Mohammed Ben Zayd al-Nahyane

MBZ reçoit Mohammed VI à Abu Dhabi

En visite privée aux Emirats arabes unis depuis plusieurs jours, le roi Mohammed VI a eu, lundi à Abu Dhabi, des entretiens avec Cheikh Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, vice-président des Emirats et commandant-en-chef adjoint des forces armées émiraties. Lors de cette entrevue, à laquelle a notamment assisté le conseiller royal Fouad Ali El Himma, Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane s’est dit «ravi de rencontrer le Roi Mohammed VI», insistant sur les liens forts, historiques et fraternels qui lient les deux pays. MBZ a aussi rappelé que le Maroc et les EAU allaient continuer de coordonner mutuellement et de se consulter pour le bénéfice des deux peuples, en vue d’étendre la coopération bilatérale à tous les domaines.

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Dhahran : Têtes couronnées et chefs d’Etat arabes chez MBS pour un dîner informel

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A l’issue des travaux du 29e Sommet arabe qui s’est tenu dans la ville de Dhahran en Arabie saoudite, quelques chefs d’Etat arabes se sont retrouvés, lors d’un dîner informel offert en leur honneur, autour de leur hôte le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz.

Dans une ambiance décontractée et intimiste, MBS a convié ses hôtes en sa résidence de Dhahran pour un dîner en famille durant lequel les grandes questions de l’heure ont été traitées loin de la pression des bureaux et autres salles de réunions.

Etaient notamment présents à ce repas organisé dans le jardin de la résidence, et en plein air, le roi Abdallah II de Jordanie, le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, le vice-président des Emirats arabes unis et émir de Dubaï, Cheikh Mohammed Ben Rachid al-Maktoum, le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayd al-Nahyane, et Cheikh Mansour Ben Zayed Ben Sultan al-Nahyane, vice-président du Conseil et ministre des Affaires de la présidence des Emirats arabes unis.

Intense ballet diplomatique au Moyen-Orient en préparation du sommet USA/CCG

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se trouve aujourd’hui à Téhéran où il a eu des entretiens avec son homologue iranien Jawad Zarif. Le chef de la diplomatie française et ancien ministre de la défense de François Hollande, sera également reçu par le président Hassan Rohani. Ce dernier s’est entretenu dimanche soir au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron lequel a aussi eu un échange téléphonique avec le président turc Erdogan. Pendant ce temps, l’Emir du Koweit  qui a envoyé des émissaires en Arabie saoudite, au Bahreïn et au Qatar, recevait le représentant spécial US pour le CCG, le général Anthony Zinni.

Après l’escale de Koweït City, le général Zinni, ancien Commandant en chef du Central Command se trouve ce lundi à Doha où il a été reçu par Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani. Et alors que le Roi Salmane Ben Abdelaziz recevait les lettres de créances d’un nouvel ambassadeur de Turquie à Ryad, son héritier Mohammed Ben Salmane était en visite officielle en Egypte, pendant que son ministre de l’Intérieur, le prince Abdelaziz Ben Saoud Ben Nayef Ben Abdelaziz Al-Saoud se trouve aujourd’hui en Algérie où il a été reçu en grande pompes.

Cet intense ballet diplomatique vise à circonscrire la crise que vit la région du Golfe arabo-persique après le blocus imposé au Qatar mais aussi à trouver une concrétisation sur le terrain de la trêve dans la Ghouta orientale en Syrie, votée par le Conseil de sécurité.

Si les pays occidentaux font une pression monstre sur la Russie à travers le dossier syrien et celui sur le nucléaire iranien, Moscou et Téhéran disposent eux aussi d’une carte de pression sur l’occident d’une part et l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’autre part, et ce à travers le dossier du Yémen. Sans ambages, et à la veille de la visite de Jean-Yves Le Drian à Téhéran, Hassan Rohani, lors de son entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, a explicitement accusé Ryad et Abu Dhabi de crime de guerre et de crime contre l’humanité en raison de leur guerre au Yémen.

Tous ces sujets-là sont à l’ordre du jour de l’agenda diplomatique du président américain durant les mois de mars, avril et mai. Donald Trump, qui recevra séparément à Washington, l’Emir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, l’héritier du Trône saoudien, Mohammed Ben Salmane Al-Saoud, et le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayd Al-Nahyane, et ce dans une le cadre d’une opération de bons offices entre “frères ennemis” du Conseil de Coopération du Golfe, cherche à baliser le terrain pour dérouler, dans les meilleurs conditions, la programmation d’un sommet entre les Etats-Unis d’Amérique et le Conseil de la coopération du Golfe.

Syrie et Yémen seront bien évidemment à l’ordre du jour de ce sommet, mais ce qui intéresse le plus le président Donald Trump, c’est de faire plaisir à son ami et allié Benjamin Netanyahu qui lui a pleinement signifié que l’Etat d’Israël ne serait jamais tranquille tant que le programme nucléaire iranien était maintenu. D’ailleurs, le premier ministre israélien, qui est impliqué dans des affaires de corruption, est arrivé dimanche soir à Washington pour participer aux travaux de l’AIPAC, la plus importante organisation du lobby juif pro-israélien aux Etats-Unis, et durant lesquels la question iranienne est en pole-position.

Trump lance un ultimatum aux pays du Golfe

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L’agenda diplomatique du président américain sera très chargé durant les mois de mars, avril et mai. Donald Trump rencontrera ainsi à La Maison Blanche, et séparément, l’Emir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, l’héritier du Trône saoudien, Mohammed Ben Salmane Al-Saoud, et le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayd Al-Nahyane, et ce dans une le cadre d’une opération de bons offices entre « frères ennemis » du Conseil de Coopération du Golfe en vue de programmer un sommet entre ces pays en froid depuis le blocus imposé au Qatar.

Mohammed Ben Salmane est le premier à être attendu à Washington le 19 mars pour un grand oral avec le président américain. Sauf que Donald Trump ne veut pas que ces discussions soient d’ordre protocolaire. Il veut faire pression sur les pays du blocus pour qu’ils reprennent langue avec le Qatar, comme condition sine qua non avant de s’engager à réunir tout le monde à Camp David au mois de mai prochain.

Il a dans ce sens lancé un ultimatum à l’Arabie saoudite, les EAU et le Bahreïn les incitant à résoudre la crise avec le Qatar, à défaut de quoi il n’y aura point de de sommet avec les composantes du CCG.

La semaine écoulée, Donald Trump s’est entretenu avec le prince héritier saoudien MBS avec qui il a abordé « les activités suspectes et provocatrices de l’Iran dans la région » tout en lui signifiant la nécessité de reprendre le dialogue avec Doha.

Le Maroc honoré à Abu Dhabi

La capitale des Emirats arabes unis, Abu Dhabi, accueillera du 6 au 19 mars prochain, la semaine du «Morocco In Abu Dhabi 2018». L’événement, qui en est à sa troisième édition, se déroulera au Centre national des expositions d’Abu Dhabi.

Organisé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, et sous les auspices de Cheikh Khalifa Ben Zayd Al Nahyane, président des Emirats arabes unis, l’événement est soutenu par Cheikh Mohamed Ben Zayd Al Nahyane, prince héritier d’Abu Dhabi et commandant suprême adjoint des Forces armées des EAU, «Morocco In Abu Dhabi 2018» a pour objectif de renforcer les liens entre les Emirats Arabes Unis et le Maroc et de promouvoir les relations politiques, économiques, scientifiques, touristiques et culturelles entre les deux pays, aussi pour présenter aux résidents des EAU la culture et le patrimoine marocains.

Le vice-premier ministre et ministre des Affaires présidentielles, Cheikh Mansour Ben Zayd Al Nahyane, est personnellement impliqué dans l’organisation de cet événement, et assisté par Matar Suhail Al Yabhouni, président du Comité supérieur d’organisation de l’événement.

L’événement offrira une occasion unique d’en apprendre davantage sur la civilisation authentique marocaine, sa culture et son patrimoine traditionnel. Les expositions couvriront des sujets tels que l’architecture, la musique, l’art et la cuisine, en plus des coutumes, des traditions, de la mode et du musée du patrimoine marocains.

Une galerie de design et de jeunesse, inspirée de l’architecture traditionnelle, servira de lieu d’expression artistique pour les jeunes, tandis que des expositions d’architecture islamique seront également organisées.

Pour les amateurs de mode, il y aura des spectacles représentant des rituels cérémoniels organisés lors des mariages traditionnels marocains, tandis que des chefs renommés offriront des dégustations de la cuisine locale.

Pour la première fois, le Musée du patrimoine marocain présentera des pièces rares et insolites, reflétant la riche histoire et la civilisation du Maroc.

La mort de Ali Abdallah Saleh fragilise l’axe MBS/MBZ

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Moins de quarante-huit heures après l’annonce de son ralliement à l’Arabie saoudite et la rupture avec les rebelles houthis, l’ex-président yéménite a été tué ce lundi dans une attaque de son convoi blindé qui le transportait à la ville de Ma’rib. En tendant la main à Ryad, Ali Abdallah Saleh a payé cash ce que ses opposants et alliés de la veille appellent une «félonie».

Depuis samedi, jour où l’ex-président yéménite a proposé à la Coalition arabe, qu’il combattait depuis plus de deux ans aux côtés des houthis, de «tourner la page», l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont euphoriques, jubilant pour cette «grande prise». Pour Riyad et Abu Dhabi, le ralliement de Ali Abdallah Saleh signifiait un coup dur pour les rebelles houthis et leur supposé allié iranien.

Les saoudiens et émiratis avaient ouvert ces derniers mois plusieurs canaux de discussion avec le président déchu notamment à travers son propre fils, Ahmed Ali Abdallah Saleh. Ce dernier, ambassadeur du Yémen aux Emirats arabes unis de 2013 à 2015, avait été limogé par Abdrabbo Mansour Hadi, homme des saoudiens et nouveau président de la République du Yémen.

Ambitieux, Ahmed Ali Abdallah Saleh, 43 ans, qui réside toujours à Abu Dhabi, comptait sur le ralliement de son père à la Coalition arabe pour retrouver la tête de la Garde républicaine yéménite qu’il dirigeait d’une main de fer avant le déclenchement de la Guerre civile dans son pays.

Avec la mort de Ali Abdallah Salah, c’est toute la chaîne de commandement de la faction des Salah, emmenée par le Congrès général du peuple, qui est aujourd’hui réduite à néant. Car tout reposait sur le défunt président de 75 ans.

Mais qui avait intérêt à voir le président déchu éliminé de la scène d’une manière aussi violente ? Il y a tout d’abord les houthis qu’il a trahis quarante-huit heures auparavant. Il y a aussi ses propres combattants dont une large frange ne veut pas s’allier à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Mais il y a également une partie du pouvoir saoudien qui ne désirait nullement voir ressusciter les démons d’un Ali Abdallah Saleh qui n’en savait que trop sur les Al-Saoud. Le crime profite donc à plusieurs acteurs mais il est certain qu’il mènera la région vers l’inconnu.

L’axe composé des hommes forts d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz et Mohammed Ben Zayd Al-Nahyane, qui cherche à gagner la guerre au Yémen par le K.O. se trouve aujourd’hui dans une impasse : 1) Les Nations unies et plusieurs puissances mondiales les incitent à trouver une issue au drame humanitaire qui se déroule au Yémen au vu et au su de la Communauté internationale ; 2) Ils viennent de perdre en Ali Abdallah Saleh l’acteur central qui allait renforcer considérablement le front de la Coalition arabe ; 3) A la veille du sommet du CCG prévu au Koweït, et que Riyad et Abu Dhabi considéraient comme une formalité avec l’éventualité de le boycotter à cause de la présence confirmée du Qatar, MBZ et MBS sont tenus aujourd’hui de revoir leurs cartes au risque de voir Doha, appuyée par l’Iran, reprendre de l’influence dans le dossier yéménite.

La tentative des houthis de frapper Abu Dhabi par un missile balistique Cruise, après celle, le mois dernier, d’atteindre Riyad, qui avait réellement secoué les capitales arabes et les chancelleries occidentales qui y sont représentées, vient profondément reconsidérer l’équilibre militaire et géopolitique et le jeu des alliances de toute la région. Il y va certainement aussi de l’avenir même de la Coalition arabe dont la mission et les objectifs sont voués à être repensés de fond en comble.

Macron en Arabie saoudite pour désamorcer le risque d’une déflagration générale

Pendant que le Roi du Maroc se trouve dans une région du Golfe sous haute tension, où il tente vraisemblablement de colmater les brèches causées par une crise profonde entre quelques Etats du CCG et le Qatar ainsi qu’une crise interne explosive au sein de la famille royale en Arabie saoudite, le président français Emmanuel Macron, en visite actuellement de travail aux Emirats arabes unis, a décidé ce soir de se rendre à Ryadh pour y rencontrer le puissant prince héritier, Mohammed Ben Salmane.


Le déplacement à Ryadh du président français n’était pas à l’ordre du jour. Emmanuel Macron devait rentrer ce soir à Paris après avoir participé la veille à l’inauguration du Musée du Louvre d’Abu Dhabi aux côtés du Roi Mohammed VI, du Roi de Bahreïn, de l’Emir de Dubaï, Cheikh Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum, et du Commandant en chef-adjoint des EAU, Cheikh Mohammed Ben Zayd Al-Nahyane.

Cette visite inopinée en Arabie saoudite a quatre objectifs : 1) faire l’état des lieux de la guerre au Yémen menée par une coalition arabe essoufflée et tenter de convaincre les autorités saoudiennes de prôner une approche plus humanitaire à cette crise ; 2) discuter de la situation au Liban, de la récente ‘démission’ du premier ministre libanais Saad Hariri et de son impact sur la politique intérieure et extérieure du Liban ; 3) s’entretenir de la crise avec le Qatar; 4) échanger sur le dossier iranien et mettre garde les autorités saoudiennes contre toute ‘folle aventure’ belliqueuse sur l’Iran avec tout ce que cela pourrait impliquer comme dégâts incommensurables.

S’il est quasi-improbable que le président français puisse soulever la crise interne qui secoue la famille régnante en Arabie saoudite et la vague d’arrestation qui a touché des centaines de princes, ministres, hauts fonctionnaires et richissimes hommes d’affaires, cette question relevant exclusivement des affaires intérieures de ce pays, Emmanuel Macron pourra le faire d’une manière indirecte : en s’enquérant du «sort» du premier ministre libanais dont plusieurs sources avancent qu’il serait «séquestré» à Ryadh aux côtés des Al-Walid Ben Talal, Meteib Ben Abdallah Ben Abdelaziz et Mohammed Ben Nayef.

Sur le dossier Yéménite, la situation humanitaire a atteint un tel degré d’inquiétude que le président français a décidé de ne pas rester les bras croisés. Il propose une issue diplomatique en collaboration avec l’Iran, la grande puissance régionale, qu’il compte visiter l’année prochaine. La France a de grands intérêts économiques dans ce pays et se veut être son premier partenaire commercial dans les domaines de l’hydrocarbure, de l’automobile et des services. C’est un sujet qui sera discuté en long et en large avec le prince héritier saoudien, la France ne voulant pas entendre parler d’une guerre irano-saoudienne : Paris estimant que l’Iran, malgré ce qu’on pourrait lui «reprocher», est une grande puissance avec qui il faut désormais composer.

Concernant le Qatar, que le Roi Mohammed VI visitera à compter du dimanche, Emmanuel Macron étalera la position officielle de la France sur ce sujet à savoir l’intenabilité du blocus imposé sur ce pays par certaines composantes du CCG et les implications de cet embargo sur les économies française et européenne, même si le président français accuse le Qatar (et l’Arabie saoudite) d’avoir financé certaines activités terroristes.

Le défi de la France est de maintenir un certain équilibre entre quatre puissance régionales : la Turquie, héritière de l’Empire Ottoman, l’Iran, ancien Empire Perse, Israël et le monde arabe. L’exercice n’est pas facile avec un Donald Trump qui veut tout détruire sur son passage, une Russie et une Chine de plus en plus gourmandes et une situation interne de la famille arabe qui vit la plus grave crise de son histoire contemporaine.

Abdellah EL HATTACH