Jacob Zuma

Youssef Amrani, un poids lourd en Afrique du Sud pour contrer l’axe Alger-Pretoria

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Il est Chargé de mission au Cabinet royal, avec rang de ministre, depuis 2013. Et, depuis 5 ans, il a sillonné le monde plus qu’il ne l’a fait lorsqu’il officiait en tant que numéro 2 des Affaires étrangères. Il a porté la voix du Maroc dans les plus grands forums internationaux et auprès des think tank les plus prestigieux. Ses sujets de prédilections ? La sécurité humaine, les défis multidimensionnels auxquels fait face l’Afrique, la politique migratoire du Maroc, les partenariats nord-sud et sud-sud etc. De Washington à Rome, en passant par Munich, Barcelone et Moscou, Youssef Amrani, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fut, aux côtés du Conseiller de Mohammed VI, André Azoulay le véritable ambassadeur itinérant du Cabinet royal pour les affaires stratégiques globales. Sa nomination le 20 août 2018 en Conseil des ministres en tant qu’ambassadeur du Maroc en Afrique du sud en a surpris plus d’un. Si ce choix montre le caractère stratégique de la relation entre les deux pays, il est intervenu quelques jours avant la visite, à Pretoria, du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, où le chef de la diplomatie algérienne a réussi à faire publier un communiqué très en faveur de la thèse des séparatistes du Polisario. La nomination de Youssef Amrani tombe à point nommé pour mettre de l’ordre dans cet imbroglio.

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L’ex président sud-africain, Jacob Zuma, sera poursuivi pour corruption

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Le procureur général de l’Afrique du Sud a décidé ce vendredi après midi de poursuivre l’ancien président Jacob Zuma pour corruption. L’ancien président, qui a été contraint de démissionner par le Congrès national africain au pouvoir le mois dernier, fait face à 783 chefs d’accusation de corruption liés à un accord de 30 milliards de rands (2,5 milliards de dollars) conclu par le gouvernement à la fin des années 1990. Ces accusations ont été déposées, mais ensuite abandonnées par l’Autorité nationale des poursuites (NPA) peu de temps avant que Zuma ne se présente à la présidence en 2009.

Shaun Abrahams, procureur général de la République

L’accord d’achat d’un kit militaire européen a jeté une ombre sur la politique dans l’économie la plus industrialisée d’Afrique pendant des années. Zuma – alors vice-président – était lié à l’affaire par Schabir Shaik, son ancien conseiller financier qui a été emprisonné pour corruption. La condamnation de Shaik a failli torpiller la candidature de Zuma à la présidence, mais les accusations portées contre lui ont été abandonnées en 2009. Il est devenu président peu de temps après, mais ses adversaires ont mené une longue bataille juridique pour les faire réintégrer. Zuma a répliqué avec ses propres défis juridiques.

La Haute Cour d’Afrique du Sud a rétabli les accusations en 2016 et la Cour suprême a confirmé cette décision l’année dernière, rejetant un appel de Zuma et décrivant la décision initiale de l’Autorité nationale des poursuites (NPA) d’annuler les accusations comme «irrationnelles». Il appartenait alors au procureur général de la République, Shaun Abrahams, de décider si le NPA poursuivrait ou non un procès contre Zuma, qui a démissionné de son poste de chef de l’Etat le 14 février sur ordre de l’ANC.

Zuma a déclaré en 2016 qu’une enquête sur l’accord sur les armes qu’il avait commandées cinq ans plus tôt n’avait trouvé aucune preuve de corruption dans le processus de sélection des fournisseurs d’armes. Il n’a pas non plus trouvé de preuve que des fonctionnaires aient été soudoyés pour tenter d’influencer l’accord, a-t-il dit.

Zuma a également été impliqué dans la surveillance anti-corruption de l’Afrique du Sud dans un rapport de 2016 qui allègue que la famille Gupta, des amis milliardaires de Zuma, a utilisé des liens avec lui pour remporter des contrats d’Etat. Les Guptas et Zuma ont nié tout acte répréhensible.

Le phosphate piraté par l’Afrique du Sud est et demeurera marocain

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Après l’acte de piraterie caractérisé perpétré en mai 2017 par la Haute cour d’Afrique du sud, cette même cour semble aujourd’hui confondre le politique, le géopolitique, l’économique et le judiciaire, en décrétant la cargaison du phosphate du NM Cherry Blossom non marocaine. Une rancoeur et un acte de violence inouïes qui n’ont pas laissé de choix aux autorités marocaines et à l’OCP autres que de se retirer de cette mascarade de procès. Au Maroc, notre combat est un combat double : une cause nationale à défendre par une lutte continue pour la préservation de notre intégrité territoriale; et une quête perpétuelle pour un développement économique inclusif, rigoureux transparent et durable.

La justice sud-africaine a rendu ce vendredi son jugement dans l’affaire du navire transportant du phosphate marocain et qui a été arraisonné le 1er mai 2017. Le tribunal, qui prétend dans ses attendus que la prétendue RASD est le véritable propriétaire de la cargaison du NM Cherry Blossom, a ainsi donné raison à une entité non reconnue par les Nations unies. Le Maroc, qui est dans son droit, ne fléchira pas face à ce dangereux précédent qui n’est fondé sur aucun référentiel juridique et qui viole le droit international.

Qu’il s’agisse de l’affaire du cargo de Port-Elizabeth sur lequel a statué aujourd’hui la justice sud-africaine en dernier ressort, ou l’affaire du navire appartenant à la compagnie de transport danoise Ultrabulk qui a été immobilisé au Panama, au mois de mai 2017, en vertu d’une ordonnance d’un juge panaméen, l’Office chérifien des Phosphates, a respecté les procédures judiciaires locales tout en engageant les équipes d’avocats spécialisés dans ce genre de dossiers.

Si au Panama la question a vite trouvé une issue favorable et que le navire a pu quitter le port vers sa destination finale, il en était autrement en Afrique du sud dont l’appareil judiciaire est loin d’être neutre.

Le précédent d’aujourd’hui a, sans ambages, des relents purement politiques, et ni l’Office chérifien des phosphates, ni le gouvernement marocain, ni les observateurs de la question n’ont donc pas été surpris par l’arrêt du tribunal. Car ce procès, dont s’est retiré l’office en raison de l’inexistence de garanties judiciaires d’un traitement juste et équitable de l’affaire, était purement et simplement une pièce de théâtre orchestrée par le pouvoir sud-africain.

Il n’est pas du ressort de l’OCP de faire de la politique, cela relève du gouvernement El Othmani. Raison pour laquelle l’office a bien fait de ne pas glisser sur ce terrain, miné qu’il est. Par contre, ce qui est dangereux, et il faut le reconnaître, c’est que la Justice sud-africaine s’est basée dans son rendu sur les dispositions entreprises par la Cour européenne de justice dans le dossier de la pêche. Cette jurisprudence risque de faire tache et il est nécessaire de la prendre très au sérieux et d’anticiper les possibles et éventuelles futures basses manoeuvres.

Le gouvernement marocain avait tenté une anticipation diplomatique en approchant l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, mais il a fallu que ce dernier soit débarqué du pouvoir par son propre camp de l’ANC, pour que la machine anti-marocaine en place à Pretoria se remette en branle et activer le processus judiciaire concernant la cargaison marocaine.

Choix cynique du timing

Le phosphate piraté n’aurait trouvé aucun acquéreur durant ces derniers neuf mois. Pretoria ne sachant quoi en faire. Ce qui a poussé les pouvoirs publics sud-africain à fixer rapidement une date pour expédier cette affaire dans les brefs délais et se débarrasser de la marchandise.

D’où le choix cynique du timing : la veille d’un jugement crucial attendu mardi 27 février au Luxembourg et qui va inéluctablement remettre en équation toute l’alliance maroco-européenne. Cette architecture machiavélique a été certes montée de toutes pièces par l’Algérie via le Polisario interposé, mais la tête pensante de ce plan démoniaque n’est autre que le dangereux et virulent Western sahara ressources watch –WSRS.

En effet, c’est l’influent WSRS, commandité et grassement financé par Alger, qui est derrière ces actes de piraterie. Malheureusement, la diplomatie marocaine n’est jamais parvenue à le mettre hors d’état de nuire. Pendant que Nasser Bourita faisait des accolades à Abdelkader Messahel à Alger, le WSRS préparait minutieusement son coup.

L’acte hostile que vient de perpétrer l’Afrique du sud à l’encontre du Maroc est une piètre tentative de déstabiliser tout un équilibre géopolitique en place. Le royaume, acteur mondial dans les secteurs du phosphate et de la pêche, est garant d’une stabilité géostratégique non seulement en Afrique mais dans tout le bassin méditerranéen et dans la région MENA. C’est cette portée qu’a feint aujourd’hui d’ignorer Pretoria et qu’on espère comprendront les juges de la Cour européenne de Justice : à défaut, il y a risque majeur de déconstruire toute une structure fondamentale la sécurité afro-euro-méditerranéenne garantie par le Maroc.

 

La Macronafrique est en marche

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L’axe Alger-Lagos-Pretoria soutenu par Berlin et qui se dressait naguère comme la colonne vertébrale du développement global de l’Afrique à travers le New Partnership for Africa’s Development, connu sous NEPAD, n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même. Désormais, la France fait un retour en force dans le continent longtemps laissé aux velléités chinoises. Paris et Pékin sont les maîtres incontestés des lieux : la France dans une large partie de l’Afrique francophone et occidentale, la Chine bénéficiant de la grosse part du gâteau. Le rêve d’un axe nationaliste qui réunirait l’Algérie, le Nigéria et l’Afrique du Sud a laissé la place à des partenariats bilatéraux entre les pays africains et l’ancienne puissance coloniale d’une part et l’empire du milieu d’autre part. Grâce à la bienveillance de Paris, le Maroc tire son épingle de jeu.

 

En concertation avec la France et les Emirats arabes unis, le Maroc s’est résolument décidé à ne plus se passer d’un solide partenariat avec la première puissance continentale qu’est l’Afrique du sud. La reconnaissance officielle de la République arabe sahraouie démocratique par Pretoria en septembre 2004 et la bataille pour l’organisation de la Coupe du monde de football 2010, ont scellé la brouille entre les deux pays. Mais Rabat était le grand perdant de ce déséquilibre diplomatique aujourd’hui réparé par le retour du Maroc au sein de l’Union africaine et la décision des deux chefs de l’Etat, le Roi Mohammed VI et le sud-africain Jacob Zuma, de se projeter dans un avenir prometteur et faire des deux pays des pôles importants de stabilité politique et de développement économique dans le continent avec, comme, première décision, de désigner rapidement des d’ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires à Rabat et à Pretoria.

Et il est évident que le retour du Maroc au sein de l’UA ne peut acquérir toute son étendue diplomatique sans épurer et normaliser les relations avec un des grands soutiens du Polisario dans le continent à savoir l’Angola. La rencontre du souverain avec le président angolais Joao Lourenço en présence de son puissant directeur du Cabinet, Edeltrudes Costa et du ministre des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto, va dans ce sens. Il faut rappeler que lors de la guerre civile angolaise, le puissant MPLA d’obédience marxiste-léniniste s’opposait à celui de l’UNITA conduit par son leader historique Jonas Savimbi, armé et financé par le Maroc. D’ailleurs, sous les auspices et recommandation du Comte Alexandre de Marenches, patron du SDECE (ancêtre de la DGSE, service français de renseignement), Jonas Savimbi était régulièrement reçu par le Roi Hassan II en présence du directeur général de la DGED, le général Abdelhak El Kadiri. D’où l’historique et régulière influence de Paris sur le dossier angolais.

Le retour en force de Paris sur les dossiers militaires et de renseignement en Afrique a été confirmé hier soir par Emmanuel Macron qui, en marge du sommet UE/UA, a réuni un comité restreint défense restreint composé de lui-même, de la Chancelière allemande Angela Merkel, du président de la Commission européenne et celui de la Commission africaine pour parler de la situation sécuritaire dans le Sahel et de la crise migratoire alors qu’il s’agissait justement de l’ordre du jour du sommet UA/UE : s’agit-il d’un sommet dans le sommet ou d’une prise unilatérale de leadership par le président français qui se veut être le vrai patron de l’Afrique ?

Avec son initiative controversée sur la Libye soumise en Côte d’Ivoire lors du sommet UA/UE, et après un passage turbulent au Burkina Faso, Emmanuel Macron a conclu ce jeudi au Ghana ‘sa’ tournée africaine. Si à Akkra il a lancé un appel aux jeunes africains les incitant à rester chez eux et à réussir dans leurs pays respectifs, à Ouagadougou, il en a profité pour s’exercer à un show spectaculaire et ‘déployer ses muscles’ afin d’atterrir à Abidjan en conquérant.

D’ailleurs, son discours peu diplomatique prononcé la veille devant les étudiants burkinabés a totalement éclipsé les travaux du sommet d’Abidjan. Après quoi il enchaînera la semaine prochaine par une visite cruciale en Algérie ensuite de laquelle il se rendra au Qatar pour s’y entretenir avec Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani.

Le trublion président, superprésent sur tous les fronts diplomatiques en Afrique, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient, aime rester seul à la barre et, au meilleur des cas, sous-traiter certaines de ses actions ponctuelles mais sous deux conditions : S’aligner sur la politique française et défendre les intérêts de la France.

Donald Trump vise la Chine en honorant l’Afrique

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Le président américain, Donald Trump, a offert mercredi 20 septembre 2017, à New York, un déjeuner de travail en l’honneur de plusieurs dirigeants Africains. Étaient conviés à ce repas aux relents très économiques, les présidents de la Côte d’Ivoire, d’Ethiopie, du Ghana, de la Guinée, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et de l’Ouganda. Les neuf chefs d’Etat Africains ont discuté avec leur homologue américain des moyens de promouvoir la paix et la prospérité dans le continent. Pour Washington, il est question de mettre en place avec l’Afrique une stratégie pragmatique axée sur la sécurité, l’infrastructure et l’économie et d’autres intérêts communs. Mais en filigrane il faut comprendre que les Etats-Unis essaient de s’attaquer à un marché conquis par la Chine ce qui donne beaucoup de fil à retordre à Washington.

En l’absence des présidents du Gabon, Ali Bongo, et du Rwanda, Paul Kagame, pourtant présents à New York, les Alassane Ouattara, Mulatu Teshome, Nana Akufo-Addo, Alpha Condé, Hage Geingob, Muhammadu Buhari, Macky Sall, Jacob Zuma et Yoweri Museveni ont, d’une seule voix, portée par le président de Guinée, exprimé leur enthousiasme pour l’approche américaine qui tend à booster la croissance en Afrique, de donner un coup de fouet à l’emploi et combattre le terrorisme. Pour concurrencer Pékin, la politique étrangère américaine en Afrique, dominée traditionnellement par la diplomatie et le militaire, est tenue, en vue de mieux apprivoiser les marchés africains, d’adopter une approche disciplinée priorisant une politique commerciale agressive.

Le président Donald Trump salue le président nigérian Muhammadu Buhari lors d’un déjeuner de travail avec des dirigeants africains à l’Hôtel Palace à New York, le 20 septembre 2017

Le président Donald Trump a exprimé le souhait des Etats-Unis d’élargir la coopération et le commerce avec l’Afrique tant sur le plan bilatéral que global et fait état de l’intérêt de Washington à identifier de nouvelles opportunités mutuellement bénéfiques pour le commerce entre les deux parties. Sauf que la suprématie commerciale de la Chine en Afrique est une réalité. Durant sa campagne électorale et au tout début de son mandat, Donald Trump ignorait l’Afrique, réduisant d’une manière significative les aides financières de son pays à plusieurs capitales africaines.

Donald Trump a cependant surpris son assistance en invitant les dirigeants Africains qui ont partagé son repas à s’inspirer de l’exemple Sud-Africain, dont l’une des grandes société spécialisées en industrie pétrochimique envisage de procéder à des investissements de masse aux États-Unis. En effet, le géant SASOL va construire une usine en Louisiane pour 9 milliards, ce qui créera des centaines d’emplois pour la main d’œuvre américaine. Les chefs d’Etat Africains s’attendaient à entendre parler d’investissements américains dans le continent, pour créer des emplois chez les jeunes en Afrique, et non l’inverse. D’où l’annonce par le président Trump de l’intention du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson d’ordonner au Millennium Challenge Corporation de procéder à un investissement de plusieurs centaines de millions de dollars en Côte d’Ivoire pour encourager et soutenir les réformes dans ce pays.

Parce que Washington sait pertinemment qu’elle ne peut pas concurrencer Pékin sur son théâtre de prédilection où elle dispose d’une présence ancienne avec une expérience terrain inégalable.

Il est donc improductif pour l’administration américaine de demeurer en compétition directe avec la Chine dans le continent africain, notamment dans des secteurs d’activité où le géant asiatique est confortablement installé depuis des décennies.

Washington est consciente que la domination chinoise en Afrique, notamment dans l’industrie et les BTP est un cas d’école. Les Etats-Unis sont donc tenus de s’orienter vers des secteurs où ils disposent d’un avantage concurrentiel éprouvé : les services, l’éducation, la finance, les médias, l’agrobusiness et l’ingénierie dans les énergies renouvelables.

Dans ce contexte précis, le président Trump a demandé au Département américain du Commerce de jouer un rôle central dans cette nouvelle vision des marchés africains. A l’instar de la Chine, ce département est appelé à mettre en place des programmes de formation et d’accompagnement des PME américaines en Afrique, principaux relais de croissance après l’épuisement de l’intervention des multinationales et des grands groupes.

En effet, et à la demande expresse des leaders africains conviés au déjeuner, la formation et l’enseignement demeurent les nerfs de la guerre et constituent des leviers fondamentaux à chaque niveau de la stratégie de pénétration du continent africain.

Abdellah EL HATTACH