Benny Gantz

Les Unes qui signent la «rupture stratégique» de la géopolitique du Royaume

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Contrairement à la froideur qui a accompagné, en août dernier, la visite au Maroc du Chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, le déplacement de son collègue à la Défense Benny Gantz, 3 mois plus tard, a bénéficié d’une importante couverture médiatique nationale et internationale. Le plus marquant des traitements journalistiques de cet évènement a été celui réalisé par les supports du groupe Global Média Holding, notamment L’Observateur du Maroc et d’Afrique et Al Ahdath Al Maghribya. Si ce dernier s’est adressé à une large audience arabophone hétéroclite et souvent anti-normalisation, en arborant sur toute la longueur de sa «Une» la photo du ministre israélien devant le tombeau de feu le Roi Mohammed V, L’Obs M&A a réussi à décrocher la publication d’une tribune de Benny Gantz «himself» dont la photo a occupé toute la «Couv» du magazine, une première dans l’ensemble du monde arabo-musulman. Ces «Unes» disruptives du très influent groupe média marocain sont le reflet de la «rupture stratégique» dont laquelle s’est engagé le Royaume chérifien pour assurer sa paix et sa stabilité. Une réponse aux tendances géopolitiques lourdes qui se manifestent, surtout après la «surprise stratégique» de la sortie de la France du Sahel motivée entre autres par son adversité à la néo-alliance anglo-saxonne.

Finalement, l’annonce de l’ouverture de nouvelles routes aériennes entre le Maroc et Israël le 9 novembre dernier était bel bien un signe du réchauffement des relations entre Rabat et Tel-Aviv après une période de brouille silencieuse qui dure depuis l’été. Un froid qui s’est manifesté par l’«optimisation» de la visite du officielle du ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid en août dernier, le «ralentissement» de l’opérationnalisation du bureau de liaison israélien, la suspension des vols directs vers le Maroc de la compagnie El Al et les sorties médiatiques «hasardeuses» et «impatientes» de l’ambassadeur David Gorvin.

Dix mois après sa signature, la normalisation entre le Royaume du Maroc et l’État hébreu n’a pas été un fleuve tranquille. Rabat semble avoir imposé son propre tempo aux relations diplomatiques avec un gouvernement Bennett aussi pressé que celui de Netanyahu et aussi peu audacieux et peu regardant sur les équilibres géostratégiques régionaux et les intérêts immédiats et à long terme du Maroc.

Israël est à placer aux côtés de la France dans la case des «partenaires» interpellés par le Roi Mohammed VI le 6 novembre dernier dans un discours des plus déterminants du dossier du Sahara. Le souverain a en effet appelé  les partenaires du Maroc à formuler «des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume» à l’image de la position claire et assumée de l’administration américaine.

Bennett et Lapid subissent la complexité et l’inconfort de leur deal politique, à savoir une rotation sur le poste du premier ministre tous les deux ans. Cette forte pression temporelle, ne leur a pas permis de s’accorder avec l’intemporalité de la monarchie. Toutefois, Benny Gantz, émissaire de l’institution la plus stable d’Israël, semble détenir les codes historiques nécessaires à l’instauration d’une forme de confiance dans le processus de formalisation et de médiatisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv.

Et ces codes minutieusement présentés par Benny Gantz ont été fidèlement rapportés par les supports de presse du groupe Global Média Holding couvrant la visite historique du ministre du Défense israélien.

Al Ahdath Al Maghribia : « La Nation juive rendra éternellement hommage aux Rois du Maroc»

Photo géante devant le tombeau de feu Mohammed V de la délégation Benny Gantz, un grand titre évoquant l’éternelle hommage de la «Oumma» Juive aux rois du Maroc, et un sous titre soulignant le courage du Roi Mohammed VI dans la préservation de l’Histoire des Juifs marocains, c’est ainsi comment Al Ahdath Al Maghribia a méthodiquement «marketé» la visite du ministre de la défense israélien au Maroc. Une mise en bouche qui sera suivie par un édito du rédacteur en Chef qui sur un ton offensif s’est adressé aux anti-normalisation les appelant à plus de pragmatisme.

Il est à rappeler que ce même quotidien arabophone s’était adressé avec des mots durs à Benjamin Netanyahu qui sous le feu de ses multiples échecs de formation de gouvernement avait maladroitement trop pressé le Royaume pour lui soutirer un soutien politique et diplomatique. Al Ahdath avait même menacé Bibi d’appeler les centaines de milliers de citoyens juifs marocains de voter pour son adversaire, un certain Benny Gantz.

Al Ahdath Al Maghribya – édition du 6 férvier 2020

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : « Benny Gantz – La plus importante des batailles est celle pour la paix et la stabilité »

Si Al Ahdath Al Maghribia avait comme défi de répondre à l’incompréhension et la défiance d’une opinion publique qui s’acclimate tant bien que mal avec la normalisation des relations avec Israël matérialisée par l’accueil du Chef de la guerre de Gaza de 2014, L’Observateur du maroc et d’Afrique, le magazine hebdomadaire du même groupe s’est attelé à fournir les clés de lecture géopolitiques de cet évènement.

Grâce au dense réseau de son directeur de publication, Ahmed Charaï, le Magazine va taper fort en décrochant une tribune exclusive du ministre le défense israélien. Une première dans le monde arabo-musluman qui a suscité l’étonnement de la presse israélienne.

A ce titre, la chaîne d’information continue i24, s’adressant au directeur général de l’Observateur, Hakim Arif, s’est interrogée si la Couv’ Gantz avait choqué les marocains.

Quand à sa tribune publiée dans le magazine marocain, Benny Gantz a tout dit et dans le respect des « codes » historiques, émotionnels et pragmatiques cités ci-dessus.

Le ministre a entamé sa plaidoirie en faisant honneur aux rois du Maroc protecteurs de leurs sujets de confession juive. «Si le défunt roi Mohammed V a sauvé ses sujets juifs des affres du nazisme», son descendant continue à les protéger à l’image de Rabbin israélien Elhadad, «ayant rendu son dernier soupir lors d’une visite touristique au Maroc, sur lequel a veillé personnellement le Roi Mohammed VI» a écrit Benny Gantz.

Le storytelling du haut responsable israélien est parfait : « Un jour, dans un avenir pas si lointain, je m’assoirai dans mon salon avec mes petits-enfants et je leur raconterai l’histoire de ma visite au Maroc (…) Je leur dirai que même si les liens maroco-israéliens sont souvent liés aux accords révolutionnaires d’Abraham, notre Histoire a commencé il y a longtemps et s’est ancrée dans l’héritage de la communauté juive marocaine».

Si le reste de la tribune colle aux éléments de langage de l’esprit des Accords d’Abraham tels qu’ils sont été présentés par Jared Kushner à savoir paix, prospérité et relations économiques, aériennes et touristiques, Benny Gantz a ajoutée deux nouveaux éléments : «Stabilité de la région et du monde» et «menaces frontalières et aériennes».

L’édito du Directeur de Publication Ahmed Charaï va cadrer implicitement les enjeux et la position du Royaume qui se superposaient aux lots de messages confus véhiculés par cette visite, notamment ceux en lien avec la formalisation de la coopération militaire avec Israël.

Pour M. Charaï, la visite de Gantz au Maroc ne constitue pas de surprise mais le résultat d’une doctrine clairement énoncée qui cadre l’action du Royaume au niveau International.

«Rabat tient à avoir des relations équilibrées avec toutes les puissances. Si les liens avec les USA et l’Europe sont très anciens, le Maroc a aussi développé sa coopération avec la Chine, la Russie, l’Inde, Israël ainsi que d’autres puissances moyennes» a-t-il écrit.

Dans son analyse M. Charaï met en avant les atouts du Maroc en dehors des jeux d’influence avec les hyperpuissances mondiales à savoir son action sur son environnement continental notamment sa stratégie proactive et historique dans le co-développement avec l’Afrique subsaharienne et son rôle moteur dans plusieurs domaines tels que l’environnement ou la sécurité.

L’éditorialiste alerte ainsi les lecteurs et les observateurs sur le pragmatisme du Royaume quand aux risques des manoeuvres géopolitiques des superpuissances. «La sérénité de la vision Royale portée par la diplomatie marocaine est une exception dans le désordre actuel des relations internationales» a-t-il souligné.

Si le chaos est profitable aux pays nucléaires, «le Maroc pragmatique s’inscrit dans la sérénité et la durée», a-t-il insisté. Un pragmatisme assumé qui donne une clarté au positionnement géopolitique du Maroc : «le pays se veut être fiable dans ses partenariats sur les questions sécuritaires et migratoires. Il développe ses partenariats économiques et s’intégrant définitivement à l’économie mondiale globalisée».

«Rabat est considérée comme un facteur de stabilité et de paix dans le monde» a-t-il conclut. C’est justement ces mêmes éléments de langage qu’on retrouve dans la tribune de Benny Gantz.

Rupture stratégique

Il faut céder à la facilité pour juger la coopération militaire maroc-israélienne du prisme des dernières tensions qui ont éclaté avec le voisin algérien. En vérité, la menace algérienne est incomparable à la menace française ou espagnole et au tendance lourdes qui se dessinent au Mali et au détroit de Gibraltar.

L’alliance anglo-saxonne est passée à l’offensive pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial. Si les Etats-unis s’occupent de la Chine, la Grande Bretagne pour sa part se charge de contenir l’influence russe grandissante en Europe, en Afrique et en Méditerranée et par la même occasion du parapluie nucléaire de l’Europe que représente la France.

Menacée, l’establishment français n’a plus le choix que de «jouer offensif» pour ne pas perdre définitivement son influence sur ses anciennes colonies, qui pourraient se transformer en cauchemar économique, social et migratoire si leur obédience mue vers une autre puissance.

Paris a vu l’alliance italo-américaine lui «voler» tout son investissement en Libye, a partagé avec amertume la Tunisie avec le Pentagone qui contrôle désormais son armée, a comptabilisé de lourdes pertes au Sahel et avale la couleuvre de la présence renforcée des britanniques et des israéliens dans l’ouest de la Méditerranée et au détroit de Gibraltar.

En réaction, la France joue les trouble-fête en gelant les processus démocratiques en Tunisie et en Libye, en se retirant du Sahel tout en remettant le flambeau aux suédois, ouvrant grande ouverte la porte aux russes et en laissant monter la tension entre le Maroc et l’Algérie.

Dans le corpus doctrinal officiel français en matière de sécurité et de défense, le comportement de Paris est une «Surprise Stratégique» ( événement majeur qui n’avait pas été prévu) et l’action de Rabat est une «Rupture Stratégique» ( qui se définit dans l’acception qui nous intéresse par ses effets majeurs, de nature à transformer profondément la sphère de sécurité et de défense).

C’est avec ce prisme de profonds et lourds changements dans la physionomie des pouvoirs et influences dans notre région du monde qu’on devrait observer et essayer de lire les décisions stratégiques du Royaume et de ses voisins.

Le Maroc ne veut pas de guerre mais doit imposer la paix de par une bonne lecture des menaces et le choix de ses alliances. Sa stabilité qui fait sa distinction dans la région n’est pas uniquement profitable qu’à ses citoyens mais à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, la seule route commerciale stable et sécurisée du continent est celle qui relie Tanger à Abuja. Un fait qui n’aurait eu lieu sans la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

Israël : liste des ministres du nouveau gouvernement Bennett-Lapid

28 ministres issus de huit partis de la «coalition du changement» anti-Netanyahu qui a formé le 36e gouvernement israélien ont prêté serment devant le Knesset ce dimanche soir.

Le 36e gouvernement d’Israël sera le troisième plus grand gouvernement de tous les temps, avec 28 ministres, ce qui reste toutefois moins que le nombre record de 36 ministres au gouvernement actuel, rapporte Times of Israel.

Le «gouvernement du changement» est composé de huit partis issus de l’ensemble de l’échiquier politique israélien. Il sera dirigé pendant ses deux premières années par le chef du parti de droite Yamina, Naftali Bennett – succédant à Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre après 12 ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett (Yamina) laissera sa place le 27 août 2023., dans le cadre d’un accord de rotation, à Yair Lapid, chef du parti entriste Yesh Atid.

Naftali Bennett – Parti Yamina : Premier ministre d’Israël


Yair Lapid – Parti Yesh Atid : Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères


Benny Gantz – Parti Kakhol Lavan : Ministre de la Défense


Avigdor Liberman – Parti Yisrael Beyteinu : Ministre des Finances


Hamad Amar – Parti Yisrael Beytenu : Ministre au ministère des Finances


Gideon Saar – Parti Tikva Hadasha : Ministre de la Justice


Omer Barlev – Parti travailliste : Ministre de la Sécurité publique


Merav Michaeli – Parti travailliste : Ministre des Transports


Nitzan Horowitz – Parti Meretz : Ministre de la Santé


Ayelet Shaked – Parti Yamina : Ministre de l’Intérieur


Matan Kahana – Parti Yamina : Ministre des Affaires religieuses


Yifat Shasha-Biton – Parti Tikva Hadasha : Ministre de l’Education


Yoaz Hendel – Tikva Hadasha : Ministre des Communications


Chili Tropper – Parti Kakhol lavan : Ministre de la Culture et des Sports


Orna Barbivai – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Economie


Zeev Elkin – Tikva Hadasha : Ministre de la Construction et du Logement – Ministre des Affaires de Jérusalem et ministre en charge des relations entre la Knesset et le gouvernement


Meir Cohen – Parti Yesh Atid ( Origine marocaine ) : Ministre de la Protection sociale


Yoel Razvozov – Parti Yesh Atid : Ministre du Tourisme,


Karine Elharrar – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Énergie


Elazar Stern – Parti Yesh Atid : Ministre des Renseignements


Meirav Cohen – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Egalité sociale,


Pnina Tamano-Shata – Kakhol Lavan : Ministre de l’Immigration et de l’Intégration


Oded Forer – Parti Yisrael Beytenu :  Ministre de l’Agriculture et ministre du Neguev et de la Galilée.


Orit Farkash-Hacohen – Parti Kakhol Lavan : ministre des Sciences


Nachman Shai – Parti travailliste : Ministre des Affaires de la diaspora


Issawi Frej – Parti Meretz : Ministre de la Coopération régionale


Tamar Zandberg – Parti Meretz : Ministre de la Protection de l’Environnement


Nir Orbach – Parti Yamina : Ministre des Affaires des Implantations,


Ministres adjoints :

Abir Kara – Parti Yamina : Ministre adjoint chargé des questions réglementaires au sein du bureau du Premier ministre


Idan Roll – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint des Affaires étrangères


Yoav Segalovich – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint de la sécurité publique


Le parti Raam devrait également obtenir un ministre adjoint au sein du bureau du Premier ministre.

Israël: 60% du Likoud voteront pour Netanyahu lors du 4e scrutin, son adversaire Benny Gantz donné pour perdant

Alors qu’Israël se dirige vers un 4e scrutin électoral en deux ans, seuls 14% des électeurs de la liste centriste Bleu Blanc prévoient de voter pour Benny Gantz, selon un nouveau sondage mené par l’Institut de recherche Maagar Mochot. 60% prévoient du Likoud prévoient de voter Netanyahu.

Avec I24

Le sondage de l’institut de recherche Maagar Mochot a révélé que, sur l’ensemble de l’échiquier politique, de nombreux Israéliens ne voteront pas pour les mêmes partis pour lesquels ils avaient voté lors des élections précédentes.

En ce qui concerne le parti Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahou, 60% prévoient de voter à nouveau pour lui et que seuls 14% des électeurs de la liste centriste Bleu Blanc prévoient de voter pour Benny Gantz

Seuls 23% des électeurs de Yesh Atid-Telem voteront à nouveau pour ce parti, 4% des personnes qui ont choisi le parti travailliste feront le même choix et 53% des électeurs du parti de gauche Meretz, conserveront leur choix initial.

En outre, le nouveau parti de Gideon Saar recueillera les votes de diverses tendances politiques, selon le sondage.

Environ 10% des électeurs du Likoud, 18% de ceux de Bleu Blanc et 14% des électeurs de Yamina voteront pour le parti de G. Saar.

Un récent sondage effectué jeudi pour le journal Maariv révèle que G. Saar serait en mesure de former un gouvernement avec Yamina, Yesh Atid, Yisrael Beytenu et Bleu Blanc, laissant le Likoud, Shas, Judaïsme unifié de la Torah, Meretz et la Liste arabe commune dans l’opposition. 

Urgent – le Gouvernement de Netanyahu est renversé

La 23e législature de la Knesset a été automatiquement dissoute sur le coup de minuit, mercredi, entraînant la convocation de nouvelles élections, les quatrièmes en deux ans, après l’échec des parlementaires à adopter un budget pour l’Etat. Des élections qui auront lieu en mars 2021. Cette énième crise consacre l’impossible union de Benjamin Netanyahu et Benny Gantz dans un même gouvernement.

Avec AFP et i24

Le mariage forcé aura été de courte durée. Huit mois tout au plus, avant le divorce et le retour en campagne électorale avec cette fois une pandémie de Covid-19 et le procès pour corruption du Premier ministre Netanyahu qui doit prendre son véritable envol début 2021, avant le nouveau scrutin prévu en mars, écrit l’AFP dans sa dépêche.

Mercredi, à la première seconde de la date butoir prévue pour adopter le budget de l’État, le Parlement s’est dissous faute d’accord sur le budget au sein même du gouvernement « d’union et d’urgence » formé en avril par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a accusé mardi soir son adversaire de ne pas avoir respecté ses promesses dans le cadre de l’accord de rotation convenu entre les deux dirigeants, promettant par ailleurs que son parti remporterait le prochain scrutin, écrit i24News.

Après trois scrutins les ayant placés au coude-à-coude, MM. Netanyahou et Gantz avaient provisoirement enterré la hache de guerre au printemps afin de mettre fin à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël, en s’alliant dans un même gouvernement.

L’accord, visant à rassembler les principales forces politiques du pays pour affronter la pandémie de Covid-19, prévoyait notamment une rotation pour le poste de Premier ministre et l’adoption d’un budget unique pour les années 2020 et 2021.

Une 4e élection en deux ans

Mais pour concrétiser cette rotation, et permettre à M. Gantz d’accéder au poste de chef de gouvernement l’an prochain, les parlementaires devaient au préalable s’entendre sur le budget, un pas qu’ils n’ont finalement jamais franchi.

La saga du budget, considérée par la presse locale comme le révélateur des tensions entre MM. Netanyahu et Gantz, s’est étirée sur des mois avec pour échéance le 23 décembre. Si à cette date aucun compromis n’était trouvé, la Knesset (Parlement) se dissolvait et les Israéliens étaient convoqués à nouveau aux urnes.

Mais mardi, les parlementaires ont rejeté, par 49 voix contre 47, ce compromis, ne laissant plus de place au doute sur le sort du gouvernement.

Le Likoud reste pour l’heure en tête des intentions de vote, mais l’apparition de ce nouveau parti et la montée de la formation de droite radicale Yamina d’un autre ancien ministre, Naftali Bennett, grignotent des voix à M. Netanyahu qui pourrait se retrouver après cet énième scrutin sans assez de partenaires pour se maintenir au pouvoir.

Des milliers d’Israéliens manifestent contre le gouvernement

Des milliers d’Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv, en respectant les mesures de distanciation sociale, contre l’accord conclu entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz et la formation d’un gouvernement qui menace, selon eux, la démocratie.

Environ 2.000 manifestants –selon les chiffres de médias israéliens– ont répondu à l’appel sur les réseaux sociaux du mouvement dit des «drapeaux noirs» pour protester contre ce qu’ils jugent être «un gouvernement de la corruption».

Ils se sont rassemblés sur la place Yitzhak Rabin pour «sauver la démocratie», qu’ils considèrent menacée par les manœuvres présumées de Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d’affaires, pour échapper à la justice et se maintenir au pouvoir.

Munis de masques de protection et vêtus majoritairement de noir, les protestataires se tenaient à deux mètres les uns des autres, respectant les mesures en vigueur pour lutter contre la pandémie de Covid-19 qui a officiellement contaminé en Israël plus de 15.000 personnes, dont 199 sont décédées.

«Le peuple contre le gouvernement», pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants agitant des drapeaux israéliens.

Ils ont également affirmé leur rejet de l’alliance entre Benny Gantz, à la tête du parti centriste Bleu-Blanc, et le chef du parti de droite Likoud, Benjamin Netanyahu qui, après seize mois d’une crise politique sans précédent dans l’histoire d’Israël, se sont entendus lundi pour former un gouvernement d’union.

Selon l’accord, le gouvernement d’urgence oeuvrera à faire face au nouveau coronavirus et ses conséquences, notamment la forte augmentation du chômage.

L’accord prévoit que Benjamin Netanyahu, dont le procès pour corruption a été reporté à cause de la crise, sera Premier ministre pendant les 18 premiers mois, après quoi il sera remplacé par Benny Gantz. Il prévoit aussi un gouvernement de 36 ministres, soit le cabinet le plus nombreux de l’histoire d’Israël.

A l’issue des élections du 2 mars, les troisièmes en moins d’un an, le président Reuven Rivlin a chargé Benny Gantz de former le gouvernement. Mais fin mars, n’étant pas parvenu à rallier une majorité de soutiens, Benny Gantz décide à la surprise générale de se rallier à son grand rival pour établir un «gouvernement d’urgence».

Il avait pourtant juré auparavant de ne pas partager le pouvoir avec lui, tant qu’il n’avait pas réglé ses démêlés avec la justice.

Des partisans de l’opposition ont alors reproché à Benny Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée, d’avoir rendu les armes.

Le 19 avril, des milliers d’Israéliens avaient manifesté à Tel-Aviv pour marquer leur opposition à la signature d’un accord avec Netanyahu.

«Etait-ce une bonne décision ou pas, seule l’histoire le jugera», s’est défendu vendredi Benny Gantz sur Facebook, ajoutant qu’il s’agissait selon lui d’un «acte responsable et juste», «malgré le prix» à payer.

Fumée blanche en Israël! Bibi et Gantz signent un pacte de 3 ans pour un gouvernement d’union et d’annexion de la Cisjordanie

Fumée blanche à Tel-Aviv! Après seize mois d’une crise politique sans précédent dans l’histoire d’Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz se sont entendus lundi soir pour former un gouvernement d’union en pleine pandémie de Covid-19.

Le signal est venu de la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu au grand soulagement de nombreux Israéliens, dont beaucoup craignaient la tenue de nouvelles élections pour résoudre la crise.

Après trois scrutins législatifs en un an, des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, MM. Netanyahu, 70 ans, et Gantz, 60 ans, se sont retrouvés dans la soirée avant le début de Yom Hashoah, le « jour de la Shoah », qui se tient du coucher du soleil lundi à la tombée de la nuit mardi en Israël.

Ces entretiens avaient pour but de sceller l’union entre les deux anciens rivaux après de nombreuses tentatives ayant échoué. Les sceptiques ont été confondus car cette fois a finalement a été la bonne.

Des milliers d’Israéliens, respectant scrupuleusement les règles de distanciation sociale, avaient manifesté dimanche soir à Tel-Aviv dans l’espoir de barrer la route à une alliance entre MM. Netanyahu et Gantz.

«Un accord pour la formation d’un gouvernement national d’urgence a été signé» par Netanyahu, chef du Likoud (droite), et Gantz, le dirigeant du parti Bleu-Blanc (centriste), ont indiqué les deux formations politiques dans un communiqué.

Leur pacte, d’une durée de trois ans, vise la formation d’un gouvernement «bipartisan» avec pour Premier ministre Netanyahu pour les 18 premiers mois et Gantz pour les 18 mois suivant. Il prévoit aussi un nombre égal de ministres pour les deux camps et la possibilité pour des partis de se joindre à eux afin de sortir le pays de la crise.

Objectif : annexion de la Cisjordanie

Lors des élections du 2 mars – les troisièmes en moins d’un an, qui devaient enfin départager les deux hommes – Benjamin Netanyahu avait réussi son meilleur score à la tête du Likoud (36 sièges) mais n’avait pas réussi à obtenir la majorité avec ses alliés de la droite radicale et des partis ultra-orthodoxes.

Les parlementaires avaient plutôt recommandé au président de choisir Benny Gantz, un ancien chef d’état-major de l’armée à la tête de la coalition centriste Bleu-Blanc, pour tenter de former le gouvernement.

Incapable de rallier une majorité au moment où de surcroît le pays affronte la crise du coronavirus, Benny Gantz avait causé la surprise en ouvrant la voie à un gouvernement «d’union et d’urgence» avec Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption. Il était ainsi revenu sur son engagement de ne pas partager le pouvoir avec le Premier ministre sortant tant que ce dernier n’aurait pas réglé ses démêlés avec la justice.

L’espoir d’un gouvernement d’union pointait à l’horizon pour de nombreux Israéliens, mais d’autres ont toutefois reproché au général Gantz d’avoir rendu les armes face à Benjamin Netanyahu, plus pérenne des Premiers ministres de l’histoire du pays, passé maître dans l’art de la survie politique.

Mais des pourparlers entre les deux camps, jusque tard dans la nuit, avaient échoué la semaine dernière faisant craindre la tenue d’un quatrième round électoral anticipé.

Selon l’accord conclu lundi, les deux parties mettront finalement sur pied un gouvernement d’urgence qui oeuvrera à combattre le coronavirus, qui a contaminé plus de 13.000 personnes en Israël et provoqué plus de 170 décès, et ses conséquences notamment sur l’économie avec un chômage qui a explosé ce dernier mois alors que l’économie tournait à plein régime avant la crise.

Le négociateur en chef de Netanyahu, Yariv Levin, a lui indiqué que ce gouvernement avait aussi pour objectif d’appliquer la «souveraineté» d’Israël dans les «implantations en Judée et Samarie», expression souvent utilisée pour évoquer l’annexion des colonies et de territoires en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l’Etat hébreu.

Israël : La formation du gouvernement, un feuilleton interminable

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz n’ont pas réussi à s’entendre sur un gouvernement «d’union et d’urgence», en pleine crise du coronavirus, à l’issue jeudi de leur ultimatum pour tenter de mettre un terme à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël.

Après 16 mois de gouvernement de transition, trois élections législatives et des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, les équipes de Netanyahu, 70 ans, et Gantz, 60 ans, se sont retrouvées mercredi soir après la fin des festivités de la Pâque juive, Pessah, ont-elles annoncé dans un communiqué conjoint.

Avec l’assentiment d’une majorité de parlementaires après les législatives du 2 mars, le président Reuven Rivlin avait accordé à Benny Gantz le mandat de former le prochain gouvernement. Et ce dernier avait causé la surprise en disant accepter de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu, ce qu’il refusait jusque là accusant notamment le Premier ministre de corruption.

Au cours des deux dernières semaines, les deux ont multiplié les pourparlers au point où, après l’expiration du mandat de Benny Gantz, lundi soir, le président avait décidé in extremis de remettre un jeton dans la machine à négociations accordant ainsi aux deux leaders jusqu’à minuit (21H00 GMT mercredi) pour trouver un accord de gouvernement.

Mais passé minuit, le mandat de Benny Gantz a bien expiré, a confirmé à l’AFP une source à la présidence. En théorie, le président israélien pourrait redemander aux parlementaires de lui recommander un autre élu pour tenter de former un gouvernement et sortir Israël d’une crise politique sans précédent et ce en pleine crise du nouveau coronavirus qui y a contaminé plus de 12.000 personnes, dont 130 sont décédées.

Désaccord sur le portefeuille de la Défense

Les dernières semaines ont montré des tensions entre les camps Netanyahu et Gantz sur le choix notamment du futur ministre de la Justice, qui sera aux commandes pendant le procès de Netanyahu, poursuivi pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

Le procès de Bibi, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec 14 ans au pouvoir, devait s’ouvrir à la mi-mars. Mais les mesures de confinement pour tenter de juguler la crise du Covid-19 ont forcé, comme dans de nombreux pays, la fermeture des tribunaux et donc le report du procès.

Des désaccords semblent aussi persister sur la nomination d’un ministre de la Défense — M. Gantz et son acolyte Gaby Ashkenazi étant d’ex-chefs d’état-major –, ainsi que sur le projet d’annexion de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Netanyahu pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester aux commandes du pouvoir

Après avoir été initialement désigné pour former le gouvernement, Benny Gantz, qui il y a encore quelque temps refusait de participer à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu en raison de son inculpation pour corruption, a mis de l’eau dans son vin en renonçant, à court terme du moins, à son projet de devenir Premier ministre et en consentant à participer à un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu.

«Netanyahu, nous sommes arrivés à l’heure de vérité», a déclaré cette semaine Benny Gantz, dont le projet de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu a contribué à l’implosion de sa propre coalition centriste Kahol Lavan (Bleu-Blanc, les couleurs du drapeau israélien).

Des ténors de son parti ont refusé de le joindre dans sa politique de la main tendue à Benjamin Netanyahu, qui a désormais face à lui une opposition affaiblie.

Après ces rounds de discussions sans résultat probant, nombre d’éditorialistes s’interrogent sur les intentions du Premier ministre sortant: Benjamin Netanyahu veut-il vraiment partager le pouvoir avec Benny Gantz?

Surfant de surcroît sur des sondages d’opinion très favorables qui plébiscitent sa gestion de la pandémie — Israël ayant été nommé le pays le plus sûr, devant l’Allemagne, selon une étude du consortium DKV –, le Premier ministre pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester d’ici là aux commandes du pouvoir.