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MSC2017

Les nouveaux enjeux sécuritaires, par Ahmed Charai

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La conférence sur la sécurité, qui s’est tenue en Allemagne, est un véritable carrefour qui éclaire sur la marche du monde. Une question pesait de tout son poids, celle du rôle des USA de Donald Trump dans l’ordre international. Le nouveau locataire de la Maison Blanche avait déclaré que « l’Otan était obsolète » et propose un nouveau deal avec la Russie. Jamais la représentation américaine n’a été aussi forte, lors de la tenue de cette conférence sur la sécurité, qui en était à sa 53ème édition : le Vice-président Pence se voulait rassurant, tout en estimant que les Européens devraient participer un peu plus à l’effort militaire. John McCain, célèbre Sénateur républicain, deux fois candidat malheureux à la présidence, a parlé « d’ordre mondial qui peut décliner et tomber ».

En fait, ces inquiétudes exprimées, sont le reflet d’une réalité objective, celle du multilatéralisme, comme l’a dit Angela Merkel. La réalité c’est qu’il y a un monde multipolaire, porteur de dangers, mais aussi d’opportunités. En Europe de l’Est, le danger c’est une Russie revancharde qui n’a pas hésité à annexer la Crimée et à soutenir la rébellion des russophiles de Donetsk. En Europe du Sud, le premier défi sécuritaire est le terrorisme et donc l’autre flanc de la Méditerranée, du Sahel au Moyen Orient.

Pour les USA, stratégiquement, même sous la direction de l’Administration Obama, l’épicentre s’est déplacé vers l’Asie. Ce désengagement américain, qui est une perspective historique, pose à l’Europe, de manière lancinante, la question de la défense commune. On le voit d’ailleurs dans les débats électoraux en France et en Allemagne, surtout après le Brexit.

Le seul point commun, c’est la nécessité de la lutte contre le terrorisme. Tous les participants en font une priorité, même la Russie. Mais chacun selon sa pendule, parce que le jeu des puissances régionales et des alliances prête à confusion, les objectifs stratégiques n’étant pas les mêmes. Mais à Munich, les participants ont préféré afficher l’unanimité face au monstre terroriste.

L’élément nouveau qui a émergé lors de cette conférence, c’est la cyberguerre et son danger pour la démocratie. On connaissait les risques liés aux infrastructures, à l’espionnage technologique. Désormais, c’est la marche même des institutions démocratiques qui est en danger. On a suivi tous le débat virulent aux USA sur la « probable » influence russe durant la compagne présidentielle. Les Allemands soupçonnent une attaque contre le parlement en 2015. Emmanuel Macon, candidat à la présidentielle française, dénonce des centaines d’attaques de hackers contre son site qui seraient en provenance de Russie.

La présidente estonienne a appelé les Européens à « coopérer pour protéger les démocraties des ingérences et des « fake news ». C’est dire si le problème est lancinant. Cette cyber-guerre interpelle tous les pays. Si les systèmes les plus protégés sont, à ce point, vulnérables, que dire des autres ? Or, l’expérience démontre qu’une puissance étrangère peut intervenir dans une campagne électorale et avantager le candidat de son choix. C’est historiquement inédit, et c’est un nouvel enjeu sécuritaire pour les démocraties.

Pour le moment, il n’y a que le constat qui est fait.

Ahmed CHARAI – CEO Globla Media Holding

André Azoulay en «VRP» du Maroc au #MSC2017

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Devant un parterre de 500 personnalités, civiles et militaires, toutes triées sur le volet, le Conseiller du Roi Mohammed VI, André Azoulay, a représenté le Maroc à la 53e édition du Munich Security Conférence (MSC2017).

Ce panel dirigé par le Professeur Felbermayr, directeur de l’Institut Info Center for International Economics, comprend outre M. André Azoulay Conseiller du Roi Mohammed VI, la Rwandaise Louise Mushikiwabo et Dirk Hoke, Président exécutif (CEO) d’Airbus Defence and Space (DS) Ce Side Event traitant de l’immigration a été organisé en marge du #MSC2017 par l’Institut du commerce Allemagne-Afrique dit AFRIKAVEREIN.

Le Forum de Munich sur les politiques de défense –ou Wehrkunde en allemand -, fondé en 1962 par l’éditeur allemand Ewald-Heinrich von Kleist-Schmenzin sous le nom de Wehrkundetagung, est une rencontre annuelle, qui s’étale sur trois jours, et consacrée aux questions de sécurité internationale. Elle permet à des ministres, de hauts responsables militaires, des diplomates et autres scientifiques et représentants des médias d’avoir des échanges informels sur les questions de politique étrangère et de politique de défense qui se posent à l’Europe et à l’Amérique, notamment.

Cette année, les 500 participants ont débattu en profondeur des relations transatlantiques mais aussi de l’Afrique. André Azoulay, qui intervenait au nom du Maroc, a tenu à affirmer, que le Roi Mohammed VI, «tournant le dos sans état d’âme et sans frilosité à tous les postulats qui ont longtemps enfermé la relation de l’Afrique avec le monde occidental dans une équation dissymétrique et parfois archaïque, a d’entrée de jeu et sans ambiguïté installé le Maroc dans une dialectique et une stratégie qui disent à nos partenaires africains que le moment est venu pour l’Occident de passer d’un esprit de conquête à un esprit de partage.» Pour le Conseiller du souverain, «c’est à une véritable refondation de la relation Sud-Sud que le Roi Mohammed VI s’est attelé, inspiré par une révision radicale des paramètres qui, depuis la fin de la période coloniale, ont déterminé un modus vivendi qui s’est longtemps accommodé du seul instinct de conservation des intérêts acquis et de la préservation archaïque du statu quo d’un autre temps

Et c’est cette refondation exemplaire qui a l’ambition d’installer une dynamique qui, à terme, portera la signature du Maroc pour «sceller la fin du pacte post-colonial en proposant une répartition plus juste des richesses créées en commun en Afrique et pour une gouvernance d’une nouvelle génération qui sera à la hauteur des attentes et des espoirs d’un continent qui dépassera les trois milliards d’habitants à l’horizon 2050», soit près du tiers de la planète.

La 53e Conférence de sécurité de Munich, marquée notamment cette année par la présence du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le président du Conseil européen, Donald Tusk, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ou encore le vice-président des États-Unis Mike Pence, des ministres russe, saoudien et iranien des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, Adel Al-Jubair et Jawad Zarif, ainsi que du ministre israélien de la Défense, Avigdor Libermann, fut une excellente tribune pour André Azoulay de mettre en exergue l’exceptionnelle percée des entreprises marocaines dans le continent Africain, notamment dans le secteur bancaire, celui des engrais, des télécommunications ou des services.

Et c’est justement dans le cadre de ce rôle avant-gardiste joué par le Royaume du Maroc dans toute la région, et notamment dans la recherche d’une solution juste et durable à la Cause palestinienne, qu’André Azoulay a appelé les participants à ce «Davos de la Défense», de protéger et encourager la solution de deux Etats –Palestine/Israël- rappelant au passage tous les efforts consentis par le Maroc durant plus d’un demi-siècle pour éviter la fragilisation des acquis au Moyen-Orient.

Et si deux jours avant l’intervention d’André Azoulay à Munich, le Maroc prenait part à Bruxelles, à la réunion des ministres de la défense des pays de la coalition contre l’organisation terroriste Daech en Syrie et en Irak, avec une importante délégation conduite par Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale, pour discuter des défis de la lutte antiterroriste, André Azoulay a achevé son intervention au Wehrkundetagung en appelant à une accélération de la reconnaissance de l’État de Palestine, seule réponse concrète et valable que la communauté internationale peut apporter aux menaces qui pèsent sur ce processus, et seul moyen susceptible, demain, d’apporter la paix, le respect mutuel, la dignité, la justice, les droits à tous les peuples de la région et aux générations montantes.

Abdellah EL HATTACH 

André Azoulay au #MSC2017 : Le Maroc cherche « une coopération plus étroite avec la Russie »

Lors des travaux du MSC2017, le Conseiller de Sa Majesté le Roi, André Azoulay, qui a représenté le Maroc à cette importante conférence internationale réunie en sa 53e édition, a souligné que le Maroc et la Russie ont atteint un bon niveau d’échanges commerciaux et que ceux-ci sont amenés à être «de plus en plus diversifiés grâce à l’engagement ferme du Président Poutine et du Roi Mohammed VI» en vue d’un partenariat stratégique entre les deux pays. « Nous devons avoir des approches globales, et nous ne pouvons pas ignorer des problématiques comme l’immigration et tous les autres défis auxquels nous sommes confrontés, afin que nous puissions travailler ensemble. Pour une vision stratégique à long terme pour nous deux», a tenu à préciser André Azoulay, qui parlait en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Le Conseiller de Sa Majesté le Roi a également ajouté que le Maroc cherchait «une coopération plus étroite avec la Russie», tout en rappelant que le souverain s’était rendu à Moscou en mars 2016 pour une visite officielle durant laquelle il a rencontré le président russe Vladimir Poutine, au terme de laquelle plusieurs accords de haut niveau ont été paraphés entre les deux pays.

Plus tard, cette année-là, le Russie et le Maroc ont renforcé leurs liens bilatéraux, s’accordant à développer la coopération bilatérale dans les domaines de l’économie, des questions environnementales, de la lutte contre le terrorisme international et les questions de sécurité globale, ainsi que la coopération dans le domaines énergétique et agricole.

Pour conclure, André Azoulay a tenu à indiquer que le tourisme demeurait également un thème prioritaire dans la coopération bilatérale, ajoutant que le Maroc cherchait à attirer davantage de touristes russes dans le Royaume.

#MSC2017 ( @MunSecConf ) et Coalition internationale Vs. DAECH

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La 53e édition de la Conférence de Munich sur la sécurité s’achève aujourd’hui après 3 jours d’intenses débats et concertations qui ont réuni plus de 500 personnalités, chefs d’États ou de gouvernements, ministres, diplomates, militaires et experts.

Cette édition intervient à deux jours d’intervalle avec la réunion tenue à Bruxelles par les ministres de la Défense des pays de la Coalition contre l’organisation terroriste Daech, à laquelle a pris part le Maroc, représenté par Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale, à la tête d’une importante délégation.

Si la rencontre de Bruxelles, tenue en marge de la réunion des ministres de la Défense des Etats membres de l’OTAN, a été consacrée à l’examen des moyens d’accélérer la lutte contre l’organisation terroriste Daech qui continue de constituer un défi mondial pour lequel tout le monde doit demeurer mobilisé, tout en sachant que ce combat va être long et fastidieux, celle (la rencontre) de Munich avait à l’ordre de jour tous les sujets chauds du moment : les relations États-Unis-Europe, la crise en Ukraine et les relations avec la Russie, la guerre en Syrie, la situation sécuritaire en Asie-Pacifique, la Corée du Nord et l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien. Il était également question lors de ce MSC2017 de terrorisme international, de la guerre de l’information et électronique ainsi que des menaces liées à la santé et au climat.

Selon le président de la Conférence de Munich, Wolfgang Ischinger, «le monde est confronté à un environnement de sécurité internationale qui est sans doute plus volatile qu’à aucun moment depuis la Seconde Guerre mondiale» et, selon lui, «l’ordre libéral que beaucoup d’entre nous ont pris pour acquis est de plus en plus menacé de l’intérieur et de l’extérieur», avant d’ajouter qu’il «il était important de trouver des moyens de défendre et de renforcer les valeurs fondamentales de l’Occident et les institutions d’un système international fondé sur des règles.»

La délégation américaine, emmenée par le vice-président Mike Pence, et les secrétaires à la Défense et à la Sécurité intérieure James Mattis et John Kelly, était sur la défensive cherchant à expliquer et à convaincre les nouvelles orientations de la Maison Blanche concernant la nouvelle politique étrangère américaine très contestée par les européens.

Côté européen, ce sont la Chancelière allemande Angela Merkel et la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini, ainsi que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui ont eu la lourde tâche d’opposer une fin de non-recevoir aux récentes velléités de Washington, en argumentant que le pire scénario pour l’Europe serait une administration américaine poursuivant une politique aboutissant à la désintégration de l’Europe, insistant au passage que tout accord entre les États-Unis et la Russie ne devait pas se faire aux dépens de l’Europe, et ont unanimement signifié que l’Europe ne soutiendra pas de nouvelles sanctions contre Téhéran si les États-Unis rompaient unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien.

D’ailleurs, au troisième jour des travaux du MSC2017, le dossier iranien était largement débattu, notamment en présence du ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov et son homologue chinois Wang Yi. Et si le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a saisi l’occasion de critiquer une nouvelle fois l’accord sur le nucléaire iranien, son homologue saoudien, Adel al-Jubeir, s’est joint quant à lui à la symphonie israélienne, estimant que l’Iran «faisait partie du problème et non de la solution» et a rejeté tout dialogue avec Téhéran dans l’immédiat, ce à quoi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a immédiatement répliqué : «L’Iran n’est pas influencé par les menaces, a déclaré. L’Iran réagit très bien au respect. Nous ne réagissons pas bien aux menaces.»
Si de larges divergences demeurent entre les participants des deux Conférences, à Bruxelles et à Munich, concernant les points de vue politiques et moyens de régler les crises au Moyen-Orient, un seul point a fait l’unanimité lors des deux rendez-vous internationaux, il s’agit de la lutte antiterroriste et le combat contre Daech dans lequel le Maroc est un acteur mondial respecté pour ses prises de position et son grand professionnalisme dans le traitement –pas uniquement sécuritaire- de ces questions d’intégrisme qui virent à la violence.

Abdellah EL HATTACH


Téléchargez le programme et la liste des participants ici. Des photos et des vidéos de la conférence sont disponibles dans cette médiathèque. Vous trouverez également des transcriptions de nombreux discours ainsi que des citations clés faites lors des débats. Consultez les revues de presse et les analyses des débats de Munich pour en savoir plus sur Munich Security Report, un rapport annuel sur les principaux enjeux de la sécurité internationale publié dans la perspective de la conférence de Munich. Un résumé des débats lors de l’événement traditionnel de lancement du MSC, où, le 13 février, le président du MSC, Ischinger, a présenté les thèmes de la prochaine conférence de Munich sur la sécurité, est disponible ici.
Nous avons également résumé dans la colonne de droite toutes les informations relatives à la conférence de Munich sur la sécurité de cette année.