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Emmanuel Macron

Tebboune limoge son ambassadeur en France après ses déclarations sur le rapprochement entre Paris et Alger

Les déclarations de l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, à l’occasion d’une cérémonie tardive à l’occasion de la fête de l’indépendance de son pays, n’ont absolument pas plu à la dictature militaire algérienne. Son appel à la consolidation des relations algéro-françaises a été supprimé du fil d’actualité de l’agence de presse officielle APS, suivi immédiatement par son limogeage. Tebboune l’a remplacé avec un autre bras cassé, Saïd Moussi, l’ambassadeur fantôme d’Alger à Madrid qui chôme depuis des mois après l’alignement de l’Espagne sur la position du Royaume du Maroc aux sujet du Sahara.

Quand vous taper Mohamed-Antar Daoud sur Google vous tombez sur deux informations capitales. La première et celle de la suppression d’une dépêche de l’agence de presse officielle APS publiée ce samedi intitulée : «Algérie-France: volonté des deux pays de consolider les relations algéro-françaises». La seconde est un article incendié d’Algérie Part au titre sans équivoque : «Révélations Exclusives – Le Sacrilège de Trop de l’Ambassadeur Mohamed Antar Daoud !».

Mohamed-Antar Daoud connu pour ses couillonnades transcendantes a vraisemblablement franchi le rubicon en mouillant Abdelmadjid Tebboune dans une fourberie macronnienne à la Uber Files que seul le président français en détient le secret.

Alors que les généraux du régime se payaient une petite sieste le samedi, l’ambassadeur algérien en France fait glisser une dépêche sur l’APS où il annonce le renouveau d’une idylle diplomatique entre Paris et Alger.

« L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, a relevé la volonté politique du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et de son homologue français, Emmanuel Macron, d’œuvrer à la consolidation des relations algéro-françaises, lors d’une cérémonie organisée, vendredi à Paris, à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie » pouvait-on lire sur le communiqué supprimé depuis du site et des réseaux sociaux de l’APS.

La colère du régime algérien s’est exprimée le jour même par la publication d’un article sur Algérie Part qui va clouer au pilori le maladroit ambassadeur.

Le journal en ligne, déterrera à l’occasion un échange qu’a eu Mohamed Antar Daoud avec quelques représentants de la communauté Algérienne en France, lors de sa première sortie publique, à peine arrivée à Paris en qualité d’Ambassadeur. Il s’agit d’une blague de mauvais goût, qualifiant la fierté des algériens dans leur capacité à voler.

« Au Danemark, le Premier Ministre a demandé à quelques personnes qu’est-ce qui faisait la fierté de leur Pays. L’Américain a dit la CIA, car elle sait tout sur tout le monde. Le Français a dit Marianne, car nous sommes la patrie des droits de l’homme. L’Allemand a dit Mercedes-Benz et l’Iranien le Tapis persan, car cela représentait le raffinement. L’Algérien a répondu : le voleur, c’est notre fierté car il vole la Mercedes dans laquelle il kidnappe Marianne et lui offre un tapis Persan qu’il a volé sans que la CIA le sache… » a raconté l’ambassadeur.

« Comment ce diplomate, haut représentant de l’Algérie en France, peut-il se permettre de déclarer, toute honte bue, que la fierté de l’Algérie se situe au niveau de l’algérien voleur ? » souligne Algérie Part.

Et d’ajouter : « Nous avions alors pensé que c’était une simple maladresse, un navrant malentendu, mais nous nous sommes trompés. Car depuis, Mohamed Antar Daoud n’a cessé de cumuler les bourdes et les offenses, tout comme il n’a jamais pu réellement se hisser à la hauteur de la mission dont il a eu la charge. ».

Cette charge d’Algérie Part n’a pas été une prémonition mais bel et bien un coup de grâce à la carrière de l’ambassadeur.

Puisque 48 heures plus tard, la décision tombera, mettant fin à son mandat et le remplaçant par autre bras cassé, un pion de Ramtane Lamamra, l’ambassadeur chômeur en Espagne, Saïd Moussi.

Africa Intelligence fuite l’info

Le site panafricain d’information Africa Intelligence, réputée proche des centres de décisions français, a été le premier a faire fuiter l’information de la nomination de Saïd Moussi.

«Le président algérien Abdelmadjid Tebboune vient de désigner un diplomate expérimenté à la tête de l’ambassade d’Algérie en France» écrit le journal ce mardi matin.

https://twitter.com/africa_in_fr/status/1546795298105790465?s=21&t=9xKh-p6BGzj5hkrt-ggrXw

L’éloge consacré à Saïd Moussi par Africa Intelligence, contraste avec la ligne éditoriale du site d’intelligence qui a fait de la publication des leaks qui dérangent, son fonds de commerce.

Africa Intelligence n’y est pas allé de main morte avec les qualificatifs et les superlatifs à l’endroit de Saïd Moussi : «Ce diplomate éprouvé et apprécié» …«Fin connaisseur de la diplomatie africaine et des relations franco-algériennes»…

Le traitement de ce scoop pourrait suggérer que l’Elysée souhaite engager sa relation avec Alger sur le terrain de l’Afrique, en opposition totale à l’axe Rabat-Madrid-Washington. Exit donc l’écran de fumée de la mémoire algérienne et place à un regroupement d’intérêts de nations dépassées par les événements de la reconstitution du nouvel ordre mondial.

Saïd Moussi, en poste dès cet été

Saïd Moussi n’a passé que 5 mois comme ambassadeur à Madrid. Agréé le 3 novembre 2021 puis rappelé, le 19 mars 2022, en protestation contre la décision du gouvernement espagnol de commencer à considérer l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara «comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend» autour de la région.

Cette mise en chômage technique ne semble pas poser problème au Quai d’Orsay ni à Africa Intelligence. Ce dernier à d’ailleurs insister à combler ce trou dans le CV de Moussi en expliquant que «Depuis son rappel à Alger, il a servi au siège du ministère des affaires étrangères et a accompagné le chef de la diplomatie algérienne Lamamra à Malabo pour le dernier sommet de l’Union africaine qui s’est tenu en mai 2022 en Guinée équatoriale».

«Saïd Moussi devrait poser ses valises dans la capitale française au cours de l’été», croit savoir Africa Intelligence.

Boris Johnson était le chouchou de Kiev. Maintenant qu’il s’en va, Zelenskyy craint le pire

Lorsque Boris Johnson a finalement annoncé qu’il quittait son poste de Premier ministre britannique jeudi, après avoir désespérément tenté de s’accrocher au pouvoir malgré une rébellion historique du gouvernement, sa décision a suscité un sentiment de soulagement au palais de Westminster -la chambre du parlement-. À Kiev, c’est la douche froide et le désespoir.

Avec CNN & VOA

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a été l’un des plus ardents soutiens occidentaux de l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Sa démission, annoncée jeudi, interpelle les ukrainiens et les observateurs internationaux sur le futur de la politique Britanique envers le conflit.

Boris Johnson a été l’un des plus ardents défenseurs de l’Ukraine, avant et après l’agression russe. Il a alloué le deuxième plus important budget d’aide militaire et humanitaire au gouvernement de Zelenskyy après les Etats-unis. Plus de 4,6 milliards de dollars depuis le début de l’année. Une manne financière et un appui militaire et de renseignement désormais menacés après l’annonce de la démission du premier ministre Britanique jeudi dernier.

Le premier ministre démissionnaire a été l’un des premiers dirigeants occidentaux à se rendre à Kiev après l’invasion russe, défilant dans les rues de la capitale aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, quelques jours seulement après le retrait des troupes russes de la périphérie de la ville.

Les deux hommes ont tissé des liens étroits, postant fréquemment des messages publics d’admiration et de soutien l’un envers l’autre sur les médias sociaux. Ces dernières semaines, Zelenskyy a explicitement exprimé son souhait de voir Johnson rester en poste.

Dans son discours de démission de jeudi, Johnson a fait une mention spéciale de l’Ukraine. «Permettez-moi de dire maintenant au peuple ukrainien que je sais que nous, au Royaume-Uni, continuerons à soutenir votre combat pour la liberté aussi longtemps qu’il le faudra», a-t-il déclaré.

Johnson a parlé à Zelenskyy au téléphone immédiatement après sa démission, réitérant le soutien de la Grande-Bretagne. Selon des responsables gouvernementaux, il a terminé la conversation en disant au président ukrainien : «Vous êtes un héros, tout le monde vous aime».

«Nous avons tous appris cette nouvelle avec tristesse. Pas seulement moi, mais aussi toute la société ukrainienne», a déclaré Zelensky à Johnson lors de cet appel téléphonique. «Nous ne doutons pas que le soutien de la Grande-Bretagne sera préservé, mais votre leadership personnel et votre charisme l’ont rendu spécial», a ajouté Zelensky.

Si l’Ukraine et Zelensky peuvent toujours compter sur l’appui de l’ensemble du complexe militaro-intellectuel, d’aucun des dirigeants du monde occidental ne pourra justifier une engagement aussi poussé que celui de Boris Johnson. Ce dernier a par ailleurs toujours cultiver une animosité irréductible envers Poutine. Les affaires d’empoisonnement d’opposants politiques russes, notamment Navalny, Skripal et Litvinenko ont accéléré la dégradation des relations entre deux pays.

L’audace de Johnson vs la timidité de Scholz et le double jeu de Macron

Kristine Berzina, chargée de la politique de sécurité et de défense au German Marshall Fund des États-Unis, a déclaré qu’outre le soutien militaire du Royaume-Uni, la personnalité de Boris Johnson a joué un rôle important dans la manière dont les Ukrainiens le perçoivent.

«L’éclat et l’audace du soutien de Johnson au combat de l’Ukraine … contrastent fortement avec le soutien discret apporté par le chancelier allemand (Olaf) Scholz. Voilà un dirigeant d’une grande puissance européenne, une puissance nucléaire, qui n’avait pas peur de soutenir l’Ukraine et d’interpeller la Russie», a-t-elle déclaré à CNN dans un courriel.

Alors que le président français Emmanuel Macron a fait l’objet de critiques de la part de Zelensky, qui l’a accusé de tenter d’apaiser le président russe Vladimir Poutine, alors que Boris Johnson a toujours été considérée comme un soutien sans équivoque.

Le Premier ministre britannique sortant est si populaire en Ukraine que plusieurs villes ont déjà proposé de donner son nom à des rues. Lorsque la nouvelle de sa démission a été annoncée, la principale chaîne de supermarchés, Silpo, a ajouté à son logo une illustration de la tignasse de cheveux blonds en désordre, caractéristique de Johnson.

Le conseiller présidentiel ukrainien Mykhailo Podolyak a qualifié Johnson de «héros», tandis que le ministre des affaires étrangères Dmytro Kuleba a déclaré que le dirigeant britannique était «un homme sans peur, prêt à prendre des risques pour la cause à laquelle il croit».

Peter Kellner, expert britannique en matière de sondages, journaliste et chercheur invité à Carnegie Europe, a déclaré que le dévouement de Johnson envers l’Ukraine était probablement inspiré par l’histoire — et par ses propres ambitions politiques.

«L’Ukraine a donné à Johnson une rare chance d’imiter son héros : prendre une position dure et sans compromis sur une question à la fois morale et militaire», a-t-il déclaré à CNN, faisant référence à l’admiration bien connue de Johnson pour le leader britannique de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill. L’expert en sondage politique a ajouté que Bori Johnson a souvent essayé d’utiliser la crise ukrainienne en période de crise dans son propre pays.

L’invasion russe est survenue à un moment où Johnson était submergé par les scandales, notamment le «Partygate». L’inflation historique qui secoue le Royaume-unis lui a été fatale, a-t-il noté.

«Il n’est pas le premier, et ne sera pas le dernier, dirigeant national à utiliser la fermeté à l’étranger pour masquer la faiblesse à l’intérieur.», souligne l’expert.

Boris Johnson a utilisé la guerre en Ukraine «pour détourner le regard du public» : Ex-conseiller principal du Kremlin au Royaume-Uni

L’ex-conseiller en chef de Johnson, Dominic Cummings, estime cependant que le Premier ministre britannique «utilisait la guerre en Ukraine pour distraire le public» des questions relatives à sa propre gouvernance en Grande-Bretagne.

Glyn Morgan, professeur associé de sciences politiques à l’université de Syracuse, a également mis en doute les motivations de Johnson.

«Si l’on était cynique, on pourrait penser que l’engagement de Johnson en Ukraine reflétait un effort éhonté pour détourner l’attention de ses relations de longue date avec des intérêts commerciaux russes et de sa popularité en chute libre au Royaume-Uni à l’époque», a-t-il déclaré.

«Si l’on était romantique, on pourrait penser que l’engagement de Johnson en faveur de l’Ukraine reflétait un penchant très britannique pour l’outsider, le héros courageux qui s’oppose à la grande brute. Johnson n’est rien d’autre qu’un romantique, qui se voit comme le héros d’une épopée.»

La Russie, quant à elle, a formulé des allégations similaires à l’encontre de Johnson, affirmant que le chef de l’État britannique tentait de distraire le public avec le mantra «Moscou, Kremlin, Poutine».

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que le parti au pouvoir du Premier ministre britannique était «incapable de distraire le public.»

«Les gens savent qui a provoqué la situation en Grande-Bretagne qui les a poussés au bord de l’effondrement économique», a déclaré Zakharova. Le gouvernement britannique tente de détourner l’attention du public en se livrant à «des activités anti-russes, des provocations en Ukraine, une déstabilisation économique mondiale et une piraterie financière», a-t-elle affirmé.

https://twitter.com/russianembassy/status/1545347389967503360?s=21&t=VEY0eY5-9mkwPN2LWV_8cQ

Tristesse de Zlenskyy

C’est dans l’une vidéo de ses fameuses vidéos où il apparait dans son éternel tee-shirt kaki, Zelenskyy a exprimé sa «tristesse» face à la démission de Boris Johnson.

«Le rôle de la Grande-Bretagne dans la protection de la liberté est véritablement mondial», a-t-il déclaré dans une vidéo enregistrée jeudi soir.

«Bien qu’il s’agisse d’un reflet de la position de la société britannique, le leadership et le charisme des dirigeants de l’État revêtent toujours une importance particulière. Surtout en cette période – celle de la guerre anti-européenne à grande échelle de la Russie, qui a lancé une attaque contre toute l’Europe via notre pays. Il n’est donc pas surprenant que les Ukrainiens éprouvent une gratitude personnelle envers Boris».

Deuxième pays après les États-Unis pour le montant de l’aide militaire

La Grande-Bretagne est le deuxième pays après les États-Unis pour le montant de l’aide militaire qu’elle a accordée à l’Ukraine – notamment des roquettes antichars, des systèmes de missiles, de l’artillerie et, plus récemment, des systèmes avancés de roquettes à lancement multiple ou MLRS. Des centaines de soldats ukrainiens reçoivent une formation en Grande-Bretagne.

Sa démission entraînera-t-elle un changement dans le niveau de soutien de la Grande-Bretagne à l’Ukraine ? Peu probable, selon l’analyste John Kampfner, directeur exécutif de la U.K. in the World Initiative à Chatham House à Londres.

«Celui qui succédera à Johnson poursuivra, à mon avis, la politique telle qu’elle est. Non seulement parce qu’elle a été, par rapport aux normes de ce conflit, aussi réussie que l’approche de n’importe quel pays, mais aussi parce qu’elle est populaire au niveau national», a-t-il déclaré.

Le ministre britannique de la défense, probable successeur de Johnson, rassure

Le ministre britannique de la défense, Ben Wallace, lui-même candidat possible au poste de premier ministre, a souligné que le soutien militaire apporté à l’Ukraine bénéficiait du soutien de tous les partis.

«La Grande-Bretagne les soutient pleinement. Vous savez, l’aide que nous apportons à l’Ukraine n’est pas le fait d’une seule personne, ni de moi, ni du Premier ministre, c’est un effort collectif», a déclaré Wallace à la presse jeudi.

Moscou a salué la démission de Boris Johnson. Un porte-parole du ministère des affaires étrangères a déclaré que la morale de l’histoire était «ne cherchez pas à détruire la Russie».

AUKUS, l’héritage Boris Johnson

Boris Johnson a cherché à repositionner la Grande-Bretagne dans d’autres arènes de sécurité, en soulignant l’importance du pacte de sécurité AUKUS avec l’Australie et les États-Unis dans l’Indo-Pacifique tout en poussant à l’éviction de la France

«Cette réorientation vers l’Asie et plus particulièrement vers la puissance et la menace que représente la Chine, qui a été exposée dans « l’Integrated Review » du gouvernement il y a un peu plus d’un an, constitue une importance capitale», a déclaré Kampfner.

Emmanuel Macron réélu président de la France

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Emmanuel Macron a battu pour la seconde fois Marine Le Pen dans la course à la présidence française. Une victoire plus serrée qu’en 2017, avec 58,2% contre 41,8% pour la présidence du Rassemblement National.

Avec agences

La présidentielle française a rendu son verdict ce dimanche 24 avril. Emmanuel Macron est reconduit pour un second mandat, récoltant 58,2%, contre 41,8% pour son adversaire Marine Le Pen. Un score moins bien qu’en 2017, quand Macron avait écrasé son adversaire de 66% contre 33%.

Abstention record

L’abstention a atteint 28 %, soit 2,5 points de plus qu’en 2017 (25,44 %), selon les estimations convergentes de quatre instituts de sondage, rapporte les médias français.

Jamais une abstention aussi forte n’a été enregistrée à un second tour d’une présidentielle, à l’exception du record de 1969 (31,3 %), quand les électeurs de gauche avaient, à l’appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre « bonnet blanc et blanc bonnet » (Georges Pompidou et Alain Poher).

BFM TV divulgue les résultats avant l’heure

Alors que les médias français n’étaient pas autorisés à divulguer les résultats avant 20 heures, BFMTV publie un tweet dans lequel elle annoncé la victoire d’Emmanuel Macron avant de le supprimer.

La France redirige une commande de canons vers l’Ukraine initialement destinés au Maroc

Emmanuel Macron a révélé ce vendredi la nature des armes livrées à l’Ukraine, parmi lesquelles une batterie de systèmes CAESAR à l’Ukraine, prélevés sur la commande passée par le Maroc en janvier 2020.

Le Président français a levé le voile dans une interview donnée au quotidien regional Ouest-France, sur les armes livrées par la France à l’Ukraine. Emmanuel Macron a cité les missiles anti-chars MILAN ainsi que, et c’est une première, précise le site Meta Defense, des systèmes d’artillerie mobile CAESAR de 155mm, un canon réputé pour sa grande précision, sa portée et sa grande mobilité.

Selon la même source, cette déclaration paraissait étonnante, puisque la France n’avait jamais évoqué le détail de son effort pour livrer des armements, contrairement à d’autres pays européens. De plus, indique Meta Defense, l’Armée de Terre ne disposerait à ce jour que de 76 canons CAESAR, soit à peine le nombre requis pour remplir son contrat opérationnel vis-à-vis de l’OTAN.

Canon Automoteur CAESAR en Irak

L’annonce de Macron donc jeté le doute parmi les observateurs qui ont pensé que le président français s’était trompé, ou avait confondu avec d’autres types d’armes, notamment le missile anti-aérien SATCP Mistral, fournis également aux Ukrainiens.

Des sources concordantes confirment la livraison d’une batterie de systèmes CAESAR à l’Ukraine. Ces canons seront finalement prélevés sur la commande passée par le Maroc en janvier 2020 pour 36 systèmes CAESAR. Nexter, la société française qui produits ces armes serait entièrement concentrée sur cette livraison urgente pour l’Ukraine.

Selon Meta Defense, Paris aurait accepté de payer les pénalités de retard à Rabat pour les délais supplémentaires induits par cette décision. La valeur de la commande des canons CAESAR s’élève à 2,1 milliards de dirhams.

L’Elysée a par ailleurs indiqué qu’une quarantaine de militaires ukrainiens seront formée en France, à partir de samedi, pour la maniement de cette dernière livraison d’armes.

Le 13 avril dernier, le ministère des Armées avait indiqué que les livraisons de matériels militaires à l’Ukraine représentaient un montant de 100 millions d’euros.

Vente d’armes au Maroc : la France très loin derrière les Etats-unis

Dans son édition du 21 janvier 2020, la Tribune indique que les ventes des industriels d’armement français au Maroc s’élèvent de façon très modeste à 38,6 millions d’euros en moyenne sur une période de onze ans (entre 2,3 millions en 2017 et 89,9 millions en 2016).

En contrepartie, les américains ont enregistré des ventes records de 11,6 milliards de dollars rien qu’en 2018 et 2019.

Danone résiste aux pressions américaines et décide de rester en Russie

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Danone a confirmé ce dimanche sa décision de poursuivre ses activités de production et de distribution en Russie et ce malgré l’incroyable pression américaine. Le groupe agroalimentaire français se devait tout de même de lancer un os à mordiller à l’Oncle Sam et a annoncé la suspension de «tout projet d’investissement» dans le pays.

Le Figaro a révélé vendredi soir, que le chef de l’État français a discrètement reçu le matin même, une quinzaine de dirigeants de groupes tricolores particulièrement exposés à la Russie. Entouré de ses Ministres Bruno Le Maire (Économie et Finances), Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Julien Denormandie (agriculture), Emmanuel Macron s’est entretenu avec les grands patrons «de fleurons tricolores» de l’industrie, de la banque, de l’énergie, de la distribution et de l’agriculture.

Parmi ces dirigeants figuraient notamment Frédéric Oudéa (Société générale), Catherine McGregor (Engie), Guillaume Faury (Airbus), Ross McInness (Safran), Stéphane Israël (Arianespace), Patrice Caine (Thales), Cristel Bories (Eramet), Benoît Potier (Air Liquide) ou Yves Claude (Auchan) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).

Le message du président français était des plus clairs : « Ne vous précipitez pas à quitter la Russie !».

«Chacun de vous peut déterminer sa propre stratégie sur le marché russe sans en avertir personne» a-t-il conseillé.

Un conseil que va prendre à la lettre Antoine de Saint-Affrique, le patron de Danone fraichement nommé.

En bon capitaine industriel, il annonce 48 heures après le «briefing» d’Emmanuel Macron sa décision de poursuivre les activités de production et de distribution de son groupe alimentaire en Russie. Pays où il réalise 5% de ses revenus et emploie 8.000 salariés.

Antoine de Saint-Affrique avait préparer le terrain médiatique. Interpellé par les journalistes le 23 février dernier à l’occasion de la conférence de presse de présentation des résultats annuels, il avait défendu les performances et le poids de son groupe en Russie.

«Le marché russe représente environ 5% de nos ventes. Il s’agit, de plus, d’une activité essentiellement locale, avec une production russe pour des consommateurs de la Communauté des États indépendants, CEI» a-t-il déclaré.

Danone était présent dans l’ex-URSS depuis le début des années 1990 quand le groupe a pris, en 2010, le contrôle d’Unimilk, deuxième producteur russe de produits laitiers frais qui avait été fusionné avec les activités locales du français.

L’acquisition des 57,5% du capital d’Unimilk avait coûté 1,3 milliard d’euros, portant sa part de marché à 21% en Russie. Le pays était devenu ainsi le premier marché de Danone, à égalité avec la France, pour environ 11% du chiffre d’affaires du groupe.

Aujourd’hui Danone, dispose en Russie de 25 usines où elle produit du lait et des yaourts sous marque Danone, Danissimo et Prostokvashino.

La méthode Danone : Don’t look up !

Aussi bien auprès de l’administration américain qu’auprès des médias mainstream, la Russie et Poutine sont devenus, par les temps qui courent, deux sujets aussi radioactifs que le plutonium. Sortir de la Russie représente aujourd’hui un acte obligatoire de résistance de tous ceux qui s’apparentent au «monde libre» dirigé par les États-unis.

Depuis les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux contre la Russie, les multinationales ont pratiquement toutes quitté la Russie ou suspendu leurs activités. Aucun secteur n’a été épargné, l’aérien, le pétrole, l’automobile, Internet, le divertissement ou encore du luxe.

Toutefois, d’autres encore, comme Danone ou Renault, qui ont de lourds investissements en Russie, se sont montrés bien plus hésitants. En 2008, le groupe Renault avait acquis 25% du capital d’Avtovaz, le fabricant de la marque mythique Lada, avant d’en devenir actionnaire majoritaire en 2017.

Pour le cas de Danone, et au vu des perspectives économiques mondiales, le groupe agroalimentaire ne peut pas se permettre de tirer un trait, en une semaine, sur son premier marché mondial.

Encouragé par Emmanuel Macron, le groupe agroalimentaire décide alors de rester chez Poutine. Et pour sauver sa face auprès des médias, Danone justifie sa décision par son rôle dans «la nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles». Puis lance un os à mordiller à l’administration Biden en annonçant la suspension de tout investissement en Russie.

«Nous avons pris la décision de suspendre tout projet d’investissement en Russie. Nous maintenons pour l’instant notre activité de production et de distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles», a déclaré le secrétaire général du groupe, Laurent Sacchi.

Et pour se couvrir, Danone fait savoir que sa décision était coordonnée avec l’Elysée.

«Nous suivons l’évolution de la situation en temps réel, et appliquerons, bien évidemment, les décisions des autorités françaises avec lesquelles nous restons étroitement coordonnées», a souligné Sacchi.

https://twitter.com/APearlBird/status/1500580898336649217
https://twitter.com/UANation2014/status/1500554133346172935

Cette opération de communication est un écran de fumée derrière lequel Paris dissimule à peine sa dépendance au marché russe et son inquiétude quant à la gestion de la crise par les États-unis.

En effet, l’annonce de suspension de tout projet d’investissement est un leurre. Car ce n’est pas un choix de Danone mais c’est tout simplement le fait de la guerre et de l’isolement de le Russie et des russes. Quel actionnaire étranger au monde mettrait un rouble de sa poche dans un investissement en Russie en cette période ? Par contre profiter de la crise pour devenir fournisseur unique, fera augmenter les profits économiques et diplomatiques également.

Et au sujet de la causse humanitaire avancée par Danone, quand Paris a appuyé l’isolement de la Russie et la fermeture de l’espace européenne pour les avions russes et les russes, n’a-t-elle pas mis en danger la «nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles» ?

Une usine fermée en Ukraine

Le 2 mars dernier, Danone a confirmé la mise à l’arrêt de ces sites en Ukraine.

« Les motifs sont différents. L’une des usines est à l’arrêt parce qu’elle se situe à proximité de la zone de conflit. L’autre ne fonctionne plus, car nous faisons face à des difficultés logistiques pour les livraisons», avait déclaré un porte-parole du groupe.

Les usines ukrainiennes servent exclusivement le marché local. Leur production, essentiellement des produits laitiers frais, représente 1% des 24,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe. Au total, Danone compte 1000 salariés dans le pays. «Notre priorité est bien entendu la sécurité de nos salariés», ajoute ce responsable.

Dans son communiqué annonçant le maintien de ses activités en Russie, Danone déclare que l’une de ces usines avait repris ses activités.

«En Ukraine, une des deux usines du groupe a fermé ses portes, mais l’activité vient de reprendre dans la deuxième», a signalé Danone.

Le chef d’État-major des armées françaises a appelé son homologue russe pour parler…«du Sahel»

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Quand les médias s’emballant, les politiques renchérissent et les tension s’exaspèrent, les chefs des armées se manifestent pour ramener tout ce beau monde à la réalité pragmatique. Si le Pentagone s’est empressé ouvertement à reprendre contact avec Moscou après l’ordre de Poutine d’activer son arsenal nucléaire, l’armée française sort de son mutisme et annonce au monde entier que les liens de communication avec Moscou ont été rétabli. Mais cette démarche révèle une surprise, celle de la priorité de l’Etat français dans sa relation avec le régime russe : le Sahel.

Le Chef d’État-major des armée françaises, le général Thierry Burkhard a publié vendredi soir un tweet annonçant un échange téléphonique avec son homologue russe, Valéri Guerassimov.

«Entretien téléphonique ce jour avec mon homologue russe, le général Valéri Guerassimov. Échanges sur la situation au Sahel et en Europe de l’Est, en particulier sur la guerre en Ukraine», a-t-il écrit.

A cette annonce, BFMTV a mis en pause sa propagande anti-russe le temps de commenter les déclarations du Chef des armées françaises.

«Maintenir le dialogue avec la Russie, pour tenter d’arriver à une désescalade en Ukraine, voilà donc la stratégie choisie par les responsables français. Et cette publication sur les réseaux sociaux rappelle que le conflit ukrainien se joue aussi sur le terrain de la communication» ont analysé les journalistes de la chaine française.

«C’est extrêmement important» commente le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense de la chaine. Et d’ajouter : «En particulier du côté du chef d’État-major français, pour dire on sait exactement ce que vous faites. Il faut maintenir cette ligne de dialogue pour préparer une baisse éventuelle de la tension

Mais ce qu’ont oublié de mettre en exergue les journalistes et le consultant de BFM est la hiérarchie des priorités clairement affichées par la grande muette. En effet, le général Thierry Burkhard n’a pas fait uniquement savoir qu’il avait accès à Valéri Guérassimov, l’homme le plus important du monde en ce moment, mais que le conflit ukrainien ne passait pas avant les intérêts géostratégiques communs des deux pays.

En citant en premier lieu la situation au Sahel comme premier sujet échangé entre les deux chefs des armées, la France se projète déjà dans l’après «opération militaire spéciale de Poutine en Ukraine».

Thierry Burkhard aurait-il négocié un quelconque deal sur le Sahel contre un éventuel rôle de la France dans la désescalade de la tension? Ou bien serait-il convaincu que la guerre en Ukraine est d’ores et déjà pliée au profit des russes et qu’il se devait de discuter sur la suite des évènements en Ukraine? Ou tout simplement Thierry Burkhard cherche à éviter toute représaille de l’armée russe et du groupe paramilitaire privé qu’il lui est affilié, Wagner, au Sahel et ailleurs ?

La France savait pour l’Ukraine

Les militaires français avaient déjà mis en garde en 2017 contre la reprise des actions de politique de puissance de certains États, notamment la Russie. L’actuel chef d’état-major des armées françaises, le général Thierry Burkhard, avait déjà annoncé avant sa nomination que les forces armées françaises devaient se préparer au risque de conflits de haute intensité. Avec le recul, force est de constater qu’il avait raison. En effet, le budget de la défense française n’a cessé d’augmenter depuis 2017 sous l’impulsion du président Macron, qui est également le commandant en chef des forces armées en France.

De plus avec l’annonce de fin de l’opération Barkhane, Macron avait fait savoir qu’il envisageait de redéployer ses troupes du Sahel vers la Roumanie.

Le Sahel une contreperformance du président-candidat mais un enjeu géostratégique pour le France

En annonçant sa candidature en pleine crise ukrainienne, Emmanuel Macron semble vouloir surfé sur ce conflit européen pour faire oublier le fiasco de sa posture de «Chef de guerre» annoncée et assumés dès le premier jour de son élection en 2017.

Tous les analyses portent à croire que durant la campagne présidentielle, l’importance du Sahel sera probablement minimisée par l’Elysée. En termes de politique intérieure, alors que Macron entre dans la course à la réélection avant le vote présidentiel d’avril, ses conseillers tentent autant que possible d’éviter ce sujet qui fâche. Pendant ce temps, au niveau international, le président français consacrera sûrement une grande partie de son temps et de son capital politique à aborder les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour l’Europe. Une crise qui allait éclipser naturellement les opérations françaises au Sahel avant que le Chef d’État-major des armées françaises Thierry Burkhard n’en fasse un sujet prioritaire dans ses discussions avec son homologue russe.

Début février, la visite du général Thierry Burkhard, à Abidjan a été comprise comme un indicateur d’une rupture de l’empreinte militaire française dans le golfe de Guinée, en déléguant à la Côte d’Ivoire son rôle dans la région. Sur le plan diplomatique, ceci est également révélé par la volonté du gouvernement français de désengager du Mali et de promouvoir, au même titre que le G5 Sahel, l’Initiative d’Accra, un autre cadre régional lancé par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo en 2017.

Mais avec le tournant que prend la crise ukrainien et les sanctions sévères imposées par les pays occidentaux contre le régime de Vladimir Poutine, le schéma au Sahel se complique et pourrait se transformer en terrains de représailles de la Russie. Poussée dans ses retranchements, Moscou pourrait concentrer son énergie et ses moyens aussi bien vers l’Asie, au Moyen-Orient qu’en Afrique pour trouver des débouchés militaires et économiques et contrer l’isolement que l’administration américaine s’active à lui faire subir.

Aziz Akhannouch : Chaque poisson marocain à un papier pour pouvoir traverser la frontière

Il nous a pas fait particulièrement honneur notre Chef de Gouvernement lors de son intervention durant la conférence internationale One Ocean Summit dédiée à la protection des océans. En plus d’être mal fagoté, sa très très coutre intervention ( pas plus de 3 min) durant un panel présidé par Emmanuel Macron a été, pour le moins que l’on puisse dire, catastrophique. Une prise de parole décousue, sans queue ni tête, dans un très mauvais français et répétant sans cesse «Plan d’aménagement», comme s’il était dans une réunion de chantier. Le pire c’est qu’il va oser l’humour et ça va tourner au ridicule : «Nous avons la traçabilité avec l’UE et pour « caricatuser » … pour faire une caricature, chaque poisson à son papier «ya3ni» pour pouvoir traverser la frontière» a-t-il dit.

Regardez la vidéo de son intervention et jugez de vous-même.

Le One Ocean Summit, qui réunit du 9 au 11 février des dizaines de décideurs politiques et économiques, des scientifiques et des représentants d’ONG, est une initiative lancée par Emmanuel Macron, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne et qui vise à s’intéresser à la protection des océans.

Ce sommet vise notamment à conforter la conclusion du futur traité sur la haute mer et le projet d’accord international sur la pollution par les plastiques.

Garde tes distances, Emmanuel !

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Tous les chefs d’Etats savent aujourd’hui comment Emmanuel Macron joue à fond la com’ au corps à corps. Le toucher, la poignée de main et l’accolade sont autant d’armes qu’use à volonté le président français pour «mettre les gens dans sa poche». Une stratégie bien huilée qui a fonctionné jusqu’à ce qu’elle se brise face à plus calculateur et darwinien que lui, Vladmir Poutine. Le président russe à tout simplement installé son homologue français, venu en Russie pour renforcer sa stature de chef d’Etat et jouer au président de l’UE, au bout d’une table de plus de trois mètres. L’image de la rencontre diffusée par le Kremlin a fait le tour du monde. Poutine a réussi à imposer sa communication dans son bras de fer contre l’OTAN tout en mettant en échec toute tentative de récupération d’Emmanuel Macron dans sa course aux présidentielles.

«Dans sa relation avec les gens, il met peu d’affecte mais il sollicite celle des autres et déclenche des sentiments quasiment amoureux. Une séduction qui doit s’exercer en face-à-face parce qu’elle est très physique. Ça commence par le regard. Il a un regard bleu transparent. Il vous fixe, vous harponne (…) Et puis, il est très tactile. Plus avec les hommes qu’avec les femmes parce qu’avec les femmes, il sent qu’il faut maintenir quand même un peu de distance. Donc il commence à vous prendre la main, le bras, l’épaule et vous êtes ferré et vous y croyez. Et il vous dit, comme tous les bons séducteurs, ce que vous avez envie d’entendre». Ceci est un extrait du livre «Président cambrioleur» écrit par la journaliste politique Corinne Lhaïk, sorti en 2020.

Emmanuel Macron, séducteur calculateur, et darwinien a trouvé plus fort que lui. En une photo, le président russe, plus jamais autant sur de lui, après sa rencontre avec Xi Jinping, a transformé la dernier médiation d’un dirigeant occidental sur l’Ukraine en un symbole de sa puissance et de son ascendant sur l’Europe.

En installant son homologue français face à lui sur une table ovale d’une longueur démesurée, après l’avoir fait attendre 1h30, Vladimir Poutine semble lui dire : « Garde tes distances, Emmanuel !».

Privé de son besoin tactile vital, Macron a été plus que jamais dans sa zone d’inconfort la plus extrême. Lui, le président-candidat qui espérait décrocher une concession du président russe et s’approprier une désescalade des tensions dans la crise ukrainienne, afin de renforcer sa stature de chef d’Etat et sa légitimité en tant que président de l’Union Européenne.

Le Président français a été tellement mal à l’aise, qu’il a choisi comme photo officielle de sa visite en Russie, une perspective où il n’apparaît que de dos mais où l’on ne voit pas la distance imposée par le président russe.

«Photo officielle de l’Élysée tentant de détourner l’image (terrible) de la table de 4 mètres de long qui séparait #Poutine et #Macron. Ce dernier n’a pas même décroché la promesse d’une réunion prochaine des chefs d’Etat du format Normandie (Russie, Ukraine, Allemagne et France)» écrit sur Twitter Florence Desruol, une observatrice de la politique française.

Pourtant avant son départ pour Moscou, Macron a tenté de préparer le terrain. Au cours du week-end dernier, il a fait allusion à la stratégie potentielle de Poutine consistant à utiliser principalement la crise ukrainienne pour améliorer les règles de cohabitation de la Russie avec l’OTAN et l’UE, sur un continent où les séquelles de la Seconde Guerre mondiale ont autrefois établi des sphères d’influence géopolitique claires.

«Les arguments de Moscou devaient être écoutés», a-t-il affirmé.

Le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov, a qualifié la visite de Macron de «très importante», mais a cherché à tempérer les attentes, déclarant que «la situation est trop complexe pour espérer une percée décisive après une seule réunion».

Il a noté que «l’atmosphère est restée tendue», ajoutant que les États-Unis et leurs alliés ont continué à ignorer les demandes de sécurité de Moscou.

Table démesurée et distance glaciale: objet de tous les détournements sur les réseaux sociaux

Vladimir Poutine a réussi à faire un grand buzz avec sa distanciation exagérée face à Macron. Les internautes se sont donnés à cœur joie en détournant la photo de la rencontre entre les deux présidents.

«Poutine manque de respect au président français Macron en plaçant une table massive pour séparer les deux présidents lors de la réunion. C’était aussi un acte intentionnel pour impliquer une « distance » entre la Russie et l’OTAN», poste un compte Twitter proche de l’armée israélienne Tsahal.

https://twitter.com/terror_alarm/status/1490733202721452035

«L’histoire raconte qu’un fuseau horaire sépare Macron et Poutine» écrit sur Twitter, Romain Herreros, journaliste politique du Huffington post.

«Distanciation sociale spectaculaire pour Macron et Poutine aujourd’hui» commente le journaliste américain Ian Bremmer.

«Même selon les critères de feu Hafez el-Assad, Poutine et Macron semblent étrangement éloignés l’un de l’autre», tweet l’écrivain israélien Louis Fishman.

«De la rencontre Poutine Xi Jinping à la rencontre Poutine-Macron. #Géopolitique» a noté Velina Tchakarova directrice du think tank autrichien, AIES.

https://twitter.com/vtchakarova/status/1490733381084233734

«Quelle photo!», commente tout simplement l’économiste, Maxime Sbaihi.

«Rencontre Emmanuel Macron – Vladimir Poutine, 2018 vs 2022», commente Brut France.

«Ukraine : Macron et Poutine passent à table #Poutine #UkraineConflict», caricature Placide.

«Macron à table avec Poutine : cinq heures et pas de désescalade à se mettre sous la dent», ironise Libération.

D’autres détournements plus farfelus sont devenus viraux.

https://twitter.com/WUTangKids/status/1490805566100455426

Chine : Biden boycotte les JO 2022, MBZ, MBS et TBH s’y rendent personnellement

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Malgré l’appel au boycott diplomatique de Joe Biden des JO 2022 de Pékin, les dirigeants des trois pays les plus riches du Moyen-Orient se sont envolés ce vendredi, afin d’assister à la cérémonie d’ouverture de ces jeux d’hiver. C’est le signe révélateur du malaise diplomatique entre l’administration Biden et les pays du Golfe. C’est également la manifestation de l’interdépendance des économies de ces pays avec celle de la Chine.

Les Etats-Unis ont appelé le 6 décembre dernier au boycott diplomatique envers la Chine pour les Jeux d’hiver 2022. Neuf pays ont suivi le mouvement et ont annoncé qu’aucun membre de leur gouvernement ne se rendrait à Pékin. Il s’agit du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Lituanie, le Japon, le Danemark et les Pays-Bas.

La Maison Blanche avait justifié ce choix en raison du « génocide et des crimes contre l’humanité en cours à Xinjiang ». Une cause partagé par l’alliance anglo-saxonne composée du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande.

Tokyo explique sa décision par le fait « qu’il est important que les valeurs communes partagées par la communauté internationale, telles que la liberté, les droits de l’Homme et l’État de droit, soient également respectées en Chine». Copenhague dénonce pour sa part la situation des droits humains dans le pays. Quand à Amsterdam, elle évoque la situation épidémiologique.

Tibet, Ouïghours, Mongolie, Hongkong et Taïwan, les griefs de Washington

En réaction à l’annonce des pays sus-cités du boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin a menacé qu’ils «en paieraient le prix». Il a accusé les États-Unis d’utiliser les JO 2022 à des fins de manipulation politique et a promis de prendre des «contre-mesures résolues».

«Le recours des Etats-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Canada à la scène des Jeux olympiques à des fins de manipulation politique est impopulaire et revient à s’isoler soi-même. Ils paieront inévitablement le prix de ce mauvais coup», a promis Wang.

«Le sport n’a rien à voir avec la politique. Les Jeux olympiques sont un grand rassemblement d’athlètes et d’amoureux des sports, pas une scène pour que les politiciens se donnent en spectacle», a-t-il ajouté. 

Il est à noter qu’une coalition des groupes de défense des droits des Tibétains, des Ouïghours, des Mongols du Sud, des Hongkongais et des Taïwanais s’est constituée pour composer une campagne digitale anti-JO : #NoBeijing2022.

Emmanuel Macron a voulu impliquer l’Europe mais a échoué

Le président français Emmanuel Macron avait tenté dès les premiers jours de l’appel au boycott de Biden de se cacher derrière l’Europe. « Avec les partenaires européens et en lien avec le Comité international olympique (CIO),  on verra la décision qu’il convient de prendre dans les prochaines semaines », a-t-il dit lors de sa conférence de presse consacrée à la présidence française de l’UE. «Je pense qu’il ne faut pas politiser ce sujet surtout si c’est pour prendre des mesures toutes petites et symboliques » a-t-il souligné.

Et comme l’Union n’est plus que l’ombre d’elle même et aux premiers signes d’hésitation de quelques capitales, Macron pousse son ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, de prendre rapidement position contre le boycott. «Il n’y aurait pas de boycott diplomatique de la France » a-t-il affirmé. Il annonce qu’il n’allait pas se déplacer à Pékin, mais enverrait, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports.

MBZ, MBS et TBH répondent présents à l’invitation de Xi Jinping

Ils ont tous décollé ce vendredi matin pour Pékin pour assister à la cérémonie d’ouverture des JO 2022 aux côtés de l’empereur du commerce mondial, Xi Jinping.

Mohammed Ben Zayed, au delà des solides relations économiques qu’il entretient avec la Chine, a une dent contre le successeur de Donald Trump. Et pour cause, Biden préfère «dealer» avec l’Emir du Qatar au point de le désigner «allié majeur» de l’Otan, un statut refusé aussi bien pour les E.A.U que l’Arabie saoudite.

Mohammed Ben Salmane, plus docile que son allié MBZ, fait également les frais de l’inimitié des démocrates à son égard. N’ayant pas reçu le feu vert pour accéder au trône, il s’efforce de maintenir un équilibre diplomatique et commercial entre Pékin et Washington.

https://twitter.com/OKAZ_online/status/1488960847879753735

Quand à Tamim ben Hamad, TBH, le nouveau chouchou de Biden, il peut se permettre quelques libertés mais il sait pertinemment que la politique de la chaise vide donnerait l’occasion à son ennemi juré MBZ de manoeuvrer contre lui sur la scène internationale.

Burkina Faso : Le sentiment pro-russe gagne du terrain après le coup d’État

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«Non, nous ne voulons plus de la France. Nous voulons être défendus par la Russie» ont scandé des manifestants dans les rues non pas du Mali, mais bel et bien du Burkina Faso théâtre d’un coup d’État militaire survenu ce lundi 24 janvier 2022. Le sentiment pro-russe en Afrique centrale et de l’Ouest est entrain de prendre de l’ampleur au détriment de la France, qui paie le prix fort de son échec à contenir le terrorisme au Sahel.

Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Roch Kaboré, plusieurs manifestants fêtant l’événement ont investi les rues de Ouagadougou. Des foules en liesses ont brûlé des drapeaux français et ont brandi le drapeau russe.

«Non, nous ne voulons plus de la France», scandait ces manifestants. «Nous sommes ici parce que nous voulons la défense de la Russie. La France n’a rien fait pour nous permette de réussir.»

Selon les analystes, ces derniers mois, le sentiment anti-français s’est accru et le pays a pivoté vers la Russie.

La russophile, porteuse d’un sentiment anti-impérialiste, gagne le monde entier, de l’intelligentsia allemande et française jusqu’aux républicains américains. Le phénomème est entrain se répandre en Afrique de l’Ouest sur fond de fiasco de la France au Sahel.

Sur les traces de l’américain Blackwater est né le fameux Groupe Wagner, formé au début des années 2010 autour d’ex-militaires russes à la retraite. Le groupe s’est aguerri dans le Donbass en Ukraine et surtout durant la guerre meurtrière en Syrie. Le conflit libyen va lui ouvrir un nouveau marché puisqu’il vendra ses services cou sur coup en Centrafrique et aux putschistes au Mali, où ils ont pris possession d’une base militaire à Tombouctou qui avait été libérée par les troupes françaises en décembre. Aujourd’hui ils offrent leurs services à la junte militaire du Burkina Faso.

Avec des détachements allant de quelques centaines à 1000 ou 1500 hommes, officiellement non lié au Kremlin, ce groupe paramilitaire est en fait financé par le milliardaire Evgueni Prigojine, un ami proche de Vladimir Poutine, rapporte l’AFP. 

Amnistie internationale et Human Rights Watch ont écrit que le Groupe Wagner s’est rendu coupable de violences contre des civils et de pillages des ressources minières, notamment en Centrafrique.

Au Mali et au Burkina, une nouvelle croyance s’installe aussi bien auprès des nouveaux dirigeants putschistes que de la population, celle de la Russie, pays sauveur des griffes du colonisateur français et du terrorisme.

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