Off The Record - Page 16

Le tribunal fédéral de Washington D.C. déboute le Maroc

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Une juge fédérale de Washington D.C. a statué le mois dernier sur l’obligation de l’Administration marocaine de se soumettre à l’arbitrage en faveur de la société de construction italienne Salini Costruttori SpA d’une valeur de 27 millions $, et ce concernant un différend contractuel qui oppose les deux parties à propos de la construction de la tranche reliant Jebha à Ajdir relevant de la rocade méditerranéenne.

Dans une décision rendue par la juge Tanya S. Chutkan, la magistrate du District de Columbia a accédé à la demande de Salini Costruttori  pour le montant 27 millions $ déjà accordé en 2011 par la Chambre de commerce internationale en faveur de la compagnie italienne, laquelle avait fait appel d’un jugement d’un tribunal marocain qui avait accordé à Salini Costruttori 16 millions $, ce que cette dernière a contesté auprès de la CCI.

Tanya S. Chutkan, rendue célébre pour son jugement en faveur de Mike Tyson contre son conseiller financier accusé de détournement de plus d’1 million $ . Photo Diego M. Radzinschi/THE NATIONAL LAW JOURNAL.

La partie marocaine, représentée par Evan M. Tager et Sean P. McDonnell de Mayer Brown LLP avait à son tour fait appel auprès du Tribunal fédéral de Washington D.C. pour contester l’accusation de «déni de droit d’accès au site, des difficultés géologiques, et des retards administratifs» invoqués par les italiens. Les avocats du Maroc ont avancé dans leur réquisitoire que les tribunaux américains n’étaient pas habilités à annuler les décisions des tribunaux souverains » du Maroc, ce à quoi ont rétorqué les avocats de la partie adverse, Peter JW Sherwin, Scott M. Abélès et Ana Vermal de Proskauer Rose LLP, en invoquant la Convention de New York qui permet une telle procédure d’annulation.

Cette affaire remonte à l’époque où l’istiqlalien Karim Ghellab dirigeait le ministère des Transports et de l’Équipement (de 2002 à 2011) qui pilotait le projet de la Rocade méditerranéenne et dans lequel la société italienne  Salini Costruttori détenait une part de lion.

Pour rappel, la rocade méditerranéenne avait été lancée en juin 2004 et aurait dû être livrée début 2009. Cependant, plusieurs incidents et des erreurs de gestion ont ralenti la cadence des travaux. Notamment la résiliation des contrats de la société italienne pré-citée et une autre portugaise, toutes deux adjudicataires initialement du marché, «pour non-respect des cahiers des charges».

Le tronçon Ajdir-El Jebha, d’une longueur de 103 km, a nécessité une enveloppe de 1,7 milliard de DH.

Abdellah EL HATTACH

Chris Coleman, un retour et un pschitt

“Le nouveau Coleman a un profil bien différent, il parait d’après son style d’écriture et le ton qu’il utilise, être plus jeune et utilise facilement son iPhone (Emojis Apple)” a confié à le1.ma un spécialiste du phénomène des lanceurs d’alertes.

Après avoir disparu des radars depuis plus d’un an, le corbeau «Chris Coleman» est de retour sur les réseaux sociaux, notamment par le biais de Twitter, son canal de prédilection.

Très actif tout au long de l’année 2015, «Chris Coleman» est revenu en ce mois de février 2017 à ses anciennes habitudes, à savoir publier des correspondances du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération mais sans trop d’impact, il faut le reconnaître, car les documents dévoilés, certes confidentiels, ne révèlent aucun secret d’Etat susceptible de mettre la sécurité nationale du pays en danger.

Selon notre expert, Chris Coleman ne fait que “ressasseer une rhétorique, des visuels et un argumentaire dépassés, en total déphasage avec la sociale et politique au Maroc conquérant et la confiance dont jouissent les institutions souveraines de l’Etat marocain, grâce au travail de fonds opéré par la diplomatie et les différents départements de sécurité nationale”

Mais le phénomène demeure inquiétant car il démontre qu’il existe des failles quelque part dans la gestion documentaire du ministère des affaires étrangères ou de son système d’information. Et à propos de système d’information, «Chris Coleman» dévoile un document sur un projet de refonte informatique du département des Affaires étrangères, en plus d’autres correspondances entre administration centrale et quelques missions du Maroc à l’étranger comme Bruxelles ou Dakar. A propos de cette dernière, «Chris Coleman ».

Ce retour très timide de «Chris Coleman» est la preuve que ce «hacker » ou «taupe» a puisé tout le stock de documents qu’il avait amassé et qui concernent essentiellement la période de 2010 à 2012, rarement au-delà.

Et il n’y a presque pas de doute, ce nouveau coleman n’est qu’une vaine tentative de ce mouvement séparatiste en perte de vitesse, souhaitant faire pression sur l’union européenne après la série d’échecs qui l’ont décrédibilisé et humilié sur la scène internationale et africaine “, conclu notre expert.

Sur le plan officiel, aucune communication n’a été faite à ce sujet par le département concerné et l’on ignore si une enquête a été engagée par les autorités compétentes.

Abdellah EL HATTACH

Yariv Elbaz, le marchand de sable

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Dès les premières semaines de l’année 2017, plusieurs poids lourds de la presse africaine ont annoncé en grandes pompes, la mise en place d’une architecture juridico-financière qui permettra à Forafric, une fois l’opération finalisée, de contrôler trois grandes unités agroalimentaires en Afrique occidentale à savoir les Grands Moulins de Dakar, les Grands Moulins d’Abidjan et la Compagnie sucrière sénégalaise.

Yariv Elbaz lors de NY Forum Africa

Leader marocain des semoules, le meunier Forafric est sous l’escarcelle du fonds Ycap depuis 2014. Mais le bilan de cette opération, annoncée comme étant un investissement opéré via le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques, laisse paraître plusieurs zones d’ombre.

En effet, comment le banquier d’affaires, Yariv Elbaz, qui a  déjà montré des signes de faiblesse quant à la gestion industrielle du meunier Forafric, peut-il réussir et assurer la gestion et la pérennité de nouvelles acquisitions industrielles lourdes, opérant dans un secteur d’activités aussi sensible et mettant en équation les problématiques de sécurité alimentaire des pays subsahariens et leur approvisionnement en denrées de première nécessité, alors que les professionnels du secteur continuent de s’interroger sur les attendus de ce montage ?

Par ailleurs, l’opération financière du rachat des trois poids lourds sénégalais et ivoirien, d’un montant évalué à près de 1 milliard d’euros, n’a encore, jusqu’à présent, pas été officiellement bouclée. Car, mis à part l’effet d’annonce via les cabinets conseil Valyans et Norton Rose Fulbright, on attend toujours de voir la concrétisation de cette opération qui laisse suspicieux plusieurs milieux d’affaires du continent.