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Brexit: La Royal Navy se prépare en cas de «no deal»

Les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni restaient difficiles samedi soir, à la veille de l’échéance pour nouer un accord commercial post-Brexit, les Britanniques jugeant toujours «inacceptable» l’offre des Européens, vingt jours avant la rupture définitive.

Signe d’un regain de tension entre les deux partenaires, Londres a fait savoir que des navires de la Royal Navy se tenaient prêts à protéger les zones de pêche britanniques où pourraient survenir des tensions en cas d’échec des négociations.

Les discussions à Bruxelles entre les équipes de négociation, en présence du négociateur européen Michel Barnier et de son homologue britannique David Frost, se poursuivaient samedi soir, avant la décision attendue dimanche sur le sort des négociations post-Brexit.

Elles pourraient même continuer dimanche, a indiqué une source proche des pourparlers.

«En l’état actuel des choses, l’offre de l’UE reste inacceptable», a fait savoir une source au gouvernement britannique dans la soirée.

«Tout accord doit être équitable et respecter la position fondamentale selon laquelle le Royaume-Uni sera une nation souveraine dans trois semaines», a-t-elle ajouté.

Si aucun compromis n’est trouvé, le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier 2020 mais continue de respecter les règles européennes pendant une période de transition qui s’achève le 31 décembre, reprendra le contrôle total de ses eaux le 1er janvier prochain.

Quatre navires de 80 mètres de long se tiennent prêts à empêcher des chalutiers de l’UE de pénétrer dans les eaux britanniques s’il n’y a pas de nouvel accord sur les droits de pêche, l’un des points de blocage des négociations commerciales.

Guerres de la morue

Le ministère de la Défense britannique a confirmé que des navires étaient en attente, expliquant avoir «mené une planification intensive et des préparatifs pour s’assurer que la Défense soit prête à divers scénarios à la fin de la période de transition», selon un porte-parole du ministère.

Ce déploiement évoque le mauvais souvenir des «guerres de la morue» avec l’Islande sur les droits de pêche dans l’Atlantique Nord, qui ont duré près de 20 ans, avant de finalement trouver un règlement dans les années 70.

Les préparatifs en cas de «no deal» se sont accélérés ces derniers jours des deux côtés de la Manche, le Premier ministre britannique Boris Johnson comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se montrant pessimistes quant à l’issue des pourparlers.

Les pourparlers bloquent sur trois sujets: la pêche, le règlement des différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l’Union européenne en matière de concurrence.

Dans le cas d’un «no deal», les échanges de part et d’autre de la Manche risquent de se faire selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas.

La pêche a constitué l’un des sujets de crispation des négociations commerciales. Malgré son poids économique négligeable, le sujet est crucial pour plusieurs Etats membres (France, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Irlande), dont les pêcheurs veulent garder un accès aux eaux britanniques, très poissonneuses.

14.000 militaires britanniques prêts à être déployés

L’amiral à la retraite Alan West, ancien chef d’état-major naval, a jugé judicieux de se préparer à d’éventuelles tensions dans les eaux britanniques.

«Il est tout à fait approprié que la Royal Navy protège nos eaux si la position est que nous sommes un État souverain et que le gouvernement ne veut pas voir là-bas des bateaux de pêche d’un autre pays», a-t-il déclaré à la BBC.

Interrogé par le même média, l’ancien commissaire européen et ancien ministre Chris Patten, a de son côté accusé Boris Johnson de se comporter en «nationaliste anglais».

Le député conservateur Tobias Ellwood, président du comité parlementaire sur la Défense, a redouté que l’image du Royaume-Uni soit écornée.

«Nous nous retrouvons face à la perspective de voir notre Royal Navy déjà débordée se confronter à un proche allié de l’OTAN sur les droits de pêche», a-t-il déploré sur la BBC. «Nous devons construire des alliances et non les briser», a-t-il plaidé.

Humza Yousaf, ministre écossais de la Justice et membre du Scottish National Party, formation pro-UE, a déclaré que «la diplomatie de la canonnière ne sera pas la bienvenue dans les eaux écossaises».

Le ministère de la Défense a affirmé disposer de 14.000 militaires prêts à être déployés pour aider à la transition post-Brexit. Selon des médias britanniques, des hélicoptères de l’armée pourraient aussi être mobilisés pour surveiller les côtes.

Brexit: Goldman Sachs va ouvrir une plate-forme de trading à Paris

Goldman Sachs a annoncé mardi son intention de lancer d’ici le 4 janvier à Paris une plate-forme de trading d’actions baptisée SIGMA X Europe afin d’éviter à ses clients des problèmes liés à la fin de la période de transition du Brexit.

Reuters

Londres a été longtemps le centre de trading d’actions de l’Europe, mais l’UE n’a pas encore dit si elle autoriserait la poursuite des échanges d’actions transfrontaliers après le 31 décembre, lorsque prendra fin la période de transition qui a suivi la sortie de la Grande-Bretagne du bloc communautaire.

“Nous voulons nous assurer que nos clients continuent d’avoir accès à toutes nos principales sources de liquidités après le Brexit”, a déclaré Liz Martin, codirectrice mondiale du trading électronique de contrats à terme et d’actions chez Goldman Sachs.

SIGMA X Europe négociera des actions cotées sur 15 marchés européens, tandis que l’actuel hub britannique continuera de traiter des titres britanniques et européens.

La Grande-Bretagne a déclaré qu’elle permettrait aux investisseurs britanniques de continuer à utiliser les plates-formes d’échange d’actions basées dans le bloc à l’issue de la période de transition.

Bruxelles de son côté a déclaré que les investisseurs européens devraient utiliser une plate-forme basée au sein de l’UE pour échanger des actions libellées en euros, ce qui oblige les acteurs du secteur à être présents aussi bien à Londres que dans l’UE.

Trois plates-formes paneuropéennes de négociation d’actions à Londres – CBOE, Turquoise et Aquis Exchange – ont déjà obtenu des autorisations réglementaires requises pour les hubs européens.

Turquoise a indiqué que sans autorisation de l’UE d’ici au 30 novembre pour un accès complet dans les deux sens au marché, elle ouvrirait un nouveau hub aux Pays-Bas.

Brexit: La France rejette des «intimidations» britanniques, selon le Financial Times

La France considère que les mises en garde britanniques sur un engorgement des transports trans-Manche après le Brexit relèvent de manoeuvres tactiques, rapporte vendredi le Financial Times.

Reuters

«Bien sûr, les signaux qui ont été envoyés ces derniers jours sont préjudiciable», a déclaré le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, cité par le Financial Times.

«Nous ne nous laisserons pas intimider au niveau européen», a-t-il ajouté.

https://twitter.com/CBeaune/status/1309480617571213318

Brexit: les discussions patinent, Londres et Bruxelles se rejettent la faute

L’UE et le Royaume-Uni se sont renvoyé vendredi la responsabilité de l’absence de progrès après une semaine de discussions sur leur relation post-Brexit, laissant planer un doute sur leur capacité à s’entendre comme prévu d’ici la fin de l’année.

«L’objectif que nous avions d’avancer vers des progrès tangibles (…) n’a été que très partiellement atteint au terme de cette semaine», a regretté le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier.

«Le Royaume-Uni n’a pas voulu s’engager sérieusement sur un certain nombre de points fondamentaux», a-t-il déploré, à l’issue de négociations par visioconférence, au cours desquelles les Britanniques ont réaffirmé leur volonté de ne pas prolonger la période de transition.

«Le Royaume-Uni ne peut pas refuser de prolonger la transition et dans le même temps ralentir les discussions dans certains domaines», a insisté Michel Barnier.

De leur côté, les Britanniques ont fait état dans un communiqué de «progrès limités» à cause «d’importantes divergences» avec les Européens.

Downing Street accuse notamment Bruxelles de lui proposer un accord «bien inférieur» à ceux signés dans le passé par l’UE avec d’autres pays.

«Nous devons maintenant avancer d’une manière constructive. Le Royaume-Uni reste déterminé à trouver un compromis avec pour base un accord de libre-échange», affirme le communiqué.

La date butoir de juin pour évaluer les chances d’un accord se rapproche à grands pas et le manque de progrès fragilise la perspective d’un accord d’ici à fin décembre.

«En gros, ça n’a pas avancé d’un iota», résume une source européenne.

«Le problème, c’est que le Brexit est devenu la dernière roue du carrosse avec la pandémie. Il y a un manque d’attention politique – naturelle compte tenu des circonstances – et une lassitude», ajoute-t-elle.

Points de friction

Conséquences : même si Londres et Bruxelles continuent d’afficher leur «ambition» et leur volonté d’avancer, les points de friction déjà identifiés début mars, après le premier cycle de négociations, n’ont pas disparu.

«Les Britanniques ne s’engagent pas dans les domaines où ils n’ont pas un intérêt à trouver un accord», a affirmé vendredi une source proche des discussions.

Rien n’a bougé, notamment, sur la forme que prendraient ces nouvelles relations: les Britanniques souhaitent toujours plusieurs accords (relations commerciales, pêche, etc.), tandis que l’UE en veut un global.

Autre sujet explosif : la pêche, un point crucial pour plusieurs Etats membres, notamment la France et le Danemark. «S’il n’y a pas d’accord sur la pêche, il n’y aura pas d’accord de commerce, c’est aussi simple que ça. Je pense que le Royaume-Uni a reçu le message», a lancé Michel Barnier.

«Nous ne pourrons progresser dans ce domaine que si le Royaume-Uni a le droit de contrôler l’accès à ses eaux à la fin de cette année», rétorque Downing Street, qui n’a toujours pas présenté son texte sur le sujet.

La question litigieuse des conditions de concurrence, que l’UE veut «transparentes et équitables» pour empêcher qu’une économie dérégulée ne surgisse à sa porte, reste également en suspens.

De telles conditions supposent le respect de normes communes dans les domaines social, du travail, environnemental, fiscal notamment, ce que Londres refuse au nom du «contrôle de ses propres lois».

Mais Michel Barnier prévient : «Cet accord ne se fera pas, jamais, au détriment du marché intérieur.»

Il s’agissait du deuxième cycle de pourparlers sur les futures relations post-Brexit, après six semaines d’interruption à cause de coronavirus, Michel Barnier et son homologue britannique David Frost ayant tous deux contracté la maladie Covid-19.

Les autres séances de négociations auront lieu en mai puis début juin.

Malgré une conjoncture perturbée par la pandémie, le Royaume-Uni, divorcé de l’UE le 31 janvier, refuse toute prolongation au-delà de fin décembre de la période de transition, pendant laquelle il continue d’appliquer les normes européennes.

Brexit: ce qui va changer au 1er février

Le Brexit interviendra vendredi à minuit, soit 1.317 jours après la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne. Qu’est-ce qui va changer au 1er février?

Les échanges quotidiens entre le Royaume-Uni et l’UE vont continuer comme avant jusqu’à fin 2020. Pendant cette période de transition de 11 mois, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future. Quelques changements pratiques vont toutefois intervenir d’ici là.

L’UE va perdre 66 millions d’habitants et 5,5% de son territoire

Vendredi à minuit (23h00 GMT), l’Union européenne va pour la première fois perdre un Etat membre, qui plus est l’un des plus grands et des plus riches pays du bloc.

Avec le départ de 66 millions d’habitants, l’UE verra sa population passer à quelque 446 millions. Son territoire diminuera de 5,5%.

Si jamais le Royaume-Uni décidait un jour de revenir, il devrait se soumettre à la procédure d’adhésion habituelle.

Londres continuera à contribuer au budget de l’UE jusqu’à la fin de la transition

A Bruxelles, le retrait de l’Union Jack devant le Parlement européen symbolisera un changement bien réel: le Royaume-Uni sort de l’UE et devient un «pays tiers».

Plus aucun des 73 eurodéputés britanniques élus en mai ne siègera. 46 des sièges seront réservés pour de futurs Etats membres et 27 seront redistribués.

Londres n’aura plus le droit de présenter un candidat à un poste de commissaire européen. Il n’y avait déjà plus de représentant britannique dans l’exécutif européen, Boris Johnson ayant refusé d’en proposer un dans la nouvelle Commission.

Le Premier ministre britannique ne sera plus invité aux sommets européens, pas plus que les membres du gouvernement n’assisteront aux réunions ministérielles.

En tant que citoyens d’un pays étranger, les Britanniques ne pourront plus prétendre à des postes de fonctionnaires à Bruxelles. Nombre d’entre eux ont toutefois acquis une double nationalité afin de pouvoir rester.

En revanche, le Royaume-Uni, deuxième contributeur net au budget de l’UE derrière l’Allemagne, continuera à payer jusqu’à la fin de la transition.

La liberté de circulation s’appliquera jusqu’à fin décembre 2020

Selon les Nations unies, environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l’UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie.

Selon l’office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l’UE vivent au Royaume-Uni, soit quelque 4,6% de la population.

En vertu de l’accord de retrait, les expatriés installés de part et d’autre de la Manche avant la fin de la période de transition conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d’accueil.

Les citoyens européens résidant au Royaume-Uni doivent s’enregistrer pour bénéficier de ces droits. Pour les Britanniques vivant dans l’UE, les procédures diffèrent d’un pays à l’autre.

La liberté de circulation s’appliquera jusqu’à fin décembre 2020. Les détails des droits réciproques seront négociés après le Brexit.

Le Royaume-Uni restera toutefois soumis au droit de l’UE et à la Cour de justice de l’UE jusqu’à la fin de la transition.

Le Royaume-Uni a déjà passé plusieurs années à négocier les termes de son départ avec la task force de la Commission européenne dirigée par Michel Barnier.

Mais les négociations vont entrer dans une nouvelle phase après vendredi.

Le Royaume-Uni restera toutefois soumis au droit de l’UE et à la Cour de justice de l’UE jusqu’à la fin de la transition.

Michel Barnier est en discussions avec les Etats membres pour définir un mandat de négociation pour la relation future, en particulier au niveau commercial.

A la différence de l’accord entre le Royaume-Uni et la Commission, ratifié par les Etats membres et le Parlement européen, l’accord commercial pourrait devoir être avalisé par plus de 30 parlements nationaux et régionaux.

Avec AFP

Elizabeth II appelle les britanniques à la réconciliation dans son allocution de Noël

Après une année «semée d’embûches» entre les scandales ébranlant sa famille et le Brexit déchirant son pays, la reine Elizabeth II compte appeler les Britanniques, lors de sa traditionnelle allocution de Noël, à surmonter leurs divisions.

Pour la souveraine de 93 ans, 2019 a commencé par un accident de voiture du prince Philip, son époux, qui la termine par une hospitalisation. Entre temps, leur fils Andrew s’est retrouvé impliqué dans un scandale sexuel et leur petit-fils Harry a déballé en public ses états d’âme face à la pression médiatique.

«Des petits pas entrepris avec foi et espoir peuvent permettre de surmonter des différences anciennes et des divisions profondes pour apporter harmonie et compréhension», doit déclarer Elizabeth II, selon les extraits de son discours diffusés en amont de sa diffusion le 25 décembre.

«Bien sûr, le chemin n’est pas toujours facile et a pu paraître cette année semé d’embûches, mais des petits pas peuvent entraîner d’énormes différences», a ajouté la reine dans ce passage où elle fait référence à la vie de Jésus.

L’appel de la souveraine à la réconciliation intervient au moment où le Royaume-Uni se prépare à un tournant historique, avec une sortie de l’Union européenne programmée le 31 janvier, après trois ans et demi de chaos politique.

Restée d’une neutralité inébranlable pendant le psychodrame, Elizabeth II revient dans son discours de Noël sur les commémorations du 75e anniversaire du Débarquement en Normandie, quand «ceux qui avaient été des ennemis jurés se sont réunis pour des commémorations des deux côtés de la Manche».

«En voulant mettre les différences du passé derrière nous et en allant de l’avant ensemble, nous honorons la liberté et la démocratie remportés pour nous à un coût si élevé», doit-elle ajouter.

Plus direct dans son propre message de Noël, le Premier ministre Boris Johnson, libre de mettre en oeuvre le Brexit après sa victoire électorale le 12 décembre, appelle ses concitoyens à «ne pas trop se disputer» pendant les fêtes.

Une reine très populaire

Malgré les difficultés, la reine, comme la royauté, reste très populaire. Selon un sondage de l’institut Yougov réalisé cet automne, 80% des Britanniques ont une opinion positive d’Elizabeth II et 70% sont en faveur de la monarchie.

Les scandales touchant Andrew et les états d’âme d’Harry ont cependant alimenté les appels à la famille royale à réduire au strict minimum le nombre de ses membres rémunérés pour leurs fonctions de représentation.

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

Brexit, en avant toute ! Le Premier ministre conservateur Boris Johnson s’impose vendredi comme l’homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives qui lui permet d’honorer sa promesse de sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de déchirements.

Les résultats publiés jusqu’à vendredi matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n’avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l’impasse.

Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d’opposition, les travaillistes s’effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable.

Ce « nouveau mandat fort (…) donne à ce nouveau gouvernement l’occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique », a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un « tremblement de terre » qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs.

Le slogan «Get Brexit done» a fait mouche

Le slogan «Réalisons le Brexit!», que le bouillonnant dirigeant à la tignasse blonde a répété à l’envi durant sa campagne, a fait mouche auprès des électeurs lassés de plus de trois ans de psychodrame.

Désormais doté d’une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu’à présent, il ira tout droit à Buckingham Palace pour être renommé Premier ministre par la reine Elizabeth II.

Boris Johnson a été félicité par son fidèle soutien, le président américain Donald Trump, qui lui a promis sur Twitter «un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT», « potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n’importe quel accord qui pourrait être conclu avec l’Union européenne ».

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une « clarification ».

Pour le travailliste Jeremy Corbyn, 70 ans, c’est l’humiliation. « Très déçu », ce dernier a annoncé qu’il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une « réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique ». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d’Islington nord.

Chef de l’opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l’UE. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l’UE, sans lui-même prendre position.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié «l’homme de Workington», un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l’électeur clé pour remporter le scrutin.

«Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l’Angleterre», a dit à l’AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Jusqu’à présent, Boris Johnson n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Il a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier, après trois reports.

Boris Johnson a bénéficié d’un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l’europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s’être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit.

L’espoir d’empêcher le Brexit s’est évanoui

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l’Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l’UE s’ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d’ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes.

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.

Pour les pro-UE, l’espoir d’empêcher le Brexit s’est évanoui avec la défaite du Labour et l’échec des libéraux-démocrates, opposés au Brexit, dont la cheffe Jo Swinson n’a pas été réélue.

Seuls les nationalistes écossais du SNP tirent leur épingle du jeu, progressant nettement à 48 sièges, selon les résultats partiels.

Victoire écrasante pour Boris Johnson. Brexit will be Done!

Plus rien ne s’oppose au Brexit. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réuni jeudi une majorité écrasante lui donnant les coudées franches pour sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, selon les premières estimations.

Le pari semblait incertain mais le succès est sans appel pour le dirigeant conservateur, déterminé à mettre fin à trois ans d’une saga qui a déchiré le pays et à 47 ans de mariage tumultueux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Les conservateurs décrochent une très confortable majorité de 368 sièges sur 650, contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, selon le sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par l’institut Ipsos/MORI pour les médias britanniques.

Les travaillistes de Jeremy Corbyn s’effondrent à 191 sièges (contre 262), selon ces projections généralement proches des résultats.

Si les résultats ne sont attendus que dans la nuit, ces estimations donnent une avance si large, sans précédent pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, qu’un changement de tendance semble impensable.

Le Premier ministre conservateur avait voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans, pour sortir le Royaume-Uni de l’impasse du Brexit, qui divise profondément le pays depuis la victoire du « leave » avec 52% des voix au référendum de 2016.

Jusqu’ici dépourvu de majorité à la Chambre des communes, le dirigeant de 55 ans arrivé au pouvoir en juillet en se posant comme le sauveur du Brexit n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait âprement négocié avec Bruxelles.

Durant la campagne électorale, il a promis de soumettre cet accord aux 650 députés nouvellement élus avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en oeuvre le 31 janvier, date à laquelle il est désormais prévu après trois reports.

Une consécration des travaillistes aurait pu signer l’arrêt de mort du Brexit : ils voulaient renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre à un référendum avec comme alternative le maintien dans l’UE.

Unifiés, les britanniques vont enfin s’atteler à leurs priorités

Outre l’unification du pays, réaliser le Brexit devrait permettre d’enfin pouvoir s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé et la sécurité, avait affirmé le chef de gouvernement durant une campagne sans grand relief, mais marquée par des coups bas, notamment sur les réseaux sociaux, provenant en grande partie des conservateurs.

Les électeurs n’ont pas été séduits par la promesse de Jeremy Corbyn, vétéran de l’aile gauche du Parti travailliste, d’un « vrai changement » après presque une décennie de pouvoir conservateur et presque autant d’austérité, avec des nationalisations à tout-va et des investissements massifs, surtout dans le service public de santé (NHS).

Sur le Brexit, le septuagénaire, régulièrement accusé de fermer les yeux sur des accusations d’antisémitisme dans son parti, prévoyait de rester « neutre » en cas de second référendum.

A gauche, les nationalistes écossais du SNP gagnent 20 sièges à 55 mandats, selon le sondage sortie des urnes. Ouvertement europhiles, les libéraux-démocrates grignotent un siège à 13.

L’accord de retrait organise la frontière irlandaise après le Brexit, les droits des citoyens et les engagements financiers britanniques. Il évite aussi une rupture brutale en introduisant une période de transition jusqu’à fin 2020, prolongeable, pendant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes.

Une fois le divorce acté, s’ouvrira la phase, technique et complexe, des négociations sur la future relation commerciale entre Londres et Bruxelles. Mais avant même qu’elle ne commence, l’affirmation de Boris Johnson, de pouvoir la boucler en moins d’un an est jugée irréaliste à Bruxelles.

Les Britanniques votent aujourd’hui

Le Brexit avec Boris Johnson ou un second référendum avec Jeremy Corbyn? Les Britanniques votent jeudi lors de législatives anticipées fatidiques pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et l’avenir du pays pour des décennies.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 et les électeurs ont jusqu’à 22H00 (locales et GMT) pour exprimer leur suffrage dans un pays embourbé dans le Brexit depuis son vote à 52% lors du référendum de 2016.

C’est justement pour sortir de l’impasse que le Premier ministre conservateur a voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans. Il espère obtenir la majorité absolue qui lui faisait défaut pour tourner la page de cette saga profondément clivante au Royaume-Uni.

Mais si les tories ont toujours dominé leurs rivaux travaillistes dans les sondages, le scrutin s’annonce serré au vu des dernières enquêtes d’opinion.

Et les averses attendues jeudi, voire la neige dans le nord, pourraient décourager plus d’un électeur de se déplacer pour désigner les 650 députés de la Chambres des communes lors de scrutins uninominaux à un tour (est élu le candidat arrivant en tête dans sa circonscription).

Un sondage sortie des urnes sera publié à la fermeture des bureaux. Les premiers résultats sont attendus dès 23H00.

Boris Johnson : «Get Brexit Done!»

«Réalisons le Brexit!» Boris Johnson, 55 ans, l’a répété comme un mantra tout au long d’une campagne sans relief.

«Donnez-moi une majorité et je finirai ce que nous avons commencé – ce que vous nous avez ordonné de faire – il y a trois ans et demi», a promis l’ex-maire de Londres qui, malgré ses gaffes à répétition, a réalisé l’ambition d’une vie en prenant la tête de l’exécutif en juillet.

«Imaginez comme il sera merveilleux de s’attabler autour de la dinde de Noël, le Brexit réglé», a-t-il poursuivi dans un clin d’oeil aux électeurs favorables au «leave».

Outre l’unification du pays, il s’agit d’enfin pouvoir s’atteler aux «priorités» des Britanniques, comme la santé et la sécurité, a affirmé le dirigeant, accusé de récupération politique après l’attentat meurtrier de London Bridge fin novembre.

En cas de victoire, Boris Johnson veut soumettre l’accord de divorce qu’il a négocié avec Bruxelles au Parlement avant Noël avec l’objectif de pouvoir mettre le Brexit en oeuvre le 31 janvier, date à laquelle il est désormais prévu après trois reports.

«L’accord est prêt. Mettez-le juste dans le four», a-t-il régulièrement plaisanté, n’hésitant pas à pulvériser au bulldozer un faux mur symbolisant «l’impasse» du Brexit.

Mais au dernier jour de la campagne, l’opposition a une fois de plus dénoncé ses mensonges, son affirmation de pouvoir boucler un accord commercial post-Brexit en moins d’un an avec l’UE étant jugée irréaliste à Bruxelles, selon la presse.

Jeremy Corbyn : «Johnson veut brader la santé aux américains»

Plus sobre, Jeremy Corbyn, vétéran de l’aile gauche du Parti travailliste, n’en a pas moins promis un « vrai changement » après presque une décennie de pouvoir conservateur, lors d’un dernier meeting mercredi soir à Londres.

Nationalisations et investissements massifs dominent son programme, surtout dans le service public de santé (NHS), affaibli par des années d’austérité.

Misant à bloc sur cet autre grand sujet de préoccupation des électeurs, le chef du Labour n’a eu de cesse d’accuser les conservateurs de vouloir brader aux Américains, après le Brexit, cette institution gratuite et chérie des Britanniques.

«Le choix auquel vous êtes confrontés, vous le peuple de ce pays, est véritablement historique», a-t-il lancé, clôturant une campagne où il a traîné comme un boulet des accusations d’inaction face à l’antisémitisme au sein de son parti.

Sur le Brexit, le septuagénaire a en revanche choisi d’entretenir l’ambiguïté. Il promet, s’il accède au pouvoir, de négocier un nouvel accord de divorce plus favorable aux droits des travailleurs, qu’il soumettrait à un référendum avec comme alternative le maintien dans l’UE. Lui-même resterait « neutre ».

Sondage : Les conservateurs gagnants!

Le dernier sondage publié mardi par YouGov donne les conservateurs en tête des intentions de vote avec une majorité absolue de 339 sièges. Mais la marge d’erreur, l’impact d’un éventuel vote utile et la récente remontée du Labour peuvent encore conduire à un Parlement sans majorité, comme en 2017.

«L’électorat est (…) plus volatil que jamais», constate Chris Curtis, directeur de la recherche politique de YouGov, interrogé par l’AFP.

Le score des Tories dépendra notamment, selon lui, de leur capacité à séduire les électeurs des circonscriptions traditionnellement travaillistes dans le centre et le nord de l’Angleterre, mais très favorables au «leave».

Sur les flancs des conservateurs et des travaillistes, les plus petits partis comme les libéraux-démocrates ou les nationalistes écossais du SNP pourraient grappiller quelques sièges, insuffisant pour faire dérailler les poids lourds.

Avec AFP

Brexit is happening!

L’affirmation est de Sir Simon McDonald, le sous-secrétaire Permanent du Foreign Office britannique et date du 23 janvier 2019 à l’occasion d’une rencontre avec la communauté d’affaire casablancaise! L’assurance et l’optimisme avec lesquels il s’est adressé à l’assistance marocaine, dénotaient avec les images de détresse de l’ancienne locataire du 10 Downing Street, Theresa May. La détermination qu’affichait le haut diplomate et son collègue, l’incroyable ambassadeur Thomas Reilly, n’avait qu’une seule signification: les britanniques sont d’ores et déjà sortis de l’Union Européenne. Ils étaient tellement convaincants qu’on pourrait croire que l’establishment de Sa Majesté la reine Elizabeth II n’a fait que, durant ces longs mois de débats hyper-médiatisés, gagner du temps afin de bien se préparer au grand détachement.

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