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Sylvie Goulard

François Bayrou quitte le gouvernement Macron

Coup de tonnerre ce matin en France, à quelques heures d’un remaniement ministériel prévu pour ce soir, François Bayrou a annonce à l’AFP sa décision de quitter le gouvernement. Cette démission vient après l’annonce du départ de la ministre des armées, Sylvie Goulard, visée par une enquête impliquant le parti de Bayrou, le MoDem.

Marielle de Sarnez, Ministre chargée des Affaires européennes, visée également par une enquête préliminaire sur les assistants parlementaires des eurodéputés MoDem, a annoncé dans la foulée, ce matin, son départ du gouvernement Macron. Elle présidera le groupe MoDem à l’Assemblée nationale.

Avec ces trois démissions, le gouvernement Macron ne comportera plus de ministres MoDem, sauf nouveautés du remaniement prévu de ce soir du mercredi.

LE1

La ministre des Armées de Macron quitte le gouvernement

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La ministre française des Armées, Sylvie Goulard, a annoncé mardi 20 juin avoir demandé à Emmanuel Macron de ne pas faire partie du prochain gouvernement. Visée par une enquête impliquant son parti, le MoDem, elle souhaite démontrer sa « bonne foi » concernant les soupçons d’emplois fictifs présumés mettant en cause la formation politique de François Bayrou.

Dans un communiqué publié mardi matin, Sylvie Goulard, ministre des Armées, a décidé de démissionner du gouvernement. «Le Président de la République a entrepris de restaurer la confiance dans l’action publique, de réformer la France et de relancer l’Europe. Cette entreprise de redressement doit l’emporter sur toute considération personnelle», a déclaré la ministre. Sylvie Goulard aura passé moins d’un mois dans ses fonctions.

Le Premier ministre Édouard Philippe a quand à lui, présenté dès lundi soir, la démission de son gouvernement, avant d’être aussitôt reconduit dans ses fonctions. Et alors qu’il envisageait simplement d’ajouter quelques secrétaires d’État et hauts commissaires, c’est un remaniement plus important qui se profile en raison de la démission de deux poids lourds de l’exécutif. Richard Ferrand a quitté le ministère de la Cohésion des territoires, département taillé sur mesure pour l’homme de confiance de Macron. Il prendra la tête du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale. Tandis que la ministre des Armées, Sylvie Goulard, a demandé à ne pas faire partie du prochain gouvernement, afin de pouvoir, le cas échéant, «démontrer librement [sa] bonne foi » dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs présumés au MoDem.

Des personnalités issues des rangs des Républicains comme Thierry Solère, Franck Riester ou encore Laure de la Raudière, pourraient rejoindre l’exécutif : Emmanuel Macron pourrait ainsi poursuivre son travail de division du parti fondé par Nicolas Sarkozy.

LE1.

Macron, chef de guerre

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En visite mercredi aux chantiers navals de STX à Saint-Nazaire, leader mondial de la construction des Bâtiments de guerre, de projection et de commandement tels les Frégates et Corvettes, ainsi que les navires polyvalents couvrant les fonctions opérationnelles de navires amphibie, de porte-hélicoptères, de poste de commandement et de navire hôpital, le président français Emmanuel Macron confirme, depuis son investiture, sa stature de chef des Armées. Quatre Conseils de défense en deux semaines, l’installation d’une Task Force à l’Elysée, une visite aux Forces françaises stationnées à Gao au Mali, un sommet de l’Otan : moins d’un mois après son élection, Macron se présente en véritable chef de Guerre de son pays.


Emmanuel Macron participe à l’inauguration du navire de croisière MSC Meraviglia aux chantiers navals de Saint-Nazaire, mercredi 31 mai 2017. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS / « LE MONDE »

Avant de se rendre à Saint-Nazaire pour visiter les derniers nés d’un des fleurons de l’industrie militaire en France, Emmanuel Macron a pris le soin de réunir son quatrième Conseil de défense avec à l’ordre du jour la mise en place d’une nouvelle génération du dispositif Vigipirate, notamment après l’attentat terroriste de Manchester en Grande-Bretagne. L’occasion s’est également prêtée pour discuter de l’architecture de la future Task Force qui aura pour mission la conduite des stratégies de crise particulièrement lors de la gestion dans la durée d’une riposte à une campagne terroriste. Cette Task Force, la première du genre en France rattachée directement à l’Elysée, coordonnera en temps réel les actions de la DGSE (renseignement extérieur), de la DGSI (renseignement intérieur) et de la DRM (renseignement militaire).

 

Cette fibre militaro-sécuritaire n’est pas nouvelle chez Emmanuel Macron. Déjà, en août 2016, quand il a quitté Bercy pour se lancer dans l’aventure présidentielle, il avait mis en place un groupe de réflexion de défense et de sécurité constitué de militaires, de gendarmes, de policiers, d’hommes du renseignement et de magistrats, qui lui soumettait presque quotidiennement des fiches et des infographies pour l’initier aux arcanes de ce monde. Cela fait donc neuf mois qu’il baigne dans cet environnement.

Emmanuel Macron en chef de l’État martial avec les soldats de l’opération Barkhane, le vendredi 19 mai. Il était accompagné de la nouvelle chef des Armées en France, Sylvie Goulard.
Emmanuel Macron partageant le déjeuner avec les soldats de l’opération Barkhane en marge de sa visite au Mali le vendredi 19 mai
Emmanuel Macron (2e) et la ministre française de la Défense, Sylvie Goulard (L), rencontrent les troupes de l’opération française de lutte contre le terrorisme.
A Gao, le 19 mai 2017. Le nouveau président français (au centre) a insisté sur la volonté de la France de contribuer au développement et à la sécurité du pays.

Seul hic, il n’a pas fait son service militaire. Mais en homme d’autorité et lucide, il sait se faire respecter en tant que chef exigeant. Avec 30 000 hommes actuellement en opération à travers le monde, la France a atteint un seuil critique, et ce ne sont pas les 2% du PIB qui seront alloués à la Défense à l’horizon 2025 qui permettront de mieux répondre aux ambitions géostratégiques de Paris. Et cela Macron l’a bien compris. D’où son premier déplacement hors-Europe réservé aux troupes françaises stationnées à Gao, au Mali. Les 1700 soldats en faction dans cette région sensible de l’Afrique subsaharienne, constituent les sentinelles de la lutte antiterroriste que mène la France. Il est vrai que 1000 autres soldats Allemands sont également sur place mais dans le cadre d’une mission de l’ONU aux côtés de troupes algériennes, tchadiennes et mauritaniennes lesquelles, contrairement aux troupes françaises, ne sont pas véritablement engagées sur le terrain, ce qui irrite Emmanuel Macron qui a tenu à le faire savoir aux chefs de l’Etat de ces pays africains, notamment à Abdelaziz Bouteflika avec qui il a eu un entretien téléphonique pour l’inciter à pousser l’Algérie à davantage d’efforts.

Certainement admirateur de l’Art de la Guerre de Sun Tzu, Emmanuel Macron a démontré une véritable posture martiale lors de sa première revue des troupes à l’Elysée le jour de son investiture. Juste après, il descend les Champs-Élysées à bord d’un Command car contrairement à ses prédécesseurs, avant de rendre à l’hôpital Percy au chevet des militaires français blessés au combat dans différents théâtres d’opération à travers le monde.

Le président Emmanuel Macron à bord d’un véhicule militaire remonte l’avenue des Champs-Elysées lors de sa journée d’investiture, le 14 mai 2017 à Paris

Toute cette symbolique militaire, Macron l’a affichée devant son hôte russe Vladimir Poutine qu’il reçu au Palais de Versailles et devant lequel il a solennellement déroulé sa vision géostratégique du monde. Parlant du dossier syrien lors d’une conférence de presse commune avec son homologue russe, le président français a clairement exprimé ses intentions belliqueuses : «Une utilisation des armes chimiques entraînera une riposte immédiate de la France.»

Emmanuel Macron recevant Vladimir Poutine à Versailles – 29 Mai 2017

C’est la première fois qu’un président français parle d’utiliser la force sans passer par l’ONU et sans autorisation du Conseil de sécurité. Un tournant dans la politique étrangère de la France ? Hypothèse à ne pas écarter surtout que le nouveau président a rebaptisé le ministère de la Défense en ministère des Armées comme sous Napoléon, et a nommé le ministre sortant de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en tant que ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. D’aucuns diraient une diplomatie guerrière.

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie avait montré un intérêt particulier au drone Watchkeeper Drone. La photo avec le PDG de Thales, Patrice Caine, lors du 51e salon du Bourget, près de Paris, le 20 juin 2015. Source : REUTERS/Pascal Rossignol

Abdellah El Hattach

La dream team de Macron en images

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Trois jours après son investiture, le Président français Emmanuel Macron vient de nommer son gouvernement, dont la composition a été annoncée par le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler.

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Dévoilé mercredi à 15 heures précises par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, le premier gouvernement Macron se compose de 16 ministres, dont trois ministres d’Etat, de deux ministres délégués et de quatre secrétaires d’Etat. La parité est respectée, puisque sur les 22 membres, 11 sont des hommes, 11 sont des femmes. Le plus jeune est Mounir Mahjoubi, 33 ans; les plus âgés sont Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Jacques Mézard, 69 ans.

 

Voici donc la liste intégrale du premier gouvernement du quinquennat Macron:

  • Gérard Collomb, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur
  • Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire
  • François Bayrou, ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des Sceaux
  • Sylvie Goulard, ministre des Armées
  • Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires
  • Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé
  • Françoise Nyssen, ministre de la Culture
  • Bruno Le Maire, ministre de l’Economie
  • Muriel Pénicaud, ministre du Travail
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale
  • Jacques Mézard, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
  • Annick Girardin, ministre de l’Outre-mer
  • Laura Flessel, ministre des Sports

Sont désignés ministres délégués :

  • Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, chargée des transports
  • Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes

Sont nommés secrétaires d’État :

  • Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement
  • Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique
  • Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées
  • Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité des femmes et des hommes

LE1