Mustapha El Khalfi

Le Maroc s’oppose à l’indépendance du Kurdistan d’Irak

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Le référendum pour une indépendance totale du Kurdistan d’Irak qui a vu une victoire du ‘oui’ avec près de 92% des suffrages exprimés sur la base d’une participation record qui a atteint 78% de la population votante de cette région autonome au nord de l’Irak, n’a pas manqué de faire réagir le gouvernement marocain.

 

A la suite du Conseil du gouvernement réuni ce jeudi à Rabat, le royaume a exprimé son opposition à toute démarche «séparatiste» menaçant la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Irak.

Et c’est le ministre délégué chargé des relations avec le parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, qui a fait une déclaration dans ce sens à l’issue de la réunion hebdomadaire de l’exécutif sous la présidence de Saad ed-Dine El Otmani.

Après l’Irak, l’Iran, la Syrie, la Turquie et l’Espagne, le Maroc fait partie des pays qui refusent catégoriquement toute option sécessionniste de la part des kurdes d’Irak et ce dans un souci de préserver l’unité de ce grand pays arabo-musulman ami.

Le Roi Mohammed VI avait, dans un discours historique à Ryadh devant le sommet Maroc-Pays du Golfe en avril 2016, appelé à la mobilisation générale pour faire face aux projets de morcellement du monde arabe.

Pour rappel, Israël reste, à ce jour, le seul pays au monde à soutenir cet acte séparatiste alors que la position de Washington, qui souffle le chaud et le froid sur le sujet, demeure ambiguë. Pour sa part, Moscou s’oppose à toute idée d’indépendance.

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Phosphate marocain saisi à Port Elisabeth : le client néo-zélandais réagit

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L’ordonnance d’un juge sud-africain d’opérer une saisie conservatoire sur une cargaison de 54 000 tonnes de phosphates marocains, et d’immobiliser le tanker NM Cherry Blossom battant pavillon des Îles Marshall au Port Elisabeth, continue de faire couler beaucoup d’encre. Contrairement à OCP Group qui n’a pas souhaité communiquer, le client néo-zélandais sort de son mutisme pour expliquer les circonstances de cette affaire et en évaluer et les conséquences.

Dernière position du tanker Cherry Blossom le 29 Avril 2017, transportant le phosphate marocain

Ballance Agri-Nutrients, c’est le nom de la société néo-zélandaise à laquelle était destiné le chargement de phosphates estimé à 7,2 millions de dollars, affirme que les 54 000 tonnes (d’autres sources parlent de 50 000) bloquées représentent environ un huitième des besoins annuels néo-zélandais en phosphate. Ce qui n’est pas négligeable.

Ballance Agri-Nutrients croit savoir que le blocage prendra plusieurs semaines pour y trouver une solution.

Entre-temps, la société aura besoin d’acheminer d’autres cargaisons de phosphate pour assurer l’approvisionnement des agriculteurs. «Pour l’instant, les stocks sont suffisants, mais nous ne sommes pas entièrement dépendants du Maroc, nous importons également de Chine et d’Afrique du Sud.» A ce propos, l’Afrique du sud est également producteur et exportateur de phosphate, il pourrait donc aussi s’agir d’une opération de sabotage à teneur purement commerciale perpétrée par le gouvernement de Pretoria dans le but de gêner les exportations marocaines.

Le directeur général de Ballance Agri-Nutrients, Mark Wynne, estime qu’il s’agit-là d’un problème politique «dont il est conscient » et que cela était au-dessus de ses compétences.

Mark Wynne, DG de Ballance Agri-Nutrients

«C’est un sujet géopolitique très complexe (…) et il n’y a que les Nations unies qui puissent y trouver une solution ; certainement pas nous, c’est impossible » martèle-t-il. Avant de conclure qu’il se trouvait au Maroc l’année dernière pour renouveler les contrats avec la partie marocaine (OCP Group), tout en intégrant la portée RSE dans ses conditions d’achat.

Le client néo-zélandais importe du phosphate marocain depuis plus de 30 ans, et c’est la première fois qu’une cargaison est immobilisée.

Dans une première réaction à cette affaire, le porte-parole du gouvernement a déclaré que le Maroc était «en position de force sur le plan politique et (…) n’enfreint pas le droit international». Mustapha El Khalfi, qui s’exprimait lors de son point de presse hebdomadaire à l’issue du Conseil de gouvernement, a ajouté que «les manœuvres des adversaires de l’intégrité territoriale du Royaume sont vouées à l’échec».

Le tanker NM Cherry Blossom battant pavillon des Îles Marshall

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Mohammed VI désigne un gouvernement d’action

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Le Roi Mohammed VI a nommé, ce mercredi, les membres du nouveau gouvernement. Après un blocage institutionnel qui a duré près de six mois, l’équipe de l’Exécutif est fin prête. De prime abord, la principale observation relevée dans la composition de l’équipe proposée par le Chef du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani, est son architecture réorientée en pôles de compétences.

Composé de 39 membres, dont 2 (deux) ministres délégués auprès du Chef du Gouvernement (Défense et Affaires générales), 2 (deux) ministres délégués (Intérieur et Affaires étrangères) et 12 (douze) Secrétaires d’Etat, le nouvel exécutif est un véritable gouvernement d’action.

Nabil Benabdallah, facilitateur auprès de l’Etat et grand architecte de cette nouvelle formation pour avoir été durant des mois au four et au moulin en vue de faire réussir l’expérience d’un second gouvernement PJD, est propulsé à la tête d’un grand département qui réunit l’Aménagement du territoire national, l’Urbanisme, l’Habitat et la Politique de la ville, alors que dans le gouvernement sortant il était en charge uniquement de l’Habitat et de la Politique de la ville. Il dispose d’une Secrétaire d’Etat sous son autorité, en la personne de Fatna Lkhiyel membre du bureau politique du Mouvement Populaire.

De son côté, Aziz Akhannouch hérite lui aussi d’un super-ministère. Outre l’Agriculture et la pêche maritime, le département de Akhannouch englobe désormais le développement rural et les eaux et forêts. Avec en prime deux Secrétaires d’Etat sous ses ordres : Mbarka Bouaida du Rassemblement National des Indépendants qui quitte les Affaires étrangères et Hamou Ouheli du Mouvement Populaire, un grand revenant après avoir siégé au gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Une question reste posée : est-ce que ce nouveau format mettra fin à l’existence du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts dirigé par Abdeladim Lhafi ? Les semaines à venir nous le diront.

Toujours dans le volet superstructures, Mohamed Hassad est désigné à la tête d’un département englobant tous les niveaux de l’Enseignement, fondamental et supérieur, en plus de la Formation professionnelle et la Recherche scientifique. Deux Secrétaires d’Etat serviront sous les ordres de l’ancien ministre de l’Intérieur (remplacé par le wali de Rabat Abdelouafi Laftit), à savoir Khalid Samadi et l’ancien puissant Directeur général de l’OFPPT, Larbi Bencheikh, qui a été de tous les voyages du roi Mohammed VI en Afrique.

Mohamed Hassad travaillera en bonne intelligence avec le conseiller royal Omar Azziman, Président délégué du Conseil Supérieur de l’Enseignement, aux côtés duquel il tentera de mettre en oeuvre les recommandations ad hoc du Conseil supérieur notamment en termes de programmes et de vision stratégique mais également en ce qui concerne la gestion à bon escient des actifs immobiliers et du foncier dont jouit le département.

En revanche, la grande surprise reste l’éjection de Charki Draiss de son poste de «numéro deux de l’Intérieur». Il fait apparemment les frais de sa gestion «trop sécuritaire» de la situation dans le Rif. C’est Noureddine Boutayeb, Wali-Secrétaire général du ministère de l’Intérieur qui lui succède à cette fonction charnière et sensible. Et c’est une première : le ministre délégué est d’habitude un «monsieur sécurité». Là c’est différent. Il s’agit d’une transformation en profondeur dans l’approche de ce département. Le duo Laftit-Boutayeb est davantage porté sur la gestion du territoire, le développement local et humain et les montages financiers, compétences idoines pour accompagner la régionalisation avancée.

Si des ministres de souveraineté comme Ahmed Taoufiq et Abdellatif Loudiyi ont été maintenus, respectivement aux Affaires islamiques et à l’Administration de la Défense nationale, Driss Dahhak, par contre, quitte le Secrétariat général du gouvernement. Ce haut magistrat de carrière, compétent et intègre, est pressenti président-délégué du Conseil supérieur de la Magistrature. Dahhak, est remplacé par Mohamed El Hajjoui, grand commis de l’Etat et longtemps secrétaire général de la Primature. Il connaît parfaitement les rouages et les arcanes de l’Administration.

De son côté, l’équipe gouvernementale qui a piloté la COP22, à sa tête Salaheddine Mezouar et Hakima El Haité, n’a pas été retenue par El Othmani. Et le département de l’Environnement disparaît de la nouvelle architecture pour laisser place à un autre chargé du «développement durable». Il s’agit-là d’un signal fort qui met en exergue une réorientation de l’Etat dans son approche globale de la gestion de l’environnement. Une collaboration étroite avec la Fondation Mohammed VI pour le développement durable n’est pas à exclure.

Mustapha El Khalfi, quant à lui, quitte le ministère de la Communication hérité par un inconnu du bataillon, Mohamed Laaraj, mais demeure Porte-parole du gouvernement en plus d’être ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile.

Et au moment où Aziz Rabbah et Abdelkader Amara se sont échangés les maroquins, la patronne de la banque d’affaires Capital Trust, Lamia Boutaleb, pilotera la département du Tourisme sous la tutelle de Mohamed Sajid. Son alter ego, la Pjdiste Jamila El Moussali, hérite de son côté du portefeuille de l’économie sociale, également sous l’autorité du patron de l’Union Constitutionnelle qui, après une gestion en dents de scie du Conseil de la Ville de Casablanca, se retrouve à la tête d’un grand ministère qui réunit le Tourisme, le Transport aérien, l’Artisanat et l’Economie sociale, aura des défis énormes à relever et une situation complexe à gérer.

Enfin, si Mohamed Boussaid et Moulay Hafid Elalamy sont des «intouchables», un jeune loup fait son entrée dans le gouvernement de El Othmani. Othmane El Ferdaous, ancien directeur-chargé de mission chez Mena Media Consulting, travaillera sous l’aile de MHE en tant que Secrétaire d’Etat en charge de l’Investissement.

 

Abdellah EL HATTACH.