Abdelhamid Addou

Opération Marhaba 2021 : la RAM met les petits plats dans les grands

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Une fois n’est pas coutume, la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) a fait preuve d’une réactivité déconcertante, à l’annonce des très hautes instructions du Roi Mohammed VI à l’ensemble des intervenants dans le domaine du transport, pour faciliter le retour des MRE au pays à des prix abordables. Abdelhamid Addou, PDG de la compagnie a en effet annoncé peu après la diffusion du communiqué du Cabinet royal, un plan tarifaire exceptionnel qui prend en compte les destinations et le nombre de membres de la famille. Plus surprenant, ce plan tarifaire est d’ores et déjà implémenté dans le système de la RAM.

M. Addou a sur ses épaules la lourde responsabilité de déployer la volonté royale, celle d’accueillir dans les meilleurs conditions nos compatriotes, tout en gérant les contraintes des règles sanitaires, l’écoute des passagers, la gestion des ressources humaines et surtout l’optimisation des pertes financières.

La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) a annoncé, dimanche, dans un communiqué publié par la MAP, la mise en place d’un dispositif qu’elle qualifie d’«exceptionnel» et d’«historique» pour faciliter le déplacement des Marocains résidant à l’étranger (MRE) en période d’Eté et ce, en application aux hautes instructions du Roi Mohammed VI.

«La compagnie nationale renforce son programme de vols et propose des prix très accessibles aux membres de la communauté marocaine établie à l’étranger. Ces offres ont été étudiées pour mettre en place une grille tarifaire exceptionnelle qui varie en fonction des destinations et du nombre de membres de la famille», indique RAM dans un communiqué.

Plan tarifaire de la période allant du 15 juin au 30 septembre 2021:

Destination Europe (hors Russie et Turquie) :

Famille de 4 membres et + : Billet aller-retour à 97 euros TTC par passager

Famille de 3 membres : Billet aller-retour à 120 euros TTC par passager

Famille de 2 membres ou passager seul : Billet aller-retour à 150 euros TTC par passager

Destination Amérique du Nord :

Famille de 3 membres et + : Billet aller-retour à 500 euros TTC par passager

Famille de 2 membres ou passager seul : Billet aller-retour à 600 euros TTC par passager

Destination Afrique, Turquie et Russie :

Famille de 3 membres et + : Billet aller-retour à 240 euros TTC par passager

Famille de 2 membres ou passager seul : Billet aller-retour à 300 euros TTC par passager

Destination Tunisie :

Famille de 3 membres et + : Billet aller-retour à 120 euros TTC par passager

Famille de 2 membres ou passager seul : Billet aller-retour à 150 euros TTC par passager

Destination Egypte :

Famille de 3 membres et + : Billet aller-retour à 150 euros TTC par passager

Famille de 2 membres ou passager seul : Billet aller-retour à 200 euros TTC par passager

Plan tarifaire disponible ce dimanche 13 juin

Dans son communiqué, la RAM indique que ces tarifs sont valables uniquement pour les billets achetés à compter de ce dimanche 13 juin et pour les vols opérés au départ de l’étranger et pendant la période allant du 15 juin au 30 septembre 2021.

Les vols sont désormais disponibles à la vente sur le site internet de la compagnie nationale (www.royalairmaroc.com) et à travers ses centres d’appel, ses agences commerciales ainsi que le réseau de distribution habituel, précise la même source.

Rachid Tlemçani : «L’argent hélicoptère ne sauvera pas la Royal Air Maroc»

L’ancien président de la SVBC, Rachid Tlemçani, est sorti de sa réserve ce mercredi pour dresser un réquisitoire en règle du plan de sauvetage de la Royal Air Maroc que tente de faire passer le PDG de la compagnie, Abdelhamid Addou. Et il n’y va pas de main morte : «Dans un Business Model a prix élevé et service bas de gamme, juste remettre de l’argent ne sert strictement à rien», a-t-il écrit dans un mémo publié sur son compte Linkedin. Tlemçani, tacle l’obsession courtermiste du management de la RAM, en l’occurrence le BFR, et suggère que le seul moyen de sauver la compagnie est de faire sauter le verrou de la souveraineté en s’ouvrant sur des partenaires solides.

Face aux tergiversations du président de la RAM et à la cacophonie qui accompagne sa communication dans la gestion de la plus grave crise que connaît la compagnie aérienne nationale depuis sa création, l’exaspération est de mise. Rachid Tlemçani, connu pour son franc parlé, sort de son mutisme et dit haut ce que plusieurs pensent bas : « La pathologie dont souffre la RAM est structurelle à l’image du secteur touristique national et elle aura vocation à s’aggraver quelle que soit la manne financière qu’on injectera». Il illustre l’ampleur de la menace qui guette la compagnie par une citation du président de la Lufthansa : « L’aérien, est le premier secteur touché par la crise et sera parmi les derniers à en sortir ».

A ce titre, l’exemple de la gestion de la crise par la compagnie allemande est selon Tlemçani un indicateur qui devrait plutôt nous inquiéter sur les décisions que s’apprêtent à prendre nos gouvernants pour sauver la RAM.

«La Lufthansa, première compagnie aérienne européenne, perd 1 millions € de liquidités par heure depuis l’éclatement de la pandémie. Sa réaction était rapide et tranchante : un plan d’ajustement de 10.000 salariés et 100 avions de moins.», affirme Tlemçani. Quid donc de la RAM ?

«À part son atout de souveraineté, quels avantages compétitifs a notre compagnie aérienne? Serait-ce la qualité de service? Les fréquences ? La propreté ? Le coût des billets ? Sans le monopole de fait, combien de temps pourrait-elle survivre ? » s’est-il interrogé.

Notre analyste estime que la RAM ne possède évidement pas la taille critique suffisante pour espérer encaisser le choc de la crise.

«Je suis conscient que j’enfonce des portes ouvertes et souligne des faiblesses dont nos dirigeants ont conscience depuis fort longtemps et qui de surcroit ont été martelées par de brillants esprits émanant de non moins brillants cabinets de stratégie» a écrit Rachid Tlemçani.

Il faut scruter la RAM d’avant la Covid-19

On ne peut pas penser à un plan de sauvetage et céder à la panique de la pandémie sans regarder dans ce qu’était la RAM il y a 4 mois. Et rien de plus parlant pour cela que de faire un benchmark de la concurrence, conseille-t-il.

Et de rajouter, Ethiopian Airlines est à ce titre, un cas d’école.

La compagnie aérienne d’un pays qui génère 28% de moins de PIB que le Maroc pour 3 fois plus de population, est- excusez du peu-, au 5ème rang mondial en nombre de lignes devant Emirates Airlines, Lufthansa et KLM, rappelle Tlemçani.

Sur l’Afrique, il étaye les faits qui font de la Ethiopian Airlines la première compagnie du continent :

  • Addis Abeba dépasse désormais Dubaï en hub Afrique,
  • En terme de qualité de service la Ethiopian est numéro 1 devant South African Airways. Tandis que RAM se contente de la 6ème place derrière Mango, Fast jet, Kulula et Angola Airlines,
  • La compagnie éthiopienne, dispose de 98 avions contre 61 (dont un cargo) pour la RAM.
  • En performances d’exploitation elle a affiché en 2018/2019 un chiffre d’affaire de 4 Milliards de dollars et un bénéfice net de 180 Millions de dollars. Alors que la RAM a enregistré sur la même période un chiffre d’affaire de 1,7 Milliards de dollars et constaté un déficit de 9,8 Millions de dollars, sachant que le ratio «Résultat Net / Chiffre d’affaire» chez les meilleurs compagnies se situe autour de 8%,
  • Enfin, la Ethiopian Airlines emploie 12.000 personnes contre (officiellement) 5.400 salariés pour la RAM.

Avec ces chiffres et faits à l’appui, Tlemçani démontre ainsi que la RAM d’avant le Coronavirus était loin d’être performante, ni profitable que ses concurrentes du continent. Une situation qui va certainement empirer avec les coûts des gestes barrières qui vont être imposés sur le secteur, à savoir un siège vide sur trois et le contrôle de température.

Pour revenir à la situation de 2019, ce n’est pas demain la veille. Il faudra attendre 3 ans selon les spécialistes et pour reprendre le trend d’avant la Covid-19, le processus prendra la durée d’une génération, c’est à dire pas moins de 10 ans.

«Est-ce donc raisonnable de juste refinancer ? » , «N’est-il pas temps qu’on se voit tels que l’on est pour chercher à repartir sur des bases saines ?». Des interrogations que Tlemçani partage en public dans l’espoir qu’elles arrivent à faire réfléchir les plus sages des responsables en charge du plan de sauvetage de la compagnie.

Refinancement de la RAM : Il faut sauter le verrou de la «souveraineté»

Les choix de refinancement de la RAM ne peuvent être décidés comme ça, s’indigne celui qui fait partie des pionniers du marché des capitaux du Royaume.

Le contrat programme qui est envisagé -mais jamais disclosé- doit être signé par plusieurs parties et sur la base d’un plan quinquennal où l’objectif ne peut être que de se caler aux meilleurs standards, estime-t-il.

« Balancer de l’argent ne va faire qu’aggraver les problèmes d’une compagnie déjà très critiquée pour son service low cost et ses prix pas low cost du tout » fustige l’ancien Président de la SVBC.

« Dans un Business model à prix élevé et service bas de gamme, juste remettre de l’argent ne sert strictement à rien.» poursuit-il dans sa lancée.

Histoire d’enfoncer davantage le clou, et le plus fort possible, il ne manque pas d’ironiser, dans un ton que son entourage connait si bien : « La performance opérationnelle n’a rien à voir avec les moyens financiers. Si vous êtes en surpoids et cinquantenaire, même sous stéroïdes, vous ne courrez jamais le 100 m en moins de 10s».

Après ce réquisitoire sans concession, le Président de H2Dev, dévoile les grandes lignes de ses recommandations. Outre un changement en profondeur du business model de la Royal Air Maroc et de sa qualité de service, Rachid Tlemçani prône l’idée, souvent étudiée puis renvoyée aux calendes grecs, qui consiste à dire que la seule issue pour que la RAM puisse jouer dans la cour des grands et assurer sa pérennité est de se doter de partenaires solides, quitte à faire sauter la sacro-sainte souveraineté de la compagnie aérienne nationale.

Tlemçani juge que la RAM n’a pas les moyens de rester sans partenaires et que le peu de ressources dont dispose l’Etat ne doivent pas être obérées à cause d’un excès de procrastination de se résoudre à traiter la pathologie structurelle de l’entreprise publique.

«Il faut, je crois sans délai, se poser la question de la nécessaire souveraineté de notre compagnie aérienne. La souveraineté prioritaire concerne l’éducation, la santé, la défense, l’autorité de l’Etat et plus largement l’ordre et l’équité sociale» conclut Rachid Tlemçani sa semonce qui fera date.

Tourisme : Yassir Zenagui aligne enfin sa dream team

Avec la nomination de sa camarade de classe, Nadia Fettah, à la tête du ministère de tourisme, Yasser Zenagui peut enfin espérer dérouler son plan d’action touristique. Lequel plan a été retardé par les crises politique, géopolitique et économique qui se sont succédées depuis 2011. La nouvelle ministre vient ainsi compléter une Dream Team composée de Abdelhamid Addou, PDG de la RAM et de Adel El Faker, DG de l’ONMT. Des profils qui ont tout pour s’entendre.

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La RAM perd les bagages de la délégation de la Région Pays de la Loire en visite à Laâyoune

Après l’épisode humiliante de la perte des bagages des photographes qui accompagnaient le prince Harry et de la duchesse de Sussex, Meghan Markle, en visite au Maroc, février dernier, la Royal Air Maroc a égaré, aujourd’hui, les bagages de la délégation de la Région Pays de la Loire en visite à Agadir et à Laâyoune. Explication avancée par les responsables de la compagnie aérienne : la grève du zèle de ses  bagagistes.

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Royal Air Maroc desservira cinq villes de l’Afrique de l’est

La compagnie marocaine de transport aérien, Royal Air Maroc, a annoncé son intention de lancer des vols vers cinq villes d’Afrique de l’Est, et ce deux ans seulement après le début de ses opérations Casablanca-Nairobi. Selon Othman Baba, représentant régional au Kenya, cette initiative, inspirée par l’expérience de Nairobi, faisait partie des efforts de la RAM pour récupérer une part du transport aérien intra-africain qui est actuellement contrôlé par des intérêts étrangers.

La RAM, qui a rejoint le marché unique du transport aérien africain (MUTAA) l’an dernier, a déclaré qu’elle se tournerait vers le cadre de l’aviation continentale, afin d’accélérer les approbations réglementaires. C’est jusqu’à présent la seule compagnie aérienne nord-africaine qui gère un vol direct Nairobi-Ndjamena, au Tchad.

“Nous allons étendre nos opérations en Afrique de l’est à court terme avec de nouvelles destinations comme Dar es-Salaam, Harare, Kigali, Maputo et Khartoum”, a déclaré Baba à l’occasion du 33ème vol Nairobi-Casablanca ajoutant qu'”avec plus de 30 destinations en Afrique de l’ouest, il est naturel que RAM ait décidé de s’étendre en Afrique de l’est pour soutenir sa stratégie africaine et de mettre en évidence le Kenya comme étant un centre d’affaires et une passerelle régionale.”

Othman Baba a souligné que l’exploration de nouvelles destinations pour sa clientèle était la mission de RAM depuis sa création, il y a plus de 60 ans.

La compagnie aérienne marocaine, qui a commencé son incursion au Kenya avec deux vols hebdomadaires en 2016, a depuis ajusté son programme à trois vols par semaine.

Dans un continent où les transporteurs publics ont été blâmés pour les tarifs exorbitants qui conduisent les Africains vers les compagnies aériennes étrangères, Royal Air Maroc affirme que son principal point de succès reste son prix des billets très compétitif.

Othman Baba a également relevé qu’au fil des années, RAM a maintenu un contrôle strict sur sa structure et ses processus de coûts, ce qui a abouti à la baisse du prix des billets et des tarifs de fret, en particulier au cours des 15 dernières années.