Palestine

Cinq ans après sa libération, l’espion juif qui a aidé Israël à bombarder le QG de l’OLP à Tunis et d’assassiner Khalil al-Wazir, le numéro 2 d’Arafat, est désormais libre de quitter les Etats-Unis

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué samedi la fin de l’interdiction de voyager de Jonathan Pollard, un juif américain emprisonné aux Etats-Unis en 1985 pour espionnage au profit de l’Etat hébreu. Le Pentagone et la CIA n’ont jamais pardonné à l’espion juif, la masse d’informations classées secret-défense qu’il a livré contre de l’argent. Il a passé trente années en prison et cinq années avec bracelet électronique.

Avec AFP

Vendredi, le département américain de la Justice avait indiqué avoir levé les conditions imposées au moment de la libération de Jonathan Pollard, un ancien analyste de la marine américaine âgé aujourd’hui de 66 ans.

«Le Premier ministre salue la levée des restrictions sur Jonathan Pollard» et espère qu’il arrivera «en Israël bientôt», selon un communiqué de son cabinet.

Pollard, qui avait plaidé coupable, avait été condamné en 1987 à la rétention à perpétuité pour avoir communiqué des documents américains secrets.

Après 30 ans en prison, il avait été libéré sur parole en novembre 2015 avec obligation de porter un bracelet électronique, de respecter un couvre-feu et interdiction de quitter le territoire américain pendant cinq ans supplémentaires, malgré les pressions israéliennes.

Netanyahu a travaillé sans relâche pour ramener l’espion en Israël

A l’issue de cette période, la Commission des probations, une agence du ministère de la Justice, a expliqué avoir examiné son dossier et «jugé que rien n’indiquait qu’il risquait de violer la loi».

Elle a alors «ordonné de lever les conditions imposées à sa libération».

Selon le communiqué israélien, Netanyahu s’était «engagé à obtenir la libération (de Jonathan Pollard) depuis plusieurs années» et a travaillé «sans relâche» pour le ramener en Israël.

Au milieu des années 1980, M. Pollard avait pris contact avec un colonel israélien à New-York et commencé à partager des secrets américains à l’Etat hébreu, en échange de dizaines de milliers de dollars.

Au total, Jonathan Pollard, a communiqué des milliers de documents américains. Son dossier a longtemps constitué une épine dans les relations entre Washington et Israël, allié stratégique en pleine guerre froide.

L’affaire s’était résorbée après la promesse d’Israël de mettre un terme à toutes ses activités d’espionnage sur le sol américain.

De hauts responsables du Pentagone ou de la CIA n’ont jamais pardonné à l’espion la masse d’informations classées secret-défense livrées contre de l’argent, et en pleine guerre froide, à l’allié stratégique israélien des Etats-Unis.

Selon des documents de la CIA déclassifiés, Pollard aurait aidé Israël à bombarder en 1985 le quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l’OLP, Abou Jihad, à Tunis en 1988.

«Nous sommes ravis que notre client soit enfin libéré de toute restriction, et nous espérons le voir bientôt en Israël», ont indiqué dans un communiqué ses avocats, Eliot Lauer et Jacques Semmelman.

Ils n’ont pas confirmé s’il comptait quitter prochainement New York où il vit depuis 2015. Il est, selon eux, d’abord «heureux d’être enfin capable d’aider son épouse», souffrant d’une «forme agressive de cancer».

Jonathan Pollard n’a pas de passeport pour pouvoir voyager en Israël

Jonathan Pollard a régulièrement exprimé son souhait d’aller s’installer en Israël, dont il a obtenu la nationalité en 1995 et où il est vu comme un héros national par une partie de la population.

Selon la radio publique israélienne, Pollard pourrait toutefois ne pas être en mesure de voyager dans l’immédiat car il ne possède pas de passeport.

Par ailleurs, il attendrait pour partir que sa femme Esther ait terminé sa chimiothérapie en cours.

«Jonathan et Esther prévoient de rentrer chez eux en Israël aussitôt que cela sera possible d’un point de vue médical», a indiqué Eliot Lauer.

«Toutes ces années, nous avons partagé la souffrance de Jonathan Pollard et ressenti une responsabilité et un engagement pour le faire libérer», a déclaré le président israélien Reuven Rivlin dans un communiqué en anglais.

Il sera accueilli après «de nombreuses années difficiles d’emprisonnement et de restrictions, pour une nouvelle vie en paix», a-t-il ajouté.

Rapprochement UMA/UpM, le jeu d’influence entre Macron et Sissi

Affaiblie, inaudible et surtout en panne, l’Union du Maghreb arabe, la région la moins intégrée d’Afrique et du monde, a signé la semaine dernière un partenariat avec l’UpM, dirigée depuis peu par l’égyptien Nasser Kamel. Un partenariat visant selon un communiqué conjoint à “créer des synergies entre les deux parties au bénéfice des populations de la région du Maghreb”. Mais que cache ce rapprochement et cet intérêt subit entre ces deux organisations ? S’agit-il des préparatifs au grand sommet sur la méditerranée de cet été, voulu par Président Emmanuel Macron, afin “retrouver le fil d’une politique méditerranéenne” ? Ou bien une ambition égyptienne d’accroître son influence dans une zone qui connaît de profondes mutations, notamment en ce qui concerne la situation libyenne, face à laquelle l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie se sont constitué en un front uni contre l’accord de Skhirat?

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Un hôpital militaire marocain à Gaza

Le roi Mohammed VI a donné ses instructions en vue du déploiement d’un hôpital de campagne médico-chirurgical relevant des Forces armées royales, dans la bande de Gaza, en territoire palestinien.

Cette opération humanitaire vise à prodiguer les soins nécessaires aux blessés et victimes civiles des événements récents survenus à Gaza.

Intervenant en ce mois sacré de Ramadan, cette action s’inscrit en droite ligne des engagements historiques et constamment renouvelés du roi du Maroc, président du Comité Al-Qods, envers la cause Palestinienne et illustre la solidarité agissante et effective envers le peuple Palestinien frère.

Vendredi, le roi Mohammed VI avait inauguré une mosquée à Casablanca que le souverain a baptisée «Palestine».

Macron se cherche toujours une stature internationale

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Pour sa première visite officielle en Russie, Emmanuel Macron est arrivé jeudi après-midi à Saint-Pétersbourg en vue de participer la 22e édition annuelle du Forum économique organisé dans cette ville de l’extrême ouest du pays. Accompagné de son épouse et d’une forte délégation comprenant notamment le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et le chef de son état-major particulier, l’Amiral Bernard Rogel , Emmanuel Macron a été accueilli par le président russe. Parmi les sujets qui seront abordés, les dossiers relevant des intérêts de la France et de la Russie ainsi que les sujets clés de la politique internationale. Sur le plan bilatéral, il sera question de booster les relations économiques dont le chiffre d’affaire a augmenté de 20% l’année dernière et se poursuit en 2018. D’ailleurs, au cours de cette visite, plusieurs contrats seront signés entre les deux pays.

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Le 29e Sommet arabe dominé par l’Iran

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Le Sommet de la Ligue des Etats arabes, réuni en sa 29e édition, se tient, ce dimanche, dans la ville saoudienne de Dhahran sur fond de tensions régionales, et au lendemain des frappes aériennes de la coalition tripartie occidentale (Etats-Unis, France, Royaume uni) contre la Syrie.

Selon Hossam Zaki, Secrétaire général adjoint de la ligue arabe chargé de l’information, 17 chefs d’Etat ou de gouvernement participeront à cette réunion. Le Qatar, qui est en brouille depuis dix mois avec l’Arabie saoudite, sera représenté par son représentant permanent auprès de la ligue au Caire.

A l’ordre du jour, pas moins de 18 questions seront examinées, allant de la question palestinienne, cette grande oubliée, et la décision du président américain Donald Trump de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Al-Qods occupée, la guerre au Yémen, le dossier libyen, le dossier syrien en l’absence de Bashar Assad et dont le pays a été suspendu depuis 2011, et le soutien à la candidature du Maroc pour abriter la Coupe du Monde 2026 de football.

Mais selon les observateurs, ce sommet sous emprise saoudienne, sera surtout dominé par l’Iran et les menaces qu’il fait planer sur la stabilité et la sécurité dans le Golfe à travers l’armement des milices houties et les tirs à répétition de missiles balistiques contre le territoire saoudien. Il sera également question du retour à la souveraineté émiratie des trois îles d’Abou Moussa, Petite et Grande Tomb, envahies et occupées par l’Iran depuis le 30 novembre 1971.


Le différend opposant le Qatar à l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ne sera pas discuté. Il a été évacué sur le Conseil de coopération du Golfe mais sera à coup sûr réglé sur intervention de Donald Trump.

Parmi les chefs d’Etat arrivés samedi soir, figurent le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président tunisien Béji Caïd Essebssi, le président libanais Michel Aoun accompagné du premier ministre Saad Hariri. Le roi Mohammed VI est représenté par le prince Moulay Rachid.

Et comme les sommets arabes nous ont habitués à des résolutions sans lendemain à l’image du plan arabe de paix adopté à Fès le 9 septembre 1982,  à telle enseigne que par ses “Sommets”, le monde arabe est devenu la région la plus montagneuse du globe et à chaque fois pour accoucher d’un chamelon !

En fait, la véritable question est à quoi sert cette Ligue arabe ? Une institution budgétivore qui ne fait pratiquement que ruminer et réactualiser les mêmes communiqués à des variantes près. Rien que son site en dit long !!

Palestine : La Marche du Retour se transforme en bain de sang et Israël sévit en toute impunité

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L’armée d’occupation israélienne a commis vendredi 30 mars une énième boucherie contre le peuple palestinien lors de la Marche pacifique du «Retour» organisée par les habitants de Gaza à l’occasion de la commémoration du 42ème anniversaire de la Journée internationale de la Terre, le long du mur de la honte. Le bilan encore provisoire s’élève selon le ministère palestinien de la santé à 16 morts et plus de 1400 blessés.

Le Conseil de sécurité a accouché d’une souris et n’a abouti à aucune décision

L’occupant a mobilisé tout son arsenal répressif et posté des centaines de snipers pour canarder à balles réelles les dizaines de milliers de pacifistes palestiniens. Il a même eu recours à des drones pour larguer des bombes lacrymogènes contre les marcheurs.

Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas a décrété ce samedi, une journée de deuil. Le Conseil de sécurité de l’Onu s’est réuni d’urgence vendredi soir à la demande du Koweït pour débattre de la situation sur le terrain et du bain sanglant qui s’en est suivi.

Fidèle à son habitude quand il s’agit du dossier palestinien, le Conseil de sécurité a accouché d’une souris et n’a abouti à aucune décision. D’ailleurs, depuis la création d’Israël, des centaines de résolutions sont restées lettres mortes. Pratiquement, la seule et unique résolution onusienne respectée par Israël est celle de son acte de naissance.

De ce fait, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’est contenté de réclamer une «enquête indépendante et transparente» sur ce qui s’est passé à Gaza. La belle affaire !

Même si Tayé-Brook Zerihoun, numéro deux du département des affaires politiques de l’ONU avait déclaré : «Israël doit assumer ses responsabilités dans le cadre des droits humains et du droit humanitaire international. La force létale doit être autorisée en dernier recours et les décès qui pourraient en découler doivent faire l’objet d’une enquête en bonne et due forme de la part des autorités ».

En désespoir de cause de voir leur cause renvoyée aux calendes grecques, surtout en raison du manque de soutien de la part d’un monde arabe , déchiré et paralysé par des querelles intestines depuis la nuit des temps, se contentant toujours à l’instar de la Ligue arabe de communiqués laconiques de condamnation et de solidarité avec le peuple palestinien, une solidarité beaucoup plus formelle que réelle.

Et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche avec dans ses valises tout un plan pour remodeler le Moyen Orient et imposer son diktat aux Palestiniens au grand bonheur d’Israël, les Palestiniens n’ont plus aucun choix que de compter sur eux-mêmes.

Ils l’ont compris bien qu’ils soient gangrénés par des divisions, et un bras de fer à non plus finir entre le Hamas et l’OLP, et c’est dans cette logique que s’inscrit cette «Marche du Retour » qui doit en principe se poursuivre jusqu’au 15 mai prochain, date anniversaire de la Nakba, qui a vu la naissance d’Israël sous la Palestine et l’expulsion de centaines de milliers de palestiniens, forcés à l’exil ou prisonniers dans leur propre pays.