Inde

Inde: heurts entre la police et des agriculteurs mécontents des réformes

La police indienne a fait usage jeudi de gaz lacrymogènes et de canons à eau lors de heurts avec plusieurs milliers d’agriculteurs qui voulaient aller manifester à New Delhi contre les récentes réformes des marchés agricoles.

La condition paysanne est une question politique majeure en Inde où deux Indiens sur trois vivent en zone rurale. Les suicides d’agriculteurs se comptent par milliers ces dernières années en raison de l’endettement et de la sécheresse.

Jeudi, la police a tenté d’empêcher des agriculteurs venus manifester depuis l’Etat du Pendjab (Nord) de franchir un pont accédant à l’Haryana à environ 200 km de New Delhi.

Certains des manifestants, armés de bâtons et de pierres, ont jeté à l’eau des barrières de protection installées par la police, laquelle a lancé des gaz lacrymogène et actionné des canons à eau, ce qui a accru la colère des manifestants.

Après deux heure de face-à-face qui ont provoqué un gros embouteillage sur l’une des autoroutes indiennes les plus fréquentées reliant la capitale à plusieurs Etats septentrionaux, la police a fini par autoriser le passage des marcheurs vers la capitale.

https://twitter.com/sbajpai2806/status/1332004656684392452

En vertu de réformes adoptées fin septembre, les paysans ont dorénavant la liberté de vendre leurs produits à un acheteur et au prix de leur choix et non plus seulement sur les marchés régulés par l’Etat (les “mandis”) avec des prix fixés.

Le Premier ministre Narendra Modi avait salué «une transformation complète du secteur de l’agriculture” qui bénéficiera à “des dizaines de millions d’agriculteurs».

https://twitter.com/arshbrar_05/status/1331810531511050241

Mais le parti du Congrès, principal parti d’opposition qui détient le pouvoir au Pendjab et a soutenu les manifestations, accuse ces réformes de mettre les paysans à la merci des gros acheteurs privés, sans aucun pouvoir de négociation.

«Cela fait près de deux mois que les paysans manifestent pacifiquement au Pendjab sans aucun problème», a déclaré jeudi le ministre en chef de cet Etat, Amarinder Singh.

Il a demandé au parti de M. Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou), de donner pour instructions dans les Etats qu’il dirige comme l’Haryana «de ne se pas se laisser aller à utiliser la manière forte contre les paysans».

Au Pendjab, les paysans qui manifestent ont bloqué depuis près de deux mois la circulation des trains avant de céder à la pression du public et du gouvernement et de lever leurs barrages.

Pour l’Inde, un accord de défense avec le Maroc relève du stratégique et du prioritaire

«Alors que l’Inde cherche à émerger en tant que puissance mondiale de premier plan, New Delhi consolide ses liens à la fois de défense et économiques avec des pays importants. Alors que l’Afrique attire à la fois New Delhi et Pékin, l’Inde et le Maroc devraient signer un pacte de défense pour renforcer davantage leurs relations bilatérales», a écrit le magazine Eurasiatimes quelques jours après la visioconférence tenue par Nasser Bourita, et le Ministre des Affaires Extérieures de la République de l’Inde, Dr. Subrahmanyam Jaishankar.

L’entretien en visioconférence entre les deux hommes a été particulièrement suivi par les observateurs économiques et géostratégiques asiatiques. Les analystes se sont intéressés aux discussions sur des éventuelles accords militaires entre les deux pays.

«L’Inde et le Maroc prévoient de signer un protocole d’accord sur la coopération en matière de défense pour élever leur coopération au niveau supérieur en s’appuyant sur un partenariat stratégique émergent et une expansion des relations au cours des dernières années.» a souligné Economic Times dans son édition du 22 octobre.

Le site web Indian Defense Network a également met l’accent sur la coopération militaire entre Rabat et New Delhi.

«L’Inde et le Maroc prévoient de signer un protocole d’accord sur la coopération en matière de défense pour élever les liens au niveau supérieur en s’appuyant sur un partenariat stratégique émergent et une expansion des relations au cours des dernières années. (…) Les ministres ont convenu que les deux parties devraient accélérer la finalisation du mémorandum d’accord sur la coopération en matière de défense et le programme d’échange culturel afin que ceux-ci puissent être signés à une date rapide.» a écrit le site indien spécialisé en matière de défense.

«Les deux parties ont convenu que les relations bilatérales ont acquis une profondeur et une vitalité considérables à la suite de la visite historique de Sa Majesté Mohammed VI, le roi du Maroc en octobre 2015 pour le troisième sommet du Forum Inde-Afrique. L’échange de 23 visites ministérielles et la conclusion de plus de 40 protocoles d’accord et accords dans une gamme de secteurs tels que l’informatique, l’éducation, la culture, l’agriculture, l’entraide judiciaire, l’extradition, etc.» a ajouté la même source.

Côté marocain l’accent a été donné aux relations économiques, au cadre juridique bilatéral, à la sécurité alimentaire et phosphates, au dossier libyen et la coopération Sud-Sud.

En effet, le communiqué de la diplomatie marocaine a annoncé que les deux responsables gouvernementaux ont insisté sur l’importance de poursuivre le renforcement du cadre juridique bilatéral et d’intensifier l’échange de visites des délégations économiques. Et que le Ministre Nasser Bourita a lancé un appel à l’endroit des opérateurs économiques indiens, les incitant à tirer profit des opportunités d’investissement offertes par le Royaume et à promouvoir le transfert technologique et du savoir-faire.

On y apprend également que les deux parties ont convenu de tenir la 7ème session de la Commission Mixte de Coopération et la 5ème session des Consultations Politiques Bilatérales dans un avenir proche.

Le département de Bourita a tenu par ailleurs à noter le soutien de l’Inde des efforts du Royaume du Maroc pour parvenir à un règlement global de la crise en Libye.

«Concernant le dossier libyen, Monsieur Jaishankar a salué l’engagement résolu et constructif du Maroc avec toutes les parties libyennes depuis le début de la crise, et sa contribution aux efforts de l’ONU visant à trouver une solution pacifique grâce à un processus politique dirigé et approprié par les libyens, en tenant compte des aspirations légitimes du peuple libyen, tout en préservant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du pays.» peut-on lire dans le communiqué du ministère marocain.

En acceptant l’invitation de son homologue pour effectuer une visite officielle en Inde, Nasser Bourita confirme la volonté du royaume à aller de l’avant dans le rapprochement stratégique entre le Maroc et l’Inde.

Vidéo – bousculade en Inde à la réouverture des magasins d’alcool

Les buveurs se bousculaient lundi devant les magasins d’alcool en Inde, autorisés à rouvrir après 40 jours de prohibition avec l’entrée en vigueur d’un confinement assoupli.

Les débits d’alcool de l’immense pays de 1,3 milliard d’habitants étaient fermés depuis fin mars en raison des restrictions destinées à lutter contre la pandémie de coronavirus.

«Nous vivons dans la solitude depuis un mois. L’alcool nous donnera de l’énergie pour maintenir la distanciation sociale durant la pandémie», assure Asit Banerjee, 55 ans, dans la queue devant un débit de Calcutta (nord-est).

Mais malgré les cercles de chaux destinés à faire respecter les distances entre les clients, des scènes de cohue se sont produites devant de nombreuses échoppes lundi matin.

Des consommateurs équipés de masques se sont bousculés dans les longues files d’attente, forçant la police à fermer des débits dans certaines zones et disperser les assoiffés.

«Un des magasins a ouvert dans la matinée mais des heurts sont survenus car une foule importante s’était rassemblée. Donc la police a ordonné au magasin de fermer à nouveau», a indiqué un responsable policier de Ghaziabad, ville de banlieue de la capitale New Delhi.

Habitant de Delhi, Sagar fait s’est rendu dans un magasin à 7h30 du matin et a été ravi de découvrir que la boutique avait ouvert en avance.

«Il y avait environ 20-25 personnes le matin et le magasin est resté ouvert pendant environ deux heures», explique le jeune homme de 25 ans, reparti avec du vin. «Les gens étaient autorisés à entrer par groupes de cinq. Maintenant ils sont fermés.»

Le gouvernement a reconduit pour deux semaines à partir de lundi le confinement national instauré le 25 mars, mais en l’assouplissant largement.

Si les lieux de rassemblements (écoles, centres commerciaux, restaurants…) restent fermés, la plupart des commerces peuvent ouvrir, sauf dans les “zones d’endiguement” scellées par les autorités.

Les entreprises peuvent à nouveau faire venir leurs employés, dans la limite d’un tiers d’entre eux. Les transports publics (bus, rickshaws, taxis…) peuvent reprendre sous conditions dans les districts les moins touchés, mais restent à l’arrêt ailleurs, notamment dans les grandes villes.

Des élus locaux faisaient pression sur le gouvernement central pour qu’il réautorise la vente d’alcool, fortement taxé en Inde et manne financière considérable pour les États.

L’Inde a recensé 1.373 morts du coronavirus pour 42.533 cas confirmés, selon le dernier bilan officiel lundi matin. Ces chiffres sont considérés par les experts comme sous-évalués en raison de la faiblesse du dépistage.

Avec AFP

Bientôt un oléoduc pour relier l’Iran et Oman

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La république islamique d’Iran et le sultanat d’Oman devraient parvenir incessamment à un accord final sur un projet d’oléoduc offshore visant à relier les deux pays en vue de fournir du gaz iranien à cette monarchie du Golfe et limiter la dépendance énergétique de Téhéran d’Islamabad.

Selon le ministre iranien du Pétrole, dont le pays est un membre influent de l’Opep, l’accord devrait être signé d’ici la fin juin. Le ministre Bijan Namdar Zanganeh a précisé, lors de son séjour à Muscate il y a deux jours, que l’accord sera finalisé en deux étapes : la première devrait être conclue fin mai et la deuxième partie sera signée fin juin.

Bijan Namdar Zanganeh a rencontré dans la capitale omanaise plusieurs hauts responsables du sultanat et s’est engagé dans ce sens à poursuivre les pourparlers avec son homologue omanais Mohammad Ben Hamad al-Rumhi jusqu’à la conclusion de l’accord final.

L’oléoduc sous-marin aura une capacité de 20 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour. La durée du contrat est de 25 ans pour un budget total de 60 milliards de dollars.

Plusieurs multinationales participeront à la réalisation de ce projet, notamment le géant pétrolier et gazier français Total S.A., la Royal Dutch Shell, la compagnie énergétique allemande Uniper SE, le japonais Mitsui et le sud-coréen  Korea Gas Corporation. En 2017, Téhéran a émis le souhait de voir le russe Gazprom prendre  part à ce projet.

Un projet stratégique pour l’Inde

Pour essayer de minimiser sa dépendance énergétique du Pakistan, New Delhi a élaboré un projet de pipeline venant d’Iran depuis plus de deux ans déjà.

En effet, en mars 2016, la chaîne iranienne Press TV a rapporté que des représentants des entreprises énergétiques indiennes, GAIL et Indian Oil Corporation, se sont rencontrés à Téhéran pour négocier les détails de la construction d’un oléoduc sous-marin venant de l’Iran et traversant le golfe d’Oman et la mer d’Arabie.

Le montant du projet est estimé à 4,5 milliards de dollars. Le tube, à la capacité de 31 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour, connectera à termes l’Iran à l’Inde en contournant le Pakistan.

Ce n’est pas le seul projet indien visant à établir une indépendance énergétique de son voisin pakistanais. L’Iran compte déployer un autre pipeline de 1.400 km au Turkménistan, afin d’accéder au “carburant bleu” de l’Asie centrale à travers l’Iran. Il s’agit du projet TII: Turkménistan — Iran — Inde.

Après l’Afrique et l’Asie, Netanyahu à la conquête de l’Amérique latine

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Jamais un premier ministre israélien en exercice ne s’était rendu auparavant dans un pays d’Amérique latine, et ce depuis la création de l’Etat hébreu en 1948. Benjamin Netanyahu compte ainsi visiter respectivement le Mexique, l’Argentine et la Colombie, un périple de cinq jours qu’il entame dès ce dimanche. Cette tournée latino-américaine intervient une année après celle effectuée par Netanyahu en Afrique de l’Est et qui a conduit le premier ministre israélien en Ouganda, au Kenya, au Rwanda et en Éthiopie. En juin dernier, Netanyahu participait au sommet de la CEDEAO, véritable offensive israélienne en Afrique de l’Ouest avec, comme objectif annoncé, retrouver une place d’observateur au sein de l’Union africaine. Tous ces mouvements ont un but ultime : une normalisation totale des relations avec le groupe des 77 et garantir désormais, à travers cette action, un vote sinon favorable, au moins neutre dans les instances des Nations unies.

Benjamin Netanyahu et sa femme s’envolent vers l’Amérique latine

Historiquement, les pays de l’Amérique du sud sont traditionnellement pro-palestiniens. Dans leur quasi-majorité, ils font partie du G77 réunissant d’anciens pays non-alignés aux côtés de nations africaines et asiatiques. La fameuse Tricontinentale basée à La Havane et dont le Secrétaire général n’était autre que Mehdi Bebarka.

Netanyahu ne se rend pas dans cette région les mains vides. Si pour sa tournée africaine il a misé 1 milliard de dollars pour des projets modernes de troisième génération, en Amérique latine il proposera d’importants contrats d’armement. Il jouera aussi sur la fibre affective et passionnelle en participant à Buenos Aires à une cérémonie à la mémoire des victimes des attentats de 1992 et 1994 contre respectivement l’ambassade d’Israël en Argentine et un centre culturel juif.

Le premier ministre israélien, qui rencontrera également dans la capitale argentine le président paraguayen Horacio Cartes, tentera de convaincre ses interlocuteurs de l’importance de s’allier à un nouveau partenaire au détriment de l’ami palestinien.

Avec ce déplacement en Amérique du sud, Benjamin Netanyahu part armé d’alliances nouvelles et solides en Afrique, ainsi que de nouveaux partenariats en Asie –Inde, Russie, Chine et Japon-  et des contacts avancés avec plusieurs pays arabes, dont des pays importants du CCG et d’autres non signataires d’Accords de Paix avec l’Etat hébreu.

D’ailleurs, en recevant l’année passée le président du Guatemala, Jimmy Morales, Netanyahu avait la certitude que 2017 serait pour son pays celle de la grande offensive diplomatique internationale. Netanyahu ne compte pas s’arrêter là. A New York, il présentera la candidature d’Israël pour un siège permanent…au Conseil de sécurité !

La crise du Golfe, le rapprochement entre Ryad et Téhéran, la suprématie russe dans toute la région du Moyen-Orient, les changements climatiques majeurs qu’on suit désormais on live à la télévision, les flux migratoires de masse ont fait presque oublier la cause centrale des pays arabo-musulmans.

En effet, avec cette vague de normalisations tous azimuts, la cause palestinienne semble être rétrogradée à une place inférieure dans l’échelle des priorités diplomatiques des principales capitales mondiales. Si l’ex-G77 bascule dans le camp israélien, on peut dire de facto que la question palestinienne est pliée.

Abdellah EL HATTACH

Qatar : Le Port-Hamad, une structure qui remodèle l’architecture économique et commerciale dans le Golfe Persique

Si un tiers du trafic maritime pétrolier mondial transite par le détroit de Ormuz en raison de la richesse en hydrocarbures de tous les pays de la région, la construction par le Qatar du nouveau Port-Hamad s’inscrit quant à elle dans l’optique de la Vision 2030 qui cherche à remanier le modèle économique du pays et préparer la période de l’après-pétrole. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont, depuis leur création, adopté diverses mesures pour garantir la navigation dans le détroit en sécurisant les exportations de pétrole en vue de contrecarrer l’influence de l’Iran. Mais avec le blocus économique imposé par quelques pays du CCG à un pays membre qu’est le Qatar, ce dernier, en inaugurant le plus grand port du Moyen-orient, rééquilibre ainsi les rapports de force qui se déploient dans la région au détriment des intérêts des populations locales.


Depuis trois mois et demi que dure la crise politique qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn au Qatar, chaque jour qui passe sans confrontation militaire est un jour de gagné. Car, dans une région en ébullition, où l’Iran, sous l’égide de Moscou, prend de plus en plus d’ampleur militaro-diplomatique, l’Arabie saoudite vit mal les victoires successives du régime de Bachar al-Assad appuyé par Téhéran et le Hezbollah libanais. La froideur de la relation entre Doha et Ryad, et l’animosité qui caractérise la relation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, a fait se réchauffer les relations bilatérales entre le Qatar et Téhéran. L’espace aérien iranien a permis aux aéronefs du Qatar d’amortir le choc du blocus, de même pour l’espace maritime. C’est ainsi que la politique des pays du CCG de se positionner face à l’Iran et de déployer toute leur diplomatie en vue de déstabiliser le puissant voisin perse s’est vu profiter pleinement au couple Téhéran-Doha qui a su tirer son épingle du jeu face aux pressions de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Et l’inauguration par l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, du nouveau Port-Hamad, entre le cadre d’un vaste plan qui vise à augmenter les exportations non pétrolières vers le reste du monde et dont l’immense marché iranien sera un des premiers clients et bénéficiaires.

Cela permettra tout d’abord d’assurer la sécurité alimentaire du Qatar et ensuite de promouvoir la diversification économique du pays, sa souveraineté et son indépendance. Ainsi, les grands navires vont désormais pouvoir directement décharger leurs conteneurs au niveau du nouveau complexe Port-Hamad.

D’une capacité annuelle de 7,5 millions de conteneurs (à titre de comparaison, Tanger-Med est à 2,9 millions de conteneurs annuels), les terminaux et quais du Port-Hamad sont dédiés aux céréales, aux véhicules et au bétail. L’actuel port de Doha sera transformé en un terminal international de plaisance et de croisière, alors que la nouvelle superstructure Port-Hamad, inaugurera de nouvelles routes maritimes vers Oman, le Koweït, l’Inde, la Chine, le Pakistan et la Turquie.

Les Etats-Unis d’Amérique suivent de très près ces évolutions. Ils voient d’un très mauvais œil l’hégémonie iranienne et la suprématie grandissante des russes sur les différents dossiers du Moyen-orient. Et le Qatar –également allié de la Turquie- qui se greffe à ce duo gagnant n’est pas pour plaire à Washington, encore moins aux israéliens secoués par la visite secrète de Hassan Nasrallah à Damas sous couverture irano-russe.

Le Maroc à l’honneur

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Placé à la droite de Cheikh Tamim par le protocole qatari, Habib Malki a eu une présence remarquée aux côtés de l’Emir du Qatar lors de cette cérémonie. La forte délégation marocaine, qui comptait aussi dans ses rangs l’influent ministre Moulay Hafid Elalamy, réputé très proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, a véhiculé un signal fort du Maroc quant à la nouvelle orientation de la politique étrangère du royaume. Le Maroc n’a pas d’ennemis éternels, ni d’amis éternels. Seuls les intérêts comptent et demeurent. Rabat a compris que le centre du pouvoir mondial a migré de l’Occident vers l’Orient, tant sur le plan diplomatique qu’économique et militaire. Mais les américains ne s’avoueront jamais vaincus. Washington tente d’exploiter au maximum la crise en Corée pour dévier les regards de l’opinion internationale de ce qui se passe au Moyen-Orient et de perpétuer, chez la nouvelle alliance gagnante, un puissant foyer de tension en vue de l’empêcher d’étendre encore plus son influence, militaire notamment.

De nouvelles alliances se font et se défont. Des choix sont à faire. Des alignements s’imposent. La réunion au sommet des pays du BRICS tenue à Pékin a mis davantage de pression sur les Etats-Unis et aura un impact majeur sur la politique extérieure américaine, non pas dans les mois ou semaines à venir, mais dans les jours, voire les heures, qui viennent.

C’est pour cela qu’il est intéressant de suivre de très près la politique du Qatar et ses choix stratégiques car ils nous guideront inéluctablement vers les fondamentaux qui feront les alliances de demain.

Le blocus qui cherchait à isoler le Qatar de son environnement régional et international a eu l’effet contraire. Doha a su exploiter cette crise majeure qui compte parmi les plus importantes de son histoire contemporaine, afin de s’offrir de nouvelles perspectives : aller de l’avant dans les réformes, nouer de nouvelles alliances, créer de nouvelles opportunités économiques, s’imposer comme maillon de solution et s’affirmer comme acteur d’ouverture sur le monde.

Le Maroc devrait s’inspirer de cette expérience et en faire un vrai cas d’école : ne pas avoir peur des crises mais au contraire les affronter et en sortir fort et renforcé.

Abdellah El Hattach

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Le discours vérité du Roi Mohammed VI au sommet Maroc -CCG

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Le texte intégral du Discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI, mercredi 20 avril 2016 à Ryad, à l’occasion du sommet Maroc-CCG:

«Louange à Dieu.
Paix et salut sur le Prophète.
Sa famille et Ses compagnons.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses, Excellences,
Je viens aujourd’hui, le cœur plein d’affection et de fierté, celles-là mêmes que Je ressens chaque fois que je Me rends dans la région du Golfe arabe.
Mais Je voudrais, tout d’abord, exprimer Mes remerciements à notre frère, le Serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane bin Abdelaziz Al-Saoud, qui a bien voulu accueillir cet important Sommet, ainsi qu’à tous les Chefs d’Etat des pays du Conseil de Coopération du Golfe, qui y participent.
Je tiens également à vous dire combien je suis fier et sensible au soutien matériel et moral que vous apportez au Maroc, dans la réalisation de ses projets de développement et la défense de ses justes causes.
En effet, notre rencontre aujourd’hui traduit la profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays.
Nonobstant les distances géographiques qui séparent nos pays, nous demeurons unis, grâce à Dieu, par des liens solides, qui ne reposent pas seulement sur la langue, la religion ou la civilisation, mais qui s’appuient également sur un attachement commun aux mêmes valeurs et principes et aux mêmes orientations constructives.
Nous partageons aussi les mêmes défis et faisons face aux mêmes menaces, surtout dans le domaine sécuritaire.
Mais pourquoi ce Sommet, le premier du genre? Et pourquoi aujourd’hui précisément?
Mes frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Nous sommes parvenus, grâce à notre volonté commune, à poser les solides fondations d’un partenariat stratégique, issu d’un processus fructueux de coopération au niveau bilatéral.
En effet, le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères. Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes.
Nous nous réunissons donc aujourd’hui pour donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels.
C’est la meilleure démonstration que l’Action arabe commune ne se réalise pas à coups de réunions et de discours, ni au moyen de Sommets périodiques de forme, ou de résolutions toutes prêtes, mais inapplicables.
En revanche, elle requiert des efforts soutenus et une coopération tangible, ainsi que le renforcement et l’exploitation judicieuse des expériences réussies, dont et au premier chef, l’expérience pionnière du Conseil de Coopération des Etats du Golfe Arabe.
C’est un message d’espoir pour nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuples quant à notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs.
Majestés, Altesses,
Ce Sommet se tient dans une conjoncture délicate. La région arabe vit, en effet, au rythme de tentatives de changement de régimes et de partition des Etats, comme c’est le cas en Syrie, en Irak et en Libye, avec tout ce que cela comporte comme tueries, exodes et expulsions d’enfants de la patrie arabe.
Après ce qui fut présenté comme un printemps arabe qui a occasionné tant de ravages, de désolations et de drames humains, nous voilà vivre aujourd’hui un automne calamiteux, avec le dessein de faire main basse sur les ressources des autres pays arabes et de briser les expériences réussies d’autres Etats, comme le Maroc, en portant atteinte à son modèle national original qui le distingue.
Nous respectons la souveraineté des Etats et respectons leurs choix et leurs orientations, pour établir et développer leurs relations avec les partenaires qu’ils veulent. Nous ne sommes pas ici pour demander, les uns aux autres, des comptes sur nos choix politiques et économiques.
Il y a cependant de nouvelles alliances qui risquent de conduire à des divisions et à une redistribution des cartes dans la région. Ce sont, en réalité, des tentatives visant à susciter la discorde et à créer un nouveau désordre n’épargnant aucun pays, avec des retombées dangereuses sur la région, voire sur l’état du monde.
Pour sa part, tout en restant attaché à la préservation de ses relations stratégiques, le Maroc n’en cherche pas moins, ces derniers mois, à diversifier ses partenariats, tant au niveau géopolitique qu’au plan économique.
Et c’est dans ce cadre que s’inscrit Notre visite réussie en Russie, le mois dernier, visite marquée par le développement de nos relations hissées au niveau de partenariat stratégique approfondi et par la signature d’accords structurants dans de nombreux domaines vitaux.
Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République Populaire de Chine, où Nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut.
Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays. Il restera fidèle à ses engagements à l’égard de ses partenaires, qui ne devraient y voir aucune atteinte à leurs intérêts.
C’est dire que la tenue de ce Sommet n’est dirigée contre personne en particulier, surtout parmi nos alliés. C’est une initiative naturelle et logique de la part d’Etats qui défendent leurs intérêts, comme le font tous les Etats. Il est un fait que nos frères du Golfe supportent le coût et les conséquences des guerres successives que connaît la région.
Majestés, Altesses,
La situation est grave, surtout au regard de la confusion patente dans les prises de position et du double langage dans l’expression de l’amitié et de l’alliance, parallèlement aux tentatives de coups de poignard dans le dos.
Que veulent-ils de nous?
Nous faisons face à des complots visant à porter atteinte à notre sécurité collective. Ceci est clair et n’a pas besoin d’analyse. Ils en veulent à ce qui reste de nos pays, qui ont pu préserver leur sécurité, leur stabilité et la pérennité de leurs régimes politiques.
J’entends par là, les Etats du Golfe arabe, le Maroc et la Jordanie, qui constituent un havre de paix et de sécurité pour leurs citoyens, et un élément de stabilité dans leur environnement.
Nous faisons face aux mêmes dangers, aux mêmes menaces, si variées qu’en soient les sources et les manifestations.
En effet, la défense de notre sécurité n’est pas uniquement un devoir commun, elle est une et indivisible. De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc. Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également.
Il s’est toujours attaché à le montrer en tous temps et en toutes circonstances en contrecarrant toutes les menaces auxquelles la région est confrontée, que ce soit lors de la première guerre du Golfe ou à l’occasion de l’opération de restauration de la légalité au Yémen, outre la coopération continue en matière de sécurité et de renseignement.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Les plans d’agression attentatoires à notre stabilité se poursuivent toujours et ne cesseront pas. En effet, après avoir morcelé et détruit nombre de pays du Machreq Arabe, les voilà qui s’en prennent aujourd’hui à son flanc occidental. Le dernier en date concerne les manœuvres orchestrées contre l’intégrité territoriale de votre deuxième pays, le Maroc.
Rien de nouveau, puisque les adversaires du Maroc déploient tous les moyens, directs et indirects, dans leurs menées flagrantes.
Ils tentent, selon les conjonctures, soit de délégitimer la présence du Maroc dans son Sahara, soit d’appuyer l’option de l’indépendance et la thèse séparatiste, ou encore d’affaiblir l’Initiative d’autonomie dont la communauté internationale atteste le sérieux et la crédibilité.
Avec la persistance de ces manigances, le mois d’avril, qui coïncide avec les réunions du Conseil de Sécurité sur l’affaire du Sahara, est devenu un épouvantail qu’on agite à la face du Maroc et, parfois, un moyen de pression ou d’extorsion.
Majestés, Altesses,
Nous saisissons cette occasion pour vous exprimer la fierté et la considération que nous inspire votre soutien constant à notre pays dans la défense de son intégrité territoriale. En effet, les pays du Golfe ont toujours fait leur l’affaire du Sahara marocain et cela ne nous surprend guère de votre part.
Car, déjà, en 1975, ont participé à la Marche Verte lancée à l’époque pour la récupération de nos provinces du Sud, des délégations d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar, du Sultanat d’Oman et des Emirats, avec la présence marquante de Notre Frère, Son Altesse Cheikh Mohammed Bin Zayed Al-Nehyane, Prince Héritier d’Abou Dhabi, qui avait 14 ans à l’époque.
Depuis lors, les Etats du Golfe n’ont ménagé aucun effort pour faire triompher notre Cause juste et défendre la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire. Une position que vous avez réaffirmée pendant la dernière crise avec le Secrétaire général des Nations Unies.
Mais cette fois-ci, la situation est grave et inédite dans l’histoire de ce conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara.
Les choses en sont arrivées au point d’engager une guerre par procuration où le Secrétaire général des Nations Unies est instrumentalisé pour essayer de porter atteinte aux droits historiques et légitimes du Maroc concernant son Sahara, comme en témoignent les déclarations partiales du responsable onusien et ses agissements inacceptables afférant au Sahara Marocain.
Mais ne vous en étonnez pas car dès lors qu’on connait les raisons, il n’y a plus de mystère. En effet, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il admet ne pas avoir une connaissance complète du dossier du Sahara Marocain, comme c’est le cas pour de nombreuses autres affaires? Mieux encore, il ignore le détail des développements et les véritables dessous du dossier.
Par ailleurs, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il est l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent?
L’on sait aussi que certains parmi ces fonctionnaires ont des parcours nationaux et des backgrounds politiques particuliers, et qu’ils servent les intérêts d’autres parties, sans respect de l’obligation de neutralité et d’objectivité à laquelle ils sont tenus du fait de leur appartenance à l’Organisation des Nations Unies, et qui se trouve être le fondement de l’action onusienne.
En effet, le Secrétaire général, en dépit de l’estime personnelle que Nous lui portons, n’est en définitive qu’un homme. De ce fait, il lui est impossible deºcerner toutes les affaires soumises aux Nations Unies et de trouver les solutions qu’il faut à toutes les crises et à tous les différends qui éclatent dans le monde.
Je tiens ici à souligner que le Maroc n’a aucun problème ni avec les Nations Unies dont il est un membre actif, ni avec le Conseil de Sécurité dont il respecte les membres avec lesquels il interagit en permanence. Le problème est, plutôt, avec le Secrétaire général, et plus particulièrement avec certains parmi ses collaborateurs en raison de leurs positions hostiles au Maroc.
Le Maroc a toujours coordonné, au sujet ce conflit artificiel suscité autour de son intégrité territoriale, avec ses amis traditionnels, comme les Etats Unis d’Amérique, la France et l’Espagne, et avec ses frères arabes, notamment les pays du Golfe, et africains comme le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Gabon.
Mais le problème reste posé avec les responsables des administrations qui changent en permanence dans certains de ces pays.
A chaque changement, il faut déployer de grands efforts pour informer ces responsables du dossier du Sahara Marocain, de toutes ses dimensions et de ses véritables dessous et leur rappeler que ce conflit, qui dure depuis plus de quarante ans, a fait de nombreuses victimes et occasionné d’importants coûts matériels, et que le dossier du Sahara est l’affaire de tous les Marocains, et non seulement celle du Palais Royal.
Majestés, Altesses,
L’heure de la sincérité et de la vérité a sonné. Le monde arabe traverse une période critique car ce que vivent certains pays n’est pas une exception, mais il s’inscrit plutôt dans le cadre de plans programmés qui nous visent tous.
En effet, le terrorisme ne fait pas que nuire à la réputation de l’islam et des musulmans. Certains s’en servent aussi comme un prétexte pour diviser nos pays et pour y semer la zizanie.
Cette situation exige d’ouvrir un débat franc et profond entre les différents rites pour corriger les mystifications, mettre en lumière la véritable image de l’Islam et réactiver les valeurs de tolérance qui sont les nôtres.
Il ne s’agit pas d’une affaire liée à un pays donné, mais bien de notre besoin d’une prise de conscience collective par rapport à ces défis et d’une volonté réelle de renouveler notre pacte stratégique scellé avec nos partenaires selon des termes bien définis devant régir nos relations pour les décennies à venir.
Nous vivons une période charnière entre ce que nous voulons et ce que les autres veulent que nous soyons.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de positions unies et claires rassemblant tous les pays arabes. Car, soit nous nous agrégeons les uns aux autres comme une seule entité et à l’image d’une structure bien charpentée, soit nous serons à l’inverse de ce que nous voulons être.
Puisse Dieu guider nos pas dans l’intérêt bien compris de nos peuples et de notre Oumma.
Wassalamou Alaïkoum Warahmatullahi Wabarakatuh.»