Rabat Vs. Riyadh et Abu Dhabi : La vérité sur les turbulences qui secouent leurs relations

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Le Maroc a-t-il retiré son ambassadeur en poste en Arabie saoudite ? Bien sûr que non. Mais Mustapha Mansouri se trouve-t-il vraiment à Rabat ? Oui. Il a été convoqué par le MAECI pour «consultations». Donc, pour être précis dans le vocabulaire utilisé, notre ambassadeur a été «convoqué» mais pas «retiré». De même pour le chef de la mission diplomatique du Maroc à Abu Dhabi, Moha Aït ou Ali. Il se trouve également à Rabat où il a été convoqué pour consultations et non pas retiré des Émirats arabes unis. Lorsque le journaliste de l’agence russe Sputnik a contacté Nasser Bourita pour en savoir davantage sur le sujet, ce dernier a catégoriquement nié que les deux ambassadeurs aient été retirés respectivement de Riyadh et d’Abu Dhabi. Et le ministre avait raison sur la forme. Les deux diplomates n’ont pas été retirés mais «juste» convoqués. Un écart sémantique ou un abus de langage et bonjour la crise diplomatique. Ce qui est certain en revanche, c’est que le Maroc et ses 2 «alliés» du CCG passent réellement par une zone de turbulences au-delà de la terminologie usitée.

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BFF signe une émouvante liturgie en mémoire des victimes scandinaves

Dans une homélie en hommage aux victimes danoise et norvégienne tombées à Imlil, aux pieds du Toubkal, alors qu’elles visitaient la région en touristes pleines de vie, le président de l’Institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri, a dénoncé cet acte barbare qui a bouleversé tous les marocains et expliqué comment le terrorisme était l’expression la plus odieuse de la lâcheté humaine. LE1.


Depuis l’annonce de la tragédie barbare et cruelle d’Imlil et plus largement depuis la mise en lumière du caractère terroriste de ce double meurtre ignoble, les marocains expriment avec force leur émotion unanime, leur choc ainsi que leur indignation sincère et spontanée. Comme pour beaucoup de mes concitoyens, une réelle douleur m’envahit depuis quelques jours tant cet acte est odieux, abominable et traumatisant. En découvrant les photos et les vidéos de ces deux jeunes filles, qui croquaient la vie à pleines dents, j’ai, comme beaucoup de marocains, eu le cœur serré à la vue de ces existences volées et de ces destins brisés. L’espace d’un très court instant, j’ai cru connaitre Maren Ueland et Louisa Vesterager Jespersen, si loin de moi, si loin de nous, mais pourtant si proches depuis qu’une nation musulmane communie dans son ensemble et se retrouve pour pleurer la disparition de deux étrangères, dont le sang a été dramatiquement versé sur nos terres.

En découvrant les photos et les vidéos de ces deux jeunes filles, qui croquaient la vie à pleines dents, j’ai, comme beaucoup de marocains, eu le cœur serré à la vue de ces existences volées et de ces destins brisés

Puis au même moment, en déroulant le fil d’actualité sur l’un des réseaux sociaux, je tombe sur les portraits odieux de ces lâches, de ces traitres à notre Religion, de ces faucheurs de vies, de ces faibles qui s’attaquent en pleine nuit à des « proies » faciles et fragiles, livrées à elles-mêmes et deux fois moins nombreuses. Le contraste entre les photos des deux victimes et celles de leurs bourreaux est bien sûr saisissant. Les images de Maren et Louisa transpirent la vie, le bonheur et l’optimisme tandis que les photos des auteurs de ce crime abjecte et effroyable, issus de la même génération que leurs victimes, dégagent la noirceur, la haine et la mort. Ce sont deux destins opposés, deux trajectoires de vies totalement parallèles qui se sont malheureusement croisés, en ce lieu perdu et isolé des montagnes de l’Atlas, pour ce rendez-vous macabre d’Imlil.

Le contraste entre les photos des deux victimes et celles de leurs bourreaux est saisissant

Le terrorisme n’a pas d’identité. Le terrorisme n’a pas de visage. Le terrorisme n’a pas de couleur. Le terrorisme n’a pas d’odeur. Le terrorisme n’a pas de nationalité. Le terrorisme n’a pas même de religion. Le terrorisme est l’expression la plus odieuse de la lâcheté humaine. Il prend racine dans l’exclusion économique et sociale. Il se renforce dans la diffusion du culte de l’ignorance, alors que notre Religion est bâtie autour du savoir et de l’ « Ijtihad ». Il se cultive dans le terreau fertile de la frustration et dans l’absence d’éducation. Au Maroc, plus que dans tout autre pays musulman, la culture de la haine, le rejet de l’autre et le fondamentalisme religieux ne font pas partie de notre identité. Nous subissons depuis les années 1980 ce discours rigoriste, qu’une infime minorité de marocains a choisi de faire sien. Si les auteurs de la tragédie d’Imlil sont marocains, leur logiciel ne l’est pas et leur référentiel non plus. Leur « allégeance » à « Daech » le démontre.

Si les auteurs de la tragédie d’Imlil sont marocains, leur logiciel ne l’est pas et leur référentiel non plus. Leur « allégeance » à « Daech » le démontre.

Je me refuse de réduire ce double meurtre à un simple fait-divers visant à assouvir une faim de sang de quatre apprentis terroristes ayant eu l’opportunité, sans doute fortuite, laissons l’enquête en décider, de vivre leur « grand soir ». La violence terrible de ce crime filmé et diffusé mais également l’émotion qu’il a suscitée, au Maroc et ailleurs, donne à cet évènement tragique un caractère exceptionnel. De la même manière, je refuse les raccourcis simplistes visant à affirmer que le Maroc se serait radicalisé, que le Wahabisme l’aurait emporté et que beaucoup de marocains seraient des futurs terroristes en puissance.

Je me refuse de réduire ce double meurtre à un simple fait-divers visant à assouvir une faim de sang de quatre apprentis terroristes

Soyons sérieux ! S’il est vrai que dans la société marocaine actuelle s’entrechoquent, voire s’entremêlent, la montée d’un conservatisme latent (mais non violent) et l’expression grandissante d’une volonté réelle d’émancipation, nous sommes tout de même très loin de la réalité « rétrograde » qui prévaut dans beaucoup de pays musulmans, d’autant plus que c’est l’esprit de tolérance séculaire et l’ouverture ancestrale du Royaume qui sont visés par « Daech ».

Je refuse les raccourcis simplistes visant à affirmer que le Maroc se serait radicalisé, que le Wahabisme l’aurait emporté

Cet acte odieux reste, bien entendu, isolé. La réaction sincère et unanime des marocains, toutes couches sociales confondues, et leur rejet, sans équivoque du terrorisme viennent le rappeler à tous ceux qui peuvent en douter. Le Maroc est, et restera, un pays sûr, grâce notamment à l’arsenal de prévention de lutte contre le radicalisme violent déployé dans notre pays à travers la maitrise du champs religieux, contrairement à de très nombreux pays voisins, et à la vigilance, l’expertise et le savoir faire de nos services de sécurité, dont nous pouvons être fiers.

Le Maroc est, et restera, un pays sûr (…) à travers la maitrise et à la vigilance, l’expertise et le savoir faire de nos services de sécurité, dont nous pouvons être fiers.

Je vois depuis 48h, fleurir sur les réseaux sociaux les expressions « Sorry » et « Pardon » à destination du Danemark, de la Norvège et des proches des deux victimes. Je suis fier de cette émotion forte et sincère qui nous porte depuis deux jours et de ce rejet implacable de cette infamie manifesté avec force par les marocains. Mais je me permets d’évoquer ici mon scepticisme sur la pertinence d’exprimer des excuses, même si je comprends, bien sûr, le besoin pour de très nombreux marocains, moi le premier d’ailleurs, d’exorciser ce choc. S’excuser de quoi d’ailleurs ? D’être marocains ? D’être musulmans, alors que ces criminels barbares souillent l’Islam ? De ne pas avoir su protéger Maren et Louisa ? Pourquoi nous excuser alors que le « risque zéro » n’existe pas en matière de lutte contre le terrorisme ? Il n’existe ni au Maroc, ni ailleurs, puisqu’aujourd’hui plus aucun pays ne peut prétendre être à l’abri de cette menace globale. En dix ans le Royaume n’a connu « que » deux actions terroristes ayant entrainé le décès de 19 victimes alors qu’on recense en France, durant la même période, 14 attentats (perpétrés majoritairement par des français, nés en France et ayant toujours vécu dans l’Hexagone) et plus de 230 morts. Pourquoi, donc, nous excuser alors que plusieurs pays occidentaux et musulmans nous envient notre stratégie pertinente de lutte contre le radicalisme violent ainsi que l’efficacité de nos services anti-terroristes ?

Je suis fier de cette émotion forte et sincère qui nous porte depuis deux jours…Mais je me permets d’évoquer ici mon scepticisme sur la pertinence d’exprimer des excuses

Serait-ce une forme de « pardon » inconscient formulé à l’Occident pour éviter qu’il nous amalgame à ces brebis galeuses obscurantistes qui n’ont ni foi ni loi et qui nous ne représentent pas ? Nous devrions, peut-être d’abord, nous excuser, auprès de nous-mêmes, puisqu’à force d’avoir démultiplié les # et les « Je suis » liés aux attentats qui ont endeuillé de très nombreux pays ces dernières années nous avons oublié que cela finirait inéluctablement par nous arriver. Peut-être aussi que certains – refusant, par peur d’une forme de remise en cause, d’affronter cette réalité issue d’une déviance perfide de notre Religion par une insignifiante minorité – devraient s’excuser d’avoir privilégié à outrance les théories conspirationnistes, basées sur une supposée négation du terrorisme islamiste, alors qu’il vient de frapper chez nous dans son expression la plus simple, la plus primitive et la plus barbare.

Nous devrions, peut-être d’abord, nous excuser, auprès de nous-mêmes, puisqu’à force d’avoir démultiplié les # et les « Je suis » (…) Nous avons oublié que cela finirait inéluctablement par nous arriver

En tant que marocain, je suis, comme beaucoup, meurtri par cette tragédie inqualifiable. Ce drame d’Imlil doit être perçu comme un rappel à l’ordre. Il doit renforcer notre détermination à combattre, tous ensemble, la haine et le radicalisme dans leurs différentes formes d’expression, sans complaisance, sans faire d’exceptions, sans faire de concessions et sans accepter de quelconques circonstances atténuantes. « Notre malheur est que nous vivons avec des gens qui pensent que Dieu n’a guidé personne d’autre qu’eux ».  (Avicenne).

Brahim FASSI FIHRI
Président fondateur de l’Institut Amadeus

TRIBUNE – Les barbares de chez nous

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La lutte contre le terrorisme n’est pas un luxe et n’est pas du seul ressort des services de sécurité. Il s’agit d’un travail de fond, un travail générationnel qui implique une éducation tous azimuts et à tous les étages. De la cellule familiale à la société dans son ensemble, en passant par l’école et la rue. Avec l’amplification de l’impact des réseaux sociaux et des moyens de communication, l’effort doit être redoublé pour s’attaquer à la racine du mal. Si la pratique de la religion n’est pas incompatible avec l’expression de l’éthique et l’esprit de la loi, il est dangereux de stigmatiser l’Islam à chaque fois que des écervelés commettent un forfait, comme d’ailleurs jamais nous ne pointons du doigt le judaïsme ou le christianisme quand des musulmans ou autres sont victimes de pratiques criminelles en Occident ou au Moyen-Orient. La violence et le terrorisme n’ont ni religion, ni foi, ni loi. Et ils sont universels. D’où l’importance d’une approche didactique et humaniste pour en contrer les velléités et les dérives. L’intérêt de la tribune de Ahmed Charaï réside dans le fait qu’elle met le doigt dans la plaie sans le remuer mais tire la sonnette d’alarme quant aux manifestations de la haine et de la radicalisation qui touchent certains pans de notre société. Ahmed Charaï pointe ainsi les «élites» qui ont démissionné sur ce sujet et qui ne s’expriment plus pour défendre les libertés individuelles, pendant que la société marocaine continue de produire la barbarie de manière endogène. LE1.

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Infox, arme puissante dans la guerre de l’information – Partie II

Décidément, la guerre d’information bat son plein et n’épargne aucun territoire ni aucun domaine. Sur le1.ma, nous avons traité, rien que ce mois-ci, deux batailles de l’information de grande envergure. La première concerne le Président du Nigéria, Muhammadu Buhari, que ses adversaires politiques, les séparatistes Biafra, que nous avons baptisés, ici sur cette publication et à juste titre, le Polisario du Nigéria, ont enterré et cloné. Le Président nigérian était obligé, après plusieurs mois de silence, quand la rumeur s’est propagée au-delà des frontières de son pays, à en parler publiquement à Katowice en Pologne, en marge de sa participation à la COP24. Une sortie médiatique qui a fait le tour du monde. La seconde, concerne le Pacte Mondial sur les Migrations, dont la conférence d’adoption s’est tenue cette semaine à Marrakech. Les mouvements populistes de par le monde se sont mobilisés pour décrier ce “Pacte”, présenté comme le traité mondial de libre circulation universel des migrants. Des mouvements aidés par des positions peu courageuses de gouvernements qui avaient, à peine quelques mois auparavant, applaudi, si ce n’est considérés comme acteurs dans l’élaboration de ce pacte. La pression était tellement importante qu’elle a occupé une part de lion dans les interventions de toutes les délégations, ainsi que dans tous les supports de communication des Nations Unies. Pour ce sujet, le doute s’est installé et d’autres batailles sur les migrations ne font que pointer du nez. C’est dans ce contexte que nous publions aujourd’hui la deuxième partie de la note de synthèse élaborée par l’expert marocain en intelligence stratégique et économique, Anas Chaker, diplômé de l’Ecole de Guerre Economique – EGE Paris. Alors que la première partie publiée le 6 décembre dernier présentait les typologies des fakes news, la seconde et dernière partie, synthétise les pistes de gestion et de protection contre la désinformation.

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La guerre d’information, analyse d’un expert Marocain en intelligence stratégique et économique

Fake news, cette expression si chère à Donald Trump, est un phénomène ancien, qui a pris une dimension inquiétante avec le développement des réseaux sociaux. C’est à l’automne 2016, et pendant l’élection présidentielle américaine, que l’usage du terme “Fake news” a explosé. D’ailleurs le nouveau président américain en a fait la base de sa stratégie de communication disruptive. Les fake news, ou infox, (nouvelle expression adoptée par l’Académie française), empoisonnent la vie des médias qui se font piéger quotidiennement par un flux de plus en plus important de fausses informations. Les gouvernements et les personnalités publiques sont également la cible de campagnes des fois structurées, pour des motivations diverses : business lucratif, influence politique ou propagande idéologiques. C’est sur ce sujet épineux, qu’un expert marocain en intelligence stratégique et économique, Anas Chaker, ingénieur Télécom de formation, préparant un master de l’Ecole de Guerre Economique – EGE Paris, nous livre dans une note de recherche, qu’on publiera en deux parties, les typologies des fakes news et une proposition de pistes de gestion et de protection contre la désinformation.

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Buhari mort et remplacé par un sosie, folle rumeur qui agite les réseaux sociaux au Nigéria

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A la veille des élections présidentielles au Nigéria, la tension est montée d’un cran dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Les vieux démons du Biafra (le Polisario local) et l’état de santé du président Muhammadu Buhari, ont refait surface et annoncent une campagne électorale très tendue. Mais l’évènement qui va davantage occuper les nigérians, ces derniers jours, c’est cette folle rumeur relayée par plusieurs personnalités nigérianes, y compris un ancien ministre, selon laquelle le président «Muhammadu Buhari était mort et avait été remplacé par un sosie».

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L’émulation désordonnée franco-italienne sur le dossier libyen – Partie I : L’offensive française

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La France et l’Italie se sont livrés depuis la chute de Kaddafi à une guerre qui ne dit pas son nom, où le pétrole et l’immigration constituent des enjeux qui risquent de bouleverser l’avenir même du vieux continent. L’offensive diplomatique du président français, Emmanuel Macron, a envenimé les relations entre Paris et Rome. En face, la montée de la droite italienne qui a porté Mateo Salvini au pouvoir, annonce des mois difficiles entre les deux pays sur le théâtre libyen. Et afin d’éclairer nos lecteurs sur cette galaxie complexe du fait libyen, et à quelques semaines de la tenue de la Conférence Internationale sur la Migration (CIM 2018) à Marrakech, nous publierons régulièrement des analyses sur les enjeux de l’immigration qui risquent de bouleverser la stabilité de l’Afrique du nord. Aujourd’hui, nous reproduisons, avec l’accord de l’auteur et de la publication, et en trois parties, une étude publiée dans la revue Défense Nationale, portail d’intelligence, réalisée par le géo-politologue, Mohamed Faraj BEN LAMMA, intitulée “L’émulation désordonnée franco-italienne sur le dossier libyen”. Cette analyse décortique les enjeux géostratégiques et géopolitiques de la question libyenne et ses ramifications régionales, continentales et internationales.
Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

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