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Sotchi

Bachar al-Assad en visite surprise à Téhéran : Concertation et coordination avec Khamenei

Le président syrien Bachar al-Assad s’est rendu ce lundi à Téhéran où il a rencontré le guide suprême Ali Khamenei et le président Ali Rohani, rapporte la chaîne iranienne AlamaTV. Il s’agit de la première visite qu’effectue al-Assad dans ce pays depuis 2011. AlalamTV précise que le Chef de l’Etat syrien est venu féliciter les responsables et le peuple iranien à l’occasion du quarantième anniversaire de la Révolution et les remercier du soutien et de l’aide apportés à la Syrie face aux interventions étrangères.

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Sommet de Sotchi : La pacification de la Syrie au cœur des entretiens tripartites Poutine-Erdogan-Rouhani

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La bipolarité serait-elle redevenue la règle dans les relations internationales ? Alors que Washington organise avec la Pologne la conférence ministérielle de Varsovie, à 2000 km de là, dans la station balnéaire de Sotchi en Russie, la Russie a réuni la Turquie et l’Iran pour parler de la paix en Syrie. Chaque puissance veut batailler pour sa propre vision de la paix, tout en ménageant les intérêts de ses alliés.

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Massacre de la Ghouta ou comment Washington tente de faire oublier l’annonce de la victoire contre Daech

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En novembre 2017, se tenait le sommet tripartite de Sotchi que nous décrivions à l’époque comme le conclave des «vainqueurs» de Daech. Cette réunion historique devait rapidement produire des mesures décisives pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie et, fait rare, de réunir les Vladimir Poutine et Hassan Rouhani – qui soutiennent le président syrien Bachar al-Assad – autour de la même table qu’Erdogan, qui a soutenu les opposants d’Assad, accueilli les millions de migrants syriens et, paradoxalement, tenu à ce que l’Etat syrien n’éclate pas.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Russes et turcs ont resserré leur étau sur les groupes «terroristes» et les Etats-Unis, accusés d’appuyer les positions de Daech en leur offrant des corridors de sécurité, ont de leur côté intensifié leurs frappes contre les forces armées de Bachar Al-Assad.

Washington, craignant de perdre du terrain au profit de Moscou et d’Ankara, a décidé de soutenir une «armée [syrienne] libre» qui ne serait ni sous influence turque ni celle des russes.

Interceptant le message au vol, plusieurs factions armées syriennes ont pris la décision de se réunir sous un même étendard. «Harakat Nour al-Din al-Zinki» et «Ahrar al-Sham» ont ainsi fusionné leurs mouvements sous le nom de «Front de libération de la Syrie». L’objectif annoncé de cette réunification est d’unir les Forces révolutionnaires de la Syrie.

Dans une dépêche câblée par Medad Press, une plateforme média proche du mouvement al-Zinki, on apprend que le nouveau «Front de Libération de la Syrie» a désigné le leader d’Ahrar al-Sham, Hassan Sawfan, comme nouveau patron du Front. Il sera assisté par Hussam al-Atrash jusqu’à présent leader du mouvement al-Zinki. Par ailleurs, le colonel Khalid Al-Ayman a été nommé commandant en chef militaire du Front.

Les deux mouvements expliquent que cette initiative vise à serrer les rangs de la résistance contre le régime de Bachar al-Assad et éviter la dispersion des efforts de lutte et de combat.

En revanche, le Font de Libération de la Syrie se dit prêt à concourir avec les autres Forces vives de la nation syrienne pour libérer la Syrie du joug de la dictature et construire ensemble les institutions souveraines du pays ainsi qu’une armée nationale forte et moderne.

Soutenu par les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Syrie, le groupe rebelle «Harakat Nour al-Din al-Zenki» est un acteur central de la guerre civile syrienne fondé en novembre 2011.

De leur côté, les «Ahrar al-Sham», proches d’Al-Qaida, et soutenus également par les saoudiens et les américains, ont pour objectif de fonder un État syrien relevant de la Sharia’. Rivaux avec l’autre mouvement rebelle «Tahrir al-Sham» dont relève le célèbre al-Nusra, «Ahrar al-Sham» se battent sur plusieurs fronts : anti-Bachar, anti-Iran, anti-Russie mais la ligne de démarcation entre eux et DAECH reste difficile à déterminer.

Et c’est justement cette confusion qui a été exploitée par Washington pour se rapprocher de «Harakat Nour al-Din al-Zinki» et «Ahrar al-Sham» et de les encourager à fonder un Front de Libération de la Syrie qui serait le porte-voix de tout le peuple syrien. Comprenant parfaitement la tactique et la volonté américaines de contrecarrer l’influence russe, le pouvoir à Moscou a vu rouge : il a alors répliqué de la manière la plus violente donnant lieu à un des massacres les plus terribles de l’histoire des guerres contemporaines.

Le drame que vivent les populations de la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas, n’est que la résultante de la réaction féroce des russes qui voyaient en la naissance du Front de Libération de la Syrie une menace directe et frontale à ses intérêts militaires et politiques. Intérêts politiques parce que c’est la Russie qui chapeaute les pourparlers de paix à Astana ne laissant aucune marge de manœuvre à Washington dans ce dossier. Exploitant les images tragiques d’enfants déchiquetés par la force de frappe russe et l’élan mondial de condamnation de ces crimes contre l’humanité dont sont victimes des populations innocentes, les Etats-Unis ont officiellement demandé à la Russie de stopper net cette barbarie, tout en informant Moscou qu’ils ne reconnaîtront plus les pourparlers de Astana, invitant par-là le Kremlin à revenir à la table des négociations à Genève sous les auspices des Nations unies.

Conclave Poutine – Rouhani – Erdogan : le sommet des vainqueurs

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La Russie, l’Iran et la Turquie réunis en conclave ce mercredi à Sotchi ont pour point commun d’avoir aidé la Syrie à maintenir sa stabilité et à éviter d’être pris dans l’étau des organisations terroristes. Si Moscou et Téhéran ont apporté un appui franc et direct à Bachar al-Assad, Ankara a toujours fustigé la politique du régime syrien tout en s’assurant que la structure étatique à Damas ne soit pas démantelée comme ce fut le cas dans l’Irak post-Saddam ce qui a donné lieu à une catastrophe humanitaire qui a déstabilisé tout le Moyen-orient.

En prélude à ce sommet, Poutine a accueilli la veille, dans sa résidence de Sotchi, le président Bachar al-Assad. C’est la première fois que le dirigeant syrien a quitté la Syrie depuis sa dernière visite en Russie, il y a deux ans. Poutine a également préparé sa réunion en téléphonant à d’autres dirigeants influents sur le dossier syrien, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le roi Salmane Ben Abdelaziz d’Arabie saoudite, grand perdant de ce conflit, dans le cadre des efforts déployés par le président pour parvenir à un consensus international tout en cherchant à faire réussir son rôle de missi dominici.

Le sommet tripartite de Sotchi pourrait rapidement produire des mesures décisives pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie et ce fut également une occasion, rare, de réunir les Vladimir Poutine et Hassan Rouhani – qui soutiennent le président syrien Bachar al-Assad – autour de la même table qu’Erdogan, qui a soutenu les opposants d’Assad, accueilli les millions de migrants syriens et, paradoxalement, tenu à ce que l’Etat syrien n’éclate pas.

L’alliance entre Moscou, Ankara et Téhéran n’est peut-être pas suffisante pour assurer la paix en Syrie. Car la Turquie s’inquiète de la possibilité que les russes offrent un soutien diplomatique aux Kurdes, sachant que la Turquie considère ces derniers, dont les milices contrôlent une partie du nord de la Syrie, comme des ennemis. Aujourd’hui, même si Moscou désire mener un processus de négociation, ils ont impérativement besoin du feu vert de la communauté internationale pour légitimer leurs efforts.

Le Sommet de Sotchi est tout d’abord celui du clan des vainqueurs sur DAECH : Russie, Turquie, Iran et Syrie. Une sorte de «Conférence de Yalta II» dont la première édition, dite Conférence de Yalta, qui a eu lieu au début de 1945 et qui a réuni le leader russe Joseph Staline, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt. Les Alliés s’y étaient rendus pour présenter un front uni à Staline sur la planification de la campagne finale contre les troupes allemandes et japonaises et sur la limitation de la progression de l’Armée rouge en Europe centrale avec comme objectifs : 1) d’adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la Seconde Guerre mondiale ; 2) de régler le sort de l’Europe après la défaite du Troisième Reich ; 3) de garantir la stabilité du nouvel ordre mondial après la victoire.

72 ans plus tard, à Sotchi cette fois-ci, station balnéaire également située sur la Mer Noire comme Yalta, l’histoire se répète : 1) adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la guerre en Syrie ; 2) convaincre Erdoğan que les représentants des Kurdes syriens devraient avoir une place à la table des négociations. Car contrairement à la position radicale d’Ankara sur ce point, la Russie sait très bien que le problème kurde rend impossible une paix permanente – et même provisoire ; 3) Tenter de freiner l’influence américaine sur le processus de paix car il est clair que les Etats-Unis, qui tentent de maintenir leur autorité et leur pouvoir en Syrie et en Irak (et bien sûr leur accès au pétrole dans la région), continueront à «défendre» la cause Kurde, ne serait-ce que pour jouer les trouble-fêtes.

De son côté, Israël ne cesse de réclamer haut et fort à l’Iran et aux combattants du Hezbollah d’arrêter leur mainmise sur la Syrie, mais dans ce cas de figure bien précis c’est la Russie qui établit les règles du jeu, justement pour contrer l’influence américaine et garder une présence géostratégique en mer Méditerranée, objet de toutes les convoitises.