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Il est grand temps de dissoudre l’APEBI

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Après le départ de Saloua Karkri Belkeziz et la sortie de l’Outsourcing, l’APEBI n’est plus que l’ombre d’elle même. L’organisation qui jadis était un partenaire sérieux, respecté et écouté se retrouve otage d’un duo de mercenaires, l’un sans emploi et l’autre organisateur d’évènements. Outre les rumeurs sur des comptes non encore certifiés de la fédération, le président et son adjoint ont entrainé la Ministre de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, Ghita Mezzour, dans le plus grand scandale de l’histoire de l’APEBI. Dans leur fuite en avant, le duo s’active pour rempiler pour un second mandat dans une course contre la montre indigne des valeurs la fédération. Il est grand temps que l’ensemble des parties prenantes entament la réflexion sur le devenir de l’APEBI et envisagent toutes les possibilités y compris la dissolution. Le risque du laisse faire est de voir se dilapider les efforts de toute une génération de pionniers de la technologie au Maroc.

Tout est parti de l’organisation de l’évènement de lancement de la marque digital pays #MoroccoTech par la ministre de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, Ghita Mezzour.

Dans un précédent article, nous avons mis le doigt sur l’absurdité de cette stratégie et nous avons relevé que le nom de domaine de la marque en question, MoroccoTech.org n’était pas la propriété du Royaume du Maroc mais celle de la société Media Mobility, détenue par le vice-président de l’APEBI, Mehdi Alaoui.

Aujourd’hui, il s’avère que l’APEBI a procédé au dépôt auprès de l’OMPIC, le 04 janvier 2022, en son nom, de la marque #MoroccoTech sensée être la propriété de l’Etat Marocain. Et cela dix jours exactement avant la tenue de l’évènement de lancement de la dite marque.

L’escroquerie n’aurait finalement pas échappé à la vigilance des responsables de l’Office puisqu’ils ont jugé la demande irrecevable. Une fin de non-recevoir qui a fait le tour des médias et des réseaux sociaux révélant au grand jour le plus grand scandale de l’histoire de l’Apebi et engageant la responsabilité directe de la Ministre Ghita Mezzour, désormais complice.

#MoroccoTech, la Casa de Papel

Rappelons le contexte.

Janvier 2020, Saloua Karkri-Belkeziz qui venait de réaliser l’acquisition de Capital consulting, et qui siégeait au Conseil de la concurrence, décide de se retirer de la présidence de l’APEBI après 4 mandats de hautes factures. Son expérience, son sérieux et le respect dont lui vouait la profession et le gouvernement, donnait à l’APEBI un poids important et un rayonnement international.

Soucieuse de donner sa chance aux jeunes surtout avec la place que commençait à prendre le digital dans l’écosystème IT, elle encourage des candidatures d’une nouvelle génération d’acteurs technologiques.

C’est finalement la candidature d’un duo composé de Amine Zarouk, DG d’Alten Delivery Center Maroc et Mehdi Alaoui, fondateur de Media Mobility, Screendy et LaFactory.

Le Covid se déclare et l’année qui durant laquelle le secteur des nouvelles technologies devait être en première ligne, s’est transformée en une année où l’avenir de l’Apebi a été mis en équation.

Mené par Ghita Lahlou, vice-présidente de la CGEM et DG de Phone assistance, un groupement des professionnels de l’outsourcing s’est constitué pour «vider l’Apebi de l’outsourcing» – une expression tirée d’un article du LeDesk paru le 25 septembre 2009-.

Inaudible, insignifiant et dépourvu de tout capital d’influence, e président de l’APEBI Amine Zarouk ne faisait pas le poids face à des opérateurs d’un secteur qui pèse pas moins de 14 milliards de dirhams en chiffre d’affaires. Ghita Lahlou va le terrasser devant les membres du Conseil d’administration de la CGEM tenu le 23 septembre 2020. C’est l’humiliation de toute l’Apebi.

Le 25 janvier 2021, soit quatre mois plus tard, et comme cadeau d’anniversaire pour la première année du duo Zarouk/Alaoui à l’APEBI, la CGEM annonce officiellement la cooptation de la Fédération Marocaine de l’Externalisation des Services (FMES) en tant que Fédération sectorielle statutaire externe.

5 millions de dirhams de subvention pour la promotion de l’outsourcing s’évaporent.

Ghita Lahlou et Youssef Chraibi exultent, Amine Zarouk et Mehdi Alaoui se morfondent.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, le même mois, le président de l’Apebi apprend son licenciement. IL tait l’information jusqu’en mars où il va se payer une campagne RP annonçant son départ d’Alten et la création de deux Startups.

Le 10 septembre 2021, Ghita Mezzour est nommée Ministre de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration. Les deux responsables de l’APEBI prennent attache avec elle. Ils déterrent un dossier que Moulay Hafid Elalamy avait refusé d’administrer, la création d’un label marocain du digital #MoroccoTech.

Alignement d’étoiles, Aziz Akhannouch sous pression et en manque de réalisations concrètes pour le bilan des 100 premiers jours de son gouvernement, donne son accord pour le lancement de #MoroccoTech.

L’idée du jackpot du siècle commence à se dessiner. Le plan du Mehdi Alaoui, alias le Professeur, et Amine Zarouk, alias Berlin, est de faire mainmise sur la stratégie digitale nationale. Ghita Mezour, alias Lisbonne, qui n’a que 15 jours pour lancer l’initiative est prête à tout pour organiser l’évènement dans les délais.

Comme l’appétit vient en mangeant, et comme les deux responsables de l’APEBI se sont rendus compte que la ministre et son patron étaient des pigeons, ils vont décider d’aller plus loin et de s’approprier la marque. Ils commencent par acheter le nom de domaine MoroccoTech.org.

Si le dépôt de la marque à l’Ompic a été fait au nom de l’Apebi, le nom de domaine n’a pas été acheté ni au nom du ministère, ni au nom de la fédération, ni au nom de Lafactory, ni au nom de Screendy mais au nom d’une société en veilleuse de Mehdi Alaoui, Media Mobility. Une société qui avait développé la première application de 2M. Une expérience douloureuse pour la chaine qui a très rapidement changé de prestataire.

D’après nos informations, Ghita Mezzour a demandé à l’Apebi de participer à l’organisation de l’évènement de lancement de #Moroccotech en contrepartie de les impliquer dans la mise en oeuvre de la stratégie. Ils débloquent un budget pour financer le studio d’enregistrement de l’évènement.

Toujours selon nos indiscrétions, Amine Zarouk répétait à tout bout de champs et qui veut entendre qu’il était sur une liste de nomination royale et qu’il avait l’appui de la ministre Ghita Mezzour.

La suite on la connait, ça devient tellement gros et tellement flagrant que la presse en parle, les langues se délient, le CESE invite la ministre et la recadre et l’Ompic fait tomber son couperet et refuse le dépôt de la marque au nom de la fédération.

Faute d’homogénéité des métiers, d’engagement de ses membres fondateurs, Il est grand temps de dissoudre l’APEBI

Le 17 janvier 2020, soit trois jours après le MoroccoTech, Mehdi Alaoui et Amine Zarouk envoient aux membres de l’APEBI, un email annonçant le lancement des candidatures pour le renouvellement du bureau de la fédération.

Comme la situation comptable de leur mandat serait, selon les rumeurs, pas très reluisante, qu’ils viennent de réussir leur coup en co-organisant avec le gouvernement le lancement de MoroccoTech, que Zarouk dit avoir besoin du poste pour pouvoir toujours espérer la nomination royale, ils se devaient de rempiler pour un deuxième mandat.

Pour le faire, ils vont encore une fois faire les malins. Ils fixent pour la réception des candidatures une période de quatre jours seulement, le jour de l’envoi du courriel, le mardi 17 janvier, inclus. Puis ils attendent le dernier jour du délai, soit le jeudi 20 pour déposer leur candidature. Et ils sont seuls en course.

Dans un exercice démocratique qui leur est propre, ils ont faire jouer l’alternance, mais entre eux. Mehdi Alaoui, postule pour président et son ancien président postule pour vice-président.

De l’histoire de l’Apebi jamais le niveau n’a été aussi bas.

Au delà des personnes, de leur inconscience, leur opportunisme et leur ignorance des enjeux et des risques, ce qui ce passe aujourd’hui est le résultat de la fin d’un cycle. Le cycle de femmes et d’hommes, des pionniers qui ont investit un secteur complexe et très technique et qui se sont organisés pour défendre leur métier et porter haut et fort le flambeau du savoir-faire du royaume.

Commençant par feu Kamil Benjelloun fondateur de CBI et de l’Apebi, passant par Doss Bennani d’Attijariwafa bank, Fouad Brini Président de la Fondation Tanger Med, Bachir Rachdi, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, Mohammed Horani président HPS jusqu’à Saloua Karkri Belkeziz. Tous reconnus et récompensés pour leurs probité, intégrité, sérieux, profesionalisme et patriotisme.

Ce nivellement par le bas que vit l’Apebi est aussi une résultante d’une part du peu d’implication des membres fondateurs et d’autre part d’un changement structurel de l’écosystème technologique.

La révolution numérique a un impact global et systémique sur l’ensemble des chaines de valeurs. La technologie ne peut plus se définir comme un ilot à part. Elle fait désormais partie intégrante de tout les autres secteurs. La santé, devient HealthTech, l’agriculture devient Agritech et la finance devient Fintech.

De plus, l’arrivée progressive aux postes de décision de jeunes managers nés dans le digital âge, la fonction numérique n’est plus l’exclusivité des ingénieurs et des DSI.

Dans le cas de l’Apebi, ce constat est vérifiable auprès de la CGEM. En effet, la voix de la commission Start-ups et Transformation digitale de la confédération a depuis le départ de Mme Belkeziz gagné des galons. Elle est plus écouté et plus influente que toute l’Apebi réunie. Pourtant, la Commission n’a pas de budget et sa présidente, Mme Meriem Zairi, n’est pas une informaticienne, elle est financière.

Le phénomène s’accélère de jour en jour. La sortie de l’offshoring est certes dû entre autres à un lobbying efficace mais répond à une réalité économique certaine et un exécution à des menaces réelles qui planent sur le secteur à cause de politiques européennes de plus en plus protectionnistes. Cet évènement majeur aurait dû alerter les membres de l’Apebi et les pousser à enclencher une réflexion sérieuse sur son avenir.

La transition numérique a besoin de bâtisseurs d’infrastructures, d’innovateurs deeptech, de la souveraineté des données, de la maitrise des flux financiers, de la cyberdéfense et surtout une gouvernance agile.

Ce n’est pas avec les hackathons, les keynotes, l’événementiel qu’on va y arriver.

On en appelle à un sursaut des membres fondateurs et des sages de la fédération, à l’intervention du ministre de tutelle, M. Ryad Mezzour, au Président de MedZ, M. Omar EL Yazghi, au Président de la CGEM, M. Chakib Alj et aux partenaires Inwi et Orange.

Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL
Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

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