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Franklin D. Roosevelt

Ahmed Charai : l’Alliance transatlantique inefficace face à l’Empire du Milieu

Soixante-quatorze ans après la conférence de Yalta, ayant réuni les Présidents, américain Roosevelt, britannique Churchill et soviétique Staline pour préparer l’après 2ème guerre mondiale, trois conférences se sont succédées durant ce mois de février 2019 à savoir : le Sommet de Varsovie, le Sommet de Sotchi et le Sommet de Munich sur la Sécurité. Trois rencontres de très haut niveau qui ont dévoilé au monde entier les divergences profondes qui séparent et minent les relations entre les grandes puissances. Devant le flux considérable d’informations contradictoires que continue de diffuser chacune des parties prenantes, un climat d’inquiétude s’est installé depuis, de par le monde, jetant l’ombre grandissante d’un avenir incertain et dangereux, un monde au bord d’un conflit majeur au coeur de l’Europe, au Moyen Orient et en Amérique latine.

Au #MSC2019 de Munich, un marocain a pu observer de près les coulisses de la conférence qui a été le théâtre de confrontation entre l’Europe et l’administration Trump. Il s’agit d’Ahmed Charai, patron de presse et membre de prestigieux think-tanks américains,- le dernier en date qu’il ait rejoint est le prestigieux International Crisis Group (IGG)-. Il livre une analyse qu’il a publiée dans les colonnes de la célèbre revue américaine, The National Interest, où il apporte quelques clés de lectures pour tenter d’y voir un peu plus clair dans la cacophonie ambiante. Et il n’ira pas de main morte. Pour Ahmed Charai, « L’Europe est lilliputienne et, même unie, elle ne peut retenir un Gulliver déterminé comme la Russie ». Elle est, à ses yeux, incapable de rivaliser avec la puissance militaire américaine. Quand à la Russie, malgré sa puissance de feu, elle ne dispose que d’une petite économie et d’une faible influence culturelle. Enfin, Ahmed Charai va relever un fait majeur: ni Varsovie, ni Munich n’ont été capables de mettre sur la table le véritable casse-tête, qui n’est autre que celui de l’Empire du Milieu, la Chine.

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Conclave Poutine – Rouhani – Erdogan : le sommet des vainqueurs

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La Russie, l’Iran et la Turquie réunis en conclave ce mercredi à Sotchi ont pour point commun d’avoir aidé la Syrie à maintenir sa stabilité et à éviter d’être pris dans l’étau des organisations terroristes. Si Moscou et Téhéran ont apporté un appui franc et direct à Bachar al-Assad, Ankara a toujours fustigé la politique du régime syrien tout en s’assurant que la structure étatique à Damas ne soit pas démantelée comme ce fut le cas dans l’Irak post-Saddam ce qui a donné lieu à une catastrophe humanitaire qui a déstabilisé tout le Moyen-orient.

En prélude à ce sommet, Poutine a accueilli la veille, dans sa résidence de Sotchi, le président Bachar al-Assad. C’est la première fois que le dirigeant syrien a quitté la Syrie depuis sa dernière visite en Russie, il y a deux ans. Poutine a également préparé sa réunion en téléphonant à d’autres dirigeants influents sur le dossier syrien, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le roi Salmane Ben Abdelaziz d’Arabie saoudite, grand perdant de ce conflit, dans le cadre des efforts déployés par le président pour parvenir à un consensus international tout en cherchant à faire réussir son rôle de missi dominici.

Le sommet tripartite de Sotchi pourrait rapidement produire des mesures décisives pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie et ce fut également une occasion, rare, de réunir les Vladimir Poutine et Hassan Rouhani – qui soutiennent le président syrien Bachar al-Assad – autour de la même table qu’Erdogan, qui a soutenu les opposants d’Assad, accueilli les millions de migrants syriens et, paradoxalement, tenu à ce que l’Etat syrien n’éclate pas.

L’alliance entre Moscou, Ankara et Téhéran n’est peut-être pas suffisante pour assurer la paix en Syrie. Car la Turquie s’inquiète de la possibilité que les russes offrent un soutien diplomatique aux Kurdes, sachant que la Turquie considère ces derniers, dont les milices contrôlent une partie du nord de la Syrie, comme des ennemis. Aujourd’hui, même si Moscou désire mener un processus de négociation, ils ont impérativement besoin du feu vert de la communauté internationale pour légitimer leurs efforts.

Le Sommet de Sotchi est tout d’abord celui du clan des vainqueurs sur DAECH : Russie, Turquie, Iran et Syrie. Une sorte de «Conférence de Yalta II» dont la première édition, dite Conférence de Yalta, qui a eu lieu au début de 1945 et qui a réuni le leader russe Joseph Staline, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt. Les Alliés s’y étaient rendus pour présenter un front uni à Staline sur la planification de la campagne finale contre les troupes allemandes et japonaises et sur la limitation de la progression de l’Armée rouge en Europe centrale avec comme objectifs : 1) d’adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la Seconde Guerre mondiale ; 2) de régler le sort de l’Europe après la défaite du Troisième Reich ; 3) de garantir la stabilité du nouvel ordre mondial après la victoire.

72 ans plus tard, à Sotchi cette fois-ci, station balnéaire également située sur la Mer Noire comme Yalta, l’histoire se répète : 1) adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la guerre en Syrie ; 2) convaincre Erdoğan que les représentants des Kurdes syriens devraient avoir une place à la table des négociations. Car contrairement à la position radicale d’Ankara sur ce point, la Russie sait très bien que le problème kurde rend impossible une paix permanente – et même provisoire ; 3) Tenter de freiner l’influence américaine sur le processus de paix car il est clair que les Etats-Unis, qui tentent de maintenir leur autorité et leur pouvoir en Syrie et en Irak (et bien sûr leur accès au pétrole dans la région), continueront à «défendre» la cause Kurde, ne serait-ce que pour jouer les trouble-fêtes.

De son côté, Israël ne cesse de réclamer haut et fort à l’Iran et aux combattants du Hezbollah d’arrêter leur mainmise sur la Syrie, mais dans ce cas de figure bien précis c’est la Russie qui établit les règles du jeu, justement pour contrer l’influence américaine et garder une présence géostratégique en mer Méditerranée, objet de toutes les convoitises.