Emmanuel Macron

5G: Macron ne veut pas exclure Huawei

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La France a choisi de privilégier une politique de souveraineté européenne pour le déploiement de la 5G, la technologie mobile de nouvelle génération, même s’il ne s’agit pas d’exclure des entreprises comme le chinois Huawei, à l’image de l’approche retenue par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, a déclaré vendredi Emmanuel Macron.

Reuters

“Aucune entreprise, quelle que soit sa nationalité, n’est visée mais la volonté est affirmée, alors que nous avons deux fournisseurs européens – Ericsson et Nokia – d’avoir une vraie solution industrielle européenne, pleinement sécurisée, sous nos législations parce qu’il en va de la sécurité de nos communications et de la sécurité de nos réseaux 5G”, a dit le président de la République devant 70 journalistes de l’Association de la presse présidentielle (APP).

“Il est normal que sur les parties les plus critiques et les plus stratégiques, nous voulions avoir une solution européenne sécurisée”, a-t-il ajouté, précisant avoir défendu cette position auprès du président chinois, Xi Jinping.

Biélorussie : Macron appelle Poutine à favoriser l’apaisement

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont évoqué ensemble par téléphone mardi la situation en Biélorussie, où le président français a invité son homologue russe à favoriser «l’apaisement et le dialogue», a fait savoir l’Elysée.

Au dixième jour de contestation dans les rues de Minsk pour demander sa démission, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a félicité les responsables des forces de l’ordre ayant réprimé les manifestations.

Du côté de l’Union européenne, qui s’est engagée sur la voie de nouvelles sanctions contre Minsk, une réunion des Vingt-Sept à ce sujet est prévue mercredi en visioconférence.

Dans son entretien avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a souligné «la détermination de l’Union européenne à jouer un rôle constructif aux côtés du peuple biélorusse pour que les violences à l’égard de la population cessent immédiatement et qu’une solution politique puisse se dégager au plus vite dans le respect des aspirations exprimées pacifiquement et massivement depuis plusieurs jours», écrit l’Elysée dans un communiqué.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est également entretenu mardi avec le président russe sur les moyens d’encourager le dialogue pour mettre fin à la crise, évoquant la possibilité d’impliquer l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Charles Michel qui présidera la vidéoconférence des 27 mercredi, n’a pas donné de détails sur sa conversation avec le dirigeant russe mais a déclaré dans un tweet que “seul un dialogue pacifique et véritablement inclusif peut résoudre la crise”.

Emmanuel Macron a dit vouloir travailler de concert sur ce dossier avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu’il doit rencontrer jeudi sur son lieu de vacances à Brégançon (Var), dans le sud de la France.

Angela Merkel a quant à elle déclaré mardi, également au cours d’un entretien avec Vladimir Poutine, que le gouvernement biélorusse devait éviter tout recours à la force contre les manifestants pacifiques, libérer les prisonniers politiques et entamer un dialogue avec l’opposition.

Avec Reuters

Xavier Niel, PDG de Free, avocat de Huawei en France

«Le mouvement de protestation contre le déploiement de la 5G en France pourrait nuire à l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers», a mis en garde mardi Xavier Niel, fondateur et principal actionnaire de la maison mère de l’opérateur Free.

La dernière génération de technologie mobile suscite un climat de méfiance alimenté par des interrogations sur les risques potentiels qu’elle induirait pour la santé, son impact sur l’environnement ou sur son utilité même.

La 5G, qui promet des débits dix fois plus rapides que la technologie précédente, est également la cible de théories complotistes l’associant à l’épidémie de coronavirus, au point que des dizaines d’antennes de téléphonie ont été incendiées en France ces derniers mois comme dans d’autres pays européens, dont le Royaume-uni.

La convention nationale pour le climat, dont Emmanuel Macron s’est engagé à reprendre l’essentiel des propositions, s’est prononcée pour un moratoire le temps d’une évaluation et plusieurs maires élus à la faveur de la «vague» verte des élections municipales de juin ont demandé l’ouverture d’un débat.

Le gouvernement a pour sa part réaffirmé au début du mois que les enchères pour l’attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécoms se tiendraient en septembre, alors qu’elles avaient été reportées à plusieurs reprises.

«La 5G est un élément d’attractivité pour notre territoire», a déclaré Xavier Niel à des journalistes en marge de la présentation de la nouvelle «box» de l’opérateur, dénommée «Freebox Pop».

«Il y a un moment, quand même, où il va falloir qu’on génère des emplois dans ce pays, donc on a besoin d’étrangers et d’investisseurs qui viennent ici», a-t-il ajouté.

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, s’est également prononcé pour le maintien des enchères tout en se disant ouvert à un débat sur le démarrage effectif des chantiers de déploiement.

«Aux États-Unis, on a déjà démarré depuis un moment le déploiement de la 5G, en Asie aussi. Mais c’est vrai qu’en Europe, il y a des questions», a-t-il dit sur FranceInfo.

«Nous, ce qu’on souhaiterait, c’est bien sûr entendre ces questionnements, mais en même temps, essayer de poser un débat objectif basé sur des faits, de façon à prendre des décisions responsables.»

Avec Reuters

Remaniement France : Jean-Yve Le Drian maintenu au Quai d’Orsay, Éric Dupond-Moretti à la Justice, Roselyne Bachelot à la culture

Une nouvelle équipe à la tête de la France. La composition du nouveau gouvernement emmené par le Premier ministre, Jean Castex, a été dévoilée lundi 6 juillet à 19 heures, après un week-end de spéculations.

L’annonce était très attendue. Le nouveau gouvernement du Premier ministre Jean Castex a été annoncé à 19 heures par le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, sur le perron du palais présidentiel. Ce gouvernement comprend 16 ministres, contre 19 pour le précédent.

La composition du nouveau gouvernement :

  1. Jean-Yve Le Drian, ministre de l’Europe et Affaires étrangères
  2. Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique
  3. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports
  4. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des finances et de la relance
  5. Florence Parly, ministre des Armées
  6. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
  7. Élisabeth Borne, ministre du Travail, emploi et de l’insertion
  8. Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer
  9. Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires
  10. Éric Dupont-Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice
  11. Roselyne Bachelot, ministre de la Culture
  12. Olivier Véran, ministre de la Solidaires et de la santé
  13. Annick Girardin, ministre de la Mer
  14. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, recherche et innovation
  15. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation
  16. Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique

Le nouveau Premier ministre français prône un changement de méthode pour faire face à la crise

Jean Castex a promis ce week-end un changement de méthode en misant sur un dialogue accru avec les collectivités, les élus locaux et les partenaires sociaux pour faire face à la crise économique engendrée par l’épidémie de coronavirus.

Jean Castex, qui doit annoncer prochainement la composition de son gouvernement, s’est rendu samedi à Corbeil-Essonnes sur le site de recherche et de production de semi-conducteurs du groupe X-FAB France. Il avait dit sur Twitter vouloir consacrer son premier déplacement aux entreprises confrontées à la crise sanitaire et économique.

«Je tiens et j’assume, surtout en période de crise, on a besoin de l’Etat, mais d’un Etat qui sait (élaborer) la stratégie nationale, la recherche de solutions opérationnelles au plan local, en partenariat avec les élus locaux», a-t-il dit après avoir discuté avec des élus locaux du département.

«C’est vers cela que nous devons aller, c’est vers ces solutions les plus territoriales, où (les élus) savent agir ensemble au-delà de leurs opinions politiques au service de l’emploi et de l’intérêt général», a-t-il ajouté.

Il a précisé que le gouvernement travaillait également, dans le cadre de son plan de relance, à la recherche de solutions pour encourager la relocalisation industrielle afin de permettre le «maintien durable» d’emplois particulièrement exposés à la concurrence internationale.

Outre l’emploi, la transformation du système de santé, avec notamment la conclusion du «Ségur de la santé» – vaste concertation pour définir les contours d’un nouveau plan hôpital – les réformes des retraites et de l’assurance chômage ainsi que des mesures environnementales figureront à l’agenda des prochaines semaines, a-t-il dit dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

Sur le sujet des retraites – chantier qu’Emmanuel Macron a promis de rouvrir – il propose de mener de nouvelles concertations avec les partenaires sociaux.

«La crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C’est mon souhait. A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social», a-t-il dit.

«Dans le dialogue social, il y a le respect des uns et des autres qui doit aboutir au compromis – qui n’est pas la compromission. Pour y parvenir, il faut que chacun fasse un pas vers l’autre», a-t-il ajouté.

Reuters

Remaniement ministériel en France, le coup de poker d’Emmanuel Macron pour décrocher un deuxième mandat

Emmanuel Macron s’est débarrassé vendredi de son premier ministre, Edouard Philippe, devenu trop populaire grâce à la crise sanitaire. Il l’a remplacé par Jean Castex, personnalité peu connue du grand public chargée récemment de la stratégie de déconfinement en France. Le timing est parfait: au lendemain des municipales et du début des grandes vacances. Sans pression médiatique, Macron veut préparer une rentrée des plus difficiles et récupérer par la même occasion le contrôle de l’exécutif en s’appuyant sur les grandes qualités du nouveau premier ministre, à savoir le manque de notoriété et le déficit de charisme.

«Il était le “Monsieur déconfinement” du gouvernement français. Jean Castex, 55 ans, est désormais le nouveau Premier ministre, après la démission d’Édouard Philippe» a annoncé l’AFP vendredi 3 juillet suite l’annonce de la nomination.

La dépêche de l’agence de presse française n’a pas tari d’éloges à l’égard du nouveau premier ministre : « Jean Castex avait eu la charge de résoudre le casse-tête du déconfinement progressif de la population française dans un contexte où le nouveau coronavirus n’aura pas totalement disparu. Un défi qui n’a pas fait peur à cet énarque, habitué des dossiers complexes, qui peut s’appuyer sur une vie professionnelle et politique très largement orientée vers le secteur social et celui de la santé.»

« Lors du premier plan pandémie [pour le virus H5N1 en 2006], c’est Jean Castex qui est dir’cab au ministère de la Santé, période durant laquelle l’OMS avait alors indiqué qu’on était l’un des pays les mieux préparés au monde» rapporte la même source de la bouche de Xavier Bertrand.

L’agence gouvernementale va aussi louer l’attachement local de ce haut fonctionnaire : «Ce père de quatre filles a conservé l’accent du sud et reste très attaché à son Gers natal. Il est maire de Prades depuis 2008, où il a d’ailleurs été très largement réélu avec 76 % des suffrages lors du premier tour des municipales, 48 heures avant le confinement».

Apaiser les relations avec les collectivités locales

«Jean Castex a officiellement pris ses fonctions en fin d’après-midi lors de la traditionnelle cérémonie de passation de pouvoirs à l’hôtel de Matignon, où son prédécesseur et lui, qui ont travaillé étroitement à l’élaboration du plan de déconfinement de la France, ont rivalisé d’éloges mutuels», précise Reuters qui estime que Jean Castex aura pour mission «de mettre en musique l’inflexion promise par le chef de l’Etat».

Son profil d’élu local et rural pourrait notamment l’aider à apaiser les relations entre le chef de l’Etat et les représentants des collectivités locales, tendues depuis le début du quinquennat et la réforme de la taxe d’habitation, souligne la même source.

Une hypothèse que va confirmer l’intéressé quand il va déclarer dans la soirée à TF1«Tout ne peut pas se décider depuis Paris, je crois aux territoires, je crois à la confiance et aux valeurs de responsabilité».

«Effacement de la fonction de premier ministre», «pouvoir solitaire du président», convergence des analyses des observateurs français

Tout en louant les capacités techniques et le sérieux de Jean Castex, les médias français ont concomitamment marqué l’imaginaire collectif au fer rouge en étiquetant d’emblée le nouveau premier ministre. Sur le JT de TF1 par exemple, l’on n’a pas hésité de le qualifier «d’un peu vieillot en apparence» et de relever qu’il n’était pas souriant, avait l’air soucieux, utilisait des phrases compliquées, sans oublier la petite phrase « il doit être sans doute plein de bonne volonté».

Le Monde, dans un article signé Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié, n’y va pas par quatre chemin : «Il entend être le seul patron. Après avoir dirigé le pays en binôme avec Edouard Philippe pendant trois ans, Emmanuel Macron a décidé, vendredi 3 juillet, de remplacer son premier ministre, si populaire dans l’opinion et qui n’hésitait plus à contester certains choix, par Jean Castex, un haut fonctionnaire et élu local de 55 ans, censé lui faire moins d’ombre. Un profil de “collaborateur”, qui illustre la volonté du chef de l’Etat d’être à la manœuvre pour la dernière ligne droite de son quinquennat, avant de se lancer dans la campagne pour la présidentielle de 2022. “Macron a décidé de cumuler les deux postes. Il fera président et premier ministre en même temps ! “, s’amuse un responsable de la majorité.»

Edwy Plenel va publier pour sa part un éditorial dans lequel il fustige un remaniement qui «accentue le pouvoir solitaire du président» et «infantilise les électeurs».

«En France, un président démonétisé peut seul changer la donne gouvernementale pour son bon plaisir politique. Ce présidentialisme nous abêtit et nous infantilise. Dans une démocratie intelligente et adulte, ces changements relèveraient de choix collectifs, ceux de la majorité parlementaire ou du parti majoritaire.» a-t-il écrit.

Dans un tweet le fondateur de Mediapart rajoute : « Un président discrédité remplace un premier ministre populaire, ne serait-ce que par contraste, par une sorte d’intendant haut fonctionnaire, autrement dit un préfet gouvernement».

La Turquie ironise sur «les trous de mémoire» de Macron au sujet de la Libye

Emmanuel Macron, qui a estimé lundi que la Turquie jouait un «jeu dangereux» en Libye, souffre de «trous de mémoire» dans le dossier libyen, a estimé mardi le ministère turc des Affaires étrangères, dernier épisode de la joute verbale à laquelle se livrent à distance Paris et Ankara depuis plusieurs jours.

Plongée dans le chaos depuis 2011, la Libye est divisée en deux camps rivaux entre le gouvernement d’entente nationale (GEN) dirigé par Fayez el Sarraj, qui siège à Tripoli et qui est reconnu par la communauté internationale, et un gouvernement parallèle soutenu par le maréchal Khalifa Haftar, dans l’Est.

Ces deux camps sont soutenus officiellement ou officieusement par des puissances régionales – la Turquie pour le GEN et la Russie, l’Egypte ou encore les Emirats arabes unis pour le maréchal Haftar.

Accusée de soutenir ce dernier, la France a toujours démenti et a durci le ton ces dernières semaines contre la Turquie, qu’elle accuse notamment de violer l’embargo sur les armes et de destabiliser de ce fait un peu plus la Libye.

«Seul un trou de mémoire peut expliquer la qualification par Macron de notre soutien au gouvernement légitime libyen (…) et sur leur demande» d’aide, a estimé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Hami Aksoy.

«Les troubles dans lesquels la Libye est actuellement plongée sont le fait des attaques du pustchiste Haftar que (Macron) soutient et qui est un chef militaire qui a refusé les accords de cessez-le-feu à Moscou et à Berlin», a-t-il ajouté.

Reuters

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