fbpx

Moussa Faki Mahamat - Page 2

Rabat décortique la position de la Commission africaine concernant le Sahara

/

Dans un exercice didactique peu commun, le royaume du Maroc, via sa diplomatie, a tenu à faire une lecture analytique du rapport présenté aujourd’hui par Moussa Faki Mahamat aux chefs d’Etat et de gouvernement qui ont représenté leurs pays respectifs au sommet de l’Union africaine qui tient sa 31e édition dans la capitale mauritanienne Nouakchott.

Lire ici

Le Maroc baisse son niveau de représentation au Sommet africain de Nouakchott

/

Les travaux du 31e Sommet de l’Union africaine se sont ouverts dimanche à Nouakchott sous la présidence de Mohamed Ould Abdelaziz qui a repris le flambeau de son homologue rwandais Paul Kagamé. C’est la première fois dans l’histoire de l’organisation panafricaine que la Mauritanie en organise le sommet. Axée sur le renforcement de l’intégration continentale, la réunion rassemble une quarantaine de chefs d’Etat africains. Le Maroc a décidé de revoir à la baisse son niveau de représentation et c’est le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, qui conduit la délégation marocaine.

Lire ici

Sahara : Horst Köhler en visite dans la région

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara, Horst Köhler, entamera une visite dans la région avant la fin du mois de juin. Il est annoncé à Rabat, à Laayoune et dans les camps de Tindouf.

Cette nouvelle tournée du responsable onusien intervient moins de deux mois après le vote par le conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2414 qui a prorogé le mandat de la Minurso de six mois et précède de quelques semaines la réunion du sommet de l’Union africaine qui se tiendra à Nouakchott au mois de juillet et qui discutera dans son ordre du jour de l’affaire du Sahara.

Selon plusieurs sources concordantes, le royaume, qui a reçu il y a une dizaine de jours le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, sera représenté à ce sommet par une délégation de très haut niveau. Le roi Mohammed VI pourrait faire le déplacement mais aucune confirmation dans ce sens n’a été fournie par les autorités marocaines.

El Othmani out du Iftar royal

/

Le roi Mohammed VI a offert, mercredi soir à Dar Dyafa à Rabat, un Iftar en l’honneur du président de la Commission de l’Union africaine qui se trouve au Maroc pour une visite officielle. Traditionnellement et selon la coutume, ces types de réceptions sont généralement présidées par le chef du gouvernement sur hautes instructions royales. Cette fois-ci le protocole royal en a décidé autrement.

Lire ici

Vers une Afrique unie : la première étape pour un marché commun

/

Dans l’indifférence patente de l’opinion publique occidentale, le continent africain a placé un jalon fondamental dans son histoire contemporaine. 44 des 55 Etats membres de l’Union africaine ont signé un protocole d’accord sur l’établissement d’un marché unique africain exempt de barrières tarifaires.

L’initiative vise à éliminer les droits sur 90% des biens échangés entre les États africains, en vue de de passer de 6% actuellement à zéro à terme. L’accord a été scellé lors d’un sommet extraordinaire tenu à Kigali, la capitale du Rwanda.

Comme l’a souligné Lorenzo Simoncelli, correspondant du quotidien italien La Stampa, basé dans la ville portuaire sud africaine le Cap, l’accord représente «une tentative pour revitaliser un marché intra-africain qui n’a jamais pu décoller en raison de tarifs trop élevés, l’insuffisance des infrastructures et de la bureaucratie excessive aux frontières nationales. » Lire ici

Mohammed VI s’adressant au sommet de Kigali : Le rendez-vous d’aujourd’hui est historique

/

A l’occasion du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine qui a lancé la création de la zone de libre‑échange la plus large au monde, le Roi Mohammed VI a adressé un discours aux participants dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani. Ci-après le texte intégral du discours royal.


“Louange à Dieu,.

Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.

Monsieur le Président Paul Kagamé, Président en exercice de l’Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Son Excellence Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout abord, adresser Mes sincères remerciements à Notre Auguste Hôte, Mon Frère le Président Paul Kagamé, Président en exercice de l’Union Africaine, pour les efforts déployés en vue d’assurer à ce Sommet Extraordinaire les meilleures conditions de succès.

Le rendez-vous d’aujourd’hui est historique. La création de la zone de libre‑échange la plus large au monde, avec la population la plus jeune du monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain.

Je voudrais également saisir cette opportunité pour saluer les importants efforts de réforme entrepris, sous son impulsion, afin d’adapter notre Organisation aux défis, présents et à venir, auxquels est confronté notre continent. A cet égard, Je tiens à lui réitérer le plein soutien du Royaume du Maroc.

Mes remerciements vont également à Son Excellence Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, pour sa détermination indéfectible à insuffler une dynamique nouvelle au travail de la Commission, et à accompagner l’élan des réformes au sein de Notre Organisation.

Le rendez-vous d’aujourd’hui est historique. La création de la zone de libre‑échange la plus large au monde, avec la population la plus jeune du monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain.

En effet, elle inaugure de nouvelles perspectives, de nouvelles pratiques et de nouveaux mécanismes de solidarité. Une zone de libre-échange continentale stimule les capacités, le savoir, l’intelligence et surtout répond à l’envie et au désir de notre jeunesse de construire une Afrique forte et intégrée.

Le lancement aujourd’hui de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine constitue un jalon crucial dans le développement multiforme de l’Afrique. Cette zone de libre-échange représente une initiative de l’Afrique et pour l’Afrique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

L’Afrique est en mouvement, à tous les niveaux, et dans tous les domaines. Elle regorge de richesses naturelles et de potentialités humaines. Nous avons pu l’observer à l’occasion des nombreuses visites effectuées dans les différentes régions de notre Continent.

Nous avons pu également constater la nécessité impérieuse d’une communauté africaine soudée et ambitieuse. A ce titre, le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle traduit avec force cette détermination fédératrice, de même que notre attachement indéfectible à la cohérence, à l’unité, à l’intégrité territoriale et à la solidarité africaine.

Le lancement aujourd’hui de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine constitue un jalon crucial dans le développement multiforme de l’Afrique. Cette zone de libre-échange représente une initiative de l’Afrique et pour l’Afrique.

Elle prolonge et conforte les nombreuses mesures prises par nos pays respectifs en faveur du commerce intra-africain. Elle catalysera les investissements, stimulera la croissance économique, développera les interconnections continentales et apportera un dynamisme nouveau à l’intégration en Afrique. Il s’agit là d’une démarche pragmatique pour une Afrique intégrée, prospère, en phase avec les réalités internationales.

Le Plan d’action de Lagos pour le développement de l’Afrique de 1980 et le Traité d’Abuja de 1991 ont établi les Communautés Économiques Régionales en tant que fondement de l’intégration africaine. Aujourd’hui, la voie vers l’établissement effectif d’une zone de libre‑échange continentale est largement tracée par les nets progrès enregistrés en la matière au niveau de ces Communautés, qui, pour certaines, sont déjà au stade de l’union douanière.

L’Afrique est en passe de devenir un laboratoire du monde numérique.

Excellences, Mesdames, Messieurs

De par sa propre expérience, le Maroc sait pertinemment que l’ouverture économique et l’établissement de zones de libre‑échange avec des partenaires du Nord comme du Sud suscitent souvent des inquiétudes légitimes et induisent certains défis qu’il importe de relever à la faveur de mécanismes appropriés.

Il est indéniable qu’une fois ces inquiétudes et ces défis dûment pris en charge, les vertus de l’ouverture économique s’avèrent tangibles et ses plus-values bénéfiques au développement de l’économie nationale et à l’émergence de nouvelles filières.

Aller à l’encontre de cette dynamique à l’échelle continentale reviendrait à retarder l’Afrique, sa compétitivité, et son développement.

En ce sens, le Maroc croit à un co-développement fondé sur la coopération intra‑africaine et la complémentarité économique, sur la solidarité active et la mutualisation des moyens et des efforts. Il s’agit là, somme toute, des conditions inhérentes à toute croissance inclusive, au développement humain et durable de notre continent. A terme, l’objectif est d’ériger notre Continent en force dynamique et en acteur majeur sur la scène internationale, au bénéfice de nos populations.

L’Afrique doit s’unir, dans l’objectif ultime de bâtir une économie continentale prospère

Le développement du continent Africain et de ses échanges commerciaux devra également tenir compte des développements technologiques mondiaux et transformer le déficit de nos échanges intracontinentaux en une vraie opportunité pour le développement des nouvelles technologies digitales.

L’Afrique est en passe de devenir un laboratoire du monde numérique. Le digital est en train de changer le visage de notre continent, porté par une jeunesse inventive, créative et audacieuse. Ce saut numérique est le fruit de jeunes startups actives dans le domaine de la finance, des télécoms, de l’industrie et de l’agroalimentaire, pour ne citer que ces domaines. C’est souvent une population jeune et à faible revenu qui est au cœur de ce processus d’innovation ; elle doit par conséquent être au cœur de nos politiques publiques.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ici pour décider de l’avenir économique et commercial de notre continent. Aujourd’hui plus que jamais, il s’avère nécessaire de connecter les marchés africains de manière pérenne.

La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine est un instrument essentiel pour promouvoir ce nouveau paradigme de développement économique centré sur l’innovation, la diversification et l’échange solidaire. L’Afrique doit s’unir, dans l’objectif ultime de bâtir une économie continentale prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable, une économie qui soutient et stimule l’entreprenariat et la création de richesses.

C’est précisément pour répondre à ces aspirations légitimes que les différentes étapes des négociations ont permis l’émergence de ce cadre juridique idoine que constitue la Zone de Libre‑Echange Continentale Africaine.

A cet égard, Nous saluons l’action déterminée et le leadership de Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, catalyseur de tous les efforts de négociations qui permettront une mise en œuvre efficiente de cette zone de libre‑échange.

Cette Zone envisagée n’est plus une illusion ou un simple projet : les résultats obtenus dans un esprit de compromis sont équilibrés et ils reflètent les attentes et les préoccupations de tous. L’enthousiasme et le dynamisme avec lesquels les rounds de négociations ont été menés ont permis d’envisager la libéralisation du commerce des marchandises, à un taux d’ambition de 90%.

Nous construisons l’Afrique de demain, celle que nous allons laisser à nos enfants.

Par ce premier résultat tangible, tous les Etats, qui sont partie prenante, manifestent ainsi leur volonté d’ouverture et d’élargissement des marchés, tout en respectant les spécificités des économies nationales, notamment les industries naissantes et les activités économiques des populations vulnérables.

C’est dans le même esprit qu’il nous appartient de mener les négociations à venir sur des questions tout aussi importantes, tels les conditions d’une saine concurrence, le respect de la propriété intellectuelle ou encore la promotion des investissements.

C’est alors seulement que nous pourrons donner une voix commerciale unique à l’Afrique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Nous construisons l’Afrique de demain, celle que nous allons laisser à nos enfants. Nous la construisons sur des bases économiques solides, pour que les innombrables ressources de notre continent bénéficient en priorité aux peuples africains.

Pour construire cette Afrique de demain, celle qui reprend son destin en main, bien des étapes ont été franchies et bien d’autres seront nécessaires. Nous devons les parachever de telle sorte qu’en aucune façon, notre développement économique ne soit plus tributaire de volontés externes.

Je vous remercie.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.

Avec MAP

URGENT – 44 pays Africains scellent l’Accord de libre-échange continental

/

Selon le président de la Commission Africaine, Moussa Faki Mahamat, 44 pays sur 55 ont signé l’Accord de libre échange continental connu sous l’acronyme #AfCFTA. D’autre part, la Déclaration de Kigali a été paraphée par 43 pays. En revanche, seuls 27 Etats ont approuvé le protocole d’accord sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d’établissement.

Moussa Faki Mahamat estime qu’il s’agit, là, d’un pas fondamental «scellant l’intégration économique dans le continent.» Lire ici

Mohcine Jazouli en éclaireur à Kigali pour préparer le sommet extraordinaire sur la zone de libre-échange africaine

/

Le Maroc a pris part, lundi à Kigali, capitale du Rwanda, à la réunion du Conseil exécutif du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine dédiée à la Zone de libre échange continentale africaine. Le royaume était représenté par le ministre délégué chargé de la Coopération africaine, Mohcine Jazouli. Cette rencontre se tient en préparation au Xe sommet au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement prévu le 21 mars qui sera consacré à la signature d’un accord qui lancera la Zone de libre-échange continentale africaine. La libéralisation progressive du commerce de l’Afrique dans les années à venir offrira de nouvelles opportunités aux entreprises africaines de rivaliser et de coopérer au-delà des frontières et d’établir une portée continentale. Seule voix dissonante, le Nigeria qui a décidé de suspendre sa participation à l’accord de libre-échange.

Les dirigeants des 55 pays d’Afrique qui se réuniront mercredi à Kigali, au Rwanda, feront du continent la plus grande zone de libre-échange créée depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce. Lire ici

Pourquoi l’Union africaine a besoin d’une Ethiopie stable

/

L’institut sud africain d’études de sécurité (ISS) a publié ce vendredi 16 mars une analyse de l’un de ses consultants, Liesl Louw-Vaudran, consacrée à la situation politique en Ethiopie et ses répercussions sur l’Union africaine. Vu sa pertinence, le1.ma l’a traduite pour vous.

Le chef de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a offert ses bons offices au gouvernement éthiopien suite aux troubles politiques dans le pays. Après des mois de manifestations antigouvernementales et d’actions des forces de sécurité, le gouvernement a décidé cette année de libérer plusieurs prisonniers politiques. Les troubles se poursuivent toutefois dans plusieurs régions du pays.

Dans une déclaration qui a suivi la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn à la fin du mois dernier, Faki Mahamat a déclaré que son bureau se tient à la disposition du gouvernement afin de «relever les défis qui se dressent, approfondir la démocratie et promouvoir le développement».

Mahamat a également rencontré Desalegn après sa démission. Le successeur de Desalegn devrait être bientôt nommé par le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien. Il n’est pas surprenant que Mahamat soit préoccupé par la crise en Éthiopie. L’Union Africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, a besoin d’une Éthiopie stable.

Jusqu’à présent, l’UA et la plupart des membres de la communauté diplomatique ont gardé le silence sur la situation politique. L’Ethiopie occupe une position stratégique en tant qu’hôte de l’UA et constitue un puissant pouvoir dans une partie instable de l’Afrique.

L’Union européenne considère également l’Éthiopie comme un allié majeur dans sa tentative d’empêcher les migrants africains de fuir vers l’Europe.

L’Ethiopie occupe une position stratégique en tant qu’hôte de l’UA et en tant que puissance dans une partie instable de l’Afrique

Le siège de l’Union Africaine abrite quelque 2 000 membres du personnel travaillant pour l’Organisation panafricaine à Addis-Abeba. En plus des nombreux bureaux des Nations Unies parmi lesquels le siège de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, il y a plus de 100 ambassades dans la ville. C’est grâce à l’importance croissante de l’UA qu’elle est devenue une escale presque obligatoire pour les dirigeants non africains qui visitent le continent, comme l’ancien secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov récemment.

Cette importante présence internationale crée des emplois pour de nombreux Éthiopiens, fait grimper le marché immobilier à Addis-Abeba et contribue à la croissance économique de la ville qui compte près de cinq millions de personnes. Au moins une fois par an, Addis-Abeba accueille un grand sommet de l’UA avec la présence de nombreux chefs d’État, des dignitaires et un important contingent médiatique qui passe du temps dans la ville. Les habitants de la capitale savent d’avance qu’un sommet est sur le point de se produire par le déploiement de forces spéciales le long des routes principales. Jusqu’à présent, l’Union Africaine et les délégations en visite sont reconnaissantes pour la sécurité qui leur est garantie, même si cela signifie de ne pas parler des restrictions entourant la liberté d’expression ou du manque de participation réelle de l’opposition au gouvernement.


Dans un pays limitrophe d’États en proie à des conflits tels que la Somalie et le Soudan du Sud, certains estiment que des mesures de sécurité solides sont justifiées. Au moins pour l’instant, personne ne remet en question le statut d’Addis-Abeba en tant que siège de la seule organisation continentale de l’Afrique. Ceci est en grande partie dû à la prévoyance de l’ancien dirigeant éthiopien Haïlé Sélassié qui a réuni des chefs d’Etat africains du continent à la première réunion de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba en 1963.

L’Ethiopie prétend être le seul pays africain jamais colonisé et possède une fière histoire remontant à l’époque des empires abyssiniens. En 2000 et 2001, lorsque des discussions ont eu lieu autour de la formation de l’Union Africain, très peu ont suggéré un siège alternatif possible.

Plusieurs structures de l’UA se trouvent ailleurs, comme le Parlement panafricain, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs et le secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, basé en Afrique du Sud; la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples basée en Gambie; et le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme basé à Alger. Mais l’Ethiopie a fermement soutenu le maintien du siège de l’organisation à Addis-Abeba. En plus d’être le berceau historique de l’OUA, l’Éthiopie est également un acteur majeur de la Corne de l’Afrique en raison de son rôle militaire important dans la région et des 850 000 réfugiés qu’elle accueille, principalement originaires du Soudan du Sud, de la Somalie, du Soudan et de l’Érythrée.

L’Éthiopie est également l’un des principaux contributeurs aux missions de maintien de la paix de l’ONU et de l’UA dans le monde, notamment à Abyei, au Darfour, au Soudan du Sud et en Somalie. Le statut de l’Éthiopie sur le continent a augmenté au cours des deux dernières décennies, en particulier sous le gouvernement de l’ancien premier ministre Meles Zenawi, en raison de ses taux de croissance économique élevés et de ses politiques axées sur le développement.

Pourtant, avec sa population massive de 102 millions d’habitants, dont la plupart sont des jeunes, la menace d’instabilité politique a été évoquée depuis un certain temps. Les taux de croissance élevés qu’a connus l’Éthiopie au cours des dernières années n’ont pas été partagés par tous, ce qui crée des tensions parmi certaines couches de la population. Dans un rapport publié en mai dernier, l’ISS a souligné que l’amélioration de la gouvernance et de l’inclusivité serait la clé pour l’avenir. Comparé à son passé violent, l’Ethiopie en 2017 est un pays plus stable. L’instabilité dans la région est sans doute également en baisse, y compris en Somalie. Cependant, le passé violent de l’Éthiopie, ses niveaux relativement faibles de développement, son type de régime mixte et sa forte expansion démographique font que le risque d’une future rupture violente reste élevé. La présence de l’UA en Ethiopie pourrait servir de facteur de stabilisation dans une situation très complexe.

La démission de Desalegn et la déclaration d’un état d’urgence pour la deuxième fois depuis 2016 créent une incertitude quant à l’avenir immédiat du pays. Desalegn a déclaré qu’il a démissionné pour que le processus politique, qui a commencé avec la libération des prisonniers politiques, puisse suivre son cours.

Pour les nombreux étrangers vivant en Éthiopie, dont beaucoup sont là parce que l’Union Africaine y a son siège à Addis-Abeba, l’état d’urgence signifie des fermetures périodiques d’Internet dans certains endroits, même si la capitale et le siège de l’UA sont généralement épargnés. Suite à une demande de l’ancien président de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini Zuma, une interdiction temporaire des diplomates voyageant en dehors d’Addis-Abeba dans le cadre de l’état d’urgence précédent a été levée. Cette interdiction n’a pas été rétablie dans l’état d’urgence actuel, mais certaines ambassades découragent toujours leur personnel de voyager à l’extérieur de la capitale.

Cependant, que peut faire l’UA pour aider à atténuer les risques d’instabilité pour elle-même et pour son pays d’accueil? Pas vraiment beaucoup, semble-t-il.

Mahamat Faki a précisé dans sa déclaration soigneusement rédigée qu’il attend avec impatience le renforcement des mesures prises pour répondre aux préoccupations exprimées par des segments de la population dans un esprit de dialogue, de tolérance mutuelle et d’engagement envers les meilleurs intérêts de l’Éthiopie qui transcendent tous les intérêts politiques et autres divergences.

Les analystes s’accordent à dire que l’Éthiopie est traditionnellement beaucoup moins sensible à l’influence extérieure dans ses affaires intérieures que beaucoup d’autres pays africains. La participation de l’UA à la situation politique interne de l’Éthiopie ne semble pas probable. Une discussion sur la situation au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, composé de 15 membres et traitant des conflits sur le continent, n’a jamais eu lieu. La présence importante de l’UA et des organisations internationales, garde cependant le pays et surtout sa capitale à l’honneur.

L’UA est également importante pour l’Éthiopie, compte tenu de sa contribution en termes de création d’emplois et de débouchés économiques à Addis-Abeba. En ce sens, et au strict minimum, la présence de l’UA pourrait servir de facteur de stabilisation dans une situation très complexe.

Mohammed VI se prononce pour un pragmatisme appuyé de l’Afrique

/

Conformément au discours du Roi Mohammed VI devant le 28ème Sommet de l’Union africaine tenu en janvier 2017 à Addis-Abeba, le Maroc s’est engagé dans le débat avec un esprit constructif, une approche positive pour contribuer à l’Agenda africain en matière de paix, de stabilité, de sécurité et de développement. La 29ème session, qui a débuté aujourd’hui, intervient à un moment important, où des sujets précieux pour l’avenir de l’Organisation sont sur la table, notamment les questions de la réforme des structures de l’Union africaine et du financement des activités de l’Union pour qu’elle ne soit pas dépendante du financement extérieur en ce qui est de son propre fonctionnement.
L’ouverture de ces travaux s’est caractérisée par l’important discours adressé par le Roi Mohammed VI dont la lecture a été faite par le Prince Moulay Rachid qui représente le souverain à ce sommet.

Ci-après le texte intégral du Discours Royal, prononcé par le Prince Moulay Rachid.

« Louange à Dieu,
Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.

Monsieur le Président Alpha Condé, Président en exercice de l’Union Africaine,
Chers Frères et Sœur, Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Président Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

Le Royaume du Maroc participe à son premier Sommet en tant que membre de l’Union Africaine, depuis son retour au sein de sa famille institutionnelle en janvier dernier. Il conforte ainsi son action dans le continent et consolide ses liens multidimensionnels avec les pays africains frères.

A la suite de la décision Historique d’Addis Abeba, le Maroc a poursuivi le processus d’accès aux instruments juridiques, afin de participer pleinement aux activités de l’organisation et contribuer à l’agenda de tous les organes.
Comme il s’y était engagé, le Maroc a participé à toutes les réunions, selon l’esprit constructif que J’avais annoncé dans Mon Discours d’Addis Abeba : « Nous ne voulons nullement diviser, comme certains voudraient l’insinuer.
Dès que le Royaume siègera de manière effective, et qu’il apportera sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant ».

Ce Sommet nous offre l’occasion de souligner l’engagement à la fois, sincère, responsable et indéfectible de nos pays, au service des causes et des intérêts du continent africain.

L’action du Président Alpha Condé à la tête de notre organisation suscite notre admiration. En effet, grâce à son leadership et à sa clairvoyance, il mène des efforts remarquables de rationalisation des travaux de notre organisation. Il a adapté notre agenda pour répartir plus judicieusement le suivi des thèmes prioritaires, et il donne ainsi une grande visibilité à l’action de l’organisation.

Mes remerciements vont à Son Excellence Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA, pour ses efforts inlassables en vue d’impulser une nouvelle dynamique au travail de la Commission, et pour accompagner l’élan de réformes au sein de Notre Organisation.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Nous avons toujours été convaincus que l’Afrique peut transformer ses défis en authentique potentiel de développement et de stabilité. Sa croissance démographique, ses institutions, la migration et la jeunesse constituent des opportunités qu’il nous incombe collectivement de saisir.

Le Maroc veut contribuer à l’émergence d’une Nouvelle Afrique : une Afrique forte, une Afrique audacieuse qui prend en charge la défense de ses intérêts, une Afrique influente dans le concert des Nations.

Pour définir cette nouvelle Afrique, il convient de s’affranchir de toute illusion, de rejeter les chimères. La Nouvelle Afrique que Nous appelons de Nos vœux doit au contraire s’appuyer sur une vision concrète et pragmatique, apte à faire naître une Afrique conquérante et solidaire.

L’Afrique est à la croisée des chemins et il Nous incombe de choisir la bonne voie pour son émergence. A cette heure, les défis auxquels est confronté notre Continent prolifèrent : multiplication des acteurs non-étatiques donnant lieu à de nombreuses zones grises, menaces du terrorisme transnational et de l’extrémisme violent et impacts du réchauffement climatique.

Face aux nouvelles menaces qui guettent notre Continent, il est nécessaire que l’UA entame sa mue, afin d’apporter des réponses adéquates et appropriées.

Pour ce faire, il est, à Notre sens, fondamental que les Etats africains se fixent des objectifs réalistes et pragmatiques, basés sur les priorités réelles du Continent. L’Afrique n’a plus besoin de slogans idéologiques, elle a besoin d’actions concrètes et résolues dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement humain.

Le Maroc a foi dans la capacité de l’Afrique de se renouveler et d’impulser son propre élan. Les limites de la coopération classique Nord-Sud pour relever le défi de l’émergence étant évidentes, l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération interafricaine, ainsi que de partenariats stratégiques et solidaires entre pays frères.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

L’UA doit être aujourd’hui un instrument au diapason des enjeux de notre Continent. Plus que jamais, elle doit être en phase avec les défis du moment. L’émergence de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales, refonte qui permettra de répondre pleinement et impérieusement aux enjeux qu’elle doit relever.

A cet égard, Nous tenons à saluer le leadership du Président Paul Kagamé sur cette question si importante pour notre Continent africain ; Nous le félicitons pour son rapport, à la fois considérable et dense, qui contient des recommandations essentielles, pour établir des solutions « garantissant l’avenir de l’Union Africaine ».
« L’impératif de renforcer notre Union » livre un diagnostic édifiant de l’état de l’UA et propose des recommandations réalistes et pragmatiques. Cet impératif est notre impératif. Plus que jamais, une vision transformatrice de l’Union Africaine est nécessaire.

La réforme de l’Union Africaine constitue un chantier important, dans lequel le Maroc s’investira aux côtés de ses pays frères.

Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines.

La mise en œuvre de cette réforme n’est plus un luxe, mais une impérieuse nécessité, au regard des enjeux et des défis considérables, que notre Continent doit relever.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Une politique volontariste orientée vers la jeunesse canalisera l’énergie pour le développement. L’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse. Aujourd’hui près de 600 millions d’Africains et d’Africaines sont des jeunes. En 2050, 400 millions d’Africains auront entre 15 et 24 ans.

Cette progression souligne l’urgence d’orienter le dividende démographique vers l’émergence du continent. Une occasion inespérée s’offre ainsi à l’Afrique de bénéficier d’une main d’œuvre jeune, éduquée et abondante pour nourrir sa croissance économique.

Chaque année plus de 11 millions de jeunes Africains font leur entrée sur le marché du travail alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés. Plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour.

Comment œuvrer pour résorber le chômage qui frappe de plein fouet la jeunesse du continent, puisque 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes ?

La réponse réside dans un traitement volontariste du triptyque « éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle » avec une exigence élevée de qualité.

Elle réside également dans les investissements conséquents, durables et judicieux qui doivent être entrepris dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’emploi.

L’investissement en faveur des jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du Continent, est fondamental. Cette action passe par une formation adéquate, une insertion douce et encadrée dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse, pour exprimer ses talents et pour contribuer à l’essor du continent.

Une jeunesse africaine livrée au désœuvrement bloquera l’émergence tant souhaitée du Continent. Et si le défi de l’employabilité des jeunes n’est pas traité de toute urgence, cette carence aura pour conséquence leur désœuvrement, renforcera en conséquence leur vulnérabilité et le risque de leur radicalisation.

Près de 40% des personnes au chômage sont des recrues de choix pour les mouvements rebelles, les groupes extrémistes ou terroristes qui sévissent à travers le continent.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

L’Afrique perd ses jeunes, par la migration légale ou illégale. Cette déperdition est injustifiable.

Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ?

Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout.
Des milliers de jeunes africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît. Ils sont des hommes de valeur, des ressources humaines pour notre Continent.

En tant que Leader, désigné lors du 28ème Sommet, sur la Question de la Migration, J’ai l’intention de soumettre une contribution axée sur la nécessité de développer une Vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis. Il s’agit avant tout de modifier nos perceptions face à la migration, de l’aborder, non comme une contrainte ou une menace, mais comme une force positive. De tous temps, la migration n’a-t-elle pas été un facteur de rapprochement entre les peuples et les civilisations ?

Traiter le défi de la migration requiert une approche novatrice qui permette d’évaluer les causes, l’impact, d’envisager des solutions, notamment par la création de synergies entre les politiques de développement et de migration.

Nous devons travailler conjointement à l’élaboration d’un Agenda africain sur cette thématique ; il articulerait une vision commune des voies et des moyens de traiter la Question de la Migration au sein de notre Continent et dans les instances internationales.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La Nouvelle Afrique tirera le meilleur de ses potentialités, car notre Continent regorge d’atouts immenses. Le Maroc veut contribuer à l’émergence de cette Nouvelle Afrique.

L’Afrique doit se tourner vers son avenir avec détermination, en comptant essentiellement sur ses capacités propres.
Nous le devons à nos peuples, nous le devons à notre jeunesse. La promesse de lendemains meilleurs et d’un avenir radieux ne doit plus être un slogan et encore moins un vœu pieux. Nous sommes tenus de joindre le geste à la parole pour nos générations futures, et pour une Afrique Nouvelle.

Je vous remercie.

Wassalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh”

LE1