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Bahreïn

Israël scelle son entente avec les Emirats et Bahreïn à la Maison Blanche

Israël signe mardi à la Maison Blanche des accords historiques avec les Emirats arabes unis et Bahreïn qui bousculent les équilibres au Moyen-Orient, et sur lesquels compte Donald Trump pour se présenter en « faiseur de paix » à sept semaines de la présidentielle américaine.

AFP

Le président des Etats-Unis a tenu à organiser une cérémonie en grande pompe à Washington au cours de laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit formellement établir des relations diplomatiques entre l’Etat hébreu et ces deux pays arabes — première percée de ce type depuis les traités de paix avec l’Egypte et la Jordanie, en 1979 et 1994.

Une poignée de main historique entre le dirigeant israélien et les représentants arabes n’est pas exclue, a déclaré un haut responsable américain, soulignant que tous les participants auront auparavant été testés au coronavirus.

De nombreux Etats arabes pétroliers cultivent discrètement des liens avec les autorités israéliennes depuis des années, mais cette normalisation offre de riches opportunités, notamment économiques, à ces pays qui tentent de réparer les ravages de la crise du coronavirus.

« C’est une réussite de première classe », assure David Makovsky, du cercle de réflexion Washington Institute for Near East Policy, tout en soulignant que cela « n’implique pas la même prise de risque » pour les Israéliens que celle acceptée par Menahem Begin, « lorsqu’il a abandonné le Sinaï » à l’Egypte, ou Yitzhak Rabin, lorsqu’il a accepté de négocier avec le Palestinien Yasser Arafat.

La « vision pour la paix » présentée en début d’année par Donald Trump, qui visait à mettre fin une fois pour toutes au conflit israélo-palestinien, est loin d’être couronnée de succès: l’Autorité palestinienne l’a rejetée en bloc et dénie au président américain le rôle même de médiateur depuis qu’il a enchaîné les décisions favorables à Israël.

Ce n’est plus le Moyen-Orient de papa, c’est une nouvelle région

L’actuel Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a d’ailleurs estimé que mardi serait un « jour sombre » dans l’histoire du monde arabe, dont il a fustigé les « fractures » et les « divisions ».

Les Palestiniens, qui dénoncent un « coup de poignard dans le dos » de la part de ces pays accusés de pactiser avec l’Etat hébreu sans attendre la naissance d’un Etat palestinien, ont appelé à des manifestations mardi.

Mais l’administration Trump avait toujours dit vouloir secouer la région plus profondément en rapprochant Israël et le monde arabe dans une sorte d’union sacrée contre l’Iran. Ces accords esquissent ce changement d’ère, et semblent reléguer la question palestinienne en arrière-plan, comme l’espérait la Maison Blanche.

Selon David Makovsky, « ce n’est plus le Moyen-Orient de papa, c’est une nouvelle région » où, fait extraordinaire, la Ligue arabe a refusé de condamner la décision des deux monarchies du Golfe.

« Les Palestiniens vont attendre de voir ce que donne l’élection américaine, mais quand la poussière retombera, ils devront repenser leur position », estime cet ex-diplomate américain.

Ces accords sont une victoire pour Benjamin Netanyahu et rapprochent Israël de son objectif d’être accepté dans la région.

Pour Donald Trump, qui brigue un second mandat et n’avait jusqu’ici que peu d’avancées diplomatiques à présenter aux électeurs, c’est un succès reconnu jusque chez ses adversaires démocrates.

Depuis l’annonce le 13 août de l’accord israélo-émirati, suivie la semaine dernière par celle concernant Bahreïn, le camp du milliardaire républicain ne lésine pas sur les superlatifs pour vanter son action, digne à l’en croire du prix Nobel de la paix.

Des divergences sont toutefois déjà apparues sur les conditions entourant l’accord avec les Emirats. Aux yeux du pays du Golfe, Israël a accepté de « mettre fin à la poursuite de l’annexion des territoires palestiniens ».

Mais le Premier ministre israélien a lui affirmé qu’il n’avait « pas renoncé » à l’annexion de vastes pans de la Cisjordanie occupée, uniquement « reportée ».

De même, Benjamin Netanyahu a dit s’opposer, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région, à la vente aux Emirats d’avions de chasse furtifs américains F-35 qu’Abou Dhabi veut acquérir.

Bahreïn flotte sur une vaste réserve de pétrole et de gaz

La carte des réserves d’énergie du monde et l’équilibre des pouvoirs correspondant, a été radicalement changée avec l’annonce de la découverte par le Bahreïn d’une vaste réserve de pétrole et de gaz.

La découverte de 80 milliards de barils de pétrole de schiste, équivalente à toute la réserve de la Russie, propulse le minuscule Etat du Golfe au sommet de la ligue pétrolière de schiste. Lire ici

Maroc-Iran : La nouvelle lune de miel

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En l’espace de dix jours, le roi Mohammed VI a envoyé deux messages au président iranien Hassan Rouhani. Le 11 février, une missive l’occasion de la fête nationale de la république islamique d’Iran qui célèbre la chute du régime des Pahlavi et l’avènement de celui des Mollahs; et le 20 février un télégramme de condoléances suite au crash d’un avion de ligne iranien au sud de la province d’Ispahan, causant la mort de tous ses passagers.

Au-delà des formules d’usage de félicitations et des voeux sincères de bonheur au président Rouhani et de davantage de progrès et de prospérité au peuple iranien «frère» ou de «grande affliction» suite au crash de l’aéronef qui effectuait une liaison domestique, le souverain a surtout réaffirmé sa détermination et celle du Maroc à continuer à œuvrer de concert avec le président iranien pour donner une nouvelle impulsion aux relations de coopération existant entre les deux pays, au service des intérêts des deux peuples frères.

Déjà, en juin 2017, le roi Mohammed VI avait adressé un message de condoléances et de compassion au président iranien Hassan Rouhani, suite aux attaques criminelles ayant ciblé le Parlement iranien et le mausolée de l’ayatollah Khomeiny, faisant plusieurs victimes. Le Souverain y avait vigoureusement dénoncé ces actes terroristes ignobles, qui ne respectent pas la sacralité du mois béni du Ramadan, réaffirmant au président iranien la condamnation du Royaume du Maroc du terrorisme odieux qui est aux antipodes des valeurs et principes de l’islam tolérant.

Ce rapprochement, toujours timide il est vrai, est une expression claire de la volonté des deux pays de diluer définitivement le profond différend qui avait longtemps entaché les relations entre Rabat et Téhéran. Le Maroc, qui dénonçait l’ingérence de l’Iran dans les affaires intérieures du pays par des activités de prosélytisme chiite, avait rompu en 2009 ses relations diplomatiques avec la république islamique en solidarité avec le Bahreïn que certains officiels à Téhéran considéraient comme «la quatorzième province iranienne.» Sans oublier le rôle de l’Arabie saoudite qui, selon des câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks, avait fait pression sur le Maroc dans sa stratégie globale d’opposition à l’influence iranienne.

Sept ans après, et plus exactement en octobre 2016, les deux pays ont décidé de rétablir leurs ambassades, le Maroc ayant choisi de désigner Hassan Hami à la tête de la mission diplomatique du royaume à Téhéran.

Cette normalisation a été précédée par des contacts de haut niveau entre les deux parties. Le premier de ceux-là fut la rencontre qui a réuni, au mois de février 2014, à Tunis, le prince Moulay Rachid et Ali Larijani, conseiller du Guide de la Révolution, Ali Khamenei, et président du parlement iranien. Rencontre qui a eu lieu en marge de la cérémonie de la présentation de la première Constitution tunisienne post-révolution. Le second contact de haut niveau avant la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays s’est déroulé en avril 2016 quand Amir Abdellahyane, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a effectué une visite officielle Maroc, où il a eu des entretiens avec plusieurs responsables gouvernementaux.

Les Emirats et le Qatar au bord d’un embrasement général sous l’œil vigilant de l’U.S. Central Command

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En l’espace d’une semaine, et à deux reprises, le Qatar a accusé des avions militaires des Emirats Arabes Unis d’avoir violé son espace. Doha a tout de suite porté plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. De leur côté, les Emirats arabes unis accusent des avions de chasse qataris d’avoir intercepté un avion de ligne émirati qui faisait route vers le Bahreïn. Ces différents incidents aériens, qui sont une réelle menace pour la sécurité de l’aviation civile dans la région, accentuent une situation déjà très envenimée entre Doha et Abu Dhabi qui ont rompu leurs relations diplomatiques en juin dernier.

Le Qatar, qui subit depuis sept mois les affres du blocus qui lui est imposé par quelques-uns de ses pairs du Conseil de coopération du Golfe, a formellement démenti cette information précisant qu’aucun de ses appareils militaires n’a intercepté un quelconque aéronef des Emirats arabes unis. Doha pointe du doigt un «mensonge d’Etat» de la part d’Abu Dhabi.

Pour leur part, les services du Commandement central américain qui tiennent leur quartier général à la base d’Al-Udeid dans la banlieue de Doha au Qatar, n’ont signalé «aucun mouvement de cette nature». Le porte-parole de l’U.S. Air Force Central Command, le lieutenant-colonel Damien Pickart, a cependant pris quelques distances : «les forces américaines ne surveillent pas systématiquement les vols civils et les opérations de l’armée de l’air du Qatar», façon très diplomatique de marquer une retenue de circonstance.

Autre facette de la crise qui ronge les relations entre les deux pays voisins, autrefois amis, c’est l’histoire de ce prince qatari qui affirme être retenu contre son gré aux Emirats arabes unis. Abu Dhabi a, à son tour, systématiquement rejeté ces accusations. Abdallah Ben Ali Al-Thani, cousin de l’Emir du Qatar, avait tenté en août dernier une vaine médiation entre Doha et les pays du blocus.

Pour rappel, en juin dernier, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte avaient brusquement rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en l’accusant de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran.

Après l’Arabie Saoudite et le Bahreïn, le Koweït appelle ses ressortissants à quitter le Liban

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Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a appelé tous les citoyens koweïtiens actuellement au Liban à le quitter immédiatement en raison de la situation politique du pays.

Une source officielle au ministère des Affaires étrangères a déclaré jeudi, que cette décision a été prise suite à la complication de la situation politique au Liban et en anticipation à toute répercussion négative sur  la sécurité des citoyens koweïtiens. Un numéro de téléphone d’urgence (0096171171441) a été mis en place.

Le Koweït et le 3ème pays du Golfe à demander à ses ressortissants de quitter le Liban, après le Bahreïn et quelques heures après l’Arabie Saoudite.

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L’Arabie Saoudite appelle ses ressortissants à quitter le Liban

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L’Arabie Saoudite appelle ses ressortissants d’éviter de se rendre au Liban et ceux qui s’y trouvent de quitter immédiatement ce pays en raison des risques qui pèsent sur leur sécurité.

Cette décision intervient quatre jours après un appel similaire du gouvernement du Bahreïn et trois jours après la sortie virulente du ministre d’État saoudien pour les Affaires du Golfe, Thamer ben Sabhane al-Sabhane, soutenant que le gouvernement libanais avait déclaré la guerre à son pays à cause du Hezbollah et de son allié l’Iran, que l’Arabie Saoudite accuse d’avoir fourni les missiles qui ont été lancés vers Riyad.

Saad Hariri qui avait annoncé sa démission samedi, accusant le Hezbollah et de l’Iran de “mainmise” sur le Liban et avouant craindre pour sa vie, n’arrive pas à quitter l’Arabie Saoudite, ni à communiquer avec ses proches. Tout porte à croire qu’il n’est pas libre de ses mouvements et serait en résidence surveillée.

Des tentatives de médiation des membres de son gouvernement ainsi que de sa famille sont actuellement en cours pour clarifier la situation qui devient de plus en plus explosive.

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Crise du golfe : Cheikh Hamdane Ben Zayed Al Nahyane vend la Qatar Dolphin Tower

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Dans un contexte diplomatique extrêmement tendu entre le Qatar d’une part et les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Bahreïn et l’Égypte d’autre part, qui persiste depuis le 5 juin 2017, Abu Dhabi semble vouloir isoler davantage Doha et réduire au plus bas niveau les liens économiques en vue d’accentuer le blocus sur le Qatar.

Le célèbre Al Ain Properties, agent immobilier de luxe appartenant au fonds d’investissement du Cheikh Hamdane Ben Zayed Al Nahyane, a mandaté la DTZ Qatar pour la mise en vente du Dolphin Tower à Doha, un bâtiment de 25 étages portant sur 23 000 mètres carrés.

La Dolphin Tower à Doha est le siège du fournisseur de gaz naturel Emirati Dolphin Energy qui exploite le projet Dolphin Gas, qui fournit du gaz naturel liquéfié aux clients des Emirats arabes unis et du Sultanat d’Oman.

Malgré la tension entre les deux pays, le Qatar avait déclaré le 6 juin dernier qu’il n’avait pas l’intention de fermer le pipeline Dolphin qui transporte du gaz naturel qatari vers les Émirats arabes unis.

Le pipeline était le premier projet de gaz transfrontalier dans la région arabe du Golfe. Il pompe environ 2 millions de mètres cubes de gaz par jour vers les Emirats arabes unis.

Mubadala Development Co., société d’investissement appartenant et gérée par le gouvernement d’Abu Dhabi, possède 51% de Dolphin, tandis que Total et Occidental Petroleum en disposent chacun de 24,5%.

La Qatar Dolphin Tower, achevée en 2006, a coûté la bagatelle de 26 millions de dollars. Mais dans ce contexte géopolitique explosif, ce chiffre est difficilement atteignable pour une vente aujourd’hui, surtout en raison d’un marché de l’immobilier en suroffre.

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Qatar : Le Port-Hamad, une structure qui remodèle l’architecture économique et commerciale dans le Golfe Persique

Si un tiers du trafic maritime pétrolier mondial transite par le détroit de Ormuz en raison de la richesse en hydrocarbures de tous les pays de la région, la construction par le Qatar du nouveau Port-Hamad s’inscrit quant à elle dans l’optique de la Vision 2030 qui cherche à remanier le modèle économique du pays et préparer la période de l’après-pétrole. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont, depuis leur création, adopté diverses mesures pour garantir la navigation dans le détroit en sécurisant les exportations de pétrole en vue de contrecarrer l’influence de l’Iran. Mais avec le blocus économique imposé par quelques pays du CCG à un pays membre qu’est le Qatar, ce dernier, en inaugurant le plus grand port du Moyen-orient, rééquilibre ainsi les rapports de force qui se déploient dans la région au détriment des intérêts des populations locales.


Depuis trois mois et demi que dure la crise politique qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn au Qatar, chaque jour qui passe sans confrontation militaire est un jour de gagné. Car, dans une région en ébullition, où l’Iran, sous l’égide de Moscou, prend de plus en plus d’ampleur militaro-diplomatique, l’Arabie saoudite vit mal les victoires successives du régime de Bachar al-Assad appuyé par Téhéran et le Hezbollah libanais. La froideur de la relation entre Doha et Ryad, et l’animosité qui caractérise la relation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, a fait se réchauffer les relations bilatérales entre le Qatar et Téhéran. L’espace aérien iranien a permis aux aéronefs du Qatar d’amortir le choc du blocus, de même pour l’espace maritime. C’est ainsi que la politique des pays du CCG de se positionner face à l’Iran et de déployer toute leur diplomatie en vue de déstabiliser le puissant voisin perse s’est vu profiter pleinement au couple Téhéran-Doha qui a su tirer son épingle du jeu face aux pressions de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Et l’inauguration par l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, du nouveau Port-Hamad, entre le cadre d’un vaste plan qui vise à augmenter les exportations non pétrolières vers le reste du monde et dont l’immense marché iranien sera un des premiers clients et bénéficiaires.

Cela permettra tout d’abord d’assurer la sécurité alimentaire du Qatar et ensuite de promouvoir la diversification économique du pays, sa souveraineté et son indépendance. Ainsi, les grands navires vont désormais pouvoir directement décharger leurs conteneurs au niveau du nouveau complexe Port-Hamad.

D’une capacité annuelle de 7,5 millions de conteneurs (à titre de comparaison, Tanger-Med est à 2,9 millions de conteneurs annuels), les terminaux et quais du Port-Hamad sont dédiés aux céréales, aux véhicules et au bétail. L’actuel port de Doha sera transformé en un terminal international de plaisance et de croisière, alors que la nouvelle superstructure Port-Hamad, inaugurera de nouvelles routes maritimes vers Oman, le Koweït, l’Inde, la Chine, le Pakistan et la Turquie.

Les Etats-Unis d’Amérique suivent de très près ces évolutions. Ils voient d’un très mauvais œil l’hégémonie iranienne et la suprématie grandissante des russes sur les différents dossiers du Moyen-orient. Et le Qatar –également allié de la Turquie- qui se greffe à ce duo gagnant n’est pas pour plaire à Washington, encore moins aux israéliens secoués par la visite secrète de Hassan Nasrallah à Damas sous couverture irano-russe.

Le Maroc à l’honneur

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Placé à la droite de Cheikh Tamim par le protocole qatari, Habib Malki a eu une présence remarquée aux côtés de l’Emir du Qatar lors de cette cérémonie. La forte délégation marocaine, qui comptait aussi dans ses rangs l’influent ministre Moulay Hafid Elalamy, réputé très proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, a véhiculé un signal fort du Maroc quant à la nouvelle orientation de la politique étrangère du royaume. Le Maroc n’a pas d’ennemis éternels, ni d’amis éternels. Seuls les intérêts comptent et demeurent. Rabat a compris que le centre du pouvoir mondial a migré de l’Occident vers l’Orient, tant sur le plan diplomatique qu’économique et militaire. Mais les américains ne s’avoueront jamais vaincus. Washington tente d’exploiter au maximum la crise en Corée pour dévier les regards de l’opinion internationale de ce qui se passe au Moyen-Orient et de perpétuer, chez la nouvelle alliance gagnante, un puissant foyer de tension en vue de l’empêcher d’étendre encore plus son influence, militaire notamment.

De nouvelles alliances se font et se défont. Des choix sont à faire. Des alignements s’imposent. La réunion au sommet des pays du BRICS tenue à Pékin a mis davantage de pression sur les Etats-Unis et aura un impact majeur sur la politique extérieure américaine, non pas dans les mois ou semaines à venir, mais dans les jours, voire les heures, qui viennent.

C’est pour cela qu’il est intéressant de suivre de très près la politique du Qatar et ses choix stratégiques car ils nous guideront inéluctablement vers les fondamentaux qui feront les alliances de demain.

Le blocus qui cherchait à isoler le Qatar de son environnement régional et international a eu l’effet contraire. Doha a su exploiter cette crise majeure qui compte parmi les plus importantes de son histoire contemporaine, afin de s’offrir de nouvelles perspectives : aller de l’avant dans les réformes, nouer de nouvelles alliances, créer de nouvelles opportunités économiques, s’imposer comme maillon de solution et s’affirmer comme acteur d’ouverture sur le monde.

Le Maroc devrait s’inspirer de cette expérience et en faire un vrai cas d’école : ne pas avoir peur des crises mais au contraire les affronter et en sortir fort et renforcé.

Abdellah El Hattach

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Le Qatar sans visa pour les Marocains

En marge des festivités organisées ce mardi au Qatar à l’occasion de l’inauguration du nouveau Port-Hamad, considéré comme l’un des plus grands dans la région du Moyen-Orient, le président du Conseil des ministres qatari et ministre de l’Intérieur, Cheikh Abdallah Ben Nasser Ben Khalifa al-Thani, a annoncé que son pays a décidé de lever l’obligation du visa d’entrée au Qatar pour les citoyens du pays.


Le président du Conseil des ministres qatari et ministre de l’Intérieur, Cheikh Abdallah Ben Nasser Ben Khalifa al-Thani, a fait cette déclaration alors qu’il recevait une importante délégation marocaine venue représenter le royaume à l’inauguration du Port-Hamad, infrastructure titanesque parmi les plus imposantes au monde.

Le Qatar est désormais le seul pays du Conseil de la coopération du golfe à être ouvert aux citoyens marocains sans obligation de soumettre un visa. Cette décision du Qatar intervient au moment où le pays subit, depuis plusieurs mois, un blocus de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Bahreïn.

Pour rappel, le 9 août dernier, le Qatar permettait aux citoyens de 80 pays d’accéder à son territoire sans visa d’entrée, une sorte d’opération de charme afin d’alléger l’impact de l’isolement imposé par les «frères» du CCG, et dont le Maroc n’avait pas bénéficié suscitant une large incompréhension et une vague d’indignation des marocains. Et à compter du 30 août, les ressortissants du Pakistan n’ont désormais plus besoin que d’un visa d’entrée délivré à la frontière.

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Rapprochement irano-saoudien par Irak interposé

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L’éminent dignitaire chiite irakien, Moqtada al-Sadr, est en visite en Arabie saoudite. Accueilli par le ministre d’Etat saoudien aux Affaires du Golfe, Thamer al-Subhan, il a été reçu illico par le puissant prince héritier Mohamed Ben Salmane, nouvel homme fort du royaume depuis l’éviction de Mohamed Ben Nayef. Les relations entre l’Irak et l’Arabie saoudite sont brouillées depuis 1990. Elles se sont davantage compliquées depuis l’emprise iranienne sur le pays suite à la chute du régime de Saddam Hussein. Cette visite pourrait conduire à un renforcement des relations irako-saoudiennes, notamment après la récente réouverture de deux postes frontières fermés depuis plus de 20 ans. Il s’agirait aussi d’une avancée positive dans les relations politiques entre les deux pays à la lumière de la récente proximité entre Téhéran et Doha qui ne cesse d’irriter Ryadh. Moqtada al-Sadr s’est ainsi déplacé en Arabie saoudite en tant qu’éclaireur pour tâter le pouls politique et baliser le terrain en vue d’une normalisation entre les deux grands pays du Moyen-Orient et, pourquoi pas, à terme, renouer le dialogue entre saoudiens et iraniens.


C’est sur invitation officielle du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, que le chef chiite irakien Moqtada al-Sadr est arrivé dimanche à Ryadh. Cette visite intervient suite à après l’annonce par l’Arabie saoudite de soutenir Baghdad dans sa lutte contre le «terrorisme», notamment après la chute de Mossoul.

Le vice-Roi et Serviteur des Lieux Saints adjoint en l’absence de son père le Roi Salmane qui se trouve en villégiature à Tanger, au Maroc, est désormais l’interlocuteur privilégié des dignitaires de ce monde, raison pour laquelle la réunion qu’il a eue avec Moqtada al-Sadr a vu l’examen des relations entre les deux pays dans leur ensemble et à bâtons rompus, sans ordre du jour précis, notamment sur les sujets à caractère militaire, de renseignement et de sécurité.

La visite de Moqtada al-Sadr en Arabie saoudite intervient à un moment critique dans les relations entre les composantes des différents pays du Golfe et la poursuite du blocus imposé au Qatar, depuis le 5 juin, par l’Arabie saoudite, le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Personne ne sait si l’Irak tient à jouer un rôle de médiateur ou d’intermédiaire dans la résolution de ce problème, aucune communication dans ce sens n’ayant été publiée, mais il est nécessaire de rappeler que Baghdad avait ouvert son espace aérien aux avions qataris suite à la fermeture de celui des pays du blocus.

Ryadh et Baghdad ont redoublé d’efforts ces derniers temps pour améliorer leurs relations bilatérales. D’ailleurs, la visite de Moqtada al-sadr intervient un mois après celle du Premier ministre irakien Haider al-Abadi, également chiite, alors l’Arabie saoudite n’a cessé de dénoncer l’«ingérence» de l’Iran chiite dans la région. Téhéran, proche du Qatar honni par Ryadh, n’a officiellement pas encore réagi à cette visite et demeure vigilante et attentive à ces mouvements pour ne pas perdre de son influence sur la région du «croissant chiite» qu’elle a bâtie durant des décennies. Il n’est cependant pas à écarter que ces navettes de hauts dirigeants irakiens en Arabie saoudite soient l’œuvre de bons offices à l’initiative de Baghdad en vue d’une normalisation des relations entre Ryadh et Téhéran, combien même l’Iran n’a de cesse de fustiger le «régime wahhabite rétrograde» qui officie en Arabie saoudite.

Abdellah El Hattach