jusqu’à ne pas parvenir à cibler les catégories effectivement éligibles. «J’ai le sentiment que quelque chose continue à nous faire défaut en matière sociale» a martelé le souverain ! Pour arriver à ce constat, le roi s’est appuyé sur deux rapports : le premier du Gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, le second de Driss Jettou, président de la Cour des comptes, tous deux présentés au souverain le jour-même du discours du trône dans deux audiences séparées au siège de la préfecture d’Al Hoceima.

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Mezouar à la tête de la CGEM, un poisson d’avril? Quand Ali Belhaj «clashe» l’ancien ministre

Un journal de la place annonce que Salaheddine Mezouar pourrait être candidat à la présidence de la CGEM. Au conditionnel. Sans trancher. Mais, sans recouper l’information ni la vérifier, la quasi-majorité des médias la reprend en chœur et voit déjà l’ancien ministre des Affaires étrangères succéder à Miriem Bensalah boulevard Mohamed Abdou, au quartier Palmiers à Casablanca.

Pour se porter candidat à la présidence du patronat, il existe trois conditions sine qua non pour postuler à cette fonction : 1) Appartenir à une entreprise membre de la CGEM ; 2) Etre habilité par cette entreprise à la représenter au sein de la CGEM ; 3) S’être acquitté des frais d’adhésion au patronat durant au moins tout l’exercice précédant la candidature. D’emblée, nous pouvons dire que Salaheddine Mezouar ne répond à aucune de ces exigences. Il n’est donc pas admissible à la candidature et est éliminé ipso facto, et de par la force des règlements intérieurs de la CGEM, de cette possibilité. Ca c’est sur le plan juridique.

Ce qui me choque, c’est que l’on présente à ce poste un commis de l’État, plusieurs fois ministres

Sur le plan politique, la candidature de l’ancien président du RNI, si elle venait à se vérifier, violerait un principe éthique et constituerait un mariage antinomique : le mélange entre les affaires et la politique ne fait pas bon ménage. C’est ce qu’a relevé, dans un post sur sa page Facebook, Ali Belhaj, l’ancien président de la région de l’Oriental et ex- secrétaire-général adjoint du Parti authenticité et modernité. Pour Ali Belhaj, cette nouvelle est choquante, non pas à cause du personnage, qu’il considère au passage «très sympathique, agréable et un fin communicateur» mais pour ce qu’il représente : «ce qui me choque, c’est que l’on présente à ce poste un commis de l’État, plusieurs fois ministres» écrit-il.

Voudrait-on infantiliser la CGEM et à l’affaiblir

L’ancien président d’Alliance des libertés, un micro-parti qui avait fusionné au sein du Parti authenticité et modernité à la création de ce dernier, crie au scandale quand il affirme que par cette candidature, on cherche à «infantiliser la CGEM et à l’affaiblir» rappelant que cette dernière si elle «veut rester ce qu'[elle] est, [c’est-à-dire] un des rares corps intermédiaires encore debout, doit rester indépendante», car elle joue un véritable rôle de «syndicat des entrepreneurs». En d’autre termes, y désigner un ancien ministre des Finances ou du Commerce et de l’Industrie comporterait un risque d’indépendance de l’institution en question et constituerait une incompatibilité juridique.

Dans une interaction avec un des lecteurs du post, Ali Belhaj s’interrogeait sur les raisons des difficultés que trouvent «ces hauts fonctionnaires à se recycler dans d’autres domaines/fonctions une fois sortis des sentiers du pouvoir», mais le texte a été supprimé et n’est plus disponible.

Non Monsieur Boussaid, les 500 millions $ ne sont pas destinés à honorer les eurobonds 2017

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Le1.ma était le premier média de la place à avoir rapporté l’information de l’emprunt d’un montant de 500 millions de dollars contracté “en catimini” par le gouvernement auprès du Fonds saoudien de développement. Comme une traînée de poudre, l’information a fait le tour des rédactions nationales lesquelles, sans exception et avec professionnalisme, ont pris le soin de citer la source, et c’est de bon augure. Mais au lieu de réagir via un communiqué officiel en bonne et due forme ou, au moins, envoyer un droit de réponse au support qui a rapporté l’information, le ministre Boussaid a préféré distiller sa « contre-offensive » via des confrères. Mais contre-offensive pour dire quoi au juste ? Pour tenter de convaincre, avec moult contorsions, que l’emprunt de 500 millions de dollars auprès du Fonds saoudien de développement avait pour objectif «d’honorer une partie d’une échéance» d’un ancien emprunt contracté en 2007. Ce qui est loin d’être la vérité.

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En l’absence de communication de la part du gouvernement, Le1.ma a pris la peine d’expliquer aux marocains, avec des mots simples et directs l’objectif du prêt du Fonds saoudien, loin de la terminologie ampoulée de Boussaid qui, cherchant à noyer le poisson, utilise sciemment des termes et expressions compliquées pour que l’opinion publique non initiée n’y voit que du feu.

Pourquoi les 500 millions $ ne sont pas en réalité destinés à honorer les eurobonds 2017 comme l’affirme Boussaid ?
Les eurobonds émis par le Maroc le 27 juin 2007 sur une période de 10 ans sont arrivés à terme le 27 juin 2017 ; et l’emprunt contracté auprès du Fonds saoudien de développement n’a été signé que le 17 Août 2017, soit près de deux mois plus tard. De plus, selon les propres dires du ministre Boussaid, les 500 millions $ n’ont pas encore été encaissés. Nous sommes donc devant deux cas de figure :

  1. Trois mois après l’échéance, le gouvernement n’a pas encore réglé cette dette : cette option est risquée car le défaut de paiement et très chèrement payé sur le marché international, aussi bien auprès de l’Europe qui nous a octroyé le prêt, qu’auprès des agences de rating qui peuvent dégrader sévèrement le Maroc. Le cas du Congo est criard : Brazzaville avait échoué le 30 juin 2016 à effectuer le paiement de l’échéance de son eurobond -et ce malgré une période de grâce de 30 jours-, les trois grandes agences de notation internationales ont systématiquement dégradé la note souveraine du pays, Moody’s (« B3 »), Fitch Ratings (« RD » – « défaut partiel ») et Standard & Poor’s (« SD / »D » – « défaut partiel »). Ce qui a entraîné un net recul du cours des obligations de cet eurobond sur les marchés internationaux. Le ministre Boussaid doit donc nous dire très vite si le chèque du Fonds saoudien a été encaissé ou pas et comment gère-t-il ce défaut de paiement avec les bailleurs de fonds internationaux. Les marocains doivent savoir ;
  2. Les 500 millions d’euro relatifs au remboursement des eurobonds ont bien été réglés, donc puisés du budget général de l’Etat (car Boussaid a bien dit que le montant n’a pas encore été viré) ce qui déséquilibrera gravement les comptes nationaux et grèvera les réserves de changes déjà en souffrance suite à l’affaire des 44 milliards de dirhams qu’a fait éclater au grand jour le Gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, en concomitance avec l’arrivée à échéance de l’eurobond. La fin de l’année risque donc d’être extrêmement difficile. Prions Dieu que les saoudiens accélèrent le versement des 500 millions dans les caisses de l’Etat pour éviter au pays de faire face à une crise budgétaire et de liquidité très sévères.

La situation de blocage gouvernemental, le retard de l’approbation de la loi de Finances 2017 et la léthargie de l’actuel exécutif qui n’a pas encore réellement pris ses marques de gouvernement fort, homogène et responsables, constituent les facteurs expliquant la confusion de l’équipe d’El Otmani, encore incapable de donner des réponses claires, transparentes et convaincantes au citoyen marocain. Et le ministre de l’Economie et des Finances est un homme-clé de ce dispositif mis en place par le chef du gouvernement.

Rien qu’en eurobonds, trois échéances majeures attendent le gouvernement dans les six prochaines années : un milliard de dollars en 2020 (prêt contracté en septembre 2010), un milliard de dollars en 2022 (prêt contracté en décembre 2012) et un milliard de dollars en 2024 (prêt contracté en juin 2014).

Source : Ministère de l’Economie et des Finances

Les marocains ont besoin et, surtout le droit, de savoir comment le gouvernement compte rembourser toutes ces dettes et est-ce qu’il va de nouveau recourir à l’endettement pour rembourser ces emprunts colossaux, l’éternel cercle vicieux. De plus, l’emprunt de 500 millions de dollars contracté auprès du Fonds saoudien, n’aurait jamais dû avoir lieu si le pays créait assez de richesses pour payer ses dettes. Mais avec un taux de croissance situé entre 1,3% et 1,7% au mieux disant, le Maroc n’est pas encore sorti de l’auberge de l’assainissement de ses comptes publics.

Les péchés capitaux de Boussaid et du gouvernement

  1. Léthargie : Prenons le cas du Ghana : le pays devait faire face en 2017 à un remboursement de 1 milliard d’euro relatif à l’échéance d’un eurobond contracté également en 2007. Prévoyant, le Ghana a pris ses dispositions et a inclus cette tombée dans le budget 2016 en vue de maîtriser ses coûts financiers et sa réputation sur les marché internationaux. Boussaid et le gouvernement, en hibernation, ne se sont réveillés qu’à quelques semaines avant l’échéance. Ce qui explique la colère et la sortie surprenante du Gouverneur Jouahri s’insurgeant contre la gestion désastreuse du gouvernement en ce qui concerne les équilibres budgétaires et de change ;
  2. Dilettante : Les 500 millions d’euros ont été contracté en 2007 pour éviter justement les coûts de rééchelonnement des dettes contractées auprès du Club de Londres, profitant du rating exceptionnel du royaume pour décrocher un spread favorable. Aujourd’hui, avec cet emprunt de 500 millions d’euros, ne s’agit-il pas d’une forme de rééchelonnement interdit par le Fonds saoudien de développement. Du moment qu’on emprunte pour payer un emprunt, c’est un manque flagrant de rigueur budgétaire qui risque d’écorcher notre rating ;
  3. Opacité : Pourquoi cet embargo médiatique sur l’opération ? Sachant que les ministres de Saad dine El Otmani, ne bougent d’un point à un autre que les voilà suivis par des hordes de photographes, journalistes et community managers. Il s’agit d’un montant important contracté par un pays ami et c’est, en principe, plutôt une bonne nouvelle qui devrait rassurer les citoyens et les partenaires du Royaume si l’on suit la logique du ministre Boussaid. Mes les contorsions dans ses réponses prouvent qu’il ne dit pas toute la vérité sur le sujet ;

Quand le ministre Boussaid dit, par voix interposée, que les salaires de la fonction publique s’élèvent à 8 milliards de DH par mois soit bien plus que le montant emprunté, c’est une fuite en avant caractérisée du ministre, car payer une partie des salaires ou rembourser une dette par un énième emprunt c’est du pareil au même : le Maroc n’avait pas les moyens de combler un trou béant et s’est de nouveau endetté, loin des caméras, pour boucler une fin de mois difficile. D’ailleurs, le texte du Décret publié dans le Bulletin Officiel est clair : l’emprunt contracté auprès des saoudiens vient en «appui au budget» de l’année en cours, 2017.

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