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Résolution 2285 du Conseil de Sécurité – Brahim Fassi Fihri:  la  crise évolue vers une situation d’opportunité pour le Maroc

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Le vote aujourd’hui de la Résolution 2285 du Conseil de Sécurité, avec un résultat de 10 voix pour, 2 voix contre et 3 abstentions, vient clôturer le deuxième chapitre de la crise qui oppose le Maroc au Secrétariat de l’ONU, depuis son déplacement en Algérie et à l’Est du mur début mars dernier.

Il est important de prendre acte du fait que cette Résolution représente une rupture, sur le fond et sur la forme avec celles qui l’ont précédée

Il est important de prendre acte du fait que cette Résolution représente une rupture, sur le fond et sur la forme avec celles qui l’ont précédée. Sur le fond d’abord, jamais un projet de Résolution – au-delà du draft américain d’avril 2013 qui avait proposé l’extension à la Minurso du monitoring des Droits de l’Homme au Sahara – n’a été aussi hostile au Maroc avant qu’il soit proposé au « Groupe des Amis du Sahara » et aux autres membres du Conseil de Sécurité. Sur la forme ensuite, jamais le Conseil n’a été aussi divisé lors d’un vote d’une Résolution sur la question du Sahara. C’est la première fois, en effet, depuis 1988, qu’une Résolution du Conseil de Sécurité n’a pas été votée à l’unanimité. Au-delà de l’abstention de la Nouvelle-Zélande, de l’Angola et de la Russie, les votes contre du Venezuela et de l’Uruguay rompt le consensus historique du Conseil sur cette question.

Grâce notamment au soutien indéfectible de la France et à la bienveillance de la Chine, sans oublier le rôle joué par des membres non permanents alliés du Royaume, comme le Sénégal, l’Espagne et l’Egypte, le contenu de la Résolution a été au maximum « épuré » depuis le draft présenté au « Groupe des Amis du Sahara » lundi dernier. En effet, la publication par un site spécialisé des deux projets de Résolution nous permet clairement de souligner les changements importants qui ont été portés au texte 2285 du Conseil de Sécurité voté ce jour.

Le draft, proposé lundi dernier, a tenté dans la partie préambule (PP7) d’investir la MINURSO de nouvelles attributions, en élargissant ses prérogatives à la « promotion d’une solution politique mutuellement acceptable ». Pis, dans le paraphe PP14 du projet, le texte faisait mention aux « deux » parties » affirmant ainsi, pour la première fois dans un projet de résolution, que le Polisario est la partie exclusive face au Maroc. Le draft s’est également contenté « de prendre note » au lieu de « se féliciter » des « récentes mesures et initiatives prises par le Maroc » en matière de promotion des Droits de l’Homme au Sahara. Enfin, le dernier paragraphe de la partie préambule du draft, « regrette avec préoccupation l’expulsion » des composantes civiles et politiques de la Minurso, s’alignant avec les positions pourtant partiales du Secrétaire Général de l’ONU et épousant très clairement les thèses de l’Algérie, de l’Union Africaine et du Polisario.

Il n’est donc pas étonnant que le draft propose dans son dispositif opératif (OP2 et OP3) le retour « immédiat » des 84 agents de la Minurso ayant quitté le Maroc le mois dernier. Il a également fixé un délai de 60 jours pour « envisager des mesures immédiates pour faciliter la réalisation de cet objectif ». Le contenu de ces deux paragraphes tranche, clairement, avec la pratique du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara, où l’esprit de consensus et de compromis prime, excluant toute imposition d’une option ou d’une proposition. En effet, si les OP2 et OP3 n’avaient pas été modifiés dans la Résolution 2285, cette dernière aurait fait office de précédent, trahissant l’esprit du Chapitre VI de la charte de l’ONU. Le contenu du draft de lundi, préparé et présenté par les Etats-Unis, démontre que ce pays a mis tout son poids dans la balance, pour assurer un retour complet des composantes civiles et politiques de la Minurso, et ce malgré les garanties apportées par le Maroc quant au fonctionnement normal de sa composante militaire.

Tout en saluant de nouveau les efforts menés par la France, nous devons, malgré le fait que le contenu de la Résolution 2285 ne satisfasse pas totalement et dans sa globalité le Maroc

Tout en saluant de nouveau les efforts menés par la France, nous devons, malgré le fait que le contenu de la Résolution 2285 ne satisfasse pas totalement et dans sa globalité le Maroc, nous féliciter des profonds changements et évolutions qu’a connus le texte par rapport au contenu hostile présent dans le draft initial. En effet, la Résolution 2285 dans sa partie préambule, n’altère pas le mandat le Minurso, « se félicite » des efforts déployés par le Maroc en matière de promotion des Droits de l’Homme au Sahara, fait référence « aux parties » sans exclusive et n’utilise pas le terme « expulsion » pour qualifier le départ des membres de la Minurso.

Dans sa partie opérative, paragraphes OP 2 et OP 3, même si la Résolution 2285, souhaite le « retour » du plein fonctionnement de la Minurso, le caractère immédiat n’est plus mentionné. De plus, et c’est certainement la principale évolution du texte par rapport au draft initial, l’OP 3 demande uniquement au Secrétaire Général de briefer le Conseil si la Minurso « n’a pas retrouvé son plein fonctionnement » sans pour autant envisager des mesures immédiates pour le réaliser.F Il s’agit en cela d’un succès important pour le Maroc, qui n’est donc aucunement contraint d’accepter le retour des 84 membres de la Minurso ayant quitté le pays en mars dernier.

Dans leurs explications de vote, le Venezuela et l’Uruguay, qui ont voté contre, et l’Angola qui s’est abstenu, connus tous les trois pour leur hostilité totale contre l’intégrité territoriale du Maroc, ont déclaré que la Résolution 2285 était « faible » et que le Conseil n’a pas assumé sa responsabilité en « n’imposant pas, immédiatement et sans conditions, le retour des composantes civiles et politiques » de la Minurso. Allant plus loin, ils déclarent « qu’il n’aurait pas été inenvisageable d’imposer des sanctions au Maroc ». Ces trois pays, en plus de la Nouvelle-Zélande ont également regretté le rôle joué par le « Groupe des Amis au Sahara » ainsi que l’absence de mention de « referendum » dans la Résolution votée ce jour.

Les explications de vote des quatre pays, ajoutées à celle de Samantha Power, la Représentante américaine à l’ONU, qui déclare que « la situation actuelle de la Minurso n’est pas tenable », tout en soulignant que le rôle du Conseil de Sécurité est « de défendre toutes les Missions onusiennes de maintien de la Paix », démontre, tout compte fait que le Royaume ressort renforcé de ce nouvel épisode de la gestion de la question du Sahara par le Conseil de Sécurité.

A l’issue du vote de la Résolution 2285, un nouveau chapitre s’ouvre. Au-delà de l’absence de décisions contraignantes pour le Maroc, les discussions et le vote de la Résolution ont fait apparaitre un certain nombre d’éléments distincts :

Il existe aujourd’hui une fracture importante au sein des membres (y compris entre membre permanents) du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara. Si la France a été un soutien majeur pour le Maroc, les Etats-Unis ont montré une certaine contradiction dans leur approche. Si les responsables américains ont, en effet, publiquement déclaré qu’ils soutenaient l’Initiative marocaine d’autonomie, qu’ils jugent sérieuse et crédible, ils ont, pourtant au nom, selon eux, du principe de préservation et de soutien aux Opérations de maintien de la Paix, été à l’origine du premier draft de Résolution, imposant au Maroc le retour de la composante politique et civile de la Minurso. Les Etats-Unis se sont par la suite montrés plus flexibles quant à l’évolution du texte pour arriver au contenu voté aujourd’hui et qui peut être considéré conciliant vis-à-vis du Maroc.

Les Etats-Unis se sont par la suite montrés plus flexibles quant à l’évolution du texte pour arriver au contenu voté aujourd’hui et qui peut être considéré conciliant vis-à-vis du Maroc.

Les votes contre du Venezuela et de l’Uruguay, grands soutiens du Polisario, démontrent clairement que le contenu de la Résolution 2285 ne satisfait absolument pas les adversaires de notre intégrité territoriale. D’abord parce qu’il n’impose pas un retour immédiat des composantes civiles et politiques de la Minurso et ensuite parce qu’il ne fait pas évoluer les paramètres et le cadre des négociations comme aurait pu le faire croire les prises de position partiales du Secrétaire Général de l’ONU.

L’abstention de la Russie, membre permanent du Conseil, doit pouvoir interpeller le Maroc. Elle est d’autant plus surprenante que le contenu de la Déclaration conjointe à l’issue de la Visite officielle de SM le Roi en mars dernier à Moscou, affirmant que la Russie était attachée aux paramètres actuels de négociations sur la question du Sahara, illustrait le soutien russe au Maroc. Le contenu de la Résolution 2285 affirme très clairement, comme l’a démontré l’ensemble des réunions du Conseil depuis le début de la crise entre le Maroc et le Secrétariat de l’ONU, que le Conseil se désolidarise totalement de Ban Ki-moon suite à ses différentes déclarations et postures. Pis, les principales lignes de son Rapport, n’ont pas été suivies par le Conseil. En demandant au Secrétaire Général, en fin de mandat et en rupture totale avec le Maroc, de se présenter devant le Conseil dans 90 jours, dans le cas, très probable, que les composantes civiles et politiques de la Minurso ne soient pas autorisées par le Royaume à reprendre du service, le Conseil, met Ban devant ses responsabilités, en le tenant pleinement coupable de la situation actuelle.

Malgré une très forte hostilité de la part du Secrétariat de l’ONU, des adversaires de notre intégrité territoriale et de la part de certains pays membres du Conseil de Sécurité, le Maroc ressort globalement renforcé des discussions du Conseil. Il devient aujourd’hui évident que le Royaume est celui qui prend l’initiative et qui dicte le tempo sur la question du Sahara, et ce dans un environnement extrêmement hostile, au gré des conjonctures du Conseil de Sécurité, où les alliés du jour deviennent les adversaires du lendemain.
Dans l’histoire du conflit du Sahara et de sa gestion par l’ONU, les mois de mars et avril 2016 vont constituer indéniablement une rupture. Nous pouvons aujourd’hui avancer que la crise évolue vers une situation d’opportunité pour le Maroc. Au Royaume désormais de transformer définitivement l’essai, en actant définitivement le projet d’autonomie du Sahara, déjà engagé à travers la régionalisation avancée et les élections du 4 septembre 2015. La proposition présentée en 2007 doit dépasser le simple cadre du projet et être mise en œuvre sur le terrain. Le Maroc sera renforcé de facto dans le processus de négociation et confirmera son sérieux et sa crédibilité, rappelés dans la Résolution 2285, ainsi sa bonne foi à la communauté internationale.

Par Brahim FASSI FIHRI

Président Fondateur de l’Institut Amadeus

 

Le discours royal devant le CCG, une expression de fermeté rassurante au plus haut niveau

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Dans cette présente note, M. Brahim Fassi-Fihri (1), met en exergue l’importance politique et historique du discours royal prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Conseil de la Coopération du Golfe. L’auteur y met l’accent sur la profondeur et le sens du message de fermeté voulu et véhiculé par le Souverain lors de ce discours et les leçons géopolitiques qu’il faut en tirer.

SM le Roi Mohammed VI, a donné le ton et a rappelé avec force la posture et la position du Royaume, dans son Discours prononcé, lors du 1er Sommet Maroc-CCG, face aux agissements partiaux du Secrétariat des Nations Unies et face aux manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale. SM le Roi a recadré avec fermeté le SG de l’ONU, en rappelant son inadmissible absence de neutralité tout en mettant en avant sa méconnaissance évidente de la question du Sahara. Cette nouvelle expression au plus Haut niveau, de la fermeté rassurante, dont fait preuve le Royaume lorsque ses intérêts supérieurs sont menacés, intervient au meilleur moment, puisque le SG de l’ONU, tente à travers son Rapport d’influencer les membres du Conseil de Sécurité. Certains médias ont qualifié ce Rapport d’équilibré, cependant, à la lecture de la version définitive présentée aujourd’hui, il apparait sur le fond, tendancieux et hostile au Maroc.

Le Rapport, et notamment les paragraphes 91, 95 et 96 viennent confirmer que le SG, cherche, comme le souhaitent le Polisario et l’Algérie, à définir de nouveaux paramètres de négociation.

En effet, est-il acceptable de laisser dire au SG de l’ONU, que la situation de précarité dans les camps de Tindouf est due à la « privation » des populations séquestrées à l’accès aux ressources naturelles du Sahara?

Par ailleurs, comment ne pas réagir au fait que les 18 paragraphes consacrés aux Droits de l’Homme, minimisent les actions menées par le Maroc, pourtant mises en avant dans les dernières résolutions du Conseil de Sécurité?

De plus, comment occulter le fait que le SG de l’ONU exagère l’impact de la décision du Maroc de supprimer la composante politique et une partie de la composante civile de la Minurso, sur le fonctionnement de sa composante militaire, alors que celle-ci agit tout à fait normalement?

Comment, également, permettre à ce dernier de créer une honteuse confusion entre le départ des 84 agents de la Minurso et l’instabilité de la région ?

Comment, enfin, accepter que le SG mettent sur le même pied d’égalité l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée sérieuse et crédible par toutes les résolution du CS depuis avril 2007, avec la proposition du Polisario ?

Le Rapport, et notamment les paragraphes 91, 95 et 96 viennent confirmer que le SG, cherche, comme le souhaitent le Polisario et l’Algérie, à définir de nouveaux paramètres de négociation.

Les mots de SM le Roi, devant les membres du CCG, représentent donc une réponse idéale au contenu du Rapport et aux agissements du Secrétariat de l’ONU. Le Souverain, dont les propos ont marqué les esprits, a tenu judicieusement à démontrer que le mois d’avril, qui coïncide avec les échéances onusiennes sur la question du Sahara, est un épouvantail que certaines parties utilisent contre le Maroc, comme moyen de « pression ou d’extorsion ».

GCCMOR
1er Sommet Maroc Pays du Golfe
Le soutien fort et clair apporté par les 6 pays membres du CCG, à l’intégrité territoriale du Royaume et à la marocanité du Sahara, est un acquis considérable pour le Maroc et constitue un puissant encouragement aux efforts menés pour la résolution de ce différend régional. Nul doute, que la solidarité exprimée par tous les pays membres du CCG, encouragera d’autres partenaires du Maroc, à affirmer leur appui au Royaume.


 

(1) M. Brahim Fassi Fihri est le président fondateur de l’Institut Amadeus. Lauréat en sciences politiques de l’Université de Montréal, il fonde en 2008 ce Think Tank, dont il deviendra le président. L’Institut Amadeus est classé 13e Think Tank dans la région MENA et 6e du Monde Arabe.

Manama, Paris, Ryad, Moscou, épicentres de l’influence diplomatique marocaine

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Le Conseil de la Coopération des pays du Golfe, réuni au complet à Manama au Bahreïn, au niveau des ministres des Affaires étrangères, a tenu une rencontre au Sommet avec le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, avant le déplacement de ce dernier en Irak. A l’ordre du jour de cette réunion, figuraient la situation en Syrie, la crise gouvernementale au Liban et le rapprochement entre Washington et Téhéran.

En marge de cette rencontre hautement stratégique, le Conseil a tenu à rappeler au Secrétaire d’Etat américain, le soutien du CCG à la marocanité du Sahara et son appui au Plan d’autonomie présenté par le Maroc concernant ses provinces du Sud.

Cet engagement politique d’une grande valeur diplomatique, intervient après la tournée du Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, dans plusieurs capitales du Golfe, dont Ryad où il a rencontré le souverain d’Arabie saoudite et Manama, qui a accueilli la rencontre CCG-Kerry, où il a été reçu par le Roi de Bahreïn. La navette de Fouad Ali El Himma, accompagné de la cheville ouvrière du département des Affaires étrangères et de la Coopération, Nacer Bourita, a donné ses fruits, surtout qu’elle a été précédée par la communication téléphonique entre Sa Majesté Mohammed VI et John Kerry, entretien axé essentiellement sur la question du Sahara.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, était, jeudi soir, l’invité à dîner, au Quai d’Orsay, de son homologue français, Jean-Marc Ayrault. En plus de la discussion des dossiers relatifs aux relations bilatérales et à la préparation de la COP22, les deux ministres ont abordé les derniers développements de la question du Sahara ainsi que le rapport que comptait présenter le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, au Conseil de sécurité de l’Onu. Les discussions entre les deux chefs de la diplomatie interviennent également au lendemain de la visite de Jean-Marc Ayrault à Alger et à la veille de celle, en Algérie, du premier ministre Francais, Manuel Valls.

Il est clair que l’ordre du jour des discussions entre Mezouar et Ayrault était très dense et comportait aussi la préparation de l’importante réunion de la mi-avril à New York, de la Conférence des Parties sur le climat, une sorte de station d’étape entre la COP21 et la COP22. La situation au Proche-Orient est tout aussi cruciale dans ces échanges, notamment avec la tournée que compte effectuer le président Français, François Hollande, au Liban, en Égypte et en Jordanie et le déplacment du Roi Salmane Ben Abdelaziz en Égypte.

De son côté, MBarka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a eu jeudi, des entretiens avec son homologue de la République islamique d’Iran, Amir Abdellahyane, signal politique très fort de Rabat qui, avec son engagement historique aux côtés des monarchies du Golfe, adopte une neutralité dans la crise entre Ryad et Téhéran, voire de jouer un rôle de médiation entre les deux capitales.

Par ailleurs, le Maroc, partenaire stratégique de la Russie, elle-même alliée centrale de l’Iran, a atteint un degré de maturité diplomatique tel, qu’il est non seulement capable de tenir ces rôles de réconciliations multilatérales globales, mais également de s’imposer comme un acteur majeur de la Paix dans le concert des Nations. Et la dernière visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Moscou en est la meilleure preuve.

Abdellah El Hattach 

Lobbying : 40 congressmen américains soutiennent le Maroc contre Ban Ki-Moon

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La première chaîne nationale marocaine – Al Aoula- a annoncé, dans son journal principal du soir, que 40 sénateurs américains ont dénoncé les propos du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon sur le Sahara.

L’usage du terme occupation pour qualifier le recouvrement des provinces du sud par le Maroc, constituent des faits sans précédents – Congressional Morocco Caucus

Dans un document publié lundi 4 avril 2016 à Washington, les sénateurs membres du Comité d’amitié avec le Maroc, ont fustigé la partialité de Ban Ki-Moon et son alignement sur les thèses séparatistes en violation totale des résolutions du Conseil de Sécurité de l’Onu et des statuts de l’Assemblée générale. Les sénateurs, Démocrates et Républicains, se sont également adressés à la Maison Blanche, lui demandant de soutenir le royaume du Maroc et sa proposition (Ndlr Projet de large autonomie) pour le règlement du conflit du Sahara.

La lettre a été signée par les congressmen Carlos Curbelo, Gerald E.Connolly, Bennie G.Thompson, and Joe Wilson, qui coprésident le Congressional Morocco Caucus.

Aïcha ElBasri: Une enquête sur la visite polémique de Ban Ki-moon s’impose

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Aïcha El Basri
Aïcha ElBasri, Ancienne porte-parole de la Mission de l’Union Africaine et des Nations Unies au Darfour

Ce n’est pas en tant que Secrétaire général de l’ONU que Ban Ki-moon a visité l’Algérie et le front Polisario pour relancer les pourparlers de paix du Sahara, mais en tant que général tout court ; un général déplacé dans des camps ennemis pour mettre le feu à la poudrière.

Il faut dire que depuis les années 1980, aucun des trois Secrétaires généraux des Nations Unies qui l’ont précédé – qu’il s’agisse de Perez de Cuellar, de Boutros Boutros Ghali ou de Kofi Annan – n’a effectué une visite d’une seule partie de ce conflit, à savoir le Front Polisario et l’Algérie. Jamais un chef de la diplomatie onusienne n’a utilisé le terme « occupation » en parlant de terres officiellement désignées par l’ONU de « territoires non autonomes». Jamais un chef de l’ONU ne s’est rendu dans les territoires disputés confiés par le Maroc à la supervision des casques bleus pour y effectuer une visite à Bir Lahlou, une localité d’un « Etat » non reconnu par l’ONU. Si l’on ajoute à cela le signe V de victoire que Ban a affiché lors de la parade militaire organisée par le Polisario, il y a de quoi se poser un tas de questions sur l’objectif de cette visite pour le moins douteuse.

Ce qui renforce les suspicions sur l’intention derrière cette visite c’est que Ban Ki-moon l’inscrit contre l’esprit et la lettre des résolutions du Conseil de Sécurité. Ce dernier exhorte le Secrétaire général à aider le Maroc et le Polisario à parvenir à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies. »

Cependant, aussi bien à Alger, dans les camps de Tindouf et les territoires disputés, Ban a agi autrement. Il a fait preuve de partialité en manquant aussi de réitérer la position du Conseil de Sécurité

« demandant à nouveau que soit envisagé l’enregistrement des réfugiés dans les camps de réfugiés de Tindouf. » Il est évident que si son intention avait été d’engager les parties à poursuivre les négociations en vue d’une solution politique, une visite officielle des territoires disputés qui exclut le Maroc n’aurait pas eu lieu. Il aurait tout simplement attendu jusqu’à ce que les conditions d’une visite constructive soient réunies.

Reste à se demander alors pourquoi le chef of l’ONU a bravé l’opposition des autorités marocaines à cette visite qui ne pouvait être que dangereusement biaisée. Les conséquences de ces violations des résolutions du Conseil de Sécurité par le plus haut fonctionnaire des Nations Unies qui a passé plus de neuf ans à la tête de l’Organisation sont graves. Aujourd’hui, les chances de rapprochement des parties au conflit au Sahara semblent s’éloigner. Cette visite a mis la région sur le pied de guerre avec le Polisario menaçant publiquement de reprendre les armes contre le Maroc.

Par conséquent, il convient de demander au Conseil de Sécurité d’ouvrir sans tarder une enquête sur les tenants et aboutissants de cette visite officielle qui risque de déstabiliser le Maroc, la seule nation stable de l’Afrique du Nord qui a échappé aux guerres qui meurtrissent la région, et d’éloigner les chances d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, comme l’exige le Conseil de Sécurité.

Aïcha ElBasri

Le Conseil de sécurité dévoile son calendrier pour le Sahara

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Les agendas du mois d’avril 2016 s’annoncent bien remplis pour les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’Onu. En effet, le Conseil a validé vendredi soir la déclinaison du  calendrier se ses travaux sur le Sahara marocain. Ainsi, est-il prévu que le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, soumette le vendredi 8 avril, son rapport au Conseil de sécurité, à la lumière de la tournée qu’il a effectuée dans la région au mois de mars, et à l’aune du rapport qui lui a été remis par son envoyé spécial, Christopher Ross.

Une semaine plus tard, soit le 15 avril, ce sera le tour de la composante militaire de la MINURSO de statuer sur la situation du cessez-le-feu. Les discussions des membres du Conseil de sécurité resteront ouvertes, officiellement et officieusement, solennellement et dans les coulisses, via les diplomates ou à travers les lobbyistes et ce, jusqu’au 27 avril, date de l’ouverture des délibérations, phase finale avant le vote d’une nouvelle résolution sur le Sahara qui est attendue avant le 30 avril – fin du mandat de la MINURSO et qui doit être prorogé-, probablement le 28 avril.

Dégel des relations entre l’Algérie et la Mauritanie

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L’Algérie et la Mauritanie ont convenu de normaliser leurs relations après une période de froid qui a duré plusieurs mois. Cette décision est intervenue après l’audience accordée par le président Mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, à Abdelkader Messahel émissaire du président algérien et numéro 2 de la diplomatie algerienne qui lui a remis une missive de Abdelaziz Bouteflika.

Christopher Ross s’oppose aux thèses séparatistes

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Des sources concordantes  ont indiqué à #LE1 que l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, aurait informé l’Algérie et la direction du Polisario de l’impossibilité d’aller dans la voie de l’indépendance du Sahara ou la création d’un Etat dans la région. Une position qui conforte le Maroc dans sa proposition qui est celle d’une large autonomie sous souveraineté marocaine. D’ailleurs, et pour appuyer cette orientation, plusieurs anciens ambassadeurs américains à Rabat ont insisté, dans une lettre adressée au Secrétaire d’Etat, John Kerry, sur l’impératif d’un «soutien sans équivoque» des Etats-Unis aux relations avec «notre plus ancien allié» (Ndlr le Maroc), suite aux dérapages du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en violation de la neutralité des Nations Unies. D’autre part, le Directeur du Centre international des études sur le terrorisme (ICTS), relevant du prestigieux Think Tank américain “Potomac Institute for Policy Studies”, Yonah Alexander, a indiqué qu’une «solution autre que le Plan d’autonomie prôné par le Maroc est inapplicable » et dangereuse pour toute la région, car le Maroc «a réussi à mettre en place une approche holistique et multidimensionnelle qui s’attaque aux causes profondes favorisant l’émergence du terrorisme et de l’extrémisme violent.»

Plus qu’un simple ”malentendu”, les propos du SG de l’ONU ne sont ”ni justifiables ni effaçables”

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Rabat – Les propos et les actes inadmissibles du Secrétaire Général de l’ONU lors de sa récente tournée régionale ne peuvent être réduits à un simple ”malentendu”, mais ce sont des actes d’une gravité sans précédent, qui ne sont ”ni justifiables, ni effaçables”, a affirmé mardi le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération (MAEC), réitérant toutefois la disposition du Maroc à s’engager dans un dialogue responsable, global et constructif au sujet de la crise provoquée par les propos du SG de l’Onu.

Sollicité par différents organes de presse sur les derniers développements de la crise entre le Maroc et le Secrétariat Général de l’ONU, le Porte-parole du MAEC a tenu à souligner que ”contrairement à ce qu’avance le porte-parole du Secrétaire Général, la situation provoquée par les propos et les actes inadmissibles du Secrétaire Général, ne peut se réduire à un simple ‘malentendu’. Il s’agit, en réalité, d’actes d’une gravité sans précédent, qui ne sont ni justifiables ni effaçables”

Avec MAP