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Netanyahu veut fermer Haaretz pour «sabotage d’Israël en temps de guerre»

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Shlomo Karhi, le ministre israélien de la Communication et membre du parti Likud de Benjamin Netanyahu, a proposé de prendre, ce jeudi, des mesures sévères contre le quotidien Haaretz. Il accuse le journal de «sabotage contre Israël en temps de guerre» et de servir de «porte-voix incendiaire pour les ennemis d’Israël»

La proposition de ministre de Netanyahu implique l’arrêt immédiat de la publication des avis gouvernementaux dans Haaretz et l’annulation de tous les abonnements de l’État, y compris ceux des membres des Forces de défense israéliennes, de la police, des services pénitentiaires, des ministères et des entreprises gouvernementales. Cette initiative, soumise sans consultation préalable de l’avis juridique du ministère, soulève des questions alarmantes sur la liberté de presse en Israël.

Amos Schocken, Directeur de Publication de Haaretz, a riposté en déclarant : « Si le gouvernement veut fermer Haaretz, c’est le moment de lire Haaretz ». Cette réponse audacieuse met en évidence la résilience du journal face aux pressions politiques.

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La lettre de Karhi à Yossi Fuchs, le secrétaire du gouvernement de Netanyahu, intitulée « Prendre des mesures contre le journal Haaretz pour la diffusion de propagande mensongère et défaitiste », dénonce la ligne éditoriale du journal depuis le début de la guerre. Karhi affirme que certaines publications de Haaretz pourraient même « franchir le seuil pénal réservé uniquement en temps de guerre ».

Quand Haaretz révèle que des hélicoptères israéliens ont tué des participants à la rave pary le 7 octobre

Netanyahu s’efforce de réduire au silence le journal Haaretz, non pas en raison de sa ligne éditoriale qui l’accuse d’être à l’origine de la tragédie du 7 octobre, mais surtout pour avoir déconstruit tout sa narative sur l’attaque du Fesival Nova.

Le 18 novembre, Haaretz a révélé les conclusions d’un rapport des services de sécurité israéliens. Ce rapport pointe du doigt l’armée israélienne, l’accusant d’être responsable de la mort de jeunes Israéliens lors de la rave party organisée au desert de Nova.

Des hauts responsables de la sécurité en Israël pensent que le Hamas a été informé de l’existence du festival, soit par des drones, soit par des parachutistes, et qu’il a ensuite guidé les terroristes vers le site en utilisant leur propre système de communication.

D’après une source policière citée par Haaretz, l’enquête révèle aussi qu’un hélicoptère de combat de l’IDF, intervenu sur les lieux pour tirer sur des terroristes, aurait accidentellement atteint des participants au festival.

L’information a eu l’effet d’une bombe. Les réseaux sociaux mondiaux acquis à la cause palestinienne s’en emparent pour nier la responsabilité du Hamas dans le massacre.

Soutien unanime et mondial

Le Syndicat des journalistes israéliens a réagi vigoureusement, qualifiant la proposition de Karhi de « populiste, dénuée de toute faisabilité ou logique ». Le syndicat soutient les journalistes de Haaretz, affirmant qu’ils continueront de réaliser un travail important pour le bénéfice d’Israël, sans se laisser dissuader par les « menaces stupides et vaines » de Karhi.

Cette affaire prend une tournure internationale puisque des journalistes de renom dans le monde entier ont dénoncé les menaces de Karhi. Des personnalités comme Jake Tapper de CNN, Jeet Heer de The Nation et Yashar Ali du Huffington Post et du New York Magazine ont exprimé leur soutien à Haaretz.

Dans un contexte où le gouvernement de sécurité a autorisé Karhi à agir contre des médias étrangers jugés nuisibles à la sécurité nationale, cette attaque contre un média israélien suscite une inquiétude profonde quant à l’état de la démocratie et de la liberté de presse en Israël.

Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist
20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

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