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Danone donne refuge à la ministre espagnole limogée après avoir hébergé le chef du Front Polisario

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La France n’exporte pas uniquement ses yaourts en Espagne mais également ses pratiques propres d’influence, en l’occurence le «pantouflage». Cette spécialité française qui évoque aujourd’hui une forme de « corruption » des élites, fait la une des médias de la péninsule ibérique après l’annonce du recrutement de l’ancien ministre des affaires étrangères Arancha González en tant que conseillère de Danone. Une ministre limogée après avoir été prise la main dans le sac dans l’affaire de l’hébergement clandestin du leader du Front Polisario, le criminel de guerre Brahim Ghali.

Neuf mois après avoir été débarquée par le président du gouvernement, Pedro Sánchez, l’ancienne ministre des affaires étrangères Arancha González Laya, a trouvé un refuge professionnel chez Danone. Le deuxième du genre offert par l’administration française à celle qui a été à l’origine de la plus sévère crise diplomatique entre Rabat et Madrid.

La presse espagnole a rapporté ce jeudi matin que l’ex ministre Arancha González a signé un contrat de conseillère avec la multinationale de produits laitiers Danone, avec pour mission de «contribuer à la réalisation des objectifs fixés par l’entreprise». Autrement dit du pantouflage. Une pratique qui désigne le fait qu’un haut fonctionnaire, quitte le service de l’Etat et rejoint une entreprise privée.

Le souci avec ce pantouflage est que l’ancien ministre des affaires étrangères d’Espagne est toujours sujette à une procédure judiciaire pour avoir donné le feu vert à l’accueil du leader du Front Polisario, Brahim Gali, en Espagne par des méthodes illégales.

En effet, en avril 2021, le chef des séparatistes du polisario a été admis en Espagne sous le nom fictif de «Mohamed Benbatouche» pour soins médicaux. L’entrée sur le territoire espagnol a été autorisée par Arancha González et en connivence avec le régime algérien, alors que l’individu était sous le coup d’un mandat d’arrêt et accusé de torture, d’enlèvements et de crimes de guerre perpétrés contre des victimes de nationalité espagnole.

La ministre s’est défendu devant le juge que «l’entrée – du Ghali – était conforme à la loi», selon son point de vue. Toutefois, il a été confirmé par la suite que Ghali était entré clandestinement en Espagne avec un faux passeport dans lequel il apparaît comme «ambassadeur retraité», sous le nom de Mohamed Benbatouche sur un document avec l’en-tête de la République d’Algérie.

En mars dernier, le magistrat espagnol Rafael Lasala a clos l’enquête concernant l’ancien chef de cabinet du ministère des affaires étrangères, Camilo Villarino, mais a rejeté la demande du bureau du procureur de l’État de clore la procédure contre la ministre Arancha González Laya. Ainsi, l’ancien ministre est toujours accusée de prévarication.

SciencesPo Paris puis Danone Global, quel message la France envoie-t-elle au Maroc ?

Selon les sources de Danone, le contrat offert à l’ancienne ministre espagnole n’a rien avoir avec la filiale en Espagne, mais avec l’entreprise au niveau mondial. Arancha González a rejoint un groupe d’experts de Danone Global qui se réunit trois fois par an. Elle reçoit une indemnité à ce titre, sans être employée de la multinationale française. Danone justifie son recrutement par «son expérience en commerce international à l’OMC».

Il s’agit du deuxième contrat signé par Arancha González avec une organisation française en moins de deux mois. En février dernier, le directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), Mathias Vicherat, l’a nomme au poste de doyenne de la Paris School of international affairs (PSIA).

«Je suis très heureux d’accueillir Arancha González Laya, dont la riche expérience politique au niveau national, européen et international nous permettra de franchir une nouvelle étape dans le développement de la PSIA», s’était félicité Vicherat.

L’ancienne ministre des affaires étrangères avait déclaré à l’occasion être «très honorée» de rejoindre Sciences Po pour «œuvrer à un monde plus durable et plus pacifique». «Après une longue carrière dans le commerce international, j’ai décidé de consacrer mon énergie et ma passion à la préparation des dirigeants de demain».

L’annonce de la cooptation par Danone Globale de celle qui a causé beaucoup de tort aux relations maroco-espagnoles, celle qui est connu pour être l’ambassadrice du Polisario en Espagne, comme conseillère stratégique le jour même de la très attendue visite officielle de Pedro Sánchez soulève des interrogations sérieuses.

Quel avantage tireront Science Po et Danone de recruter une ancienne ministre objet de poursuites judiciaires si ce n’est une manoeuvre cynique de Paris contre Rabat ?

Indignations et appels au boycott de Danone

«Ce contrat avec la multinationale française a eu lieu malgré le fait que Arancha González soit inculpée dans l’affaire Ghali et qu’à peine neuf mois se soient écoulés depuis son licenciement, alors que la loi exige une période d’incompatibilité de deux ans pour les hauts fonctionnaires» s’indigne le journal «OK DIARIO».

«Il est surprenant qu’une marque aussi connue que Danone ne voit pas d’inconvénient à ce que sa réputation soit compromise par le recrutement d’une personne mise en examen par la justice, au-delà des incompatibilités», poursuit la même source.

https://twitter.com/okdiario/status/1511959100455899137

Un partisan du partie populaire PP a écrit sur Twitter : «La loi sur les incompatibilités exige une période d’incompatibilité de deux ans à partir du moment où elle a été licenciée, et il s’avère que l’ancienne ministre socialiste Arancha González Laya a signé pour Danone. Elle est accusée de falsification de passeports, de prévarication et de dissimulation dans l’affaire Ghali»

«La loi des incompatibilités est pour les autres.» a écrit Juan Carlos Girauta, éditorialiste du journal ABC.

Par ailleurs, des appels de boycott de la marque française Danonce ont été lancés sur les réseaux sociaux espagnols.

« Ils ont toujours menti sur les propriétés de leurs produits. Maintenant, ils ont également embauché une idiote inutile. Je l’ai déjà payée pendant 2 ans, et 1 centime de plus pour cette femme qui nous a causé tant d’ennuis, Arancha González. #BoycottDanone ».

https://twitter.com/Lizzymd66/status/1512109740154888197

«Danone engage González Laya malgré le non-respect de la période d’incompatibilité. Le juge met en cause l’ancien ministre González Laya dans « l’affaire Ghali » et refuse de classer l’enquête. #BoycottDanone» écrit la militante Sabah Yacoubi.

https://twitter.com/Sabah_Yacoubi/status/1512057554553253892

Danone résiste aux pressions américaines et décide de rester en Russie

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Danone a confirmé ce dimanche sa décision de poursuivre ses activités de production et de distribution en Russie et ce malgré l’incroyable pression américaine. Le groupe agroalimentaire français se devait tout de même de lancer un os à mordiller à l’Oncle Sam et a annoncé la suspension de «tout projet d’investissement» dans le pays.

Le Figaro a révélé vendredi soir, que le chef de l’État français a discrètement reçu le matin même, une quinzaine de dirigeants de groupes tricolores particulièrement exposés à la Russie. Entouré de ses Ministres Bruno Le Maire (Économie et Finances), Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Julien Denormandie (agriculture), Emmanuel Macron s’est entretenu avec les grands patrons «de fleurons tricolores» de l’industrie, de la banque, de l’énergie, de la distribution et de l’agriculture.

Parmi ces dirigeants figuraient notamment Frédéric Oudéa (Société générale), Catherine McGregor (Engie), Guillaume Faury (Airbus), Ross McInness (Safran), Stéphane Israël (Arianespace), Patrice Caine (Thales), Cristel Bories (Eramet), Benoît Potier (Air Liquide) ou Yves Claude (Auchan) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).

Le message du président français était des plus clairs : « Ne vous précipitez pas à quitter la Russie !».

«Chacun de vous peut déterminer sa propre stratégie sur le marché russe sans en avertir personne» a-t-il conseillé.

Un conseil que va prendre à la lettre Antoine de Saint-Affrique, le patron de Danone fraichement nommé.

En bon capitaine industriel, il annonce 48 heures après le «briefing» d’Emmanuel Macron sa décision de poursuivre les activités de production et de distribution de son groupe alimentaire en Russie. Pays où il réalise 5% de ses revenus et emploie 8.000 salariés.

Antoine de Saint-Affrique avait préparer le terrain médiatique. Interpellé par les journalistes le 23 février dernier à l’occasion de la conférence de presse de présentation des résultats annuels, il avait défendu les performances et le poids de son groupe en Russie.

«Le marché russe représente environ 5% de nos ventes. Il s’agit, de plus, d’une activité essentiellement locale, avec une production russe pour des consommateurs de la Communauté des États indépendants, CEI» a-t-il déclaré.

Danone était présent dans l’ex-URSS depuis le début des années 1990 quand le groupe a pris, en 2010, le contrôle d’Unimilk, deuxième producteur russe de produits laitiers frais qui avait été fusionné avec les activités locales du français.

L’acquisition des 57,5% du capital d’Unimilk avait coûté 1,3 milliard d’euros, portant sa part de marché à 21% en Russie. Le pays était devenu ainsi le premier marché de Danone, à égalité avec la France, pour environ 11% du chiffre d’affaires du groupe.

Aujourd’hui Danone, dispose en Russie de 25 usines où elle produit du lait et des yaourts sous marque Danone, Danissimo et Prostokvashino.

La méthode Danone : Don’t look up !

Aussi bien auprès de l’administration américain qu’auprès des médias mainstream, la Russie et Poutine sont devenus, par les temps qui courent, deux sujets aussi radioactifs que le plutonium. Sortir de la Russie représente aujourd’hui un acte obligatoire de résistance de tous ceux qui s’apparentent au «monde libre» dirigé par les États-unis.

Depuis les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux contre la Russie, les multinationales ont pratiquement toutes quitté la Russie ou suspendu leurs activités. Aucun secteur n’a été épargné, l’aérien, le pétrole, l’automobile, Internet, le divertissement ou encore du luxe.

Toutefois, d’autres encore, comme Danone ou Renault, qui ont de lourds investissements en Russie, se sont montrés bien plus hésitants. En 2008, le groupe Renault avait acquis 25% du capital d’Avtovaz, le fabricant de la marque mythique Lada, avant d’en devenir actionnaire majoritaire en 2017.

Pour le cas de Danone, et au vu des perspectives économiques mondiales, le groupe agroalimentaire ne peut pas se permettre de tirer un trait, en une semaine, sur son premier marché mondial.

Encouragé par Emmanuel Macron, le groupe agroalimentaire décide alors de rester chez Poutine. Et pour sauver sa face auprès des médias, Danone justifie sa décision par son rôle dans «la nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles». Puis lance un os à mordiller à l’administration Biden en annonçant la suspension de tout investissement en Russie.

«Nous avons pris la décision de suspendre tout projet d’investissement en Russie. Nous maintenons pour l’instant notre activité de production et de distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles», a déclaré le secrétaire général du groupe, Laurent Sacchi.

Et pour se couvrir, Danone fait savoir que sa décision était coordonnée avec l’Elysée.

«Nous suivons l’évolution de la situation en temps réel, et appliquerons, bien évidemment, les décisions des autorités françaises avec lesquelles nous restons étroitement coordonnées», a souligné Sacchi.

https://twitter.com/APearlBird/status/1500580898336649217
https://twitter.com/UANation2014/status/1500554133346172935

Cette opération de communication est un écran de fumée derrière lequel Paris dissimule à peine sa dépendance au marché russe et son inquiétude quant à la gestion de la crise par les États-unis.

En effet, l’annonce de suspension de tout projet d’investissement est un leurre. Car ce n’est pas un choix de Danone mais c’est tout simplement le fait de la guerre et de l’isolement de le Russie et des russes. Quel actionnaire étranger au monde mettrait un rouble de sa poche dans un investissement en Russie en cette période ? Par contre profiter de la crise pour devenir fournisseur unique, fera augmenter les profits économiques et diplomatiques également.

Et au sujet de la causse humanitaire avancée par Danone, quand Paris a appuyé l’isolement de la Russie et la fermeture de l’espace européenne pour les avions russes et les russes, n’a-t-elle pas mis en danger la «nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles» ?

Une usine fermée en Ukraine

Le 2 mars dernier, Danone a confirmé la mise à l’arrêt de ces sites en Ukraine.

« Les motifs sont différents. L’une des usines est à l’arrêt parce qu’elle se situe à proximité de la zone de conflit. L’autre ne fonctionne plus, car nous faisons face à des difficultés logistiques pour les livraisons», avait déclaré un porte-parole du groupe.

Les usines ukrainiennes servent exclusivement le marché local. Leur production, essentiellement des produits laitiers frais, représente 1% des 24,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe. Au total, Danone compte 1000 salariés dans le pays. «Notre priorité est bien entendu la sécurité de nos salariés», ajoute ce responsable.

Dans son communiqué annonçant le maintien de ses activités en Russie, Danone déclare que l’une de ces usines avait repris ses activités.

«En Ukraine, une des deux usines du groupe a fermé ses portes, mais l’activité vient de reprendre dans la deuxième», a signalé Danone.

Mauritel, filiale de Maroc Telecom, visée par une campagne de boycott

La fièvre de boycott qui vise plusieurs sociétés marocaines notamment dans le secteur de l’agroalimentaire et des hydrocarbures et certains de leurs produits phares s’est emparée de nos voisins du sud qui comptent lancer une campagne de boycott contre l’opérateur téléphonique Mauritel dont la propriété revient au géant marocain Maroc Telecom.

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