fbpx

Véolia

Contrairement à Lydec plus parisienne que jamais, Veolia se choisit un nouveau patron marocain

Pour relever l’ensemble des défis relatifs à une amélioration durable des services aux agglomérations de Rabat-Salé et de Tanger-Tétouan, pour lesquelles elle gère en concession la distribution de l’eau et de l’électricité, Veolia choisit un haut cadre marocain à la tête de ses activités dans le Royaume. En effet, Antoine Frérot, Président-Directeur général du Groupe, a annoncé cette semaine la nomination de Chouhaid Nasr au poste de «Directeur Pays Maroc» en remplacement de François De Rochambeau. Veolia rompt ainsi avec une pratique de certaines sociétés françaises opérant au Maroc, notamment l’autre gestionnaire délégué, Lydec, dont le Directeur général s’emploie exclusivement à défendre les intérêts de l’Hexagone au Maroc, en sa qualité de président de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie.

La nomination de Chouhaid Nasr, premier marocain à prendre la haute main sur la destinée de la gestion déléguée des services essentiels au Maroc, ne peut passer inaperçue tant elle est significative par les messages qu’elle émet.

Présent au Maroc depuis 2002, Veolia, leader mondial des services collectifs, a observé les changements dans la société ainsi que les nouvelles politiques en matière d’aménagement, d’environnement, de régionalisation. L’usager marocain est devenu plus exigent, il compare et revendique une amélioration constante des services.

Face à ces évolutions, Veolia s’investit désormais dans une stratégie d’enracinement local et s’appuie pour sa mise œuvre sur un management marocain, une émulsion de talents nationaux ayant accumulés une expertise unique dans les gestion de problématiques complexes liant prouesse technique, responsabilité sociale et continuité de service.

Cette équipe dirigeante de Choc de Veolia Maroc est composée entre autres de Chouhaid Nasr, nommé Directeur Pays, intégrant ainsi le Comité Exécutif de la zone Afrique et Moyen-Orient du groupe français et de Othmane Hamouda, nommé Directeur Général Adjoint de REDAL.

En plus des acticités classiques du gestionnaire délégué, l’équipe marocaine pilotée par Chouhaid Nasr a eu également pour mandat de porter haut et fort l’ambition du groupe Veolia d’être le champion mondial de la transformation écologique. M. Nasr s’appuiera sur les avancées remarquables et l’expertise éprouvée du Maroc dans le développement durable qui font du Royaume un modèle structurant pour une relance africaine verte plus durable et plus résiliente.

Cette configuration vertueuse de Veolia, qui confirme la «marocanisation» de son leadership au Maroc, contraste avec l’orientation affichée par l’autre gestionnaire délégué français présent sur le sol national, Lydec. En effet, Suez prend le chemin opposé en rendant sa filiale marocaine encore plus parisienne avec Jean Pascal Darriet qui est à la fois patron de Lydec et Président de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc.

Qui est Chouhaid Nasr nouveau patron de Veolia au Maroc

Âgé de 52 ans, marié et père de 3 enfants, Chouhaid Nasr a eu un Bachelor en Sciences Physiques à l’Université Mohammed V de Rabat en 1990, un master en sciences physiques à l’université du Québec au Canada en 1993, un Ph.D en Biophysique à l’université du Québec au Canada et à l’université de Notre Dame aux USA en 1998.

Le nouveau patron de Veolia au Maroc a entamée sa riche carrière longue de 22 années dans l’industrie de pointe, notamment en tant que manager des opérations et de la fabrication à la société STMicroelectronics à Casablanca entre 1999 et 2004, directeur de l’usine LEONI (Multinationale Allemande) et Membre du Comité Exécutif à Bouznika entre 2004 et 2008, directeur de l’usine Sumitomo Electronic Wiring System (Multinationale Japonaise) et Leader du comité exécutif à Aïn Aouda et Kénitra entre 2008 et 2010.

Il rejoint le groupe Veolia en juin 2010 en tant que Directeur Technique et Membre du directoire de Veolia Transport Maroc. Il passera ensuite 8 années chez Veolia Environnement Maroc, Amendis, dont 4 en tant que Directeur Général.

Il a été à ce titre directeur Général d’Amanor et Directeur Exécutif Adjoint d’Amendis Tétouan, de 2011 à 2014, directeur Exécutif d’Amendis Tétouan en 2014, directeur Exécutif d’Amendis Tanger en 2015, directeur Général d’Amendis de 2015 à 2019 et directeur général de Redal de 2019 à 2021.

A Tanger-Tétouan comme à Rabat-Salé, Chouhaid Nasr a obtenu des résultats significatifs, démontrant que le modèle de gestion déléguée des services essentiels est plus que jamais facteur de progrès dans l’eau et l’électricité face à l’expansion des territoires urbains, la croissance démographique et le développement économique au Maroc.

Veolia met la pression sur Suez avec un calendrier d’OPA accéléré

Veolia s’est engagé mardi à déposer une offre d’achat sur l’ensemble du capital de Suez qu’il ne détient pas encore dès que le conseil d’administration de sa cible aura donné son aval à ce projet et aura désactivé le dispositif empêchant la cession de l’activité Eau en France de Suez.

Alors que Veolia envisageait précédemment de déposer son offre au plus tard lors de l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, soit dans un délai de 12 à 18 mois, ce nouvel engagement pris par le numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets met un peu plus la pression sur le conseil d’administration de sa cible, qui rejette fermement ses avances et toute forme de dialogue.

Le prix de l’OPA, maintenu à 18 euros par action (coupon attaché) et toujours ajustable pour le solde du capital, serait identique à celui payé par Veolia à Engie début octobre pour acquérir 29,9% des titres Suez et devenir ainsi le premier actionnaire de sa cible, première étape d’un projet de prise de contrôle globale.

“Nous avons la conviction que nous parviendrons à convaincre le conseil d’administration de Suez, dans sa forme actuelle ou, à défaut, après une assemblée générale, de la pertinence de notre projet”, a déclaré le PDG de Veolia, Antoine Frérot, cité dans un communiqué.

“En résumé : le seul obstacle qui empêche l’ensemble des actionnaires de Suez de profiter d’une offre publique d’acquisition à 18 euros par action, c’est l’opposition du conseil d’administration de Suez dans sa composition actuelle”, a-t-il ajouté.

Veolia a également indiqué avoir consacré les semaines écoulées depuis son acquisition de 29,9% de Suez “à de nombreuses tentatives de renouer le dialogue avec Suez, aussi bien auprès du président (Philippe Varin NDLR) que des membres du conseil d’administration de l’entreprise”.

“La réponse systématique de Suez a pour l’instant consisté à opposer à ces démarches une fin de non-recevoir”, a-t-il ajouté.

Suez a annoncé dialogue actionnarial sur la fondation

Le directeur général de Suez, Bertrand Camus, a de nouveau rejeté fin octobre le projet de Veolia en faisant notamment valoir que ce dernier ne proposait pas “d’offre précise, structurée (et) engageante pour l’ensemble (des) actionnaires” de Suez et n’avait toujours pas démontré la pertinence de son projet industriel.

Suez a aussi fait savoir fin octobre qu’il entretenait “un dialogue actionnarial” au sujet du dispositif controversé mis en place en septembre pour protéger son activité Eau France, qui repose sur une fondation de droit néerlandais et a pour effet de compliquer la réalisation du projet de Veolia, ce dernier ayant l’intention de céder les activités concernées au fonds Meridiam pour éviter tout problème de concurrence.

Il compte notamment “le maintenir le temps nécessaire, et jusqu’en septembre 2024 au plus tard, dans le but de protéger les intérêts de ses actionnaires, salariés, clients et ses autres parties prenantes”.

Alors que Suez prévoit de nouvelles cessions, Veolia demande en outre à ce que le direction de sa cible s’engage à “gérer le groupe Suez SA dans le cours ordinaire des affaires, sans cession d’actifs autres que ceux nécessaires aux fins de l’obtention des autorisations réglementaires”.

La justice a par ailleurs ordonné le 9 octobre la suspension des effets de l’acquisition par Veolia de l’essentiel des actions Suez détenues par Engie, ainsi que de l’OPA prévue dans la foulée par le groupe de services aux collectivités sur son rival, tant que les comités sociaux et économiques (CSE) concernés n’auront pas été informés et consultés.

Veolia et Engie ont fait appel de cette décision et défendront leurs arguments lors d’une audience programmée jeudi.

Bercy déplore «l’intransigeance» de Suez et «la précipitation» de Veolia

Bruno Le Maire a déploré mardi matin «l’intransigeance» de Suez et «la précipitation» de Veolia, réaffirmant que le succès d’une opération de ce genre dépendait de la capacité des deux groupes à trouver un accord amiable.

Avec Reuters

«Nous étions à quelques centimètres d’un accord, nous nous sommes heurtés à l’intrangiseance des uns et à la précipitation des autres», a regretté sur France Info le ministre de l’Economie et des Finances.

«Cette opération ne fonctionnera pas s’il n’y a pas d’accord amiable entre Suez et Veolia», a-t-il insisté. «Il ne peut pas y avoir de succès dans une opération industrielle de ce genre sans entente entre les parties.»

Le conseil d’Engie, contre l’avis de l’Etat, a donné lundi soir son feu vert à la vente à Veolia de l’essentiel de sa participation dans Suez, ouvrant la voie à la prise de contrôle du groupe de services aux collectivités en dépit de l’opposition de l’Etat, premier actionnaire de l’énergéticien français.

Suez «prend acte» de l’entrée de Veolia à son capital, refuse une «prise de contrôle rampante»

Le groupe Suez a pris acte mardi matin de la reprise par Veolia de 29,9% de son capital d’une «manière hostile et dans des conditions inédites et irrégulières».

«Le groupe confirme qu’il mettra en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour préserver les intérêts de ses salariés, de ses clients, et toutes ses parties prenantes, notamment pour assurer un traitement égalitaire et juste de tous ses actionnaires, et éviter une prise de contrôle rampante ou un contrôle de fait”, ajoute Suez dans un communiqué, ajoutant que son “histoire longue de 150 ans ne s’arrête pas aujourd’hui».

Le conseil d’Engie, contre l’avis de l’Etat, a donné lundi soir son feu vert à la vente à Veolia de l’essentiel de sa participation dans Suez, ouvrant la voie à la prise de contrôle du groupe de services aux collectivités en dépit de l’opposition de l’Etat, premier actionnaire de l’énergéticien français.

Veolia vise le contrôle de Suez après le rachat de la part d’Engie

Veolia a annoncé lundi l’acquisition auprès d’Engie de sa part de 29,9% au capital de Suez après le feu vert de son conseil d’administration et a confirmé son intention de lancer une offre sur le solde du capital de son rival français.

Reuters

«Conformément aux engagements pris, Veolia confirme son intention de déposer une offre publique d’acquisition volontaire sur le solde du capital de Suez afin de parachever le rapprochement des deux entreprises», dit le groupe dans un communiqué.

«Cette offre sera au même prix que celui payé à Engie, soit 18 euros par action», ajoute Veolia.

«Dans le même temps, Veolia rappelle que cette offre ne sera pas lancée sans avoir obtenu au préalable un accueil favorable du conseil d’administration de Suez, avec lequel Veolia souhaite reprendre les discussions dès demain».

Suez: Engie accepte l’offre de Veolia contre l’avis de l’Etat

Le conseil d’administration d’Engie s’est prononcé lundi soir en faveur de la cession de l’essentiel de la part du groupe dans le capital de Suez à Veolia, contre l’avis de l’Etat.

Reuters

«Le Conseil a pris acte de l’ensemble des engagements pris par Veolia (…) et des échanges entamés entre les parties ces derniers jours sur le projet industriel», dit-il dans un communiqué.

«Cette opération représente un produit de cession de 3,4 milliards d’euros et dégagera une plus-value avant impôts de 1,8 milliard d’euros enregistrée dans les comptes 2020», ajoute le conseil.

Son président Jean-Pierre Clamadieu a regretté que l’Etat ait voté contre le projet, tout en jugeant que les divergences pouvaient être surmontées.

«J’ai eu beaucoup d’échanges avec (le ministre de l’Economie et des Finances) Bruno Le Maire, y compris après qu’il ait pris sa décision (…)», a-t-il déclaré, lors d’une téléconférence organisée après la réunion du conseil d’administration.

«Je crois qu’on a de manière claire constaté que nous avions des rôles différents : lui défenseur de l’intérêt général, moi des intérêts de l’ensemble des actionnaires du groupe et, malheureusement, cela nous a conduit ce soir à exprimer une position différente et, pourtant, nous avons travaillé d’arrache pied», a-t-il expliqué.

«Je pense que nos relations restent des relations de confiance», a-t-il ajouté.

L’état avait appelé avait plusieurs fois à un accord amiable

Suez s’oppose farouchement au projet qu’il juge toujours hostile, bien que le prix ait été revu à la hausse, et redoute un démantèlement de ses activités avec le risque de suppressions d’emplois massives.

«En l’absence d’accord amiable entre (…) Veolia et Suez, l’Etat, actionnaire à hauteur de 22% de l’entreprise Engie, a voté contre la proposition de cession du bloc de Suez à Veolia lors du conseil d’administration d’Engie du lundi 5 octobre 2020», a expliqué Bercy dans un communiqué.

Pour se défendre, Suez misait sur le projet d’offre alternative emmené par le fonds d’investissement français Ardian qui a fait part la semaine dernière d’une marque d’intérêt pour la part d’Engie dans Suez, sans toutefois donner d’indication sur le prix.

Dans un communiqué diffusé lundi à la mi-journée, ce dernier a toutefois annoncé qu’il ne soumettrait pas de contre-offre aux administrateurs d’Engie.

A la clôture de la Bourse, l’action de Suez a affiché un recul de 4,17% à 15,40 euros. Veolia propose 18 euros par action pour les 29,9% d’Engie, ce qui valorise la totalité du groupe à plus de 11 milliards d’euros.

Le bras de fer entre les deux concurrents français, étalé sur la place publique, a suscité également des débats parmi les responsables politiques.

Un groupe de parlementaires de la majorité a adressé samedi une lettre à Bruno Le Maire s’inquiétant d’une “fusion forcée” et de son impact sur l’emploi, l’innovation et le prix de l’eau et de la collecte des déchets.

L’intersyndicale de Suez a de son côté effectué un signalement auprès du parquet de Paris et du parquet financier, estimant que les représentants du personnel du groupe avaient été tenus à l’écart du processus.

Suez sanctuarise son activité Eau France pour entraver Veolia

Suez a logé mercredi son activité Eau France dans une fondation de droit néerlandais pour les quatre années à venir afin de la rendre «inaliénable», une décision qui a pour effet d’entraver le projet de rachat du groupe porté par Veolia.

Reuters

Veolia, qui propose d’acquérir l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent, a prévu de céder dans ce cadre l’activité Eau France de sa cible au fonds Meridiam pour éviter des problèmes de concurrence.

Après avoir rejeté les avances de Veolia à de multiples reprises, Suez a fait valoir mercredi soir dans un communiqué que cette cession serait “contraire” à sa raison d’être et à son intérêt social, ainsi qu’à celui de «ses parties prenantes et en particulier de ses salariés».

Le groupe a en conséquence placé le même jour son activité Eau France dans une fondation de droit néerlandais ayant pour mission de «préserver, dans l’intérêt social de Suez, l’intégrité» de cette activité en son sein.

«Pour les quatre années à venir et sauf décision contraire du conseil d’administration de Suez au cours de cette période, Suez Eau France, comme ses actifs, sera inaliénable à défaut d’accord préalable de ses actionnaires sous certaines conditions, y compris, en tout état de cause, celui de la fondation», a précisé Suez.

Le groupe a également fait savoir qu’il comptait «étudier les conditions d’une ouverture du capital de Suez Eau France aux salariés de cette société».

Auditionnés à l’Assemblée nationale, les dirigeants de Suez avaient auparavant déclaré mercredi avoir besoin de “quelques semaines” pour soumettre une contre-proposition à l’approche de Veolia, qui a de son côté exclu de prolonger son offre à Engie au-delà du 30 septembre.

Alors que son groupe réitérait dans la soirée sa demande à Engie «d’établir un calendrier de discussions adapté», le président du conseil d’administration de Suez Philippe Varin a estimé lors d’une conférence téléphonique que la décision de placer l’activité Eau France dans une fondation permettait aussi de replacer l’instance qu’il dirige «au centre des discussions».

«Fondamentalement, ceci permet maintenant au conseil d’administration de Suez, qui était hors de la boucle de décision, de revenir au centre des décisions sur l’avenir de la société», a-t-il dit.

«Cela n’empêche pas du tout une OPA ; simplement il faudra trouver les bons remèdes, mais pas la cession de l’eau en France de Suez», a également déclaré Philippe Varin.

Suez a en outre estimé être «parfaitement en mesure de co-construire avec Engie une solution qui sera satisfaisante pour Engie, et dans l’intérêt social de Suez», qui pourrait notamment «être l’occasion de mettre en place un doublement du programme d’actionnariat salarié».

Les CSE de Suez et Suez Eau France siège assignent Engie et Veolia​ en référé

Le Comité social et économique de Suez et celui de l’établissement Suez Eau France siège viennent d’obtenir du tribunal de Paris l’autorisation d’assigner Engie et Veolia en référé pour demander la suspension du projet de rachat par Veolia tant qu’il n’en auront pas été informés et consultés régulièrement, ont-ils annoncé mardi.

Reuters

«Le tribunal a fixé l’audience de référé au 29 septembre pour entendre les parties, y compris le Groupe Suez», précisent-ils dans un communiqué.

«Le CSE et l’ensemble des salariés du Groupe Suez, fortement mobilisés aujourd’hui encore pour faire entendre leur opposition à ce projet de rachat, se réjouissent de cette décision du tribunal. Elle ouvre la voie à la prise en compte des intérêts des salariés, extrêmement inquiets des conséquences sociales de cette opération. Les syndicats chiffrent à plus de 10.000 les suppressions d’emplois qui en découleraient, dont 4.000 à 5.000 en France», ajoutent les deux CSE.

Veolia a proposé fin août de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d’euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent afin de créer un champion français du traitement de l’eau et des déchets.

Le conseil d’administration d’Engie a mandaté jeudi son président Jean-Pierre Clamadieu pour obtenir de Veolia une offre de rachat améliorée tandis que Suez, qui s’oppose depuis le départ au projet de son rival, n’a pour le moment pas été en mesure de proposer une alternative.

Suez s’engage à choyer ses actionnaires pour contrer Veolia

/

Suez s’est engagé mardi à doubler la valeur de son titre pour ses actionnaires d’ici à 2022, à travers notamment un dividende exceptionnel ou des rachats d’actions, lors d’une série d’annonces en forme de plaidoyer en faveur de l’indépendance du groupe face au projet de rachat porté par Veolia.

Reuters

Le spécialiste de l’eau et des déchets a précisé dans un communiqué que ses nouvelles ambitions reposaient sur une accélération de son plan stratégique, avec un total de 4 milliards d’euros de cessions d’actifs visé dès début 2021 – au lieu de 3 à 4 milliards à fin 2023 précédemment – et 1,2 milliard d’économies annuelles à l’horizon 2023, contre un milliard annoncés à l’automne 2019.

Suez indique aussi que le retour à ses actionnaires pourrait atteindre au moins deux milliards d’euros d’ici à fin 2022, dont un milliard environ au titre du dividende ordinaire – à 0,65 euro par action en 2021 et 0,70 euro en 2022 – auquel s’ajoutera au moins un milliard de dividende exceptionnel ou de rachats d’actions «dès que possible et au plus tard au premier semestre 2021».

En complément, un milliard d’euros «pourrait venir renforcer les investissements dans la croissance organique et inorganique, en fonction des opportunités et en accord avec notre stricte discipline financière, ou faire l’objet d’une distribution extraordinaire».

Suez vise en outre un chiffre d’affaires supérieur à 16 milliards d’euros en 2021 et à 17 milliards en 2022 (contre 18 milliards en 2019), un résultat d’exploitation (Ebit) d’environ 1,35 à 1,50 milliard en 2021 et 1,7 milliard en 2022 (contre 1,4 milliard en 2019) et un résultat net récurrent par action compris entre 0,75 et 0,80 euro en 2021 et de 0,90 à 1,0 euro en 2022.

Le groupe, qui a aussi confirmé ses prévisions 2020 annoncées fin juillet, prévoit des investissements de croissance d’au moins 4,5 milliards d’euros de juin 2020 à décembre 2022, avec un renforcement dans ses métiers prioritaires et à forte croissance via «des opérations de croissance externe sélectives», pour près de 1,5 milliard.

Suez veut s’adresser à tous ses actionnaires

Il estime afficher désormais un «profil de croissance renforcé» à l’horizon 2022, avec notamment une rentabilité en hausse (progression de la marge d’Ebitda de 100 à 300 points de base), une nette amélioration de son retour sur capitaux employés (entre 6,5% et 7% en 2022 contre 4,9% en 2019) et une génération de flux de trésorerie récurrente supérieure à 500 millions d’euros par an.

Suez s’engage en outre à «amplifier» son actionnariat salarié sur les deux prochaines années.

Réitérant qu’il considérait l’approche de Veolia comme «hostile», le directeur général de Suez Bertrand Camus a estimé lors d’une conférence téléphonique que le groupe devait s’adresser à «tous ses actionnaires» afin qu’ils disposent d’un “même niveau d’information” et bénéficient d’un «traitement équitable».

L’addition de la croissance de l’Ebitda de Suez, des dividendes ordinaires et des dividendes exceptionnels ou des rachats d’actions envisagés représente «entre 12 et 13 euros par action de valeur supplémentaire pour les actionnaires d’ici 2022», a de son côté précisé le directeur financier Julian Waldron, le directeur financier.

Lundi soir, l’action Suez a clôturé sur un cours de 14,835 euros. Il était stable mardi dans les premiers échanges.

Veolia a proposé fin août de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d’euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent afin de créer un champion français du traitement de l’eau et des déchets.

Le conseil d’administration d’Engie a mandaté jeudi son président Jean-Pierre Clamadieu pour obtenir de Veolia une offre de rachat améliorée tandis que Suez, qui s’oppose depuis le départ au projet de son rival, n’a de son côté pas été en mesure de proposer une alternative pour le moment.

Caixa ne compte pas aider Suez à contrer Veolia

La banque espagnole Caixa, actionnaire de Suez, n’envisage pas de participer au moindre consortium susceptible de soumettre une offre sur la participation d’Engie dans le groupe français, convoitée par Veolia, a dit une source informée de la situation à Reuters.

Reuters

Caixa, via sa filiale de banque d’investissement, est le deuxième actionnaire de Suez avec une participation de 5,9%.

Selon la source, Caixa attend de connaître l’issue de l’offre soumise par Veolia sur la quasi-totalité de la participation d’Engie.

La banque espagnole ne compte jouer aucun rôle actif pour aider Suez à contrer l’offre de son concurrent, a ajouté cette source.

La direction de Suez juge l’offre de Veolia hostile et elle s’efforce de trouver des solutions alternatives.

Veolia, numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets, propose de racheter 29,9% du capital de Suez à Engie, qui en contrôle 32%, en vue de lancer ensuite une offre sur l’ensemble du capital.

Des représentants de Criteria, la maison mère de Caixabank, et de Suez ont refusé de s’exprimer sur le sujet.

L’Intérieur reprendrait en main le dossier des transports de la capitale

Le délai de l’examen des dossiers administratifs des deux candidats restés en lice avant de désigner le nouvel opérateur pour la gestion déléguée du service de transport en commun du Grand-Rabat s’est achevé sans qu’aucun délégataire n’ait été retenu, les pouvoirs publics ayant tout simplement décidé d’annuler l’opération.

Au mois de janvier dernier, le groupement Al-Assima, qui réunit les élus du périmètre territorial des villes de Rabat, Salé et Témara, avait procédé à l’ouverture des plis de l’appel d’offres relatif à la gestion des transports en commun de la capitale in-extenso. Les meilleures offres financières provenaient de Transinvest et du groupement City Bus-Alsa.

Stareo, l’actuel délégataire qui est aux commandes des transports de la capitale depuis 2011, avait succédé à la société française Veolia, engagée initialement pour 15 ans mais qui a vite jeté l’éponge après la faillite de la Régie autonome du transport urbain de Rabat. Stareo, qui compte dans son tour de table un consortium fait d’opérateurs privés marocains et du groupement territorial Al-Assima, est lui aussi arrivé à bout de souffle n’ayant jamais pu satisfaire aux exigences du cahier des charges.

Le principal défi qui fait face aux différentes parties prenantes, demeure le financement du renouvellement de la flotte d’autobus. Aucun acteur ne veut aujourd’hui prendre seul en charge l’acquisition coûteuse d’une nouvelle flotte estimée à 600 bus. Les délégataires potentiels souhaitent que la collectivité s’en charge, alors que la collectivité souhaite que les délégataires mettent la main à la main à la poche. D’où certainement la décision de l’autorité de tutelle, à qui revient le dernier mot, d’arrêter ce processus, remarquant qu’aucune partie ne souhaitait assumer pleinement ses responsabilités.

D’autre part, et selon le site d’information arabophone Adare, le ministère marocain de l’Intérieur serait en pourparlers avec un potentiel opérateur étranger afin de lui confier la gestion déléguée de ce secteur stratégique de la capitale dans le cadre d’un contrat en gré à gré.

Ce méli-mélo promet d’augurer une nouvelle confrontation entre Abdelouafi Laftit et les maires PJD de Rabat et de Salé qui ne sont initialement pas en odeur de sainteté avec le ministre de l’Intérieur.