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Tanger-Med

Tanger Med est désormais le 1er port à conteneurs dans le bassin méditerranéen

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Key points

  • Tonnage global traité en progression de + 23%
  • Trafic conteneurs, du vrac liquide et du vrac solide en augmentation à deux chiffres
  • Trafic maritimes, passagers et camions impacté par le contexte sanitaire

TMSA a publié ce lundi 25 janvier, les chiffres des activités portuaires à Tanger Med de l’année écoulée. Hormis le trafic passager, véhicules, maritime impacté par la crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus, l’ensemble des activités du complexe portuaires ont affiché une croissance soutenue durant l’année 2020. Une performance qui a permis à Tanger Med de consacrer sa position en tant que premier port à conteneurs dans le bassin méditerranéen.

Les chiffres

Tonnage global traité

Le tonnage global traité durant l’année échue est de 81 millions de tonnes soit une progression de + 23% par rapport à 2019. le port Tanger Med traite à lui seul près de 47 % de l’ensemble du tonnage portuaire du Royaume.

Activité conteneurs cartonne

Un total de 5 771 221 conteneurs evp* a été manutentionné au sein du complexe portuaire Tanger Med en 2020 soit une progression importante de +20 % par rapport à 2019.

Ce trafic confirme désormais la position de Tanger Med comme étant le premier port à conteneurs dans le bassin méditerranéen.

L’activité de «Bunkering» propulse le trafic du vrac liquide en hausse de +26%

Le trafic du vrac liquide a connu une croissance de +26% par rapport à l’année 2019, annonce TMSA. Il a enregistré un trafic total de 7 968 485 tonnes d’hydrocarbures traitées.

Une croissance due principalement à l’activité de Bunkering (Soutage) au profit des navires transitant par le détroit de Gibraltar, qui a généré un trafic de près de 1,6 millions de tonnes.

Trafic maritime en baisse de 32%

Durant l’année 2020, un total de 9 702 navires ont accosté au port Tanger Med en baisse de 32% par rapport à 2019 à cause de la forte diminution des escales maritimes des navires passagers et rouliers.

Toutefois, nuance TMSA, un total de 4 306 navires de commerce ont fait escale à Tanger Med en 2020, en croissance de + 10 % comparé à 2019. De même, 916 navires méga ships (+290 m) ont accosté à Tanger Med, en hausse de +14% par rapport à 2019.

Crise sanitaire impacte le trafic des passagers et des véhicules

TMSA a constaté une baisse de -75% du transit des passagers par le port de Tanger Med en 2020. L’agence rappelé que l’activité a été a été suspendue depuis le mois de Mars 2020 en raison de la fermeture des frontières due à la crise sanitaire, puis a légèrement repris au mois de Juin 2020 dans le strict respect des mesures sanitaires.

Un cumul de 701 599 passagers a transité par le port Tanger Med en 2020.

Le trafic maritime a enregistré une baisse de 32% par rapport à 2019 à cause de la forte diminution des escales maritimes des navires passagers et rouliers. Un total de 9 702 navires ont accosté au port Tanger Med en 2020.

Par ailleurs, en raison de la baisse des ventes de véhicules en Europe et par le ralentissement de la production automobile de Renault et PSA durant la période (Mars – Mai) le trafic des véhicules a baissé de -28% par rapport à l’année dernière.

Variant britannique au Maroc: premier cas décelé à Tanger-Med

Un premier cas de contamination par le variant du Covid-19 apparu au Royaume-Uni a été détecté au Port Tanger-Med chez un Marocain arrivé d’Irlande à bord d’un bateau en provenance de Marseille, a annoncé lundi le ministère de la Santé.

Avec MAP

Asymptomatique, l’intéressé a été placé en isolement à Casablanca, a précisé le ministère dans un communiqué, soulignant que le patient et les personnes contacts sont traités conformément au protocole sanitaire en vigueur dans le Royaume.

Dans le cadre de la mise à jour du protocole national relatif au Covid-19, notamment dans son aspect lié au suivi des contacts, une batterie de mesures a été adoptée pour le dépistage précoce des cas de variants de Coronavirus, ajoute-t-on de même source.

Il s’agit aussi de mettre à jour les mesures de prise en charge des cas de maladie, compte tenu de la situation épidémiologique aux niveaux national et mondial.

Le ministère de la Santé assure qu’il va continuer à informer l’opinion publique nationale de tous les développements à ce sujet, appelant les citoyens à se conformer aux règles de prévention sanitaire, dans un esprit de patriotisme et de responsabilité.

Trois variants à l’assaut du monde

Le coronavirus, un virus à ARN est connu pour sa fréquence de mutation élevée. Elle est estimée à deux mutations par mois, c’est deux fois moins que ce qui est observé chez les virus du genre Influenza, qui sont aussi des virus à ARN, affirme le magazine spécialisé Futura Sciences

Avec ces mutations, le coronavirus peut obtenir un avantage évolutif, comme la capacité à se propager plus efficacement, sur les autres virus. C’est ce qu’il s’est passé avec le variant D614G au début de la pandémie, qui est devenu le variant dominant en Europe au détriment de la souche initialement présente à Wuhan, et ce qu’il se passe encore actuellement avec l’apparition des variants anglais, sud-africain et brésilien/japonais.

Carte mondiale de la détection des trois variants anglais (en haut à gauche), sud-africain (en haut à droite) et brésilien/japonais (en bas). Capture d’écran du site covid-lineages.org faite le 18 janvier 2021. © cov-lineages.org

Ces trois variants font l’objet d’une surveillance accrue depuis leur identification. Le variant anglais du coronavirus appartient à la lignée B1.1.7 et a émergé dans le sud de l’Angleterre en septembre dernier. Il est désormais présent pas moins de 39 pays, des États-Unis à l’Australie.

Bien qu’il partage certaines mutations communes avec le variant anglais, le variant sud-africain n’est pas issu de la même lignée, il forme sa propre branche, appelée B.1.351. Les premiers cas ont été enregistrés en octobre 2020, dans la métropole de Nelson Mandela Bay.

Enfin, un troisième variant a été identifié à l’aéroport de Haneda au Japon, lors d’un dépistage sur des personnes en provenance de Manaus (Brésil), le 15 décembre dernier.

Tanger Med 2 : Le maroc au coeur de l’équation géopolitique mondiale

Fin juin, le Moyen Orient vivait une tension telle que le monde entier retenait son souffle, de crainte qu’un conflit militaire éclate dans la région, et la nouvelle guerre froide engagée entre la Chine et les Etats-Unis avait atteint son paroxysme. Pourtant, le Maroc choisit ce timing précis pour annoncer la mise en service du nouveau port Tanger Med 2. Une infrastructure maritime qui place désormais ce complexe portuaire comme le plus grand port d’Afrique, en terme de volume de conteneurs, et le premier port de Méditerranée. Le Roi Mohammed VI a dû mettre une grande pression sur un management «dilettante» de TMSA, pour sortir de sous terre ce projet pharaonique. Et en plaçant, la cérémonie d’inauguration sous la présidence effective du prince héritier Moulay El Hassan, le souverain a tenu à exprimer le caractère hautement stratégique de cette réalisation qui érige le Maroc au coeur l’équation géopolitique mondiale et de la rivalité maritime entre les puissances du Golfe de l’océan Indien occidental jusqu’à la Méditerranée.

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Qatar : Le Port-Hamad, une structure qui remodèle l’architecture économique et commerciale dans le Golfe Persique

Si un tiers du trafic maritime pétrolier mondial transite par le détroit de Ormuz en raison de la richesse en hydrocarbures de tous les pays de la région, la construction par le Qatar du nouveau Port-Hamad s’inscrit quant à elle dans l’optique de la Vision 2030 qui cherche à remanier le modèle économique du pays et préparer la période de l’après-pétrole. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont, depuis leur création, adopté diverses mesures pour garantir la navigation dans le détroit en sécurisant les exportations de pétrole en vue de contrecarrer l’influence de l’Iran. Mais avec le blocus économique imposé par quelques pays du CCG à un pays membre qu’est le Qatar, ce dernier, en inaugurant le plus grand port du Moyen-orient, rééquilibre ainsi les rapports de force qui se déploient dans la région au détriment des intérêts des populations locales.


Depuis trois mois et demi que dure la crise politique qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn au Qatar, chaque jour qui passe sans confrontation militaire est un jour de gagné. Car, dans une région en ébullition, où l’Iran, sous l’égide de Moscou, prend de plus en plus d’ampleur militaro-diplomatique, l’Arabie saoudite vit mal les victoires successives du régime de Bachar al-Assad appuyé par Téhéran et le Hezbollah libanais. La froideur de la relation entre Doha et Ryad, et l’animosité qui caractérise la relation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, a fait se réchauffer les relations bilatérales entre le Qatar et Téhéran. L’espace aérien iranien a permis aux aéronefs du Qatar d’amortir le choc du blocus, de même pour l’espace maritime. C’est ainsi que la politique des pays du CCG de se positionner face à l’Iran et de déployer toute leur diplomatie en vue de déstabiliser le puissant voisin perse s’est vu profiter pleinement au couple Téhéran-Doha qui a su tirer son épingle du jeu face aux pressions de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Et l’inauguration par l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, du nouveau Port-Hamad, entre le cadre d’un vaste plan qui vise à augmenter les exportations non pétrolières vers le reste du monde et dont l’immense marché iranien sera un des premiers clients et bénéficiaires.

Cela permettra tout d’abord d’assurer la sécurité alimentaire du Qatar et ensuite de promouvoir la diversification économique du pays, sa souveraineté et son indépendance. Ainsi, les grands navires vont désormais pouvoir directement décharger leurs conteneurs au niveau du nouveau complexe Port-Hamad.

D’une capacité annuelle de 7,5 millions de conteneurs (à titre de comparaison, Tanger-Med est à 2,9 millions de conteneurs annuels), les terminaux et quais du Port-Hamad sont dédiés aux céréales, aux véhicules et au bétail. L’actuel port de Doha sera transformé en un terminal international de plaisance et de croisière, alors que la nouvelle superstructure Port-Hamad, inaugurera de nouvelles routes maritimes vers Oman, le Koweït, l’Inde, la Chine, le Pakistan et la Turquie.

Les Etats-Unis d’Amérique suivent de très près ces évolutions. Ils voient d’un très mauvais œil l’hégémonie iranienne et la suprématie grandissante des russes sur les différents dossiers du Moyen-orient. Et le Qatar –également allié de la Turquie- qui se greffe à ce duo gagnant n’est pas pour plaire à Washington, encore moins aux israéliens secoués par la visite secrète de Hassan Nasrallah à Damas sous couverture irano-russe.

Le Maroc à l’honneur

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Placé à la droite de Cheikh Tamim par le protocole qatari, Habib Malki a eu une présence remarquée aux côtés de l’Emir du Qatar lors de cette cérémonie. La forte délégation marocaine, qui comptait aussi dans ses rangs l’influent ministre Moulay Hafid Elalamy, réputé très proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, a véhiculé un signal fort du Maroc quant à la nouvelle orientation de la politique étrangère du royaume. Le Maroc n’a pas d’ennemis éternels, ni d’amis éternels. Seuls les intérêts comptent et demeurent. Rabat a compris que le centre du pouvoir mondial a migré de l’Occident vers l’Orient, tant sur le plan diplomatique qu’économique et militaire. Mais les américains ne s’avoueront jamais vaincus. Washington tente d’exploiter au maximum la crise en Corée pour dévier les regards de l’opinion internationale de ce qui se passe au Moyen-Orient et de perpétuer, chez la nouvelle alliance gagnante, un puissant foyer de tension en vue de l’empêcher d’étendre encore plus son influence, militaire notamment.

De nouvelles alliances se font et se défont. Des choix sont à faire. Des alignements s’imposent. La réunion au sommet des pays du BRICS tenue à Pékin a mis davantage de pression sur les Etats-Unis et aura un impact majeur sur la politique extérieure américaine, non pas dans les mois ou semaines à venir, mais dans les jours, voire les heures, qui viennent.

C’est pour cela qu’il est intéressant de suivre de très près la politique du Qatar et ses choix stratégiques car ils nous guideront inéluctablement vers les fondamentaux qui feront les alliances de demain.

Le blocus qui cherchait à isoler le Qatar de son environnement régional et international a eu l’effet contraire. Doha a su exploiter cette crise majeure qui compte parmi les plus importantes de son histoire contemporaine, afin de s’offrir de nouvelles perspectives : aller de l’avant dans les réformes, nouer de nouvelles alliances, créer de nouvelles opportunités économiques, s’imposer comme maillon de solution et s’affirmer comme acteur d’ouverture sur le monde.

Le Maroc devrait s’inspirer de cette expérience et en faire un vrai cas d’école : ne pas avoir peur des crises mais au contraire les affronter et en sortir fort et renforcé.

Abdellah El Hattach

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