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Vaccin chinois : le Président de Sinopharm démissionne pour «raisons personnelles»

Li Zhiming, président de Sinopharm, unique laboratoire pharmaceutique à avoir jusqu’à présent obtenu le feu vert du gouvernement chinois pour son vaccin contre le Covid-19, a démissionné pour «raisons personnelles», a annoncé Sinopharm dans un communiqué diffusé à la Bourse de Hong Kong. C’est avec ce laboratoire que le Maroc avait conclut un partenariat pour fournir le vaccin chinois en Afrique.

Avec EFE

Dans un communiqué publié sur le site de la bourse de Hongkong, Sinopharm annonce que Li Zhiming n’est plus président de son conseil d’administration. Le communiqué cite M. Zhiming qui précise qu’il n’avait pas de désaccord avec le conseil, que sa démission était d’ordre personnel, réfutant tout problème susceptible d’attirer l’attention des actionnaires et créanciers de l’entreprise ». «L’entreprise continue de mener ses opérations normalement», souligne le texte.

Dans le même document, Sinopharm a annoncé la nomination de Yu Qingming, jusqu’à présent directeur exécutif, comme nouveau président de son conseil d’administration.

Les actions de la société à Hong Kong ont perdu 1,8% de leur valeur aujourd’hui après 14 heures, heure locale (06 heures GMT).

Dans une autre note envoyée hier au parquet de Hong Kong, la société a annoncé que Li Hui, PDG de l’une de ses filiales, la National Medicines Corporation of China (CNCM), avait également démissionné de son poste pour des raisons personnelles. ». Une démission qui « n’aura pas d’effets négatifs tangibles sur les opérations » de cette entreprise, assure Sinopharm.

Efficacité de 79%

Le laboratoire chinois Sinopharm avait annoncé, en décembre dernier, que l’un de ses vaccins contre le Covid-19 était efficace à 79%. C’est le premier pharmacien chinois à communiquer des chiffres concernant l’efficacité d’un vaccin en préparation. Les autorités chinoises n’en ont pas moins commencé à vacciner plus d’un million de personnes à l’aide de produits qu’elles n’ont pas encore formellement validés.

Dans un communiqué, Sinopharm a fait état d’un taux d’efficacité de 79,43% pour ce produit mis au point par le laboratoire CNBG à Pékin. Ce chiffre est inférieur à ceux des vaccins des laboratoires Pfizer/BioNTech (95%) et Moderna (94,1%).

Le Beijing Institute of Biological Products – une filiale de Sinopharm avec laquelle il développe ce vaccin – a déclaré en décembre que les résultats des tests de phase 3 montraient que ses niveaux de sécurité étaient «bons» et que tous les participants développaient des niveaux élevés d’anticorps après avoir reçu les deux doses, bien qu’il ne mentionne pas les effets secondaires possibles.

A cet égard, il convient de rappeler que les autorités sanitaires chinoises ont réitéré ces derniers mois qu’aucun effet indésirable grave n’avait été détecté lors des essais avec les différents candidats vaccins développés dans le pays. Le communiqué indiquait, conformément aux tests déjà réalisés aux EAU, que le taux de séroconversion des anticorps neutralisants était de 99,5%.

Opération «Vitesse de la lumière»: comment Pfizer-BioNTech a gagné la course au vaccin

Un matin d’hiver dans une cuisine en Allemagne, un couple de chercheurs est attablé pour le petit-déjeuner. Özlem Türeci et Ugur Sahin, dirigeants de la start-up de biotechnologie BioNTech, tombent d’accord : «Nous devons donner le coup d’envoi» des recherches sur un vaccin contre un nouveau virus qui sévit en Chine.

Avec AFP

Ugur Sahin vient de lire une publication scientifique décrivant la propagation fulgurante de ce virus à Wuhan. «Il en a conclu qu’il y avait de fortes chances qu’une pandémie puisse être imminente», raconte son épouse, Mme Türeci.

C’est le point de départ d’une épopée qui aboutira à l’élaboration du premier vaccin contre le Covid-19 à être autorisé dans le monde occidental. Une prouesse réalisée en un temps record.

Le 24 janvier, le couple décide donc que toutes les ressources de leur PME, allouées jusqu’ici à la recherche sur les immunothérapies contre le cancer, seront désormais consacrées à mettre au point un remède contre cette pneumonie virale d’origine inconnue.

Il faut aller vite, l’opération est baptisée «Vitesse de la lumière».

«Depuis cette date (…), il n’y a pas eu un jour où nous n’avons pas travaillé sur ce projet», affirme Mme Türeci.

Quatre jours plus tard, le 28 janvier, l’Allemagne confirme sur son territoire le premier cas connu de transmission d’être humain à être humain sur le sol européen.

Moins de deux semaines plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) désigne pour la première fois le nouveau mal: Covid-19.

Réseau «Mittelstand»

Le printemps commence à frémir à Mayence, pittoresque cité qui abrite des bâtisses à colombage et surtout le siège de BioNTech, quand l’épidémie partie de Chine se transforme en une crise sanitaire mondiale.

La flambée des infections contraint les gouvernements à fermer les frontières, les écoles, les institutions culturelles et sportives, les administrations. Le monde est mis sous cloche.

Déjà, le «Mittelstand», ce réseau de petites et moyennes entreprises (PME) qui fait le succès de l’économie allemande, se retrousse les manches pour relever le défi qui s’annonce.

A quelques encablures du siège de BioNTech, une PME aux 130 années d’existence accélère la cadence de ses chaînes de fabrication.

Bien que peu connu, le spécialiste du verre Schott s’avère un acteur majeur de l’industrie pharmaceutique grâce à ses flacons utilisés par millions pour les recherches cliniques sur le virus.

Le verre «borosilicate» dont il a fait sa spécialité est très recherché pour sa capacité à résister aux températures extrêmes, allant de -80 à 500 degrés. Une propriété qui va s’avérer indispensable. Le vaccin BioNTech/Pfizer nécessite en effet d’être conservé à -70 degrés.

D’ici la fin 2021, Schott compte produire assez de fioles pour deux milliards de doses de vaccin.

Le Covid-19, la société l’affronte jusque dans ses murs. Un important site de production, à Mitterleich en Bavière, s’est retrouvé au coeur de la pandémie très tôt, quand après une fête de la bière, la localité est devenue l’un des premiers foyers du nouveau coronavirus.

Et conséquence de la fermeture des frontières, plusieurs travailleurs originaires de République tchèque «n’ont pas vu leurs amis ou familles pendant des semaines».

Partout dans le monde, la pandémie cloue les avions au sol et transforme les aéroports d’ordinaire vibrant de monde en zones mornes et désertées.

Flux tendu à Lufthansa Cargo

Mais au centre pharmaceutique de la compagnie de fret Lufthansa Cargo situé dans l’aéroport de Francfort, l’activité s’accélère, le stress monte.

La plus grande plaque tournante européenne du transport pharmaceutique qui a traité 120.000 tonnes de cargaison l’année passée se prépare à faire transiter des millions de doses de vaccin.

Au total, le site possède 12.000 m2 climatisés réservés à ce type de produits. Les températures nécessaires s’obtiennent dans des containers spéciaux grâce à des blocs de glace carbonique, du CO2 en forme solide à -78,9 degrés.

Fraport, l’exploitant de l’aéroport de Francfort, n’est pas la seule entreprise à investir dans la chaîne du froid.

Super-congélateurs allant jusqu’à -90°

Dans le verdoyant Bade-Wurtemberg (sud-ouest), la société Binder, une autre PME allemande inconnue du grand public, entre en scène.

Son savoir-faire? Des «super-congélateurs» dans lesquels «il fait plus froid que dans l’Arctique», selon les médias allemands. De fait, la température dans ces appareils peut descendre jusqu’à -90°.

L’entreprise de Tuttlingen, une des leaders du marché, a d’abord fourni les laboratoires, puis la logistique et travaille désormais avec les autorités allemandes pour équiper les centres de vaccination.

«Tout a commencé en août quand nous avons reçu des demandes de sociétés de logistique (…) elles se sont dits nous devons équiper nos centres de stockage de congélateurs», affirme Anne Lenze, chargée de la communication.

Depuis, «la demande est telle que nous travaillons 24 heures sur 24, nous recrutons des employés et nous en cherchons», souligne-t-elle.

Le 18 novembre, à peine dix mois après avoir décidé de se lancer dans l’aventure, BioNTech annonce avec son partenaire américain Pfizer, que son vaccin est sûr et efficace à 95%. Un niveau similaire à celui de la firme américaine Moderna avec qui il rivalise pour développer la technique dite de l’ARN Messager.

Les marchés boursiers s’emballent, le monde entier reprend confiance.

Succès fêté autour d’une tasse de thé

Mais à Mayence, il n’est pas question de céder à l’euphorie. Pour fêter cet événement, le couple Türeci-Sahin s’accorde donc… une tasse de thé. De toute façon, «le champagne, ce n’est pas notre truc», plaisante M. Sahin dans un entretien à l’AFP.

En soufflant sur leur breuvage, ces deux quinquagénaires, enfants d’immigrés turcs, «songent à tout ce qui s’est passé jusqu’ici et à ce qui va maintenant advenir».

A 600 km de là, dans la capitale allemande, le pompier à la retraite Albrecht Broemme, solide gaillard de 66 ans à la chevelure poivre et sel, s’affaire avec… une boîte de Lego.

Chargé de superviser les six centres de vaccination que Berlin veut mettre sur pied dans le cadre d’une campagne nationale, il bâtit une mini-station de vaccination avec comptoir d’enregistrement et allées de circulation.

«J’ai réfléchi à un système en pensant (…) aux espaces nécessaires afin de ne pas créer d’embouteillage», détaille-t-il devant l’ancien aéroport de Tegel, un des lieux où les Berlinois se feront injecter le vaccin.

Quelque 450 centres de vaccination sont installés dans tout le pays. Le plus grand, situé à Hambourg, pourra effectuer jusqu’à 7.000 injections par jour dans les 64 cabines prévues à cet effet.

A Hambourg comme à Berlin, tout visiteur devra suivre un circuit, depuis la vérification d’identité jusqu’à la vaccination proprement dite.

L’injection sera précédée d’une consultation médicale et, en fin de chaîne, «une salle d’attente» sera là pour vérifier que toute l’opération s’est bien déroulée.

«Nous imaginons qu’en tout cela prendra une heure», assure Albrecht Broemme.

Le 2 décembre, le Royaume-Uni devient le premier pays occidental à octroyer une autorisation d’urgence au vaccin BioNTech/Pfizer.

D’autres pays suivent: les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, Singapour. L’Allemagne, frappée de plein fouet par une deuxième vague de contamination, s’impatiente.

Elle fait pression pour que l’autorité de régulation, l’Agence européenne des médicaments (EMA) accélère sa prise de décision prévue alors le 29 décembre au plus tard.

Le 21 décembre, avec plus d’une semaine d’avance, l’EMA donne finalement son feu vert. L’Union européenne annonce dans la foulée que la campagne de vaccination débutera le 27 décembre.

Au centre d’Hambourg, les autorités sanitaires affirment être prêtes tandis que BioNTech organise des formations en ligne avec des médecins et infirmières. La firme répond à plus d’un millier de questions des acteurs médicaux.

Escortes armées des convois de vaccins

Les premiers camions chargés de doses de vaccin quittent le centre de production de Pfizer en Belgique mercredi.

Elles sont notamment acheminées vers les 25 centres de distribution désignés par les autorités fédérales allemandes qui les transporteront ensuite dans les 294 districts du pays, selon BioNTech.

Tout au long du parcours, des policiers armés escortent les convois. L’Allemagne redoute d’éventuels sabotages alors que la fronde des «anti-vaccin» et de ceux qui ne croient pas à l’existence du virus a gagné en ampleur depuis l’été.

Dans un premier temps, le vaccin doit être injecté dans le bras des personnes les plus vulnérables, celles de plus de 80 ans.

Plusieurs maisons de retraite ont été durement frappées par la pandémie alors que le nombre de morts quotidien reste élevé.

Pour la chancelière Angela Merkel, chaque injection représente une vie sauvée. «Quand on voit le nombre de personnes qui sont mortes à cause de ce virus, on voit combien de vies le vaccin peut sauver».

Comme chaque jour compte, les responsables d’une maison de retraite de Halberstadt, à l’est,ont décidé de commencer à vacciner dès samedi, réservant l’honneur à Edith Kwoizalla, une résidente âgée de 101 ans, d’être la première à recevoir le vaccin.

Le lancement officiel de la campagne est programmé pour dimanche dans tout le pays, et dans d’autres Etats de l’Union Européenne.

Et à leur table du petit-déjeuner, Özlem Türeci et Ugur Sahin savoureront peut-être une nouvelle tasse de thé.

Vaccin Covid-19 : Israël, premier de la classe

Israël a administré son 650.000e dose de vaccin Pfizer/BioNTech contre le coronavirus, une semaine après le début de sa campagne de vaccination, faisant de l’État hébreu le premier pays au monde pour le nombre de vaccinations par habitant.

Israël a entamé dimanche son troisième confinement pour au moins deux semaines, afin de tenter d’endiguer la recrudescence des contaminations ces dernières semaines alors que le pays se dirige vers une quatrième élection en deux ans après l’implosion du dernier gouvernement de coalition dirigé par Netanyahu.

Par ailleurs, Israël semble mener avec succès sa campagne de vaccination. Ce mercredi, le ministre israélien de la santé, David Herzl Levy , a annoncé que 650.000 Israéliens ont d’ores et déjà reçu la première dose du vaccin Pfizer/BioNTech contre le coronavirus, faisant ainsi de l’État hébreu le premier pays au monde pour le nombre de vaccinations par habitant, devant le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada.

Le ministre israélien s’est également félicité de la vaccination de 152.000 personnes en 24h, un record depuis le début de la campagne.

« En route vers un million de vaccinés! 152000 vaccinés hier, Près de 650 000 au total. C’est comme ça comment on va vaincre une épidémie! », s’est pour sa part félicité le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, sur son compte Twitter.

Edelstein avait affirmé mardi à la presse, qu’un cinquième des Israéliens de plus de 60 ans ont reçu le vaccin COVID-19.

«Nous avons travaillé pour faire venir des millions de vaccins en Israël, et maintenant, grâce au ministère de la Santé, aux hôpitaux et aux caisses d’assurance maladie, qui gèrent une énorme opération, nous avons atteint cet objectif», a déclaré Netanyahu à l’occasion de sa visite à une clinique de Jérusalem en compagnie avec le maire de la ville, Moshe Lion.

«Ma mission est d’assurer la poursuite de ce rythme», a-t-il déclaré. «Si nous continuons ainsi, nous serons le premier pays au monde à sortir de la pandémie».

Netanyahu a affirmé vouloir faire vacciner 2,25 millions d’Israéliens – plus d’un quart des 9,2 millions d’habitants d’Israël – d’ici fin janvier.

Mauricette, 78 ans, première à être vaccinée en France, se dit «très émue»

Mauricette, une femme âgée de 78 ans, a été la première a recevoir dimanche le vaccin contre le COVID-19 en France où le virus continue de circuler fortement en dépit des mesures sanitaires assez strictes mises en oeuvre dans le pays.

«Je suis très émue», a-t-elle déclaré après avoir reçu une injection dans la matinée au sein de l’unité de soins de longue durée de l’hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis (93).

https://twitter.com/franceinfoplus/status/1343163986599161857

D’autres personnes âgées et des membres du personnel soignant ont été également vaccinés le même jour dans cet hôpital ainsi que dans l’Ehpad Champmaillot du CHU de Dijon en Bourgogne-Franche-Comté, une région où le coronavirus est très répandu, tout comme en Seine-Saint-Denis.

Emmanuel Macron a salué cette nouvelle étape cruciale de la lutte contre la pandémie. «Soyons fiers de notre système de santé», a-t-il déclaré dans un tweet.

La Haute autorité de santé française (HAS) a autorisé jeudi l’utilisation d’un premier vaccin, développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech.

D’autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont également commencé le même jour à vacciner, dans le cadre d’une campagne coordonnée à l’échelle de l’UE.

En France, après l’Île-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté, la campagne vaccinale va s’étendre progressivement dès janvier à l’ensemble du territoire.

Des contrats ont été passés pour cinq vaccins pour le premier semestre dont deux – celui de Pfizer et BioNTech utilisé dimanche et celui de Moderna – sont disponibles tout de suite, dit-on à Matignon.

Ceux d’AstraZeneca, de CureVac et de Janssen compléteront le portefeuille prévu pour le premier semestre.

Vaccination sur la base du volontariat

Une première phase, dans les prochaines semaines, concernera environ un million de personnes très âgées. Viendront ensuite les personnes de plus de 65 ans et les personnels de santé, avec en priorité les plus vulnérables au virus, puis le reste de la population.

Après les deux établissements retenus dimanche suivront la semaine prochaine 23 autres, situés en région parisienne et autour de Lyon, Lille et Tours. La campagne de vaccination s’accélérera ensuite à partir de la mi-janvier.

La vaccination ne sera pas obligatoire mais administrée sur la base du volontariat en s’appuyant sur les médecins traitants, qui seront chargés notamment d’informer les candidats, dont le consentement sera recueilli avant chacune des deux injections nécessaires.

Un sondage BVA publié par le Journal du Dimanche confirme que les Français sont parmi les plus réticents au monde à se faire vacciner. Seulement 44% d’entre eux envisageraient ainsi de le faire, contre 91% en Chine, 81% en Grande-Bretagne et 70% en Italie.

«Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider», a souligné Emmanuel Macron sur Twitter, en ce jour anniversaire de la naissance de Louis Pasteur, né le 27 décembre 1822.

Le virus reste très actif en France, où un premier cas de contamination au variant actuellement très présent en Angleterre a été découvert vendredi. Une nouvelle souche est également apparue en Afrique du Sud et se propage dans plusieurs pays.

Les chiffres publiés samedi par les autorités sanitaires font état de 3.093 nouvelles infections en vingt-quatre heures en France. Ils marquent un recul important par rapport à la veille (20.262 nouveaux cas), qui s’explique toutefois essentiellement par la fermeture d’un grand nombre de laboratoires d’analyses pour Noël, qui a empêché la remontée des données.

Au total, plus de 2,5 millions de personnes ont été contaminées depuis le début de l’épidémie, faisant de la France le cinquième pays le plus touché au niveau mondial.

«Le virus circule encore trop: 15.000 contaminations détectées par jour en moyenne, alors qu’on était descendu à 11.000 (…) L’objectif des 5.000 s’éloigne», déclare le ministre de la Santé, Olivier Véran dans le JDD.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser flamber l’épidémie à nouveau. Nous prendrons les mesures nécessaires, si la situation devait s’aggraver», ajoute-t-il.

Un premier cas du variant du coronavirus le «VOC 202012/01» découvert en France

Un premier cas de contamination au variant du coronavirus actuellement très présent en Angleterre a été découvert en France, a rapporté vendredi soir le ministère de la Santé.

Reuters

Plusieurs prélèvements de cas positifs au coronavirus pouvant faire évoquer le variant VOC 202012/01 sont par ailleurs en cours de séquençage par les laboratoires du Centre national de référence (CNR), a précisé le ministère.

Cette annonce intervient alors que plusieurs pays européens, parmi lesquels l’Allemagne, ont fait état auparavant de la présence du variant du coronavirus sur leur territoire.

Les données publiées un peu plus tôt par les autorités sanitaires font état de 20.262 nouvelles infections en vingt-quatre heures en France, pour un total de 2.547.771 personnes contaminées depuis le début de l’épidémie.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a indiqué que le cas du variant du coronavirus avait été détecté à Tours et qu’il s’agissait d’un ressortissant français résident en Angleterre et arrivé de Londres le 19 décembre.

Cet homme, qui ne présente pas de symptômes du COVID-19, s’est isolé à son domicile et «se porte bien», est-il écrit.

Les autorités sanitaires ont «procédé à la recherche des personnes contacts à risque pour procéder à leur mise en isolement strict».

«Un système de détection et de surveillance des cas possibles d’infection ou de portage du variant VOC 202012/01 a été mis en place par Santé publique France et les Centres nationaux de référence, en lien avec les laboratoires d’analyses», a fait savoir le ministère.

«La même procédure a été mise en place pour les personnes au retour d’Afrique du Sud, où un autre variant du SARS-CoV-2 circule actuellement de façon active».

La campagne de vaccination contre le COVID-19 doit débuter dimanche dans l’Hexagone.

Coronavirus : L’Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie lancent leurs campagnes de vaccination, avant le reste de l’UE

L’Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie ont commencé samedi à vacciner leur population contre le coronavirus, à la veille du lancement des campagnes de vaccination dans la plupart des autres Etats membres de l’UE, qui a donné le 21 décembre son feu vert au vaccin Pfizer-BioNtech.

AFP

La première dose administrée sur le territoire allemand l’a été à Edith Kwoizalla, une résidente de 101 ans d’une maison de retraite de la région du Sachsen-Anhalt (est).

En Hongrie, c’est Arienne Kertesz, une femme médecin de l’hôpital South Pest de la capitale Budapest qui a ouvert la voie. «J’attendais depuis longtemps de l’avoir, parce que ma capacité à travailler calmement et en sécurité en dépend», a-t-elle déclaré.

Et c’est un spécialiste des maladies infectieuses, Vladimir Krcmery, qui a été le premier à être vacciné en Slovaquie, à Nitra (ouest).

Arrivée des premières doses dans l’UE

Les premières doses de vaccin sont arrivées samedi dans l’UE à la veille du démarrage dans la plupart de ses Etats membres des campagnes de vaccination contre le coronavirus, dont le variant britannique est de plus en plus signalé à travers le monde

La Russie, qui a dépassé samedi les trois millions de cas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Mexique et de nombreux autres pays ont déjà commencé à vacciner leurs populations au début du mois de décembre. La Chine avait été la première à le faire, l’été dernier.

Les Etats-Unis restent les plus touchés par le Covid-19, tant en nombre de morts (330.279) que de cas (18.761.363).

Joe Biden a mis en garde samedi contre les “conséquences dévastatrices” pour des millions d’Américains en difficulté, notamment en raison de la pandémie, si Donald Trump ne promulguait pas, comme il en a brandi la menace, le vaste plan de relance économique de 900 milliards de dollars voté par le Congrès après des mois de tractations.

L’actuel président l’a en effet rejeté, demandant entre autres une hausse des aides directes aux ménages.

Plusieurs pays ont annoncé samedi des cas confirmés du variant britannique du coronavirus, comme l’Italie, la Suède, l’Espagne et le Japon, après l’annonce cette semaine de contaminations en France, en Allemagne, au Liban et au Danemark.

Selon une étude de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), ce nouveau variant est «50% à 74%» plus contagieux que ses prédécesseurs, faisant craindre plus d’hospitalisations et de morts en 2021 qu’en 2020.

Après sa découverte, l’inquiétude avait poussé des dizaines d’Etats à couper leurs liaisons aériennes, maritimes ou terrestres avec le Royaume-Uni, semant le chaos dans son approvisionnement et la pagaille aux abords de Douvres (sud-ouest) où des milliers de camions sont restés coincés plusieurs jours.

Mais la situation dans ce port stratégique, était désormais «résorbée» et le trafic vers Calais, dans le nord de la France, faiblissait «fortement», après le passage de 2.200 poids-lourds vendredi et de 1.500 samedi.

Le Japon a décidé samedi de mettre un terme à toutes nouvelles arrivées d’étrangers non résidents sur son territoire à partir de lundi et ce jusqu’à fin janvier. Un nouveau record quotidien de nouveaux cas de Covid-19, un millier, a été enregistré à Tokyo.

La Suisse trop optimiste

En Italie, le pays européen le plus endeuillé (plus de 71.000 morts), 9.750 doses de vaccin escortés par les carabiniers ont été livrés à l’hôpital Spallanzani de Rome samedi matin.

Face à une flambée du nombre des cas, l’Italie s’était déjà reconfinée avant même Noël, comme l’Irlande, qui a reçu samedi ses vaccins mais n’entamera sa campagne que mercredi.

La Suisse a pour sa part fait amende honorable, reconnaissant que le gouvernement avait été trop optimiste après la première vague de l’épidémie en relâchant les restrictions, avec pour résultat l’un des taux de contamination les plus élevés en Europe au cours de la deuxième vague.

A la fin de la première vague, l’été dernier, «on avait le sentiment que le pire était passé, cela a été l’une des plus graves erreurs», a déclaré Alain Berset, le ministre suisse de la Santé.

En France, 19.500 doses sont arrivées à la pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, en banlieue parisienne. Des employés masqués portant des gants de protection spéciaux contre le froid (le vaccin est conservé à -70°C) ont transféré les boîtes dans des réfrigérateurs spéciaux.

Jour plein d’espoir

En Allemagne, le ministre de la Santé Jens Spahn a salué «un jour plein d’espoir», car ce vaccin “est la clef qui nous permettra de nous réapproprier nos vies”. «L’automne, l’hiver et Noël de l’an prochain ne devraient plus être placés sous le signe de cette pandémie», a-t-il espéré.

Comme l’Italie, l’Autriche a confiné sa population samedi, au lendemain de Noël. Les commerces non essentiels, l’hôtellerie et la restauration seront fermés et la population soumise à un couvre-feu toute la journée jusqu’au 24 janvier.

Au Royaume-Uni, qui a dépassé vendredi les 70.000 morts, des confinements locaux ou de sévères restrictions sont entrés en vigueur pour des millions de personnes.

L’Ecosse continentale passe toute entière en alerte maximale, revenant à un quasi-confinement, comme l’Irlande du Nord.

En Angleterre, six millions de personnes dans le sud et l’est reviennent aussi à un confinement, qui y concerne désormais 24 millions de personnes au total.

En Chine, où l’OMS avait pour la première fois signalé le nouveau coronavirus il y a un an, le Parti communiste s’est félicité de son «rôle décisif (…) qui a permis une victoire glorieuse extrêmement extraordinaire dans cette année extrêmement inhabituelle».

Cette auto-congratulation précède de quelques jours l’arrivée sur le territoire chinois d’une équipe de l’OMS pour enquêter sur les origines du virus.

L’Asie (près de 215.000 morts et 13,7 millions de cas) reste loin des records européens ou américains, mais plusieurs pays connaissent une résurgence de la contagion.

La pandémie a fait au moins 1.750.780 morts et contaminé presque 80 millions de personnes, selon les dernières données officielles compilées samedi par l’AFP.

A Noël, le pape appelle à «la fraternité et aux vaccins pour tous»

Le pape François a insisté vendredi dans son traditionnel message du jour de Noël sur «le besoin de fraternité» en cette période de pandémie, en plaidant avec force pour des vaccins «accessibles à tous».

«En ce moment historique, marqué par la crise écologique et par de graves déséquilibres économiques et sociaux aggravés par la pandémie du coronavirus, nous avons plus que jamais besoin de fraternité», a déclaré le souverain pontife argentin.

Il a appelé à une fraternité concrète, dépassant la famille, l’ethnie, la religion, la langue ou la culture, dans son huitième message de Noël lu à l’intérieur du palais apostolique pour éviter qu’une foule ne se rassemble sur la place Saint-Pierre, alors que l’Italie est confinée pour les fêtes.

Son appel à la solidarité s’applique «spécialement envers les personnes les plus fragiles, les malades et toutes celles qui, en cette période, se sont retrouvées sans travail ou sont en grave difficulté en raison des conséquences économiques de la pandémie, comme aussi envers les femmes qui, durant ces mois de confinement, ont subi des violences domestiques».

Evoquant les découvertes de vaccins arrivées comme des «lueurs d’espoir» dans «une période d’obscurité et d’incertitude», il a martelé que ces lumières «doivent être accessibles à tous».

«Nous ne pouvons pas permettre que des nationalismes fermés nous empêchent de vivre comme la véritable famille humaine que nous sommes», a déclaré François. «Nous ne pouvons pas non plus laisser le virus de l’individualisme radical nous vaincre et nous rendre indifférents à la souffrance d’autres frères et sœurs».

Pour le pape, «les lois du marché et les brevets d’invention» ne doivent pas faire la loi face à «la santé de l’humanité».

Il demande donc aux dirigeants d’Etats, aux entreprises et aux organismes internationaux «de promouvoir la coopération et non la concurrence, et de rechercher une solution pour tous: des vaccins pour tous, en particulier pour les plus vulnérables et les plus nécessiteux dans toutes les régions de la planète».

Le rêve de fraternité face aux inégalités socio-économiques, souvent opposé au «dogme néolibéral», constitue un thème phare de près de huit années du pontificat du pape François. Mais il est devenu particulièrement présent dans ses discours depuis le début de la pandémie du Covid-19, avec notamment la publication en octobre d’un long plaidoyer en ce sens, l’encyclique «Fratelli tutti» («Tous frères»).

Vendredi, le pape a eu aussi une pensée pour les difficiles retrouvailles en famille, l’occasion pour lui d’en magnifier l’importance.

«Ma pensée va en ce moment aux familles: à celles qui aujourd’hui ne peuvent pas se réunir, comme aussi celles qui sont obligées de rester à la maison», a-t-il confié à la fin de son message.

«Que Noël soit pour tous l’occasion de redécouvrir la famille comme berceau de vie et de foi ; lieu d’amour accueillant, de dialogue, de pardon, de solidarité fraternelle et de joie partagée, source de paix pour toute l’humanité», a-t-il ajouté, avant de souhaiter un «bon Noël à tous !».

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