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Bank al-Maghrib

Décrédibilisé, Akhannouch cède sa place à Bourita pour rassurer les acteurs économiques

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Fait inédit dans l’histoire du Maroc moderne. Le Chef de la diplomatie se réunit avec les acteurs économiques du pays pour les écouter, les rassurer et leur proposer des solutions pour faire face à la conjoncture actuelle! Discrédit total du Chef de gouvernement Aziz Akhannouch devenu en seulement 6 mois partie intégrante de la crise sociale-économique sévère dont fait face le Royaume.

C’est une dépêche de la MAP qui restera gravée dans l’histoire du pays. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, et la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, ont présidé, jeudi à Rabat, une réunion de travail avec :

  • Bank Al-Maghrib,
  • Tamwilcom,
  • Office des Changes
  • Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)
  • Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM)

L’objet de cette réunion de Nasser Bourita avec les représentants du secteur privé et financier du pays, comme l’a défini la dépêche de la MAP est de :

  1. Prendre connaissance de la situation économique et financière nationale,
  2. Examiner les impacts potentiels de la crise ukrainienne sur l’économie marocaine,
  3. Proposer des solutions aux opérateurs économiques pour faire face à la conjoncture actuelle.

Le tact et la rigueur de Nasser Bourita ont été déterminant dans la réussite de cette concertation avec un écosystème économique et financier qui navigue à vue en raison de l’inertie et la torpeur du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. D’autant plus que ce dernier est un acteur économique majeur du Maroc et pas n’importe lequel. Il est le premier fournisseur des hydrocarbures du pays, secteur sous tension depuis des mois et source des risques d’inflations et de baisse de pouvoir d’achat des marocains. Il est de facto un boulet à tout dialogue gouvernemental avec le tissu économique, car il en sera juge et partie.

La communication maitrisée de Nasser Bourita et sa crédibilité auprès des citoyens ainsi que le sérieux de Nadia Fettah ont rassuré les opérateurs économiques qui ont demandé à ce que ce cadre de concertation soit maintenu. A ce titre, Bourita s’est engagé pour en apporter l’appui du ministère des Affaires étrangères de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger.

Décisions actées

Eu égard aux résultats favorables réalisés dans le cadre de la mise en œuvre des programmes d’appui au financement des entreprises, notamment les dispositifs covid-19, et afin de renforcer l’appui au financement du cycle d’exploitation et la relance de l’investissement des entreprises, il a été décidé à l’issue de cette rencontre de relever les plafonds de garantie au titre de l’offre classique «Tamwilcom» afin d’augmenter le potentiel d’offre de crédits de trésorerie et de rééchelonner les crédits «Oxygène et relance» pour une durée pouvant atteindre 3 ans.

Intelligence économique : Jouahri se plug aux Douanes

Key Points

  • Bank Al-Maghrib a signé une convention avec l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) visant au partages de donnés, d’études et de travaux de recherche à caractère économique et financier.
  • Abdellatif Jouahri renforce le développement d’un pôle d’expertise économique et financière dans le cadre du plan stratégique 2019-2023.

Que se passe-t-il ?

Bank Al-Maghrib et l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) ont signé, jeudi, une convention de partenariat ayant pour objectif la mise en place d’un cadre formalisé pour l’échange de données et d’expériences dans les domaines d’intérêt commun des deux institutions, annonce une dépêche de la MAP.

Ce nouveau cadre de coopération permettra l’échange de données et l’accès aux informations et études produites par les deux institutions dans le cadre de leurs missions respectives, indique le communiqué conjoint des deux institutions.

Pourquoi est-ce important ?

En plus de son rôle de régulation du marché financier et et la préservation de la valeur du dirham, Bank Al-Maghrib est en charge de l’élaboration et la publication des statistiques monétaires du pays, l’élaboration d’un certain nombre de rapports notamment le rapport remis annuellement au roi Mohammed VI.

Abdellatif Jouahri, est devenu au fil du temps une personnalité influente dans le paysage médiatique en ce qui concerne la conjoncture économique du pays. Une posture qui s’est révélée avec sa sortie tonitruante, annonçant le report de la libéralisation du dirham contre l’avis de l’ancien ministres des finances Mohamed Boussaid. Ses conférences de presse, désormais diffusées en directe sur les réseaux sociaux, sont devenues de véritables évènements médiatiques. Sa disponibilité et le ton marocain du grand oncle, font de lui un excellent client de la presse.

Jouahri fait face à plusieurs défis et à des ruptures historiques, notamment la relance économique post-Covid, la pression européenne sur le dossier de blanchiment et la monnaie digitale. C’est dans ce contexte qu’il a prévu, dans son plan stratégique 2019-2023, le développement d’un pôle d’expertise économique et financière.

La présente convention avec la douane est un exemple de partenariats à travers lesquels, BAM souhaite consolider une remontée d’information fiable et rapide à même de permettre d’accroître la robustesse de l’analyse économique et de la stabilité financière mais aussi de renforcer les techniques de contrôle.

Coronavirus : Abdellatif Jouahri appelle les établissements de crédit à suspendre la distribution des dividendes

Afin de pouvoir jouer pleinement leur rôle dans le financement de l’économie durement impactée par la pandémie, grâce entre autres à des fonds propres suffisants, les banques et autres sociétés financières ont été invitées par Bank-Al Maghrib à suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019.

La gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, annonce dans un communiqué, avoir invité les établissements de crédit à conserver des fonds propres suffisants pour faire face aux effets de la crise pandémique du Covid-19, et préserver ainsi leur capacité d’octroi de financement dans ces circonstances exceptionnelles.

M. Jouahri a ainsi appelé ces établissements à suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019 et de renforcer leur rôle dans le financement de l’économie.

Il est noté que Bank Al-Maghrib BAM a déjà adopté un ensemble de mesures de politique monétaire et prudentielles visant à faciliter l’accès au crédit bancaire au profit à la fois des ménages et des entreprises.

Abdellatif Jouahri, assure dans son communiqué que la banque centrale continuera de suivre de près les implications de la crise sanitaire sur l’économie nationale et le système financier et prendrait, le cas échéant, les mesures nécessaires pour y faire face.

Coronavirus : Le GPBM rappelle son engagement dans l’effort national et rend un vibrant hommage à l’ensemble des salariés du secteur bancaire

Mobilisé et fermement déterminé à poursuivre son engagement dans l’effort national de prévention et de gestion des conséquences de la pandémie Covid-19, le GPBM a tenu à rendre un vibrant hommage à ses «soldats» dévoués que sont les salariés des banques, qui se sacrifient chaque jour avec fierté et enthousiasme pour le maintien de l’activité bancaire, pilier de l’économie nationale. Lesquels soldats, s’indigne le GPBM, subissent injustement des critiques infondées par une minorité risquant de porter préjudice à la solidarité nationale citée comme exemple dans le monde en matière de gestion de la crise sanitaire.

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Hauts fonctionnaires : Interdiction de quitter le territoire et comptes bancaires scrutés à la loupe

Dans le cadre de l’application du principe de la reddition des comptes et dans la foulée de la publication des rapports annuels de la Cour des comptes et de Bank al-Maghrib qui ont conduit au congédiement du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd, plusieurs hauts responsables en fonction et d’autres retraités, sont dans le collimateur de la Justice, dont l’ancien ministre de l’Education nationale, Ahmed Akhchichine et sa toute puissante Secrétaire d’Etat de l’époque, Latifa Labida. D’autre part, nous avons appris que plusieurs hauts fonctionnaires ont été interdits de quitter le territoire national durant cette période, pendant que d’autres ont vu leurs comptes bancaires scrutés par les services concernés pour lever tout équivoque concernant des mouvements suspicieux.

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Bank al-Maghrib réagit à une communication frauduleuse concernant Abdellatif Jouahri

Plusieurs personnes ont constaté la présence dans leur courrier électronique d’un message en provenance d’un certain «Abdellatif Jouahri» invitant les destinataires à effectuer les démarches nécessaires pour être reconnus bénéficiaires d’un compte bancaire d’un montant de 34,5 millions d’Euros qui n’aurait pas été mouvementé depuis 3 ans et qui risque de passer sous la tutelle du trésor public si aucun ayant droit ne se manifeste.

Pour lever tout équivoque et parer à toute mauvaise interprétation, Bank Al-Maghrib a publié ce vendredi un communiqué dans lequel la banque centrale du royaume tient à préciser que le Gouverneur Abdellatif Jouahri, «n’est d’aucune manière l’expéditeur de ce courrier.»

Bank Al- Maghrib dit décliner «toute responsabilité par rapport au contenu du message.»

L’institut d’émission ne précise cependant pas si une quelconque enquête a été ouverte ou si le parquet a été saisi pour élucider cette affaire pour le moins louche.

Mezouar à la tête de la CGEM, un poisson d’avril? Quand Ali Belhaj «clashe» l’ancien ministre

Un journal de la place annonce que Salaheddine Mezouar pourrait être candidat à la présidence de la CGEM. Au conditionnel. Sans trancher. Mais, sans recouper l’information ni la vérifier, la quasi-majorité des médias la reprend en chœur et voit déjà l’ancien ministre des Affaires étrangères succéder à Miriem Bensalah boulevard Mohamed Abdou, au quartier Palmiers à Casablanca.

Pour se porter candidat à la présidence du patronat, il existe trois conditions sine qua non pour postuler à cette fonction : 1) Appartenir à une entreprise membre de la CGEM ; 2) Etre habilité par cette entreprise à la représenter au sein de la CGEM ; 3) S’être acquitté des frais d’adhésion au patronat durant au moins tout l’exercice précédant la candidature. D’emblée, nous pouvons dire que Salaheddine Mezouar ne répond à aucune de ces exigences. Il n’est donc pas admissible à la candidature et est éliminé ipso facto, et de par la force des règlements intérieurs de la CGEM, de cette possibilité. Ca c’est sur le plan juridique.

Ce qui me choque, c’est que l’on présente à ce poste un commis de l’État, plusieurs fois ministres

Sur le plan politique, la candidature de l’ancien président du RNI, si elle venait à se vérifier, violerait un principe éthique et constituerait un mariage antinomique : le mélange entre les affaires et la politique ne fait pas bon ménage. C’est ce qu’a relevé, dans un post sur sa page Facebook, Ali Belhaj, l’ancien président de la région de l’Oriental et ex- secrétaire-général adjoint du Parti authenticité et modernité. Pour Ali Belhaj, cette nouvelle est choquante, non pas à cause du personnage, qu’il considère au passage «très sympathique, agréable et un fin communicateur» mais pour ce qu’il représente : «ce qui me choque, c’est que l’on présente à ce poste un commis de l’État, plusieurs fois ministres» écrit-il.

Voudrait-on infantiliser la CGEM et à l’affaiblir

L’ancien président d’Alliance des libertés, un micro-parti qui avait fusionné au sein du Parti authenticité et modernité à la création de ce dernier, crie au scandale quand il affirme que par cette candidature, on cherche à «infantiliser la CGEM et à l’affaiblir» rappelant que cette dernière si elle «veut rester ce qu'[elle] est, [c’est-à-dire] un des rares corps intermédiaires encore debout, doit rester indépendante», car elle joue un véritable rôle de «syndicat des entrepreneurs». En d’autre termes, y désigner un ancien ministre des Finances ou du Commerce et de l’Industrie comporterait un risque d’indépendance de l’institution en question et constituerait une incompatibilité juridique.

Dans une interaction avec un des lecteurs du post, Ali Belhaj s’interrogeait sur les raisons des difficultés que trouvent «ces hauts fonctionnaires à se recycler dans d’autres domaines/fonctions une fois sortis des sentiers du pouvoir», mais le texte a été supprimé et n’est plus disponible.

Les banquiers marocains s’insurgent contre Alger et menacent Abdelkader Messahel de poursuites judiciaires

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En prenant note des «allégations graves et mensongères» du ministre algérien des Affaires étrangères à l’encontre du Maroc, «l’ensemble du secteur bancaire marocain s’est insurgé vigoureusement» contre les déclarations de Abdelkader Messahel qui «témoignent de l’ignorance totale et flagrante des règles de gouvernance et d’éthique qui régissent les activités des banques marocaines dans le monde et (…) sur le continent africain.» C’est en ces termes que le GPBM s’est insurgé contre le dérapage inacceptable du successeur de Ramtane Lamamra.

Cette sortie musclée du Groupe professionnel des banques du Maroc fait suite aux déclarations irresponsables faites la veille par le chef de la diplomatie algérienne dans lesquelles il accuse les banques marocaines de «blanchir l’argent du hachich» à travers leur activité en Afrique.

Non seulement ces «déclarations s’inscrivent totalement à contre-courant de l’évolution institutionnelle et économique qu’ont connu» les pays africains dans beaucoup de domaines mais tendent à ignorer volontairement «la reconnaissance des instances internationales (…) et  agences de notation et des observateurs de la finance dans le monde» que le secteur bancaire marocain respecte scrupuleusement «les règles prudentielles les plus avancées particulièrement les normes Bâle II et III, et IFRS» et qu’il est cité comme une référence dans la région MENA et en Afrique par sa solidité, ses performances (…)sa bonne gouvernance et sa transparence.»

D’ailleurs, dans son communiqué –dont LE1 possède une copie-, le GPBM explique comment ces instances internationales reconnaissent au Maroc son action pour «la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme conformément aux normes du GAFI dont le Maroc est membre fondateur, et ce en plus des différentes obligations internationales de conformité et d’échanges de renseignements financiers auxquelles le Maroc adhère.»

Ce que semblent malheureusement ignorer les algériens c’est que «les établissements bancaires marocains [sont] associés à des banques internationales de renom (…) et encadrés par une législation bancaire des plus modernes avec des normes avancées de lutte contre le blanchiment de capitaux et sont soumis à une supervision bancaire rigoureuse et en continu par la banque centrale du Maroc (Bank Al Maghrib).»

Et pas uniquement dans le marché domestique. En effet, «les banques marocaines appliquent cette même rigueur de conformité dans leur développement à l’international y compris en Afrique avec une stratégie clairement définie et un modèle transparent dans tous ses volets, économiques, financiers, techniques, humains et sociaux.»

Le GPBM, qui «se réserve tous les droits de recours contre les graves déclarations du ministre des Affaires étrangères algérien » rappelle dans son communiqué que «le secteur bancaire marocain fait confiance» au continent Africain et «s’engage [depuis des décennies], sur le terrain, dans son développement au profit de sa population et de son économie» et appelle à demeurer «vigilants et mobilisés afin de préserver» la présence marocaine en Afrique et «renforcer» sa contribution au développement économique et social du continent «dans le strict et constant respect des meilleures pratiques internationales ainsi que des normes et standards les plus modernes.»

LE1

Automobile et change : Abdellatif Jouahri désavoue Moulay Hafid Elalamy et Boussaid

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Au moment même où Moulay Hafid Elalamy et Mohamed Boussaid signaient avec Pietro Gorlier, PDG de du groupe industriel italien Magneti Marelli, un accord pour la construction à Tanger d’une usine destinée à produire des composants mécaniques et électroniques pour automobiles, d’un montant de 37 millions d’euros, le gouverneur de Bank al-Maghrib annonçait, lors d’une conférence de presse tenue à Rabat après la réunion du Conseil de l’Institut d’émission, que la construction automobile avait atteint ses limites et sa «pleine capacité» d’exportations, et entamé une phase de recul de l’ordre de 1%. Un grand camouflet pour MHE qui annonçait en juin dernier que le Maroc tablait sur une capacité de production d’un million de véhicules à l’horizon 2020 contre 650 000 actuellement.


Signé en grande pompe hier mardi, l’accord avec Magneti Marelli a constitué un gage de confiance du géant italien dans l’industrie automobile au Maroc, portée par les chinois et les français essentiellement. Dans une première étape, et au début de ses activités dont le lancement est prévu pour 2019, l’usine Magnetti Marelli aura une capacité de production d’environ 6 millions de pièces et contrôlera toute la zone d’Afrique du Nord.
Bien avant Magnetti Marelli, plusieurs géants mondiaux de composants automobiles ont fait confiance au Maroc et sont déjà installés soit à Tanger, à Casablanca ou à Kénitra et approvisionnent régulièrement le secteur local dont la production est principalement destinée à l’export. On citera, à titre d’exemple, Electroplast, ou le chinois Xiezhong, l’américain Lear Corporation Automotive, le marocain Dolidol, les espagnols Jobelsa et Hispamoldes ou les Allemands Knauf et Leoni.

 

Sauf que les déclarations du gouverneur Jouahri viennent remettre fondamentalement en question tout l’optimisme de Moulay Hafid Elalamy. Si la capacité de construction est en saturation comme l’annonce le patron de la Banque centrale et que le secteur a atteint son «plafond en terme d’exportation», l’écosystème automobile si cher à Moulay Hafid Elalamy trouvera du mal à se davantage développer au Maroc et cherchera inéluctablement d’autres marchés.

«Les taux envisagés ont atteint leur pleine capacité» selon Jouahri, le marché est «toujours extensible» selon MHE, qui croire ?

Les opérations de couverture pas toutes liées à de vraies opérations commerciales

D’autre part, et revenant sur la polémique du mois de juin dernier concernant les opérations de couverture à l’international qui ont fait perdre au Maroc quelque 44 milliards de dirhams, Abdellatif Jouahri persiste et signe : «Les opérations de couverture constatées au niveau du système bancaire n’étaient pas toutes adossées à de vraies opérations commerciales» lançant la balle dans le camp de banques qui ont exécuté des opérations «à la demande de la clientèle», poussant le gouverneur Jouahri à s’interroger solennellement : «Mais doivent-elles [appliquer les demandes des clients] même lorsqu’elles violent la réglementation des changes?»

Toujours selon Jouahri, l’Office des changes a effectué une inspection, et un rapport est attendu dans ce sens. D’ailleurs, depuis le 8 août, «les banques ne font plus de demandes de devises, elles ont déjà été servies» martèle un Jouahri en colère.

Et concernant l’annulation de sa conférence de presse conjointe avec le ministre Boussaid, le gouverneur Jouahri a clairement expliqué que « le gouvernement avait mis du temps à être constitué et que, pendant de longs mois, Bank Al-Maghrib a donné l’impression d’être seul à la manœuvre, d’être le seul à prendre la parole.» Pour clore la polémique, Abdellatif Jouahri a tranché : « Bank Al-Maghrib est respectueux des textes et des lois (…) mais la décision politique revient au gouvernement.»

Abdellah El Hattach

Exclusif : Noureddine Bensouda pressenti pour Bank al-Maghrib

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Plusieurs articles de presse ont fait état dans les semaines écoulées d’une éventuelle nomination de Salaheddine Mezouar ou Hassan Bouhemou à la tête de Bank al-Maghrib en remplacement de Abdellatif Jouahri qui a atteint la limite d’âge. Mais nombre de contraintes font que ce choix ne sera peut-être pas possible. Alors que plusieurs éléments vont dans le sens de la désignation de Noureddine Bensouda en qualité de futur Gouverneur de la Banque centrale.

La fonction de Gouverneur de l’Institut d’émission nécessite indépendance, intégrité et probité intellectuelle et morale. Qualités réunies chez Abdellatif Jouahri qui, malgré les quelques couacs en fin de mission, a continué à jouir d’un certain consensus dans les rangs des opérateurs économiques et des partenaires institutionnels.
Son successeur devra bénéficier des mêmes qualités et aptitudes pour pouvoir diriger la Banque d’Etat. Le nom de Salaheddine Mezouar a beaucoup circulé dans les salons et repris par certains médias. De même que le nom de Hassan Bouhemou, ex-patron de SNI.

L’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui a sans aucun doute les compétences requises pour diriger un grand groupe financier ou tout autre établissement public d’envergure, ne peut vraisemblablement pas être investi Gouverneur de Bank al-Maghrib pour une raison très simple : il est étiqueté politiquement et a dirigé une formation politique dont il est toujours membre du Bureau politique. Il n’est donc ni indépendant ni autonome. Il a en outre beaucoup d’intérêts politiques, énormément d’adversaires et certainement autant d’amis, alors que le Gouverneur de la Banque centrale doit être nécessairement neutre et impartial.

De plus, Salaheddine Mezouar, n’a pas encore soldé le dossier du crédit personnel qu’il traîne avec BMCE Bank of Africa et impliquant ses deux enfants et ce dans l’affaire dite «Sindibad Beach Resort» (cf. LeConfidentiel by le1.ma , N°1, Mars 2017), ce qui rend l’ancien chef de la diplomatie inéligible à cette haute fonction.

De son côté, l’ancien président de la SNI, Hassan Bouhemou, s’il a l’avantage de son jeune âge et sa grande capacité de travail, pèche lui aussi par son défaut d’indépendance vu qu’il demeure organiquement lié à une nébuleuse d’opérateurs économiques et de personnalités influentes qui viendraient biaiser sa liberté de trancher quand il faudra trancher.

Fait insolite, au lendemain des premières rumeurs sur sa désignation en tant que Gouverneur de Bank al-Maghrib, Hassan Bouhemou a vite fait créer une page Wikipédia relatant son parcours et sa carrière et le désignant candidat à la direction de l’OCP ou la CDG.

En revanche, l’actuel trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, serait le mieux placé pour hériter de ce poste sensible et stratégique. L’ancien camarade de classe de Mohammed VI au Collège royal n’est pas apparenté politiquement et a toujours su garder des rapports équidistants avec les différents partenaires et opérateurs économiques ou institutionnels.

Et onze ans à la tête de la direction générale des Impôts, ont permis à Noureddine Bensouda de se forger le profil idoine pour succéder à Abdellatif Jouahri qui a beaucoup de sympathie pour lui. Lors d’un événement récent, l’échange d’amabilité entre les deux hommes n’a pas laissé indifférent et peut-être même que Jouahri a clairement manifesté sa préférence quant à l’identité de son successeur.

LE1