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Serge Berdugo

Un nouveau souffle pour les instances représentatives des communautés juives du Maroc

Le roi Mohammed VI, commandeur des croyants, vient d’insuffler une nouvelle dynamique qui devrait donner un nouveau souffle aux instances représentatives des communautés israélites au Maroc. Après la nomination, le 13 avril dernier, de Yoshiyahu Pinto en tant que chef du Tribunal religieux, le souverain a ordonné l’organisation des élections des Instances représentatives des communautés juives, non-tenues depuis 1969, ainsi que le respect de la périodicité du renouvellement de ces instances.

Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, Yoshiyahu Pinto a été nommé le 13 avril dernier, non pas Grand rabbin du Maroc, mais Av Beth Din, c’est-à-dire dirigeant du Tribunal religieux. Le Conseil des Communautés Israélites du Maroc (CCIM) a indiqué le 17 avril dernier que «Yoshiyahu Pinto ne sera pas grand rabbin, mais Av Beth Din, c’est-à-dire dirigeant du Tribunal religieux». Le Grand rabbin devrait être désigné prochainement a indiqué le CCIM. Le dernier Grand rabbin du Maroc, Aharon Monsonégo s’est éteint en août 2018 à l’âge de 90 ans. Ce dernier a motivé la création d’un Beth-Din maroc par la volonté de « différencier les responsabilités des chambres rabbiniques des tribunaux marocains, avec les autres tâches du rabbinat dont la cacherout (NDLR : alimentation prescrite pour les enfants juives selon la Bible hébraïque).

La nomination de Yoshiyahu Pinto a suscité plusieurs remarques en raison des controverses le concernant. En 2017, le nouveau Av Beth Din a purgé une peine de 1O mois dans les prisons israéliennes pour avoir offert un pot-de-vin de 200 000 dollars à un haut sécuritaire afin d’obtenir des informations sur une enquête le concernant, rapporte le site Yeshiva World. A la tête de plusieurs organisations caritatives et religieuses en Israël, il a également suscité l’intérêt du FBI américain qui a enquête sur lui en 2011.

Lancement du musée de la culture juive à Fès

Quelques jours après cette nomination, le Souverain, a donné Hautes instructions à Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur pour organiser les élections des Instances représentatives des communautés israélites marocaines, non-tenues depuis 1969, rapporte un communiqué du ministère de l’Intérieur. Le Souverain a également demandé au ministre de respecter dorénavant la « périodicité du renouvellement de ces instances conformément aux dispositions du Dahir du 7 mai 1945 relatif à la réorganisation des comités de communautés israélites ».

Le Roi Mohammed VI a lancé, lundi 15 avril 2019, les travaux de construction d’un musée de la culture juive.

Un cas d’école de la coexistence et de la tolérance

Cette initiative intervient peu de temps après le lancement par le Roi, le 15 avril dernier, du chantier de construction d’un musée de la culture juive au Maroc. Selon Serge Berdugo, Secrétaire général du Conseil des Communautés Israélites du Maroc (CCIM), cette initiative est d’une portée symbolique « absolument extraordinaire ». Et d’ajouter que la création de « ce lieu de mémoire, dans une ville berceau de la civilisation marocaine, où l’empreinte du judaïsme marocain a été des plus marquantes, montre le dessein du Souverain de voir que tous les courants qui ont irrigué la civilisation marocaine soient présents ». A travers ce musée, le Maroc montrera la coexistence pacifique entre juifs et musulmans, la vie de la communauté israélite durant des siècles et montrera la voie pour une « véritable tolérance sans aucune ambiguïté », comme l’a souligné le Souverain, pour les générations futures.

A Bucarest, Hassan Abouyoub à l’assaut d’une forteresse insoupçonnée de l’Europe

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La nomination de Hassan Abouyoub, le 20 août 2018 en Conseil des ministres, en tant qu’ambassadeur du Maroc en Roumanie en a surpris plus d’un. Plusieurs fois ambassadeur et ministre, candidat malheureux à la direction générale de l’OMC à cause d’un veto américain alors qu’il avait toutes les chances de son côté pour remporter l’élection, Hassan Abouyoub se retrouve aujourd’hui à Bucarest, alors qu’on l’attendait à Londres ou à Pékin, ou rappelé à Rabat pour de hautes fonctions à la tête de départements souverains. Mais l’Etat a des raisons que la raison ignore. Parmi elles, la prochaine présidence tournante de l’Union européenne qui reviendra à la Roumanie à compter du 1er janvier 2019. L’importance politique de la présidence de l’UE, et son influence sur les agendas et les décisions ad hoc engageant les institutions européennes, et les relations en dents de scie entre Rabat et Bruxelles, a obligé le Maroc à choisir le meilleur de ses éléments pour occuper les fonctions d’interface entre le gouvernement marocain et le gouvernement qui présidera aux destinées de l’Europe durant 6 mois. Et seul un profil de cette trempe, qui a eu à piloter plusieurs chantiers fondamentaux pour l’économie marocaine tels que le Plan d’ajustement structurel, les accords de libre-échange avec l’UE, les accords du GATT et l’Investment Treaty avec les Etats-Unis, est capable de peser de tout son poids pour que la présidence roumaine de l’UE se déroule, selon les intérêts du Maroc, dans les meilleures conditions possibles.

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