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Khalid Zerouali

Terrorisme et migration : Réunion à Lyon du G6 européen avec la participation du Maroc

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Rejoints par le procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, qui a évité in extremis le limogeage à cause de sa supposée implication dans l’hypothétique immixtion russe dans les élections américaines, les ministres de l’Intérieur britannique, allemand, italien, espagnol, polonais et marocain, ainsi que la secrétaire américaine adjointe à la Sécurité intérieure, Claire Grady, tiennent depuis deux jours à Lyon, des discussions de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme et le contrôle des migrations. Des échanges houleux ont eu lieu entre certains ministres européens de l’Intérieur et leur homologue italien, Matteo Salvini.

En présence d’une délégation marocaine de haut niveau, se tiennent depuis deux jours à Lyon les travaux du Sommet-G6 des ministres de l’intérieur des six grands pays de l’Union Européenne à savoir la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et la Pologne, sur le terrorisme et la migration.

Le Maroc et les Etats-Unis sont les deux seuls pays invités à ce G6, auquel participent également le procureur général des Etats-Unis, les commissaires européens chargés des affaires intérieures et de la sécurité, et la vice-secrétaire américaine à la sécurité intérieure.

La délégation marocaine, conduite par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, est notamment composée Khalid Zerouali, wali, directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur, et Mohamed Moufakkir, wali, directeur de la coopération internationale au service central.

Réuni à l’initiative de la France, et présidé par le premier ministre français Édouard Philippe, ministre de l’Intérieur par intérim suite à la démission de Gérard Collomb, ce Sommet de deux jours a permis aux différentes délégations d’aborder les enjeux de sécurité et de lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires irréguliers. Les échanges entre les délégations participantes ont également porté sur la coopération sécuritaire au Sahel, la lutte contre le terrorisme via internet et les techniques de communication.

Par ailleurs, les délégations participantes ont assisté à un exercice de grande ampleur sur la gestion d’un attentat terroriste. Organisée en marge du Sommet au Groupama Stadium de Lyon, cette démonstration, qui a fait intervenir plusieurs centaines de forces spécialisées et de figurants, a été suivie par une quarantaine de délégations techniques venues des pays participants.

Pour rappel, la ville de Lyon est également le siège de l’organisation internationale de police criminelle, Interpol, dont le directeur général, le chinois Meng Hongwei a mystérieusement disparu, avant que les autorités chinoises n’annoncent sa détention à Pékin pour une «affaire de corruption.»

Espagne : Augmentation vertigineuse des migrants en provenance du Maroc, un signal de changement dans l’exode africain

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 – Les migrants arrivent en Espagne par vagues massives

 – L’Espagne est l’entrée la plus rapide de l’Europe

 – L’UNHCR inquiet de la situation

Il ne se passe pas un jour sans que les autorités marocaines –gendarmerie, marine royale, forces auxiliaires, police- arrêtent ou font échec à une tentative d’immigration illégale ou clandestine vers l’Europe. Le Haut commissariat aux réfugiés, relevant de l’ONU, a averti l’Espagne de se préparer à une augmentation des migrants arrivant d’Afrique du Nord alors que les débarquements en 2017 doublaient par rapport à l’année précédente, les demandeurs d’asile préférant se diriger vers l’Europe en provenance du Maroc, considérant cette route comme la «plus sûre».

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Le corridor Maroc-Espagne est désormais l’itinéraire le plus rapide pour les migrants illégaux en Méditerranée. Ainsi, plus de 100 000 personnes ont traversé la Méditerranée au premier semestre de 2017, l’Italie restant la voie privilégiée pour les migrants économiques en provenance de Libye. Alors que la route maritime italienne reste la plus populaire dans l’ensemble -avec 59 000 migrants entre janvier et mai, la route espagnole vers l’ouest, en provenance du Maroc, s’est accrue avec 6 800 migrants dans la même période, soit une augmentation de 75% par rapport à 2016.

Entre 2010 et 2016, les arrivées par la mer en Espagne ont été en moyenne inférieures à 5000 par an, selon les données gouvernementales; elles devraient être supérieures à 11000 cette année.

Les arrivées actuelles poussent à bout les ressources d’accueil espagnoles et italiennes

Les migrants, en majorité des jeunes hommes du Niger, du Cameroun, de la Gambie, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, utilisent essentiellement la route Maroc-Espagne, car considérée comme la « plus sûre».

La sonnette d’alarme tirée par le HCR intervient au moment où l’Italie, qui croule sous un mouvement massif de migrants, a menacé de fermer ses ports maritimes aux bateaux d’ONG qui transportent des clandestins, sachant que le pays est submergé par le nombre d’Africains arrivant chaque jour, enregistrant un pic cette semaine de 13 500 arrivants en 48 heures.

Après la réunion il y a quelques jours, à Séville, des ministres de l’Intérieur du G4 –Espagne, France, Portugal, Maroc- en présence du ministre marocain Abdelouafi Laftit et Khalid Zerouali, wali-directeur de la migration et de la surveillance des frontières, l’Union européenne a programmé une réunion d’urgence pour faire face à ce qu’appelle Bruxelles «la crise des migrants» , qui a enregistré plus d’un million de demandeurs d’asile et de migrants économiques depuis 2015 en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

LE1

Réunions simultanées du G4 et du G5 Sahel sur fond de lutte antiterroriste

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A 24 heures d’intervalle, deux réunions d’une extrême importance se sont tenues respectivement à Bamako, au Mali, et à Séville, en Espagne, avec le même point fondamental à l’ordre du jour : la lutte contre le terrorisme. Les pays du G5 Sahel, auxquels s’est jointe la France, étaient réunis dimanche pour décider de la création d’une force militaire conjointe en appui à l’opération Barkhane. Aujourd’hui, c’est au tour des pays du G4 de se retrouver en conclave dans le sud de l’Espagne en vue d’une meilleure coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de sécurité et de lutte antiterroriste. L’Algérie est absente des deux événements.


C’est en présence d’Emmanuel Macron que le G5 Sahel s’est réuni dimanche à Bamako. Regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, le G5 Sahel est un mécanisme politico-sécuritaire dont l’objectif est de coordonner et de procéder au suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Lors de cette réunion, le président français -dont c’est la deuxième visite au Mali en l’espace d’un mois- a annoncé les modalités du soutien de la France à la future force composée de cinq bataillons de 750 hommes – un bataillon par pays – qui s’ajoutera à la force française Barkhane et à la mission de l’ONU au Mali (Minusma) déjà déployées dans la région. Ce soutien est qualifié par l’Elysée comme «extrêmement important» et relevant d’un «effort significatif».

De leur côté, les présidents Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, le Tchadien Idriss Déby, Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et le Nigérien Mahamadou Issoufou se sont engagés à une contribution de 10 millions d’euros chacun, qui s’ajouteront aux 50 millions promis par l’Union européenne. La grosse part du financement est, quant à elle, assurée par Paris pour un budget global estimé à 423 millions d’euros. Ces fonds, appuyés par une logistique conséquente, pousseront les Etats du Sahel à s’impliquer directement et efficacement dans la lutte contre les différentes organisations terroristes de la région telles que AQMI, MUJAO, Boko Haram ou Al-Mourabitoune.

Ces mêmes groupements, en plus de Daech, sont dans la ligne de mire des gouvernements de l’Espagne, de la France, du Portugal et du Maroc dont des représentants sont réunis ce lundi à Séville. Au cours de cette rencontre, les ministres de l’Intérieur du G4 analysent et discutent diverses questions liées à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et la migration. Lors des travaux de cette réunion, qui se tiennent à huis clos, le Maroc est représenté par Abdelouafi Laftit, accompagné notamment du wali Khalid Zerouali, directeur de la migration et des frontières, la France par son ambassadeur à Madrid, Yves Saint-Geours d’Espagne, alors que l’Espagne et le Portugal sont représentés par leurs ministres de l’Intérieur respectifs, Juan Ignacio Zoido et Constança Urbano de Sousa.

En l’absence de l’Algérie, c’est le Maroc, candidat à la CEDEAO, qui joue le rôle sensible de maillon entre ces deux groupements, G4 et G5 Sahel, pour permettre aux deux espaces une meilleure coordination des actions communes, plus efficaces et plus efficientes.

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LE1

Inédit : Tout le gotha sécuritaire marocain autour de la même table pour la régularisation des sans-papiers

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LE MAROC RÉGULARISE LES SANS-PAPIERS : UN CHOIX SOUVERAIN

Le lancement au Maroc de la deuxième phase d’intégration des migrants en situation irrégulière, a connu la tenue, au Ministère de l’Intérieur, d’une importante réunion de travail pour encadrer cette opération tant en amont qu’en aval. Outre les aspects techniques et logistiques dans l’ordre du jour de cette réunion, il était également question d’aborder les tenants sécuritaires et de renseignement de ce dossier, surtout que l’opération coïncide avec la réelle crise migratoire et la tragédie humanitaire que vivent des dizaines de migrants d’Afrique subsaharienne en territoire algérien. Alger a tout simplement décidé de les abandonner en plein désert ou de les pourchasser ! Ce qui a poussé le Maroc à accélérer le processus d’intégration et de régularisation des ressortissants étrangers vivant sur son sol pour éviter, à l’avenir, de devoir gérer une crise humanitaire pouvant constituer une vraie bombe à retardement. Rabat a donc décidé d’anticiper ces problématiques et d’en absorber les aboutissants.

L’Etat s’est ainsi mobilisé avec toutes ses institutions souveraines pour gérer au mieux et sans faille ce dossier épineux et l’entourer de tout l’intérêt qu’il mérite. Et rares les fois où tout le gotha sécuritaire se réunit autour de la même table : c’est que le sujet était très sensible et prioritaire pour la sécurité nationale du pays. Rien qu’en énumérant le nom des participants à cette réunion, on en comprend les fondements stratégiques : autour du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad et de son numéro 2 Charki Draiss, se joignirent le ministre de l’Emploi et des Affaires sociales, Abdeslam Seddiki, le ministre de la migration, Anis Birou, le président du Conseil national des droits de l’homme, Driss Yazami et du Délégué interministériel pour les droits de l’homme, Mahboub El Hiba.

Mais là où les choses deviennent intéressantes c’est lorsque l’on voit également la présence de Nasser Bourita, ministre délégué aux Affaires étrangères et de la Coopération, du général Hosni Benslimane, Commandant de la gendarmerie royale, du directeur général de la DGED (espionnage marocain) Mohamed Yassine Mansouri, du directeur général de la DGSN (police) et DGST (contre-espionnage), Abdellatif Hammouchi, le Wali-directeur général des Affaires intérieures, Moulay Driss Jaouhari et le Wali-directeur des frontières et de la migration, Khalid Zerouali.

Tout ce beau monde, qui rarement se réunit ensemble ou, au moins, rarement sont vus ensemble en public, prouve bien que les sujets traités sont d’une envergure telle qu’il prennent une dimension plus que locale mais davantage régionale, continentale et mondiale, notamment au vu et su des événements dramatiques au Proche-Orient, au Yémen, en Libye, en Irak et dans notre voisinage proche, en Mauritanie et Algérie, ainsi que des menaces terroristes qui pèsent sur toute la région subsaharienne et du bassin méditerranéen.

Note cablée par Abdellah El Hattach