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Benny Gantz - Page 2

Israël : La formation du gouvernement, un feuilleton interminable

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz n’ont pas réussi à s’entendre sur un gouvernement «d’union et d’urgence», en pleine crise du coronavirus, à l’issue jeudi de leur ultimatum pour tenter de mettre un terme à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël.

Après 16 mois de gouvernement de transition, trois élections législatives et des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, les équipes de Netanyahu, 70 ans, et Gantz, 60 ans, se sont retrouvées mercredi soir après la fin des festivités de la Pâque juive, Pessah, ont-elles annoncé dans un communiqué conjoint.

Avec l’assentiment d’une majorité de parlementaires après les législatives du 2 mars, le président Reuven Rivlin avait accordé à Benny Gantz le mandat de former le prochain gouvernement. Et ce dernier avait causé la surprise en disant accepter de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu, ce qu’il refusait jusque là accusant notamment le Premier ministre de corruption.

Au cours des deux dernières semaines, les deux ont multiplié les pourparlers au point où, après l’expiration du mandat de Benny Gantz, lundi soir, le président avait décidé in extremis de remettre un jeton dans la machine à négociations accordant ainsi aux deux leaders jusqu’à minuit (21H00 GMT mercredi) pour trouver un accord de gouvernement.

Mais passé minuit, le mandat de Benny Gantz a bien expiré, a confirmé à l’AFP une source à la présidence. En théorie, le président israélien pourrait redemander aux parlementaires de lui recommander un autre élu pour tenter de former un gouvernement et sortir Israël d’une crise politique sans précédent et ce en pleine crise du nouveau coronavirus qui y a contaminé plus de 12.000 personnes, dont 130 sont décédées.

Désaccord sur le portefeuille de la Défense

Les dernières semaines ont montré des tensions entre les camps Netanyahu et Gantz sur le choix notamment du futur ministre de la Justice, qui sera aux commandes pendant le procès de Netanyahu, poursuivi pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

Le procès de Bibi, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec 14 ans au pouvoir, devait s’ouvrir à la mi-mars. Mais les mesures de confinement pour tenter de juguler la crise du Covid-19 ont forcé, comme dans de nombreux pays, la fermeture des tribunaux et donc le report du procès.

Des désaccords semblent aussi persister sur la nomination d’un ministre de la Défense — M. Gantz et son acolyte Gaby Ashkenazi étant d’ex-chefs d’état-major –, ainsi que sur le projet d’annexion de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Netanyahu pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester aux commandes du pouvoir

Après avoir été initialement désigné pour former le gouvernement, Benny Gantz, qui il y a encore quelque temps refusait de participer à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu en raison de son inculpation pour corruption, a mis de l’eau dans son vin en renonçant, à court terme du moins, à son projet de devenir Premier ministre et en consentant à participer à un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu.

«Netanyahu, nous sommes arrivés à l’heure de vérité», a déclaré cette semaine Benny Gantz, dont le projet de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu a contribué à l’implosion de sa propre coalition centriste Kahol Lavan (Bleu-Blanc, les couleurs du drapeau israélien).

Des ténors de son parti ont refusé de le joindre dans sa politique de la main tendue à Benjamin Netanyahu, qui a désormais face à lui une opposition affaiblie.

Après ces rounds de discussions sans résultat probant, nombre d’éditorialistes s’interrogent sur les intentions du Premier ministre sortant: Benjamin Netanyahu veut-il vraiment partager le pouvoir avec Benny Gantz?

Surfant de surcroît sur des sondages d’opinion très favorables qui plébiscitent sa gestion de la pandémie — Israël ayant été nommé le pays le plus sûr, devant l’Allemagne, selon une étude du consortium DKV –, le Premier ministre pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester d’ici là aux commandes du pouvoir.

Grâce au Coronavirus, Netanyahu sauve sa peau d’une condamnation certaine ainsi que son avenir politique

La crise du coronavirus a-t-elle sauvé Benjamin Netanyahu? Chose certaine, l’urgence née de la pandémie a favorisé un rapprochement avec son rival Benny Gantz pour lui permettre de rester Premier ministre d’Israël, à la tête d’un futur «gouvernement corona», malgré son inculpation pour corruption. La presse israélienne évoque même un «coup d’Etat corona»

Après plus d’un an de crise politique inédite et trois élections législatives, Benny Gantz a décidé à la surprise générale de se rallier à Benjamin Netanyahu afin de mettre sur pied un «gouvernement d’urgence» pour diriger Israël en temps de pandémie.

Vendredi, la presse locale évoquait un «gouvernement corona», voire un «coup d’Etat corona» tant ce scénario semblait encore récemment improbable.

Arrêt sur images. Novembre 2019. La justice israélienne annonce l’inculpation pour corruption de Benjamin Netanyahu, plus pérenne des Premiers ministres de l’histoire d’Israël avec 14 ans au compteur du pouvoir.

Le Premier ministre sortant, qui avait vu Benny Gantz le devancer lors des élections de septembre 2019 sans arriver à rallier une majorité, s’obstine et refuse un pacte avec son adversaire qui le chasserait du pouvoir le temps de régler ses démêlés avec la justice.

Dans son propre parti, le Likoud (droite), des voix s’élèvent, pour tourner la page de l’ère Netanyahu. Idem dans une partie de la presse israélienne qui pronostique la fin de sa carrière politique.

Plutôt que de se rallier, Benjamin Netanyahu préfère un nouveau duel électoral, qu’il remporte sans toutefois atteindre la majorité lors d’un scrutin tenu le 2 mars en pleine crise du nouveau coronavirus.

Bleu-Blanc est la plus jeune victime du coronavirus

Mais les choses se précipitent. L’épidémie devient pandémie. Les cas se multiplient en Israël forçant la justice à repousser sine die le procès de Benjamin Netanyahu qui serait devenu le seul Premier ministre de l’histoire d’Israël en fonction en procès pour corruption.

Benny Gantz, ancien chef d’état-major et chef de la coalition centriste «Bleu-Blanc», obtient le 16 mars le mandat de former le prochain gouvernement mais peine à rallier un nombre suffisant de députés pour accoucher d’un cabinet stable et guider le pays au temps du corona.

Jeudi, il a renoncé de facto au poste de Premier ministre en se faisant élire président du Parlement. Cela a ouvert la voie à la formation d’un gouvernement «d’unité et d’urgence» dirigé par Benjamin Netanyahu et entraîné l’implosion de sa coalition formée il y a un peu plus d’un an.

«Bleu-Blanc est la plus jeune victime du coronavirus», résume le commentateur Ben Caspit dans les pages du quotidien Maariv, insistant sur la décision «difficile, brave et déchirante» de l’ancien général qui aurait sacrifié son ambition personnelle pour défendre le pays en temps de crise.

Si la question du «pour ou contre» Netanyahu a dominé la vie politique en Israël au cours de la dernière année, la priorité de la population est aujourd’hui la lutte contre la maladie avec plus de 2.600 cas, dont huit décès, déjà recensés officiellement dans le pays ainsi que des pertes d’emplois.

Après plus d’un an de combat et à l’heure du coronavirus, Benny Gantz est «fatigué», tandis que Benjamin Netanyahu «ne l’est pas»

La décision de Benny Gantz doit être comprise dans le contexte de la «fragilité» de la coalition centriste «Bleu-Blanc», qui n’est pas parvenue à accoucher d’un gouvernement après trois élections, et «du sentiment d’urgence lié au Covid-19», explique Udi Sommer, maître de conférence à l’université de Tel-Aviv.

Concrètement, «Bleu-Blanc» reste sur le champ de bataille politique, mais amputé. Cette coalition qui comptait 33 sièges, n’en a plus que 18, Benny Gantz ayant quitté la formation en apportant 15 députés au camp de Netanyahu avec lequel il peaufine les modalités de leur alliance.

Selon les observateurs, Benny Gantz devrait remettre dans les prochains jours son mandat de former le gouvernement au président Reuven Rivlin qui le confiera aussitôt à Netanyahu. Fort de l’appui de Gantz, le Premier ministre sortant pourra alors jouir d’une majorité au Parlement et diriger un gouvernement stable.

«La population d’Israël (…) exige de nous que nous nous unissions pour le combat sacré contre le coronavirus et ses effets » et demande aussi que nous «sauvegardions la démocratie», a déclaré Benny Gantz jeudi soir, disant vouloir «renforcer» les institutions démocratiques d’Israël.

Mais pour Anshel Pfeffer, commentateur politique du journal Haaretz, un constat s’impose: après plus d’un an de combat et à l’heure du coronavirus, Benny Gantz est «fatigué», tandis que Benjamin Netanyahu «ne l’est pas».

«Cela a pris 14 mois à Netanyahu pour épuiser Gantz, mais il y est finalement parvenu.»

Rebondissement spectaculaire en Israël, Gantz laisse sa place à Netanyahu et se contente de la présidence du Knesset

Dans un retournement aussi spectaculaire qu’inattendu, Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien jeudi dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Netanyahu pour mettre fin à la pire crise politique de l’histoire d’Israël.

Après trois élections en moins d’un an, Benny Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée, a dit justifier cette volte-face par la nécessité, selon lui, d’agir de manière «responsable» et «patriotique» pour doter Israël d’un gouvernement stable, «d’union et d’urgence», afin d’affronter la pandémie de nouveau coronavirus dans le pays.

Jeudi après-midi à Jérusalem, le petit monde politique attendait l’élection d’un nouveau président du Parlement, au lendemain de la démission de Yuli Edelstein, un proche du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, chef du parti de droite Likoud.

Benny Gantz, N.1 du parti centriste «Bleu-Blanc» qui a été désigné le 16 mars pour former le nouveau gouvernement après les élections du 2 mars, devait présenter la candidature d’un de ses députés pour diriger le Parlement. Mais dans un coup de théâtre, il a présenté sa propre candidature, la seule d’ailleurs pour ce poste.

Il a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de «Bleu-Blanc» ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de Netanyahu.

Benny Gantz s’est rendu sans se battre et a rampé vers un gouvernement Netanyahu

Depuis un an, Benny Gantz ne lorgnait pas le poste de président du Parlement mais celui de Premier ministre. Et il ne cessait de dire qu’il refusait de faire partie d’un gouvernement dirigé Netanyahu car ce dernier est inculpé pour corruption.

À l’heure actuelle, aucun de nous n’a le droit de s’y opposer. Nous sommes tous déterminés à placer Israël en premier.

En tant que soldat et ancien commandant, en tant qu’élu public, en tant que président élu de la Knesset et en tant que candidat au poste de Premier ministre, je m’engage auprès de tous les citoyens d’Israël à faire ce qu’il faut pendant cette situation d’urgence.

Benny Gantz

Benny Gantz a même été chargé par le président Reuven Rivlin de former le gouvernement mais est resté incapable à ce stade de rallier une majorité d’appuis.

Son élection comme chef du Parlement est un «arrangement temporaire» et consacre l’abandon de son projet de diriger le pays, explique Udi Sommer, qui enseigne les sciences politiques à l’université de Tel-Aviv. Le mandat de former le gouvernement devrait revenir à Benjamin Netanyahu qui y «nommera Gantz à un poste clé».

Mais déjà, des partisans de Benny Gantz se «sentent trahis», souligne M. Sommer. Et en première ligne, les désormais ex-associés du général qui avaient ensemble formé il y a plus d’un an «Bleu-Blanc» avec pour objectif avoué de chasser du pouvoir Benjamin Netanyahu.

Les ténors du parti, Yaïr Lapid et Moshe Yaalon, qui revendiquent avec leurs soutiens 18 des 33 sièges de «Bleu-Blanc», ont indiqué ne pas suivre le général Gantz dans cette manoeuvre.

«Benny Gantz a décidé de quitter Bleu-Blanc (…) Ce qui prend forme aujourd’hui n’est pas un gouvernement d’union ou d’urgence mais un autre gouvernement Netanyahu», a fustigé Yaïr Lapid. «Benny Gantz s’est rendu sans se battre et a rampé vers un gouvernement Netanyahu.»

Moshe Yaalon a déploré une décision «incompréhensible et décevante».

Quand le coronavirus sauve Netanyahu

Pendant ce temps, les équipes de Gantz et Netanyahu mènent des pourparlers dans l’espoir d’accoucher d’un gouvernement «d’union et d’urgence», pour faire face surtout au nouveau coronavirus.

Mais déjà des alliés de Netanyahu ont salué la décision de Benny Gantz. «Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d’intégrer un gouvernement d’unité mené par Benjamin Netanyahu. Il s’agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d’urgence» sanitaire, a commenté le ministre de la Défense Naftali Bennett.

L’un des effets secondaires de la pandémie a été le report sine die du procès de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, malversations et abus de confiance dans trois affaires.

Jusqu’à présent plus de 2.693 cas, dont huit morts, ont été confirmés officiellement en Israël.

Les autorités ont renforcé les restrictions en interdisant aux citoyens de sortir de chez eux hormis pour des raisons essentielles comme acheter des vivres, des médicaments, recevoir des soins de santé, ou dans certains cas travailler.

«De nouvelles mesures d’urgence ont été mises en place limitant nos déplacements et notre liberté, comme jamais auparavant, mais pour notre bien-être à tous», a souligné le président israélien Reuven Rivlin, Benjamin Netanyahu prévenant que la crise pourrait perdurer en Israël car «le nombre de patients double tous les trois jours».

Israël: Benny Gantz, rival de Netanyahu en passe d’être nommé pour former le gouvernement

Le président israélien Reuven Rivlin a annoncé son intention de charger lundi Benny Gantz de former un gouvernement mais seulement après une discussion trilatérale «d’urgence» impliquant le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu à propos d’un cabinet d’union.

Pour le président israélien, il est surtout nécessaire de former un gouvernement «le plus tôt possible» afin de tenter de contenir la propagation du nouveau coronavirus en Israël où 213 cas de personnes contaminées ont été recensés jusqu’ici et des dizaines de milliers d’Israéliens sont confinés chez eux.

Les législatives du 2 mars, les troisièmes en moins d’un an dans un pays plongé dans la crise politique, n’ont pas réussi à départager Netanyahu, chef du parti de droite Likoud, et Gantz, ex-chef d’état-major et dirigeant du parti centriste «Bleu-Blanc».

Dimanche, Reuven Rivlin a reçu les représentants des partis élus au Parlement pour qu’ils lui fassent part de leur candidat favori pour former une nouvelle équipe ministérielle.

Au terme de ces consultations, «61 députés ont recommandé Benny Gantz, contre 58 députés pour (…) Benjamin Netanyahu», a indiqué le bureau du président dans un communiqué.

«Demain (lundi), autour de midi (10H00 GMT), le président confiera à Benny Gantz la tâche de former un gouvernement», selon la même source.

En Israël, il est nécessaire d’être soutenu par 61 des 120 membres du Parlement pour constituer un cabinet. A l’issue des précédentes élections d’avril et septembre 2019, aucun bloc n’était parvenu à atteindre ce seuil.

Ancien chef d’état-major, Benny Gantz a obtenu le soutien de la «Liste unie» des partis de la minorité arabe israélienne (15 sièges), qui l’ont recommandé auprès du président israelien, ainsi que celui du parti de droite nationaliste laïque Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman.

Eviter une quatrième élection

«Nous recommandons Benny Gantz pour une raison très simple: lors de la dernière campagne, nous avons dit que le plus important était d’éviter une quatrième élection», a affirmé Lieberman.

«Nous avons aussi dit que nous soutenons fortement un gouvernement d’urgence et d’unité nationale», a ajouté Lieberman, un ancien allié et ministre de Netanyahu.

Il n’est toutefois pas certain que Gantz parvienne à former un gouvernement du fait des divergences entre ses soutiens, Avigdor Lieberman ayant par le passé refusé de participer à un gouvernement soutenu par les partis arabes israéliens.

Dans ces circonstances, Rivlin pourrait chercher «à accentuer la pression» tant sur Gantz que Netanyahu «pour qu’ils envisagent un gouvernement d’union», selon Gideon Rahat, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Le président rencontrait dimanche soir les deux rivaux, convoqués «d’urgence».

Inculpé pour malversation et abus de confiance dans trois affaires, M. Netanyahu appelle depuis plusieurs jours à la formation d’un gouvernement d’union nationale sous sa direction, pour répondre à la crise du coronavirus.

Report du procès Netanyahu à cause du Coronavirus

«Face à la situation d’urgence nationale et mondiale, nous devons unir nos forces et mettre en place un gouvernement fort et stable qui peut adopter un budget et prendre des décisions difficiles», a affirmé dimanche Netanyahu dans un communiqué.

«Le gouvernement servira six mois et les ministères seront répartis de manière égale: le Premier ministre ne pourra pas démettre les ministres de ‘Bleu-Blanc’ et Bleu-Blanc ne pourra pas destituer le Premier ministre», a-t-il proposé.

A l’issue des deux précédentes élections, Gantz avait refusé de participer à un gouvernement dirigé par Netanyahu car celui-ci est inculpé pour malversation et abus de confiance.

Premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être mis en examen en cours de mandat, il clame son innocence et se dit victime d’une « chasse aux sorcières ».

Son procès qui devait s’ouvrir mardi a été reporté de deux mois «au vu de la propagation du coronavirus et selon les instructions limitant le travail des tribunaux», a annoncé le tribunal de Jérusalem.

Les autorités ont annoncé de nouvelles mesures pour tenter d’arrêter la propagation de l’épidémie: les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, tous les lieux de loisirs doivent rester fermés, comme le sont déjà écoles et universités.

Inculpé pour «corruption», Netanyahu retire in extremis sa demande d’immunité

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption dans trois affaires, a sorti mardi un nouveau lapin de son chapeau en annonçant retirer sa demande d’immunité une heure à peine avant un vote du Parlement sur la question.

Benjamin Netanyahu, qui joue sa survie politique lors des élections du 2 mars, a retiré sa demande depuis Washington où doit être présenté dans la journée (à 17H00 GMT) le plan de paix américain pour le Moyen-Orient.

Le Premier ministre, qui a rencontré lundi «son ami» le président américain Donald Trump, juge «historique» le projet américain, déjà rejeté par les Palestiniens ayant coupé tout contact formel avec l’administration Trump après une série de décisions jugées favorables à l’Etat hébreu.

Et ce plan pourrait d’ailleurs être un précieux atout dans sa campagne pour les législatives de mars, d’autant que sa demande d’immunité avait été largement critiquée dans les médias et avait peu de chance d’aboutir car il ne dispose pas de majorité au Parlement, ce qui a d’ailleurs favorisé ce nouveau scrutin.

«J’ai informé le président du Parlement que je retirais ma demande d’immunité. Plus tard, j’anéantirai les allégations ridicules (…) formulées contre moi», a indiqué dans un communiqué le Premier ministre. «Mais pour l’instant, je ne laisserai pas mes adversaires politiques utiliser ceci pour troubler la démarche historique que je mène» à Washington.

A la suite de l’annonce de Benjamin Netanyahu, le procureur général Avichai Mandelblit qui l’a inculpé en novembre pour corruption, abus de confiance et fraude dans trois affaires, a déclaré avoir remis l’acte d’accusation au tribunal de Jérusalem.

Une formalité qu’il s’était abstenu d’effectuer jusqu’ici pour laisser la place à un «débat sur la demande d’immunité du Premier ministre au Parlement», a indiqué son bureau. Le tribunal doit à présent fixer une date pour le début du procès.

Netanyahu devrait démissionner

La loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner, mais cela ne s’applique pas au Premier ministre. Netanyahu ne jouit toutefois d’aucune immunité face à la justice, d’où sa demande initiale au Parlement début janvier.

Il misait alors sur sa victoire aux élections de mars pour remporter une majorité et ainsi se protéger de la justice.

Mais les partis d’opposition avaient convaincu une majorité de députés d’examiner sa demande d’immunité avant les élections, ce qui posait un problème de taille au chef du gouvernement qui risquait de perdre ce vote crucial.

«Le Premier ministre a fait ce qui aurait dû être fait» il y a longtemps, a estimé auprès de l’AFP le chef du parti travailliste, Amir Peretz, espérant que Netanyahu «passe à l’étape suivante et décide de démissionner, d’aller au tribunal en tant que citoyen lambda, et essaye de prouver son innocence».

Personne ne peut diriger un pays et gérer en même temps trois graves accusations de corruption, malversation et abus de confiance

Le chef du gouvernement, âgé de 70 ans, rejette en bloc les accusations dont il fait l’objet, dénonçant un « coup d’Etat » juridique pour mettre fin à son règne, le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec près de 14 ans au pouvoir, dont la dernière décennie sans discontinuer.

«Puisque je n’ai pas eu de procès équitable, puisque toutes les règles de la Knesset (Parlement israélien) ont été bafouées (…), j’ai décidé de ne pas laisser ce jeu malsain continuer», a argué Netanyahu mardi.

Le principal rival de Benjamin Netanyahu en vue des législatives, l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, était rentré dans la nuit de Washington, où il a discuté lundi avec Donald Trump de son projet pour le Moyen-Orient, afin justement de participer à la session parlementaire devant décider de créer un comité pour étudier et voter la demande d’immunité.

«Les citoyens israéliens ont un choix clair: un Premier ministre qui oeuvrera pour eux, ou un Premier ministre occupé avec lui-même», a réagi mardi Gantz. «Personne ne peut diriger un pays et gérer en même temps trois graves accusations de corruption, malversation et abus de confiance », a-t-il ajouté.

«L’accusé Netanyahu doit immédiatement quitter l’arène politique, s’occuper de ses problèmes pénaux et nous laisser nous occuper d’Israël», a de son côté affirmé dans un communiqué Nitzan Horowitz, chef du parti de gauche Meretz.

Sa demande d’immunité retirée, les procédures judiciaires contre Benjamin Netanyahu pourraient désormais s’accélérer, et un procès débuter avant même les législatives du 2 mars, selon des journalistes israéliens.

Avec AFP

Trump dévoilera bientôt son «deal du siècle»

Depuis son Air Force One, le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il dévoilerait son plan pour mettre fin au conflit israélo-palestinien avant la visite la semaine prochaine à Washington du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz.

«C’est un excellent plan», a-t-il déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One. Concocté depuis le printemps 2017 dans le plus grand secret, ce projet, dont la publication a été maintes fois reportée, est déjà jugé mort-né par les Palestiniens.

Le volet économique a été présenté en juin: 50 milliards d’investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans.

Mais les dirigeants palestiniens, qui refusent de discuter avec l’administration Trump depuis que le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, ont rejeté par avance le plan américain qui semble devoir enterrer la solution à deux Etats jusqu’ici privilégiée par la communauté internationale.

A bord de l’avion présidentiel, Donald Trump s’est félicité que les deux rivaux israéliens, Netanyahu et Gantz aient tous les deux accepté de se rendre à la Maison Blanche alors qu’ils sont en campagne en vue des élections du 2 mars. «Nous avons les deux candidats qui viennent, c’est du jamais vu», a-t-il a souligné.

Selon la Maison Blanche, Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mardi, jour où, par ailleurs, les députés israéliens doivent commencer à discuter de la demande d’immunité du chef du gouvernement, inculpé pour «corruption» dans trois affaires.

Interrogé sur d’éventuels contacts entre son administration et les Palestiniens, Donald Trump est resté évasif. «Nous leur avons parlé brièvement», a-t-il répondu, sans autres précisions.

«Je suis certain qu’ils réagiront peut-être de manière négative au début, mais c’est en réalité très positif pour eux», a-t-il ajouté.

L’Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet catégorique du projet de paix de la Maison Blanche.

«L’accord du siècle» que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort, a déclaré le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l’issue d’une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine.

«Nous rejetons absolument ce que l’administration Trump a réalisé jusqu’à présent (…) Notre position est claire: Israël doit mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967», a ajouté Nabil Abou Roudeina.

C’est le vice-président américain Mike Pence, de passage à Jérusalem pour les commémorations de la libération du camp nazi d’Auschwitz il y a 75 ans, qui a annoncé la visite prochaine de Netanyahu à la Maison Blanche pour évoquer «la perspective d’une paix en Terre sainte».

Le plan annoncé par Donald Trump en campagne était attendu à l’automne 2019, après les élections israéliennes de septembre.

Mais ce scrutin, qui a opposé Benjamin Netanyahu à l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, n’a pas débouché, comme lors des élections précédentes d’avril, sur la formation d’un gouvernement, d’où la tenue de nouvelles législatives début mars.

«Nous n’avons pas de meilleur ami que le président Trump», a réagi Netanyahu. «Avec tant d’amis à la Maison Blanche, nous devrions arriver à un consensus le plus large possible, afin d’assurer la sécurité et la paix d’Israël», a-t-il ajouté.

Benny Gantz «a également accepté l’invitation du président», selon la Maison Blanche qui n’a pas précisé si sa visite interviendrait le même jour.

Epuisé, Israël repart en mode électoral sans trop y croire

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son rival Benny Gantz repartent jeudi pour une troisième campagne électorale en moins d’un an en espérant, sans que les Israéliens ne sachent comment, mettre fin à la pire impasse politique de l’histoire d’Israël.

Les Israéliens se sont réveillés jeudi au premier jour d’un nouveau cycle électoral, et la presse locale n’a pas épargné les protagonistes de cette crise politique, qui ne fait que se prolonger avec la tenue de nouvelles élections, après celles d’avril et septembre.

«Honte» en hébreu, titrait en grosses lettres sur fond noir le quotidien Yediot Aharonoth; le journal gratuit Israel Hayom encore plus marqué à droite estimant dès sa Une qu’il s’agit d’un «cirque».

Dans la nuit de mercredi à jeudi, après la date-butoir pour donner au pays un chef de gouvernement ayant l’aval de la majorité de la Chambre, les députés ont officiellement voté la dissolution de la Knesset, le Parlement, et les modalités d’un scrutin, convoqué le 2 mars prochain.

Plutôt que de s’entendre sur la formation d’un gouvernement d’union et ainsi éviter un nouveau scrutin, la classe politique israélienne a remis une pièce dans le juke-box électoral dans l’espoir de remporter enfin la mise.

Benjamin Netanyahu, le plus pérenne des Premiers ministres israéliens avec 13 ans au compteur du pouvoir dont la dernière décennie, devra participer au prochain scrutin cette fois avec un caillou dans sa chaussure.

Netanyahu, 70 ans, a été inculpé il y a trois semaines pour corruption, abus de confiance et malversations dans trois affaires différentes, devenant ainsi le premier chef de gouvernement en fonction de l’histoire d’Israël à être mis en examen, d’où sa volonté de remporter les élections pour obtenir une immunité par un vote du Parlement.

Mais le principal intéressé a dénoncé une croisade contre lui, ou plus exactement un «coup d’Etat» ourdi par la justice. Face à lui, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz joue la carte de la probité.

Êtes-vous pour ou contre Netanyahu?

«La question principale de la campagne sera encore: êtes-vous pour ou contre Netanyahu?», résume Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem.

Et cette question, les membres du parti Likoud (droite) de Netanyahu auront sans doute à y répondre également. Un mouvement de fronde, mené par le député Gideon Saar, demande la tenue de primaires aux allures de référendum sur la popularité de Netanyahu dans ses propres rangs.

Des cadres du parti évoquent la tenue de primaires rapides, le 26 décembre prochain, alors que les sondages d’opinion placent toujours Netanyahu et Gantz au coude-à-coude sans être en mesure chacun de rallier, avec leurs alliés respectifs, une majorité de sièges. D’où le risque d’une 4e élection anticipée, ironisent déjà certains.

Dans un paysage politique qui semble figé, la clé de Balfour Street –la rue de la résidence du Premier ministre– se trouve peut-être dans le taux de participation ou plutôt la volonté des Israéliens d’en finir avec cette saga.

«Nous n’avons jamais été dans cette situation. La littérature en sciences politiques vous dira que le taux de participation va fléchir. Mais en fait, il a progressé lors de la 2e élection, alors nous aurons peut-être des surprises lors de la 3e», souligne Rahat. «Nous apprenons chaque jour de nouvelles choses sur la politique israélienne».

Pour l’analyste Dahlia Scheindlin, «le pourcentage de vote de ceux qui s’identifient à la droite, à la gauche ou au centre ne changera pas de manière importante» au cours des 80 prochains jours. «Mais je ne dis jamais « jamais » lorsqu’il est question de politique israélienne… il y a toujours des surprises».

Mais après un an d’un régime de gouvernement intérimaire, «le pays fonctionne toujours, rien ne s’est effondré, les hôpitaux et les écoles sont toujours ouverts, mais c’est comme si le pays clopinait. Il n’y a pas de planning à long terme», dit-elle.

Avec AFP

Israël: Jour J pour Netanyahu

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son grand rival Benny Gantz fourbissent déjà leurs armes: si aucune solution n’est trouvée dans les prochaines heures, Israël prendra le chemin de nouvelles élections, les troisièmes en moins d’un an, du jamais-vu pour l’Etat hébreu.

Les députés israéliens ont jusqu’à 23H59 (21H59 GMT) mercredi pour offrir une majorité inespérée aux deux rivaux, au coude-à-coude lors des élections d’avril puis de septembre et à chaque fois dans l’incapacité de rallier 61 élus sur les 120 du Parlement. En l’absence d’accord, cet hémicycle disparaîtra au 12e coup de minuit.

Dans ce cas de figure, de nouvelles élections seront en effet déclenchées, avec un vote prévu le 2 mars prochain, les partis de Netanyahu (droite) et Gantz (centre-droit) ayant déjà donné leur accord de principe pour une élection rapide, avant la fête juive de Pourim.

Ce mercredi, un accord de dernière minute reste toujours techniquement possible, les deux chefs de partis pouvant s’entendre sur la formation d’un gouvernement d’union. Mais, dans ce scénario, Benjamin Netanyahu, poursuivi par la justice, devrait renoncer à demander une immunité juridique ou à être le premier à diriger le gouvernement, insiste Gantz.

Une épée de Damoclès judiciaire

Premier ministre le plus longtemps en poste de l’histoire d’Israël -13 ans, dont la dernière décennie sans discontinuer-, Netanyahu a été inculpé fin novembre pour corruption, abus de confiance et malversations dans une série d’affaires.

Certains de ses proches, dont son avocat, doivent aussi être mis en examen pour blanchiment d’argent, pour l’achat de sous-marins à la société allemande ThyssenKrupp.

Lieberman, le non-aligné

Dans ce contexte, le centriste Benny Gantz exhorte son rival à se retirer provisoirement des affaires ou à renoncer à demander l’immunité comme condition préalable à un cabinet d’union.

Mais le principal intéressé refuse ces demandes et exhorte plutôt l’ancien chef d’état-major de l’armée à cesser de vouloir être le premier à diriger le gouvernement dans le cadre d’une rotation des deux hommes au pouvoir.

Entre ces deux rivaux, se tient l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef de la formation Israel Beitenou, la seule qui reste encore non-alignée et dont le soutien à MM. Netanyahu ou Gantz pourrait suffire à décrocher une majorité et éviter de nouvelles élections.

Sans rabibochage entre au moins deux de ces trois chefs de parti, Israël retournera aux urnes, au grand désarroi d’une partie de la population et d’une partie des médias qui ironisent désormais sur la date de la… 4e élection.

En cas de nouveau scrutin, les derniers sondages, diffusés cette semaine par la chaîne Kan, placent le Likoud de M. Netanyahu et la formation Kahol Lavan (« Bleu-Blanc », les couleurs du drapeau) de M. Gantz dans un mouchoir de poche.

L’annexion de la Cisjordanie occupée, l’appel du pied au Likoud

Confronté à une contestation au sein même de son camp, menée par le député Gideon Saar, Benjamin Netanyahu a ouvert la porte à des primaires pour désigner le chef du Likoud, tout en assurant qu’il remporterait cet éventuel scrutin interne.


Trump : «Je suis le meilleur ami qu’Israël ait jamais eu»


Pour faire mousser ses appuis, Netanyahu a déjà souligné l’importance selon lui d’aller de l’avant avec son projet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé, et de parapher un traité de défense commune avec les Etats-Unis.

Benjamin Netanyahu est réputé proche du président américain Donald Trump, qui a reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan, reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et récemment jugé que les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée n’étaient pas contraires au droit international.

D’où le propos du Premier ministre israélien selon lequel il serait le seul, à la faveur de ses relations avec l’administration Trump, à pouvoir faire avancer ces dossiers sensibles.

De son côté, le parti de Benny Gantz a en quelque sorte entériné la future candidature de l’ancien militaire pour le poste de Premier ministre.

Les statuts de la formation prévoient une alternance entre Gantz et son associé Yair Lapid comme tête d’affiche des élections. Mais Lapid a déclaré lundi aux députés «bleu-blanc» qu’il laissait toute la place à Gantz dans ce remake à venir. «L’important n’est ni la rotation, ni le siège, mais la guerre de libération, pour libérer le pays de la corruption», a-t-il déclaré, en donnant peut-être le ton à la joute en gestation.

AFP

En Israël, les députés ont deux jours pour éviter de nouvelles élections

Un homme, deux jours, trois élections… Les députés israéliens ont jusqu’à mercredi pour tenter de trouver un remplaçant au Premier ministre Benjamin Netanyahu, faute de quoi le pays se dirigera vers un nouveau scrutin, le troisième en moins d’un an.

Le marathon actuel entre dans ses derniers kilomètres: après les élections d’avril et septembre, qui ont placé Netanyahu et son rival Benny Gantz presque nez-à-nez, la vaine tentative de chacun de former un gouvernement et l’inculpation du Premier ministre pour corruption, la classe politique est suspendue aux ultimes tractations de couloirs.

Et si les députés n’arrivent pas à offrir d’ici mercredi 23H59 (21H59 GMT) de majorité à Netanyahu ou Gantz, les deux hommes risquent de rempiler pour une autre course électorale.

Pour éviter une troisième élection, des députés devront changer de camp pour rejoindre soit celui de Gantz, soit celui de Netanyahu. A moins que les deux rivaux ne s’unissent. Mais aucun député n’a bougé ces dernières semaines et, à moins d’un séisme de dernière minute, les commentateurs s’attendent à un nouveau scrutin, en mars prochain.

Qui porterait alors l’étendard du Likoud? Dans les rangs du parti de Netanyahu, le plus pérenne des Premiers ministres de l’histoire israélienne, une fronde commence à prendre forme sous les auspices de Gideon Saar.

Ce ténor de la formation n’a pas quitté le parti pour rejoindre le camp adverse de Benny Gantz, mais il demande la tenue de primaires pour désigner le prochain chef du Likoud.

Pour la frange du parti emmenée par Saar, Benjamin Netanyahu n’arrive plus à rallier une majorité d’Israéliens. Il est mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires, et des proches le sont aussi pour blanchiment d’argent dans l’achat de sous-marins à l’Allemagne.

D’où l’idée de tenir des primaires.

Netanyahu souhaite une «élection directe»

Dimanche soir, lors d’une réunion du comité central du parti fermée à la presse, M. Saar s’est fait traité de « traître » par des membres de sa propre formation, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

«Les tentatives pour délégitimer et ternir l’image de ceux qui tentent de remettre en cause (Netanyahu) sont contraires à l’esprit démocratique du Likoud. Une compétition démocratique renforce le mouvement et ne l’affaiblit pas», a rétorqué Saar dans un message retransmis sur sa page Facebook.

Mais sa démarche n’a pas reçu l’appui escompté. Le Likoud va attendre de voir si de nouvelles élections sont convoquées avant de se prononcer sur la tenue de primaires, a-t-il indiqué après la réunion de ce comité central.

Au cours des derniers jours, Netanyahu a, lui, proposé la tenue d’une «élection directe» pour le poste de Premier ministre, sur le modèle en quelque sorte d’une présidentielle. Dans ce cas, le gagnant ne serait pas le parti ayant le plus de sièges, mais le chef ayant le plus de votes de la population.

Les troupes de Benny Gantz ont rejeté cette option.

Gantz pourrait rejoindre Netanyahu dans une coalition

«Changer de système électoral dans un +blitz+ ne nous mènera qu’au même point de départ: il s’agit d’une proposition creuse visant à détourner l’attention de Netanyahu qui est inculpé pour corruption dans trois affaires sérieuses et est le seul homme responsable de diriger le pays vers une troisième élection», a répondu le parti «Bleu-Blanc» dans un communiqué.

Pour éviter la tenue d’un troisième scrutin en moins d’un an, Gantz pourrait rejoindre Netanyahu dans une coalition, mais l’ancien chef de l’armée insiste pour être le premier à diriger cet éventuel gouvernement, assurant que l’actuel Premier ministre doit d’abord régler ses dossiers avec la justice.

Gantz a appelé lundi Benjamin Netanyahu à «montrer l’exemple à la population» en cessant d’exiger une «immunité» judiciaire afin d’ouvrir la voie à de réels pourparlers pour la formation d’un gouvernement et ainsi éviter des élections «inutiles».

Dans l’attente d’un possible nouveau scrutin, Netanyahu devrait conserver son poste car les lois du pays ne forcent pas un chef de gouvernement à abandonner ses fonctions en cas d’inculpation.

Quant aux nouvelles élections, elles risquent fort de produire les mêmes résultats: un sondage diffusé lundi par la chaîne Kan place les partis de M. Netanyahu et Gantz au coude-à-coude, comme au premier kilomètre de leur marathon…

AFP