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Ryadh

Maroc-Arabie saoudite : Des relations au plus bas

Un porte-parole du ministère marocain des Affaires étrangères a révélé la raison qui a empêché le roi Salmane Ben Abdelaziz d’Arabie saoudite de se rendre en villégiature au Maroc pour y passer ses vacances dans la ville de Tanger, comme il a toujours eu l’habitude de le faire durant les années précédentes.

Cité par le très influent journal espagnol La Vanguardia, le responsable marocain, dont on ne connaît ni l’identité ni le statut réel, a déclaré que les relations entre le Maroc et l’Arabie saoudite sont «à leur niveau le plus bas» tout en ajoutant que «les vraies raisons de l’abstention du roi Salmane de passer ses vacances à Tanger, relèvent principalement des problèmes internes que confrontent l’Arabie Saoudite et non pas à cause de ses relations avec le Maroc.»

C’est la première fois qu’un responsable diplomatique marocain commente les relations entre Rabat et Ryadh de la sorte.

Même si nous ignorons l’identité de ce porte-parole, c’est la première fois qu’un responsable diplomatique marocain commente les relations entre Rabat et Ryadh de la sorte. Est-ce réellement la position officielle du Maroc ou juste une initiative personnelle de ce porte-parole ? Car, habituellement, les autorités marocaines n’interfèrent pas dans les affaires intérieures des autres pays, notamment ceux qui sont considérés comme «frères» et «amis».

Le journal espagnol évaluent le manque à gagner à quelque de 100 millions de dollars

En outre, la Vanguardia a affirmé dans ce sens que «le roi Salmane a préféré demeurer dans son pays cet été en raison des tensions internes résultant des décisions prises par le prince héritier, Mohammed Ben Salmane qui ont affecté le potentiel de la cohésion au sein de la famille royale.»

Pour le journal espagnol, connu pour être proche d’institutions régaliennes à Madrid, « l’absence du roi Salmane est un coup sévère pour l’économie de la ville de Tanger». La Vanguardia estime les pertes directes à 12 millions d’euros, alors que d’autres sources occidentales citées par le journal espagnol évaluent le manque à gagner à quelque de 100 millions de dollars, montant qu’aurait dépensé le roi saoudien et sa suite à Tanger en 2017.

Notons qu’après avoir renoncé à se rendre à Tanger, et selon un communiqué du Cabinet royal saoudien publié le 31 juillet, le roi Salmane Ben Abdelaziz Salmane passe ses vacances à Neom, un projet de ville futuriste située au nord-ouest de l’Arabie Saoudite.

Le général Qasem Soleimani s’envole pour Baghdad pour tenter de sauver la coalition pro-Téhéran

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La victoire aux législatives irakiennes de la liste proche du dignitaire chiite Moqtada al-Sadr a secoué les arcanes du pouvoir en Iran. Car contrairement à la plupart des autres courants chiites en Irak, Moqtada al-Sadr est loin d’être considéré comme un allié de l’Iran. Bien au contraire, ce trublion de la vie politique de l’Irak a toujours vivement critiqué l’ingérence des Perses dans la chose intérieure de son pays, lui le fervent partisan d’un réel non-alignement. Le silence iranien après la communication des résultats préliminaires, notamment après le sévère revers subi par leur principal allié Nouri al-Maliki, n’a pas duré trop longtemps. Téhéran a dépêché sur place le commandant-en-chef de ses troupes en Syrie, le général général Qasem Soleimani, en vue de tenter de sauver ce qui peut encore l’être et chercher à négocier la constitution d’une nouvelle coalition qui permette de sauvegarder les intérêts de l’Iran en Irak.

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Le selfie avec Mohammed VI inspire Saad Hariri

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Quelques semaines après le franc succès de son selfie avec le roi Mohammed VI et le prince héritier saoudien MBS, Saad Hariri semble avoir exploité le filon et lance une application de ses selfies la veille des élections législatives libanaises qui auront lieu le 6 Mai 2018.

Saad Hariri, premier ministre libanais, âgé de 48 ans, a appelé ce mardi ses fans et followers à télécharger sa nouvelle application smartphone pour partager des photos dans lesquelles il apparaît à leurs côtés.

Le lancement de l’application précède les élections du 6 mai, premier scrutin parlementaire du pays depuis près d’une décennie, où 600 candidats cherchent à séduire les jeunes libanais sur les réseaux sociaux.

من #القمة_العربية_بالظهران #القمة_العربية_29

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Hariri dirige Tayyar al-Moustaqbal, “Courant du futur”, qui présente 37 candidats, dont lui-même dans les premiers scrutins législatifs depuis 2009.

Le premier ministre libanais n’hésite pas à prendre des selfies avec un large éventail de ses fans et partisans et même des leaders mondiaux.

Le selfie qui a eu un retentissement mondial est celui qui l’a réuni à Paris avec le roi Mohammed VI et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

L’application permet aux fans de Hariri d’admirer une collection de selfies du premier ministre. Ils peuvent également ajouter leurs propres photos avec le chef du gouvernement.

Lors d’un rassemblement récent, Hariri a promis à un groupe de 6 000 femmes de prendre un selfie avec chacune d’entre elles s’il gagnait les élections.

En novembre dernier, Saad Hariri avait annoncé sa démission de la tête du gouvernement depuis Ryadh dans une interview télévisée. Quelques semaines plus tard, après des consultations avec les différents groupes politiques au Liban et l’intervention de Paris, Saad Hariri a retiré sa démission.

Moulay Rachid et Lalla Hasna, VRP royaux du Maroc, ou gardiens de la fraternité arabe

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La crise que traverse le Conseil de la coopération du Golfe est l’une des plus graves, sinon la plus grave, depuis la création, en 1981, de cet espace politique qui réunit les monarchies de la presqu’île arabique. Club très select de richissimes royaumes et émirats parmi les plus grands producteurs d’hydrocarbures dans le monde, le CCG était donné souvent en exemple pour son unité, la solidité de ses rangs et en tant que « bouclier » militaire stratégique face aux appétits de certaines puissances régionales. Sauf que depuis presqu’un an, le Conseil subit une grave fracture parmi ses membres à cause de la crise politique profonde qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn d’une part, et le Qatar de l’autre. Traditionnellement et historiquement, le Maroc est un grand ami des pays du Golfe. Et l’intelligence du royaume a été, durant cette crise, de maintenir une relation équidistante et équilibrée entre les différents protagonistes de ce conflit politique aux relents géostratégiques tentaculaires qui dépassent la seule région du Moyen-Orient, sachant que plusieurs de ces pays, à titre individuel, tentaient, vainement, de tirer Rabat vers leur camp contre celui de l’autre. Il aura fallu tout le tact diplomatique du roi Mohammed VI pour ne pas laisser entraîner le Maroc dans ce bourbier.

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Moulay Rachid représente le roi Mohammed VI au Sommet arabe

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Le prince Moulay Rachid est arrivé ce matin à la ville de Dhahran pour y représenter le roi Mohammed VI au 29e Sommet arabe qui se tient en Arabie saoudite.

Accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moulay Rachid a été accueilli à sa descente d’avion à la base aérienne Roi Abdelaziz, par le prince Saoud Ben Nayef Ben Abdelaziz, Gouverneur de la Region-Est et son adjoint le prince Ahmed Ben Fahd Ben Salmane Ben Abdelaziz.

Avant de regagner le salon d’honneur de la base aérienne, le prince Moulay Rachid a été également salué par l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Maroc, Abdelaziz Mohieddine Khouja, le Commandant de la base aérienne, le général de division Aid Ben Barrak Al-Outaibi, et le chargé d’affaires ad interim de l’ambassade du Maroc à Riyadh.

La descente aux enfers du « seigneur de l’Ethiopie »

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Le sulfureux homme d’affaires saoudo-éthiopien, Cheikh Mohammed Hussein Al Amoudi, ancien PDG et ex-actionnaire de référence de la raffinerie la Samir, poursuivi par les autorités judiciaires marocaines dans le cadre de l’affaire éponyme, et arrêté début novembre 2017 par les saoudiens dans le sillage de la «purge anti corruption» déclenchée par le prince héritier Mohamed Ben Salmane, refait parler de lui dans les médias américains. A ce titre, le New York Times du vendredi 16 mars lui a consacré un grande enquête bien fouillée mobilisant pas moins de 5 journalistes d’investigation dans lequel le quotidien new-yorkais revient sur son parcours d’hommes d’affaires, son ascension fulgurante, ses relations avec les puissants de ce monde, son terrain de prédilection qu’est l’Ethiopie et sa chute brutale.

Le quotidien new yorkais se pose la question sur le sort de celui qui “possède une grande partie de l’Ethiopie” et dont les “Saoudiens ne dévoileront pas le lieu de détention”.

Celui qui “fournit du café à Starbucks” et qui menait une vie dorée a vu son ascension prendre “une tournure brutale” en novembre. Cheikh Amoudi, milliardaire de 71 ans et d’origine yéménite a été emporté dans la tourmente de la campagne anti-corruption décidée et menée d’une main de fer par le puissant MBS, au cours de laquelle plus de 100 milliards de dollars d’actifs ont été saisis.

De nombreux détenus, initialement emprisonnés à l’hôtel Ritz-Carlton à Ryadh, ont été libérés, notamment le prince Al-Walid ben Talal, mais le cheikh Amoudi, “autrefois appelé le plus riche des noirs du monde par le magazine Forbes” n’a pas été libéré, laissant un vaste empire qui emploie plus de 70 000 personnes dans les limbes. En Éthiopie, “il est le plus grand employeur privé et le plus important bailleur du gouvernement central” selon le journal américain qui ajoute qu’en “Suède, il possède une grande compagnie de carburant,  Preem, ainsi qu’à Londres, qu’il a utilisée comme base arrière de son empire”.

« Il était au Ritz-Carlton, mais les membres de sa famille nous ont dit qu’il avait été transféré, avec d’autres personnes, dans un autre hôtel », a déclaré le service de presse du cheikh Amoudi dans une correspondance au NYT. « Malheureusement, nous ne savons pas où il est. Il est en contact régulier avec sa famille et il est bien traité. »

Si le cheikh Amoudi “manque d’un pedigree princier, il est par ailleurs un archétype de ceux qui sont empêtrés dans le jeu du pouvoir du royaume : un milliardaire dont les atouts s’étendent à travers le monde et qui entretiennent des liens étroits avec les gouvernements précédents”.

Un vaste empire commercial

Le vaste empire commercial du cheikh Amoudi emploie quelque 70 000 personnes et comprend une entreprise agricole, une compagnie de carburant et une chaîne de stations-service.

Le conglomérat du cheikh Amoudi en Éthiopie “emploie quelque 70 000 personnes et comprend des entreprises agricoles, une compagnie de carburant et une chaîne de stations-service” selon un décompte établi par les journalistes d’investigation qui ont mené l’enquête.

Selon le NYT, “le défunt roi Abdallah ben Abdelaziz était un partisan du Saudi Star Agricultural Development de Sheikh Amoudi, une vaste entreprise agricole éthiopienne établie pour fournir du riz à l’Arabie saoudite”. L’article précise que de “telles entreprises sont considérées comme des atouts stratégiques dans un royaume du désert profondément conscient de ses limites agricoles. Alors que Saudi Star a eu du mal à démarrer, on dit que c’est un sujet d’intérêt particulier pour le nouveau gouvernement.”

De leur côté les responsables saoudiens ont refusé de commenter les accusations portées contre des détenus en particulier ni dévoiler ainsie leur statut, se prévalant des lois sur la vie privée.

Revenant sur la carrière d’Al Amoudi, on apprend du quotidien new-yorkais que le milliardaire “a déménagé dans le royaume à l’adolescence. Bien qu’il y ait peu de détails précis sur la façon dont un roturier est arrivé à une grande richesse, il a réussi à forger des liens influents.” Le plus important de ces liens était celui avec le défunt “prince Sultan Ben Abdelaziz, qui a servi comme ministre de la défense et prince héritier avant sa mort en 2011.” Cheikh Amoudi s’occupait du patrimoine de ce dernier et a beaucoup tiré profit de sa proximité avec lui. Un autre de ses alliés était “Khalid Ben Mahfouz, un milliardaire qui devint plus tard impliqué dans l’effondrement de la Banque du crédit et du commerce international en 1991, à l’époque l’une des plus grandes banques privées du monde.”

Le journal explique que dans les années 1980, “Cheikh Amoudi a créé Mohammed International Development Research and Organisation Companies, un conglomérat connu sous le nom de Midroc. Au début, son plus gros contrat était un projet de plusieurs milliards de dollars pour construire des réservoirs souterrains de stockage de pétrole du royaume.” L’ingénierie et la construction sont devenues des activités de base pour Midroc, mais selon le quotidien “elle gère tout, des usines pharmaceutiques aux usines de meubles de la région. Cheikh Amoudi possède également la moitié d’une compagnie d’acier appelée Yanbu, et une grande chaîne de stations-service appelée Naft.”

À l’instar d’autres détenus, “le Cheikh Amoudi a étendu son influence aux États-Unis. Il a fait don de millions de dollars à la Fondation Clinton et a offert son avion privé pour transporter Bill Clinton en Éthiopie en 2011. Cette offre avait suscité un large débat au sein de la fondation” expliquent es journalistes auteurs de l’enquête. « Sheikh Mo” aurait envoyé un chèque de 6 millions de dollars à Fondation Clinton.

Ce n’était pas la première fois que le nom de Cheikh Amoudi apparaissait aux États-Unis. Trois ans après les attentats du 11 septembre 2001, le propriétaire du World Trade Center a qualifié le Cheikh Amoudi de «commanditaire matériel du terrorisme international» en raison de son financement d’organisations caritatives islamiques controversées. “Les deux parties ont convenu d’une fin de non-recevoir l’année suivante, et un porte-parole du Cheikh Amoudi a attribué le procès à une affaire d’identité erronée.”

En Ethiopie, les alliés du Cheikh Amoudi le décrivent comme un philanthrope et un champion de la croissance africaine. Alors que l’intéressé se décrit de la sorte : “Je suis un investisseur saoudien, né en Afrique, avec une mère éthiopienne dont je suis fier. J’ai une relation privilégiée avec mon pays natal en investissant dans toute l’Afrique – Nord, Sud, Est, Ouest-.”

Une figure polarisante

L’influence du Cheikh Amoudi en Éthiopie a été si omniprésente qu’un câble diplomatique du Département d’État de 2008, rendu public par WikiLeaks, a souligné que «presque toutes les entreprises de grande valeur monétaire ou stratégique privatisées depuis 1994 sont passées du gouvernement éthiopien» à «une» des entreprises d’Al Amoudi. « Cela a remis en question la » véritable compétitivité du processus « , a relevé le câble.

“Le Cheikh Amoudi a permis la construction d’un hôpital à Addis-Abeba et a financé des programmes de traitement du sida.” Sur le plan politique, “il a également longtemps soutenu le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, qui a gouverné le pays pendant plus d’un quart de siècle, mettant en colère les partisans de l’opposition.”

“Quand il a été emprisonné, il a divisé l’opinion publique », selon Semahagn Gashu Abebe, professeur adjoint d’études internationales au Collège Endicott cité par le NYT. « L’opposition est heureuse parce qu’elle pense que cela va grandement affaiblir le régime. » Alors que pour le parti au pouvoir en Ethiopie, son arrestation est “une perte ».

“Beaucoup voient le Cheikh Amoudi moins comme un fils local bienfaisant qu’un corsaire saoudien”. Certaines de ses opérations minières, en particulier dans une région d’Éthiopie appelée Oromia, ont provoqué du ressentiment, des protestations et des arrestations.

Selon Henok Gabisa, chercheur universitaire invité à Washington et à la Lee University School “sa présence et son absence font une énorme différence en Éthiopie.”

500 millions de dollars de Ryad à Rabat pour payer les salaires des fonctionnaires

Dans sa lettre de cadrage adressée le 11 août dernier aux différents départements ministériels, le chef du gouvernement a fixé quatre grands axes concernant les priorités de l’exécutif : le social, l’industrialisation, la régionalisation avancée et la réforme de la Justice et de l’Administration. Mais le gouvernement n’avait même plus les moyens de payer les fonctionnaires, il alors fait appel aux saoudiens pour sauver la mise.

La note de cadrage de Saad dine El Otmani, qui tire la sonnette d’alarme quant à l’aggravation des disparités sociales et territoriales, incite à une amélioration des services aux citoyens, encourage à catalyser l’investissement privé et stimule la croissance des petites et moyennes entreprises, tout en insistant sur l’urgence d’une réforme de l’Administration par sa numérisation et d’un grand coup de fouet au chantier de la Justice.

Sauf que les moyens mis sur la table pas l’équipe d’El Otmani n’étaient pas suffisants. Les pouvoirs publics ont alors appelé les saoudiens à la rescousse. Ryadh a alors mobilisé le Fonds Saoudien pour le Développement pour pouvoir injecter du cash directement dans le budget de l’Etat mais avec une condition : ne pas inscrire les dépenses de fonctionnement dans le budget d’investissement. Autrement dit, pousser l’exécutif dirigé par El Otmani à distinguer une fois pour toutes les deux chapitres que les gouvernements précédents avaient tendance à confondre.

Une semaine après la circulaire du chef du gouvernement contenant la note de cadrage du PLF 2018, et pendant que le Roi d’Arabie saoudite se trouvait toujours au Maroc, pour son séjour annuel de villégiature à Tanger, un accord de prêt  a été conclu  à Rabat le 17 août entre le gouvernement marocain et le Fonds Saoudien pour le Développement en vue de l’octroi d’un prêt de 500 Millions de dollars au Maroc dans le but d’appuyer l’équilibre budgétaire, consacrer les dépenses du personnel et garantir le paiement des salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités au risque d’un vrai shutdown passé sous silence.

Décret n° 2-17-508 du 07 septembre 2017 portant approbation de l’accord de prêt conclu le 17 août 2017 entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le Fonds Saoudien pour le Développement (FDS), publié au Bulletin Officiel n°6606 du 21 septembre 2017

En 2017, le Maroc a bénéficié de plusieurs prêts et dons du Fonds saoudien pour le développement, parmi eux l’octroi, en avril dernier, d’un don de 100 millions de dollars, en appui au financement des PME dans le pays. Sans oublier que le projet de construction du TGV au Maroc a aussi bénéficié d’un prêt de ce même Fonds d’une valeur de 200 millions de dollars.

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Le Maroc, signataire du Statut de Rome, mais pas ratifié, n’est pas tenu d’arrêter le président soudanais Omar Al Bachir

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Le président soudanais Omar Hassan Al Bachir est arrivé jeudi au Maroc pour une visite privée dans le pays où il a été reçu en audience par le roi Salmane Ben Abdelaziz actuellement en villégiature à Tanger, dans le nord du royaume.

Sous le coup de deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale pour «crimes de guerre et crimes contre l’humanité» et pour «génocide», le président soudanais n’a pu se rendre au sommet de Ryadh en mai dernier suite à un veto du président américain Donald Trump.

Omar Hassan Al Bachir a défié à plusieurs reprises la Justice internationale qui impose à tous les pays signataires du Statut de Rome de procéder à son arrestation une fois qu’il foule le sol de leur territoire. Le Maroc, signataire du texte, ne l’a pas encore ratifié. Il est donc exempt de s’y soumettre.

Omar Hassan Al Bachir est attendu à Moscou le mois prochain pour des entretiens avec le président russe, Vladimir Poutine. Cette visite a été précédée par six réunions de la commission mixte soudano-russe.

La Russie et la Chine sont les principaux alliés de Khartoum sur la scène internationale.

Pour rappel, le président Omar Hassan Al Bachir avait déjà rencontré le souverain saoudien l’année dernière à Tanger, à la même époque durant le séjour privé du roi Salmane Ben Abdelaziz au Maroc.

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Rapprochement irano-saoudien par Irak interposé

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L’éminent dignitaire chiite irakien, Moqtada al-Sadr, est en visite en Arabie saoudite. Accueilli par le ministre d’Etat saoudien aux Affaires du Golfe, Thamer al-Subhan, il a été reçu illico par le puissant prince héritier Mohamed Ben Salmane, nouvel homme fort du royaume depuis l’éviction de Mohamed Ben Nayef. Les relations entre l’Irak et l’Arabie saoudite sont brouillées depuis 1990. Elles se sont davantage compliquées depuis l’emprise iranienne sur le pays suite à la chute du régime de Saddam Hussein. Cette visite pourrait conduire à un renforcement des relations irako-saoudiennes, notamment après la récente réouverture de deux postes frontières fermés depuis plus de 20 ans. Il s’agirait aussi d’une avancée positive dans les relations politiques entre les deux pays à la lumière de la récente proximité entre Téhéran et Doha qui ne cesse d’irriter Ryadh. Moqtada al-Sadr s’est ainsi déplacé en Arabie saoudite en tant qu’éclaireur pour tâter le pouls politique et baliser le terrain en vue d’une normalisation entre les deux grands pays du Moyen-Orient et, pourquoi pas, à terme, renouer le dialogue entre saoudiens et iraniens.


C’est sur invitation officielle du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, que le chef chiite irakien Moqtada al-Sadr est arrivé dimanche à Ryadh. Cette visite intervient suite à après l’annonce par l’Arabie saoudite de soutenir Baghdad dans sa lutte contre le «terrorisme», notamment après la chute de Mossoul.

Le vice-Roi et Serviteur des Lieux Saints adjoint en l’absence de son père le Roi Salmane qui se trouve en villégiature à Tanger, au Maroc, est désormais l’interlocuteur privilégié des dignitaires de ce monde, raison pour laquelle la réunion qu’il a eue avec Moqtada al-Sadr a vu l’examen des relations entre les deux pays dans leur ensemble et à bâtons rompus, sans ordre du jour précis, notamment sur les sujets à caractère militaire, de renseignement et de sécurité.

La visite de Moqtada al-Sadr en Arabie saoudite intervient à un moment critique dans les relations entre les composantes des différents pays du Golfe et la poursuite du blocus imposé au Qatar, depuis le 5 juin, par l’Arabie saoudite, le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Personne ne sait si l’Irak tient à jouer un rôle de médiateur ou d’intermédiaire dans la résolution de ce problème, aucune communication dans ce sens n’ayant été publiée, mais il est nécessaire de rappeler que Baghdad avait ouvert son espace aérien aux avions qataris suite à la fermeture de celui des pays du blocus.

Ryadh et Baghdad ont redoublé d’efforts ces derniers temps pour améliorer leurs relations bilatérales. D’ailleurs, la visite de Moqtada al-sadr intervient un mois après celle du Premier ministre irakien Haider al-Abadi, également chiite, alors l’Arabie saoudite n’a cessé de dénoncer l’«ingérence» de l’Iran chiite dans la région. Téhéran, proche du Qatar honni par Ryadh, n’a officiellement pas encore réagi à cette visite et demeure vigilante et attentive à ces mouvements pour ne pas perdre de son influence sur la région du «croissant chiite» qu’elle a bâtie durant des décennies. Il n’est cependant pas à écarter que ces navettes de hauts dirigeants irakiens en Arabie saoudite soient l’œuvre de bons offices à l’initiative de Baghdad en vue d’une normalisation des relations entre Ryadh et Téhéran, combien même l’Iran n’a de cesse de fustiger le «régime wahhabite rétrograde» qui officie en Arabie saoudite.

Abdellah El Hattach