Cannabis

Urgent – Amnistie générale en faveur des cultivateurs du Kif au Maroc

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Key Points

  • Les cultivateurs de cannabis dans le nord du Maroc vont bénéficier d’une amnistie générale rapporte en exclusivité Maghreb Intelligence.
  • En dehors du PJD, les partis politiques marocains se sont exprimés en faveur du texte de loi relatif à l’usage légal du cannabis tout en appelant à une amnistie au profit des cultivateurs.
  • 400.000 personnes bénéficieront de l’entrée en vigueur de la loi relative à l’usage légal du cannabis.
  • L’amnistie constituerait un pas important dans la réconciliation avec la région du Rif.

Que se passe-t-il :

Le coup d’accélération donné par l’Etat marocain représenté par le Ministère de l’Intérieur au projet de loi 13-21, relatif à l’usage légal du cannabis, se manifeste ce mercredi par l’annonce d’une amnistie générale au profit des cultivateurs en faveur des cultivateurs de cannabis.

«Des dizaines de milliers de cultivateurs de cannabis dans le nord du Maroc vont bénéficier d’une amnistie générale et ne feront plus l’objet de poursuites», révèle Maghreb Intelligence citant des sources sûres.

«Des promesses ont été données dans ce sens aux parlementaires et aux cultivateurs de cannabis dont plusieurs ont été reçus au Parlement en début de cette semaine», précise la même source.

Il est à noter que les groupes parlementaires du parti de l’Istiqlal et du Parti authenticité et modernité (PAM) au sein de la Chambre des représentants militaient depuis une dizaine d’année et faisaient pression sur la Commission de la Justice et de la législation pour adopter un projet de loi visant à amnistier les cultivateurs de cannabis dans le nord du royaume.

The Big Picture :

Face à un marché mondial du cannabis en surchauffe et extrêmement compétitif, en raison des ruptures politiques et sociologiques observées dans l’hémisphère nord du globe, un nombre croissant de pays s’orientent vers la légalisation de l’usage du cannabis, la mise en place de politiques de discrimination positive, de stratégies commerciales et de mesures législatives adaptées.

Cette tendance a donné lieu à une concurrence acharnée que se livrent les nombreuses entreprises des pays du Nord, qui commercialisent le cannabis, pour s’accaparer ces nouvelles parts de marché qui ne cessent de s’ouvrir dans un marché mondial représentant déjà plusieurs milliards de dollars. Rien qu’en Europe, ce marché est évalué à 10,8 milliards d’euros, selon une étude commandée par le ministère de l’Intérieur marocain.

Cette dynamique mondiale constitue une réelle menace pour les petits cultivateurs traditionnels des pays du Sud. Ils font désormais face à d’énormes problèmes en raison de l’héritage de la criminalisation et des barrières juridiques et administratives qui empêchent d’entrer sur ce nouveau marché.

Le Maroc, réputé pour être le premier producteur mondial de résine de cannabis, fait partie de ces pays émergents du Sud qui sont directement concernés par ce mouvement mondial.

L’approbation e 2 décembre dernier, par la Commission des stupéfiants des Nations unies (CND), l’organe qui décide quelles substances sont considérées comme des drogues au vu du droit international, de la « reclassification » du cannabis et de sa résine dans les conventions internationales, reconnaissant de fait son utilité médicale, a libéré l’action gouvernementale du royaume chérifien sur le sujet.

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit a mis les bouchés doubles pour faire passer la loi 13-21 relative à l’usage légal du cannabis dans un délai record. Grace à cette nouvelle réglementation, le Maroc est en passe de suivre les pas de l’Australie, Royaume-Unis et de la Corée du Sud, de même 28 Etats américains dans la course mondiale de la fin de la prohibition du cannabis instaurée en 1912.

Source LeMonde

Selon des études de faisabilité relatives au développement du cannabis, élaborées par le ministère de l’Intérieur et dont la synthèse a été présentée mardi devant la Commission de l’Intérieur, à la Chambre des représentants, le nombre d’habitants concernés par la culture illégale du cannabis au Maroc est estimé à 400.000 personnes, soit près de 60.000 familles. Par ailleurs, le revenu net annuel du cannabis à usage médical pourrait avoisiner les 110.000 dirhams par hectare.

A ce titre, cette amnistie générale en faveur des agriculteurs s’inscrit dans une politique volontariste du Maroc pour la mise en œuvre d’un chantier d’importance économique et géopolitique de premier ordre et de sensibilité sociale et religieuse non moins importante.

Nbre habitants concernés400.000
Revenus agricoles totaux annuels325 millions Euros
CA consolidé Europe10,8 milliards d’euros
Impact environnementalexploitation excessive des terres agricoles
épuisement des eaux souterraines
usage excessif d’engrais qui pollue les eaux souterraines
déforestation 1000 hectares / an
Taux de croissance prévisionnelmarché médical mondial est de 30%
marché médical européen est de 60%
Revenu net annuel du cannabis à usage médical110.000 dirhams par hectare
Exportation à horizon 2028Hypothèse 1 : 10 % du marché du cannabis médical
4,2 milliards dollars
Hypothèse 2 : 15% du marché du cannabis médical ciblé, soit 6,3 milliards de dollars
Marchés prioritaires pour le cannabis médical marocainEspagne,
Pays-Bas,
Royaume-Uni
Allemagne
25 milliards de dollars/an à l’horizon 2028.

De la prohibition à la légalisation, quelques dates-clés

1912Le cannabis est inclus dans la convention de l’opium de la Société des nations (SDN), premier traité international sur le contrôle des drogues (1912).
1961Convention unique de l’ONU sur les stupéfiants : le cannabis, le pavot à opium et le cocaïer sont déclarés illégaux.
1970France
Loi punissant l’usage du cannabis d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.
1976Pays-Bas
Dépénalisation, consommation et vente au détail de petites quantités (coffee shops).
1996Californie (Etats-Unis)
1998 Etat de Washington (Etats-Unis)
1999 Israël
2001Canada
2008Suisse
2008Lesotho
2012Suisse
2012Colorado, Washington (Etats-Unis)
2013Italie
2013Uruguay
2016Californie (Etats-Unis)
2017 Catalogne (Espagne)
Production et consommation tolérées au sein d’associations (Cannabis social club).
2017Allemagne
2017Pologne
2018Proposition de l’OMS de rétirer le cannabis de la catégorie des substances aux « propriétés particulièrement dangereuses ».
2018 Canada
2018Afrique du Sud
2018Thaïlande
2019 Italie
Autorisation de la vente de cannabis « light » (moins de 0,5 % de THC).
2019Corée du Sud
2019France
Amende forfaitaire de 200 euros en alternative aux poursuites judiciaires en cas d’usage simple de stupéfiants.
2020 France
En janvier, vote de l’Assemblée nationale en faveur de l’expérimentation du cannabis thérapeutique.
2020L’ONU reconnaît officiellement l’utilité médicale du cannabis

Cannabis médical marocain: Un CA prévisionnel à l’export de 630 millions de dollars

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Ci-après les principaux points des études de faisabilité relatives au développement du cannabis, élaborées par le ministère de l’Intérieur et dont la synthèse a été présentée mardi devant la Commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales et de la politique de la ville à la Chambre des représentants:

Nbre habitants concernés400.000
Revenus agricoles totaux annuels325 millions Euros
CA consolidé Europe10,8 milliards d’euros
Impact environnementalexploitation excessive des terres agricoles
épuisement des eaux souterraines
usage excessif d’engrais qui pollue les eaux souterraines
déforestation 1000 hectares / an
Taux de croissance prévisionnelmarché médical mondial est de 30%
marché médical européen est de 60%
Revenu net annuel du cannabis à usage médical110.000 dirhams par hectare
Exportation à horizon 2028Hypothèse 1 : 10 % du marché du cannabis médical
4,2 milliards dollars
Hypothèse 2 : 15% du marché du cannabis médical ciblé, soit 6,3 milliards de dollars
Marchés prioritaires pour le cannabis médical marocain Espagne,
Pays-Bas,
Royaume-Uni
Allemagne
25 milliards de dollars/an à l’horizon 2028.
  • Le nombre d’habitants concernés par la culture illégale du cannabis au Maroc est estimé à 400.000 personnes, soit près de 60.000 familles.
  • Les revenus agricoles totaux annuels sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à près de 325 millions d’euros aujourd’hui, contre un chiffre d’affaires consolidé en Europe, qui est passé d’environ 12 milliards à près de 10,8 milliards d’euros.
  • Activité destructrice de l’environnement: l’exploitation excessive des terres agricoles, due à l’abandon de la rotation culturale, l’épuisement des eaux souterraines -sachant que cette région connaît la plus grande quantité de pluies au niveau national- et l’usage excessif d’engrais qui pollue les eaux souterraines ainsi que la déforestation (le couvert forestier détruit est estimé à 1000 hectares par an).
  • Les prévisions 2028 du marché du cannabis légalisé: le taux de croissance annuel du marché médical mondial est de 30% et le taux de croissance annuel du marché médical européen est de 60%. Le marché médical européen représentera environ 60% du marché médical mondial.
  • Le revenu net annuel du cannabis à usage médical pourrait avoisiner les 110.000 dirhams par hectare, soit une amélioration d’environ 40% par rapport aux recettes actuelles, le tout dans le cadre de pratiques respectant les normes de l’agriculture durable.
  • Concernant les marchés d’exportation, le document met l’accent sur les perspectives en direction de l’Europe à l’horizon de 2028, selon deux hypothèses. La première cible 10 % du marché du cannabis médical (4,2 milliards dollars sur un total de 42 et représente un revenu agricole annuel d’environ 420 millions de dollars).
  • La seconde hypothèse concerne 15% du marché du cannabis médical ciblé, soit 6,3 milliards de dollars et des revenus agricoles de 630 millions de dollars, ce qui permettra de dépasser le volume des revenus agricoles totaux actuels (environ 400 millions de dollars par an), d’autant plus que ces revenus prévus ne tiennent pas compte des revenus de la culture et de la transformation du cannabis à des fins industrielles.
  • Côté législation, les marchés prioritaires pour le cannabis médical marocain sont l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec des prévisions de 25 milliards de dollars/an à l’horizon 2028.
  • La prise en compte du potentiel des marchés français et italien renforcera le volume du marché potentiel de 17 milliards de dollars, pour atteindre 42 milliards.

Projet de loi sur le cannabis : le PJD tente de clasher Laftit devant les caméras

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Key points :

  • Le ministre de l’Intérieur Abdelaouafi Laftit a présenté ce jeudi devant la Commission de l’intérieur de la chambre des représentants le projet de loi 13-21 portant usage légal du cannabis.
  • Ce projet de loi divise le PJD, qui use de tous les moyens pour retarder ou renégocier le calendrier de son adoption.
  • Mostafa Brahimi, président du groupe parlementaire du PJD a tenté de provoquer Abdelouafi Laftit à l’issue de sa présentation du projet de loi. L’intervention du président de la Commission, Moulay Hicham Elm’hajri a avorté cette manœuvre.

Que s’est-il passé ?

Après 14min30 de présentation des grandes lignes du projet de loi sur le cannabis par le ministre de l’Intérieur Abdelaouafi Laftit, le président du groupe parlementaire du PJD, Mostafa Brahimi a pris la parole pour demander une motion d’ordre.

C’était sans compter sur l’intervention du député pamiste, président de la commission de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville Moulay Hicham Elm’hajri. «Nous avons tout le temps pour débat» a-t-il lancé à son collègue, qui s’apprêtait à entreprendre un réquisitoire contre le ministre. «Si votre motion d’ordre concerne la gestion de la session, je vous écoute sinon je lève a séance» a enchainé Elm’hajri.

Mostafa Brahimi a insisté par la suite pour adresser la demande officielle du groupe parlementaire du PJD au ministre de l’Intérieur, pour lui faire parvenir l’étude faisabilité qui a servi de base à l’élaboration de la loi. Devant l’insistance du président de la commission de mettre fin à ls réunion, le député pjdiste, va laisser exploser sa colère : «Laissez-moi parler, laissez-mois parler ! Si vous voulez que nous votions maintenant dites-le ?! Si vous voulez que les choses se passent de manière mécanique dites-le ?! »

The Big Picture

A l’approche des élections, Le parti islamiste joue au grand écart, tiraillé entre sa soif de rester au pouvoir, les défis économiques considérables liés à la pandémie, le maintien de son discours idéologique qui nourrit les militants et la cohérence de son message électoral construit autour des valeurs et de probité, d’intégrité et de transparence.

A ses début, le PJD avait structuré et intentionnalisé ce grand écart à travers la communication politique et sociale centralisée au niveau du Chef de parti et la communication prosélytique, du ressort du Mouvement de l’unicité et de la réforme, le MUR.

Le départ forcé d’Abdelilah Benkirane, a rendu ce schéma de double jeu obsolète car le parti s’est transformé et s’est profondément divisé. Si la signature de la reprise des relations avec Israël a atteint psychologiquement le Chef de Gouvernement, Saad Dine Elotmani, l’approbation du projet de loi du cannabis par ce dernier, a fait sortir son ancien patron, Abdelilah Benkirane de ses gonds. L’ancien Secrétaire Général du parti a senti le risque électoral qu’encourt le PJD avec cette loi.

Les calculs politiciens, les considérations d’égo et les échéances électorales, ont en effet poussé Benkirane a habillé ses attaques d’enfant rebelle par un discours truffés de marqueurs idéologiques pour s’assurer les militants de base, tout en fustigeant les ministres de son parti d’avoir céder trop facilement sur un sujet qui a toujours été porté par leur ennemi le PAM.

Ces débats et ces sorties tonitruantes devant les caméras que mènent les petites mains du PJD, cachent mal les manœuvres que pilotent son état-major pour négocier en off les contreparties des «concessions idéologiques» pour faire passer des lois et dispositions socialement difficiles et sensibles.