Ahmed Taoufiq

Mohammed VI désigne un gouvernement d’action

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Le Roi Mohammed VI a nommé, ce mercredi, les membres du nouveau gouvernement. Après un blocage institutionnel qui a duré près de six mois, l’équipe de l’Exécutif est fin prête. De prime abord, la principale observation relevée dans la composition de l’équipe proposée par le Chef du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani, est son architecture réorientée en pôles de compétences.

Composé de 39 membres, dont 2 (deux) ministres délégués auprès du Chef du Gouvernement (Défense et Affaires générales), 2 (deux) ministres délégués (Intérieur et Affaires étrangères) et 12 (douze) Secrétaires d’Etat, le nouvel exécutif est un véritable gouvernement d’action.

Nabil Benabdallah, facilitateur auprès de l’Etat et grand architecte de cette nouvelle formation pour avoir été durant des mois au four et au moulin en vue de faire réussir l’expérience d’un second gouvernement PJD, est propulsé à la tête d’un grand département qui réunit l’Aménagement du territoire national, l’Urbanisme, l’Habitat et la Politique de la ville, alors que dans le gouvernement sortant il était en charge uniquement de l’Habitat et de la Politique de la ville. Il dispose d’une Secrétaire d’Etat sous son autorité, en la personne de Fatna Lkhiyel membre du bureau politique du Mouvement Populaire.

De son côté, Aziz Akhannouch hérite lui aussi d’un super-ministère. Outre l’Agriculture et la pêche maritime, le département de Akhannouch englobe désormais le développement rural et les eaux et forêts. Avec en prime deux Secrétaires d’Etat sous ses ordres : Mbarka Bouaida du Rassemblement National des Indépendants qui quitte les Affaires étrangères et Hamou Ouheli du Mouvement Populaire, un grand revenant après avoir siégé au gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Une question reste posée : est-ce que ce nouveau format mettra fin à l’existence du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts dirigé par Abdeladim Lhafi ? Les semaines à venir nous le diront.

Toujours dans le volet superstructures, Mohamed Hassad est désigné à la tête d’un département englobant tous les niveaux de l’Enseignement, fondamental et supérieur, en plus de la Formation professionnelle et la Recherche scientifique. Deux Secrétaires d’Etat serviront sous les ordres de l’ancien ministre de l’Intérieur (remplacé par le wali de Rabat Abdelouafi Laftit), à savoir Khalid Samadi et l’ancien puissant Directeur général de l’OFPPT, Larbi Bencheikh, qui a été de tous les voyages du roi Mohammed VI en Afrique.

Mohamed Hassad travaillera en bonne intelligence avec le conseiller royal Omar Azziman, Président délégué du Conseil Supérieur de l’Enseignement, aux côtés duquel il tentera de mettre en oeuvre les recommandations ad hoc du Conseil supérieur notamment en termes de programmes et de vision stratégique mais également en ce qui concerne la gestion à bon escient des actifs immobiliers et du foncier dont jouit le département.

En revanche, la grande surprise reste l’éjection de Charki Draiss de son poste de «numéro deux de l’Intérieur». Il fait apparemment les frais de sa gestion «trop sécuritaire» de la situation dans le Rif. C’est Noureddine Boutayeb, Wali-Secrétaire général du ministère de l’Intérieur qui lui succède à cette fonction charnière et sensible. Et c’est une première : le ministre délégué est d’habitude un «monsieur sécurité». Là c’est différent. Il s’agit d’une transformation en profondeur dans l’approche de ce département. Le duo Laftit-Boutayeb est davantage porté sur la gestion du territoire, le développement local et humain et les montages financiers, compétences idoines pour accompagner la régionalisation avancée.

Si des ministres de souveraineté comme Ahmed Taoufiq et Abdellatif Loudiyi ont été maintenus, respectivement aux Affaires islamiques et à l’Administration de la Défense nationale, Driss Dahhak, par contre, quitte le Secrétariat général du gouvernement. Ce haut magistrat de carrière, compétent et intègre, est pressenti président-délégué du Conseil supérieur de la Magistrature. Dahhak, est remplacé par Mohamed El Hajjoui, grand commis de l’Etat et longtemps secrétaire général de la Primature. Il connaît parfaitement les rouages et les arcanes de l’Administration.

De son côté, l’équipe gouvernementale qui a piloté la COP22, à sa tête Salaheddine Mezouar et Hakima El Haité, n’a pas été retenue par El Othmani. Et le département de l’Environnement disparaît de la nouvelle architecture pour laisser place à un autre chargé du «développement durable». Il s’agit-là d’un signal fort qui met en exergue une réorientation de l’Etat dans son approche globale de la gestion de l’environnement. Une collaboration étroite avec la Fondation Mohammed VI pour le développement durable n’est pas à exclure.

Mustapha El Khalfi, quant à lui, quitte le ministère de la Communication hérité par un inconnu du bataillon, Mohamed Laaraj, mais demeure Porte-parole du gouvernement en plus d’être ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile.

Et au moment où Aziz Rabbah et Abdelkader Amara se sont échangés les maroquins, la patronne de la banque d’affaires Capital Trust, Lamia Boutaleb, pilotera la département du Tourisme sous la tutelle de Mohamed Sajid. Son alter ego, la Pjdiste Jamila El Moussali, hérite de son côté du portefeuille de l’économie sociale, également sous l’autorité du patron de l’Union Constitutionnelle qui, après une gestion en dents de scie du Conseil de la Ville de Casablanca, se retrouve à la tête d’un grand ministère qui réunit le Tourisme, le Transport aérien, l’Artisanat et l’Economie sociale, aura des défis énormes à relever et une situation complexe à gérer.

Enfin, si Mohamed Boussaid et Moulay Hafid Elalamy sont des «intouchables», un jeune loup fait son entrée dans le gouvernement de El Othmani. Othmane El Ferdaous, ancien directeur-chargé de mission chez Mena Media Consulting, travaillera sous l’aile de MHE en tant que Secrétaire d’Etat en charge de l’Investissement.

 

Abdellah EL HATTACH.

 

Décès du Khalife général des Tijanes: Omar Kabbaj remet et lit le message de condoléances du Roi


M. Omar Kabbaj, Conseiller du Roi Mohammed V I a remis, samedi à Tivaouane eu Sénégal, un message de condoléances du souverain, Amir Al-Mouminine, à la famille du Khalife général des Tijanes Sy, Cheikh Ahmed Tidiane Sy dit “Al Makhtoum”, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dernier,  à la communauté des Tidjanes et à l’ensemble du peuple sénégalais.

Le conseiller royal, qui était à la tête d’une délégation marocaine en compagnie du ministre des Habous et des Affaires Islamiques, Ahmed Taoufiq et de l’ambassadeur du Royaume à Dakar, Taleb Barrada, a participé à une cérémonie religieuse à laquelle assistaient de nombreux dignitaires de la famille Sy, des officiels sénégalais et une foule nombreuse de mouridine.

Dans un message lu en son nom par Mansour Sy, membre de la famille des Tidjanes Sy, le khalife général Abdou Aziz Sy Al Amine a fait part de sa gratitude et de ses remerciements pour la haute sollicitude dont SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminin, entoure la tariqa Tijaniya au Sénégal.

“La délégation de haut niveau envoyée par votre Majesté pour Vous représenter à la cérémonie de présentation de condoléances suite au décès de Cheikh Ahmed Tidiane Sy nous réconforte davantage et nous aidera à accepter, le cœur bien satisfait, ce destin imparable de Dieu”, a-t-il dit.

Il s’agit également d’un signal fort qui témoigne de l’amour, de la fraternité, de la solidarité et de l’entraide du Maroc, Roi, gouvernement et peuple vis-à-vis du Sénégal, a-t-il ajouté.

Le Khalife général des Tidjanes a hautement salué, à cet égard, les initiatives royales louables visant à promouvoir le continent africain, à leur tête la création de la fondation Mohammed VI des Oulémas africains, qui a permis d’accueillir de nombreux imams et prédicateurs africains, où ils sont formés sur les plans académique et professionnel.

Cinquième khalife de la famille d’El Hadji Malick Sy, le défunt cheikh Ahmed Tidiane Sy dit “Al Makhtoum” dirigeait la confrérie depuis la disparition de Serigne Mouhamadou Mansour Sy le 9 décembre 2012.

L’essor de la confrérie Tijaniya en Afrique de l’Ouest, rappelle-t-on, est dû à El Hadj Omar Tall (1794-1864), qui revint du pèlerinage aux Lieux saints de l’Islam où il a rencontré un grand disciple du Cheikh Sidi Ahmed Tijani, en l’occurrence le Marocain Mohamed El Ghali Boutaleb El Fassi, avec le titre de khalife des Tidjanes.

Au Sénégal, le mérite de la propagation de l’ordre revient à El Hadji Malick Sy, né à Dagana, dans l’actuelle région de Saint-Louis (Nord), qui s’installa définitivement à Tivaouane dès 1902, permettant ainsi à cette cité, sous son impulsion, de s’ériger en centre d’enseignement et de culture islamique.

A sa disparition, en 1922, son fils Ababacar Sy devient le premier khalife. Mansour Sy, le frère du défunt, lui succéda en 1957, mais décéda quatre jours plus tard. El Hadji Abdoul Aziz Sy alias “Dabbakh” (1904-1997) succède à lui, pour une période de 40 ans (1957-1997). Il est remplacé par Serigne Mansour Sy dit “Borom Daraji” (le maître de l’école coranique, en wolof), qui a rendu l’âme le 8 décembre 2012 à Paris (France) pour être succédé par le défunt Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy dit “Maktoum”.

LE1 avec MAP

L’Institut Mohammed VI de formation des imams et l’EMUNI en Slovénie face aux idéologies extrémistes

L’accomplissement par l’Etat de sa pleine responsabilité dans l’encadrement de la chose religieuse, dans ses différentes dimensions, immunise la société contre la pensée extrémiste génératrice du terrorisme, a indiqué, mercredi à Rabat, le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Taoufiq.

Intervenant à l’ouverture d’une rencontre tenue sous le thème “Production d’un discours différent pour faire face aux idéologies extrémistes”, organisée par l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates et l’Université euro-méditerranéenne en Slovénie, M. Taoufiq a ajouté qu’outre le rôle central de formation des imams à la diffusion d’un discours religieux modéré conformément aux constantes du Royaume, l’Etat se doit de répondre aux besoins du champs religieux dans ses différentes dimensions, dont la dimension scientifique à travers une instance d’oulémas seule habilitée à émettre des fatwas, la dimension logistique à travers entre autres la construction des mosquées et l’encadrement des pèlerins, la dimension soufie et la dimension politique qui consiste en la légitimité, la réforme et la justice.

Et d’ajouter que la pensée extrémiste exploite les lacunes qui peuvent se manifester dans ce système pour imposer ses lois et influencer certains éléments de la société, faisant observer que le rôle de la religion consiste plutôt en la promotion des valeurs de modération afin d’immuniser la société du “virus de l’extrémisme”, et que l’Islam appelle à une approche pacifiste et au dialogue dans le règlement des conflits et réprouve la violence et le terrorisme.

De son côté, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Slovénie, Karl Erjavec, actuellement en visite au Royaume, a réaffirmé l’engagement de son pays à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes dans le cadre de la coopération internationale, soulignant que les mesures classiques de sécurité sont insuffisantes et qu’il faudrait faire face aux causes profondes pour se prémunir contre la prolifération de l’extrémisme religieux et la violence parmi les jeunes des deux rives de la Méditerranée par le biais d’un enseignement de qualité, des opportunités d’emploi et la contribution active à la vie politique.

Selon le ministre slovène, la prévention contre l’extrémisme passe également par le dialogue entre les civilisations et l’entente entre les religions afin de faire face à la montée de la pensée extrémiste.

L’Université euro-méditerranéenne de Slovénie a joué un rôle important à cet égard en contribuant à la mise en place de contacts et de liens culturels et éducatifs entre les deux rives de la Méditerranée et en créant un centre d’études arabo-islamiques pour véhiculer la véritable image de l’Islam modéré en Europe, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le directeur de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates, Abdeslam Lazaar, a fait savoir que l’Institut, qui forme des étudiants marocains, africains et français, offre aux imams une formation basée sur la connaissance des sciences humaines et religieuses, l’acquisition d’expériences et de compétences pour la diffusion du modèle d’une pratique religieuse tolérante et ouverte faisant des imams des éléments positifs pour la prolifération de la culture de la paix et de la stabilité au sein de leurs pays et faire face à la pensée extrémiste et au terrorisme.

Ont pris part à cette rencontre, organisée à l’initiative du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, plusieurs ambassadeurs et étudiants étrangers à l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates.

L’Université euro-méditerranéenne ayant son siège en Slovénie, a été fondée le 9 juin 2008 avec pour mission de contribuer à la coordination des programmes d’enseignement supérieur et à la recherche scientifique et au rapprochement entre les pays euro-méditerranéens.

Source : L’encadrement de la chose religieuse par l’Etat immunise la société contre la pensée extrémiste (Taoufiq)

Lire Communiqué EMUNI

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