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Doha

Moulay Rachid et Lalla Hasna, VRP royaux du Maroc, ou gardiens de la fraternité arabe

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La crise que traverse le Conseil de la coopération du Golfe est l’une des plus graves, sinon la plus grave, depuis la création, en 1981, de cet espace politique qui réunit les monarchies de la presqu’île arabique. Club très select de richissimes royaumes et émirats parmi les plus grands producteurs d’hydrocarbures dans le monde, le CCG était donné souvent en exemple pour son unité, la solidité de ses rangs et en tant que « bouclier » militaire stratégique face aux appétits de certaines puissances régionales. Sauf que depuis presqu’un an, le Conseil subit une grave fracture parmi ses membres à cause de la crise politique profonde qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn d’une part, et le Qatar de l’autre. Traditionnellement et historiquement, le Maroc est un grand ami des pays du Golfe. Et l’intelligence du royaume a été, durant cette crise, de maintenir une relation équidistante et équilibrée entre les différents protagonistes de ce conflit politique aux relents géostratégiques tentaculaires qui dépassent la seule région du Moyen-Orient, sachant que plusieurs de ces pays, à titre individuel, tentaient, vainement, de tirer Rabat vers leur camp contre celui de l’autre. Il aura fallu tout le tact diplomatique du roi Mohammed VI pour ne pas laisser entraîner le Maroc dans ce bourbier.

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Qatar : Le Port-Hamad, une structure qui remodèle l’architecture économique et commerciale dans le Golfe Persique

Si un tiers du trafic maritime pétrolier mondial transite par le détroit de Ormuz en raison de la richesse en hydrocarbures de tous les pays de la région, la construction par le Qatar du nouveau Port-Hamad s’inscrit quant à elle dans l’optique de la Vision 2030 qui cherche à remanier le modèle économique du pays et préparer la période de l’après-pétrole. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont, depuis leur création, adopté diverses mesures pour garantir la navigation dans le détroit en sécurisant les exportations de pétrole en vue de contrecarrer l’influence de l’Iran. Mais avec le blocus économique imposé par quelques pays du CCG à un pays membre qu’est le Qatar, ce dernier, en inaugurant le plus grand port du Moyen-orient, rééquilibre ainsi les rapports de force qui se déploient dans la région au détriment des intérêts des populations locales.


Depuis trois mois et demi que dure la crise politique qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn au Qatar, chaque jour qui passe sans confrontation militaire est un jour de gagné. Car, dans une région en ébullition, où l’Iran, sous l’égide de Moscou, prend de plus en plus d’ampleur militaro-diplomatique, l’Arabie saoudite vit mal les victoires successives du régime de Bachar al-Assad appuyé par Téhéran et le Hezbollah libanais. La froideur de la relation entre Doha et Ryad, et l’animosité qui caractérise la relation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, a fait se réchauffer les relations bilatérales entre le Qatar et Téhéran. L’espace aérien iranien a permis aux aéronefs du Qatar d’amortir le choc du blocus, de même pour l’espace maritime. C’est ainsi que la politique des pays du CCG de se positionner face à l’Iran et de déployer toute leur diplomatie en vue de déstabiliser le puissant voisin perse s’est vu profiter pleinement au couple Téhéran-Doha qui a su tirer son épingle du jeu face aux pressions de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Et l’inauguration par l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, du nouveau Port-Hamad, entre le cadre d’un vaste plan qui vise à augmenter les exportations non pétrolières vers le reste du monde et dont l’immense marché iranien sera un des premiers clients et bénéficiaires.

Cela permettra tout d’abord d’assurer la sécurité alimentaire du Qatar et ensuite de promouvoir la diversification économique du pays, sa souveraineté et son indépendance. Ainsi, les grands navires vont désormais pouvoir directement décharger leurs conteneurs au niveau du nouveau complexe Port-Hamad.

D’une capacité annuelle de 7,5 millions de conteneurs (à titre de comparaison, Tanger-Med est à 2,9 millions de conteneurs annuels), les terminaux et quais du Port-Hamad sont dédiés aux céréales, aux véhicules et au bétail. L’actuel port de Doha sera transformé en un terminal international de plaisance et de croisière, alors que la nouvelle superstructure Port-Hamad, inaugurera de nouvelles routes maritimes vers Oman, le Koweït, l’Inde, la Chine, le Pakistan et la Turquie.

Les Etats-Unis d’Amérique suivent de très près ces évolutions. Ils voient d’un très mauvais œil l’hégémonie iranienne et la suprématie grandissante des russes sur les différents dossiers du Moyen-orient. Et le Qatar –également allié de la Turquie- qui se greffe à ce duo gagnant n’est pas pour plaire à Washington, encore moins aux israéliens secoués par la visite secrète de Hassan Nasrallah à Damas sous couverture irano-russe.

Le Maroc à l’honneur

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Placé à la droite de Cheikh Tamim par le protocole qatari, Habib Malki a eu une présence remarquée aux côtés de l’Emir du Qatar lors de cette cérémonie. La forte délégation marocaine, qui comptait aussi dans ses rangs l’influent ministre Moulay Hafid Elalamy, réputé très proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, a véhiculé un signal fort du Maroc quant à la nouvelle orientation de la politique étrangère du royaume. Le Maroc n’a pas d’ennemis éternels, ni d’amis éternels. Seuls les intérêts comptent et demeurent. Rabat a compris que le centre du pouvoir mondial a migré de l’Occident vers l’Orient, tant sur le plan diplomatique qu’économique et militaire. Mais les américains ne s’avoueront jamais vaincus. Washington tente d’exploiter au maximum la crise en Corée pour dévier les regards de l’opinion internationale de ce qui se passe au Moyen-Orient et de perpétuer, chez la nouvelle alliance gagnante, un puissant foyer de tension en vue de l’empêcher d’étendre encore plus son influence, militaire notamment.

De nouvelles alliances se font et se défont. Des choix sont à faire. Des alignements s’imposent. La réunion au sommet des pays du BRICS tenue à Pékin a mis davantage de pression sur les Etats-Unis et aura un impact majeur sur la politique extérieure américaine, non pas dans les mois ou semaines à venir, mais dans les jours, voire les heures, qui viennent.

C’est pour cela qu’il est intéressant de suivre de très près la politique du Qatar et ses choix stratégiques car ils nous guideront inéluctablement vers les fondamentaux qui feront les alliances de demain.

Le blocus qui cherchait à isoler le Qatar de son environnement régional et international a eu l’effet contraire. Doha a su exploiter cette crise majeure qui compte parmi les plus importantes de son histoire contemporaine, afin de s’offrir de nouvelles perspectives : aller de l’avant dans les réformes, nouer de nouvelles alliances, créer de nouvelles opportunités économiques, s’imposer comme maillon de solution et s’affirmer comme acteur d’ouverture sur le monde.

Le Maroc devrait s’inspirer de cette expérience et en faire un vrai cas d’école : ne pas avoir peur des crises mais au contraire les affronter et en sortir fort et renforcé.

Abdellah El Hattach

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L’Iran ouvre son espace aérien à Qatar Airways

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Les autorités aéroportuaires iraniennes ont fait savoir que tous les vols de Qatar Airways à destination de l’Europe et de l’Afrique pouvaient emprunter l’espace aérien iranien et ce au lendemain de l’embargo imposé à Doha par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et l’Egypte qui incluent la fermeture des voies terrestres, maritimes et aériennes de et vers le Qatar ainsi que la suspension de toutes les liaisons de Qatar Airways à destination de ces quatre pays.

Les vols de Qatar Airways vers l’Europe et vers l’Afrique du Nord et du Sud passaient par l’Arabie saoudite et l’Egypte, mais la fermeture des voies aériennes par ces pays oblige désormais Qatar Airways de changer la trajectoire de ses aéronefs qui devront dorénavant emprunter l’espace aérien de l’Iran, de l’Irak et de la Jordanie pour pouvoir atteindre l’Afrique du Nord et l’Europe.

Par ailleurs, les vols de Qatar Airways à destination de l’Europe centrale et du nord, et qui passaient par le Bahreïn vers le Koweït puis par l’Irak et la Turquie, a forcé la compagnie qatarie à traverser le ciel de l’Iran vers la Turquie.

En temps normal, l’espace aérien iranien voit traverser 955 vols quotidiens mais avec l’embargo sur le Qatar, 200 vols supplémentaires –tous de Qatar Airways – devraient s’ajouter, ce qui augmenterait sensiblement les revenus du pays.

Des centaines de milliers de personnes se rendant ou passant par Doha seront affectées par ces changements lesquels affecteront sensiblement les coûts de voyages en raison de l’allongement des distances en plus des taxes supplémentaires qui seront dorénavant imposés à Qatar Airways. Mais l’espace iranien, reste la seule issue de la compagnie aérienne qatarie vers le monde.

De son côté, la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc (RAM),  avait annoncé  dans un communiqué publié jeudi, que tous ses vols vers Doha sont opérés normalement, et qu’elle continue à offrir à ses clients les continuations au-delà de Doha, en partenariat avec Qatar Airways, à l’exception de quatre Pays (Arabie Saoudite, Bahreïn, UAE et Egypte).

Pour rappel, Qatar Airways, compagnie aérienne nationale du Qatar, opère des vols internationaux sur les cinq continents depuis son principal hub à l’aéroport International de Doha. Elle est considérée comme l’une des meilleures compagnies aérienne du monde. Elle est classée «5 étoiles» selon Skytrax, organisme indépendant chargé d’effectuer des surveillances statistiques et des classements des meilleurs compagnies mondiales, a été élue meilleure compagnie aérienne du monde en 2011, 2012 et 2015 et 2e en 2013, 2014 et 2016.

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L’Otan tient la troisième réunion de l’Initiative de coopération d’Istanbul à Doha

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L’OTAN et le CCG ont tenu ce dimanche, à Doha (Qatar), une réunion de haut niveau consacrée à la lutte anti-terroriste et la lutte contre la cybercriminalité.

Les experts militaires occidentaux et leurs homologues du Golfe (à l’exception de l’Arabie saoudite), se sont réunis dans le cadre de l’initiative d’Istanbul qui est une plateforme de réflexion et d’échange entre les deux entités régionales chargée de coordonner toutes les actions militaires et de renseignement qui intéressent les deux parties.

L’Arabie saoudite a boycotté cette rencontre à cause de la crise diplomatique profonde qu’elle traverse avec Washington.