Saaddine ElOtmani

African Lion 2021, les FAR rattrapent la bourde d’El Otmani

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Key Points

  • L’État-major général des Forces armées royales a dévoilé ce samedi, dans un communiqué publié sur la MAP, les dates et les lieux du déroulement de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».
  • L’exercice «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra.
  • Un tweet du Chef de Gouvernement Saad Eddine El Otmani annonçant, sans se référer aux FAR, le démarrage de ces exercices militaires au Sahara, a été largement relayé par la presse internationale, donnant l’occasion à l’Espagne et l’Algérie, de prolonger leur guerre médiatique contre le Maroc.
  • Finalement, la région Mehbes fait bel et bien partie des manœuvres militaires maroco-américaine contrairement aux déclarations attribuées à des responsables de l’Africom rapportée par la presse.
  • Pour rappel, les manouvres militaires de l’African Lion de 2020 avaient été annulé en raison du Covid.
  • L’exercice «African Lion» a été convenu en 2002 entre les «Marines» américains et les Forces armées royales marocaines. L’exercice militaire lui-même a été lancé en 2003, réunissant les deux pays ainsi que d’autres pays partenaires cherchant à améliorer l’interopérabilité et la coopération militaires.

Que ce passe-t-il

L’agence officiel marocaine MAP a publié ce samedi midi, un communiqué de l’Etat-major général des Forces armées royales annonçant les détails de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».

«Sur hautes instructions du Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales, l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra, impliquant de milliers de miliaires multinationaux et un nombre très important de matériel terrestre, aérien et maritime.» indique le communiqué.

Selon la même source, la 17ème édition de cet exercice connaîtra la participation, en plus des États-Unis et du Maroc de :

  • La Grande Bretagne,
  • Brésil,
  • Canada,
  • Tunisie,
  • Sénégal,
  • Pays Bas,
  • Italie,
  • Alliance Atlantique,
  • Observateurs militaires d’une trentaine de pays représentant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.

Les objectifs de cet exercice considéré parmi les exercices interalliés les plus importants dans le monde :

  • Renforcer les capacités manœuvrières des unités participantes;
  • Consolider l’interopérabilité entre les participants en matière de planification et de conduite d’opérations interarmées dans le cadre d’une coalition;
  • Perfectionner les tactiques, les techniques et les procédures;
  • Développer les aptitudes en matière de cyberdéfense, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse, d’appui et de ravitaillement en vol; consolider la coopération dans le domaine de la sécurité maritime;
  • Conduire des exercices en mer dans le domaine de la tactique navale et des luttes conventionnelles;
  • Mener des activités d’ordre humanitaire

L’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021», précise le communiqué, englobera, en plus des formations et des simulations aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents, des exercices terrestres, aéroportés, aériens, maritimes et de décontamination NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique).

En marge des manœuvres militaires, des side events à vocation humanitaire, ont été également programmé. En effet, un Hôpital médicochirurgical de campagne sera déployé au niveau d’Amlen (Tafraout) où des prestations médicales et chirurgicales vont être dispensées au profit des populations locales de la région, par des équipes médicales constituées de médecins et d’infirmiers des FAR et de l’Armée américaine, a relevé l’État-major général.

17ème édition des «African Lion»

L’exercice «African Lion 2021», en tant qu’exercice multinational interarmées, fait partie des exercices majeurs organisé et dirigé conjointement par le commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) et les Forces Armées Royales. Il a été décidé en 2002 et la première édition s’est déroulée un an après, en 2003.

L’exercice militaire vise à :

  • Consolider le niveau de coopération et de formation,
  • Accroitre l’interopérabilité,
  • Promouvoir l’échange d’expérience et de savoir entre les différentes composantes militaires,
  • Atteindre leur pleine capacité opérationnelle.

Ce qu’il faut retenir

L’Espagne a montré son vrai visage anti intégrité territoriale du royaume, surtout après la reconnaissance de l’administration américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Les percées diplomatiques du Royaume et son affranchissement de sa réserve historique en termes de relations internationales, a réveillé les vieux démons colonialistes des régimes fascistes qu’on croyaient éteints après leur défaite dans la deuxième guerre mondiale.

Ni l’Allemagne, ni l’Espagne qui considèrent le soft power marocain et l’alignement avec Washington, comme un danger contre leurs intérêts vitaux en Afrique, ne vont participer dans l’exercice «African Lion 2021», pourtant tout ce beau monde est membre de l’Otan et de la coalition mondiale contre le terrorisme.

Ce «Caca nerveux» de ces deux pays européens confirme les déclarations de Macron, d’Erdogan et de Poutine qui avaient annoncé avant même la crise sanitaire la mort cérébrale de l’Otan.

Le Maroc est appelé à jouer dans la cour des grands. Il n’a pas le choix que de se battre contre des résidus des anciens colons. Pour cela, il se doit de renforcer sa la scène politique interne et de se délester des bras cassés, à l’image de Saad Eddine El Otmani, dont les bourdes et les ratés sont encore plus graves que les gesticulations de certains voisins.

Union africaine : Des résultats en demi-teinte pour Paul Kagamé

Le projet de réforme défendu par le Président Rwandais Paul Kagamé lors du XIe Sommet extraordinaire de l’Union africaine qui s’est tenu les 17 et 18 novembre à Addis-Abeba, n’est pas passé comme une lettre à la poste, vu la réticence de plusieurs Etats d’Afrique du Nord et de l’Afrique australe à céder une partie de leurs prérogatives de souveraineté. Présenté comme le sommet de la dernière chance pour faire aboutir les réformes, son bilan est en demi-teinte. Porté personnellement par Paul Kagame, qui a provoqué ce sommet auquel ont pris part 22 chefs d’Etat, le projet n’a pas été adopté en entier. Son objectif est de rendre l’UA plus indépendante et le processus de prise de décision plus rapide en donnant à l’organisation les moyens de ses ambitions grâce à l’autofinancement. Force est de constater qu’au terme de ce sommet, plusieurs Etats membres continuent de percevoir la commission de l’UA comme un simple secrétariat chargé d’exécuter les décisions des chefs d’Etats. Il n’empêche que c’est la première fois que les chefs d’Etats africains se réunissent pour parler de réformes.

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Grave dérive du Secrétaire général des Nations unies : Le Conseil sur la médiation créé par Guterres pullule d’anti-marocains

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Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a nommé auprès de lui un Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation, formé de 18 «personnalités éminentes». Le conseil est chargé de lui prodiguer des conseils sur les initiatives de médiation et de soutenir des efforts spécifiques de médiation dans le monde entier.  Cette structure est formée de 18 dirigeants internationaux, passés et actuels, de hauts fonctionnaires et d’experts renommés qui possèdent, ensemble, une expérience, des compétences, des connaissances et «des contacts sans équivalent.» Parmi ces noms, figurent deux personnalités foncièrement anti-marocaines : Ramtane Lamamra, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, et Olusegun Obasanjo, ex-Président de la République du Nigéria.

Lamamra et Obasanjo, des faucons onusiens

Le Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation a été créé pour permettre aux Nations Unies de travailler plus efficacement avec les organisations régionales, les organisations non gouvernementales et les autres acteurs impliqués dans la médiation dans le monde entier. Sauf que la désignation d’un Ramtane Lamamra et Olusegun Obasanjo dont l’anti-marocanisme est d’un credo caractérisé, n’augure rien de bon.

Antonio Guterres est très au fait de ces sensibilités, on se demande sur quelle base ce choix s’est fait.

Que ce soit en tant que chef de la diplomatie algérienne, ou en qualité de Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine, ou bien auparavant en tant qu’ambassadeur de son pays aux Nations Unies et aux Etats-Unis, Ramtane Lamamra a toujours veillé à saboter les intérêts du Maroc et à mener une politique haineuse vis-à-vis de Rabat, parfois même avec un excès de zèle accentué.

Pour sa part, l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, est un des théoriciens de l’axe Alger-Lagos-Pretoria qui voulait faire de cet espace un ensemble hégémonique dont le but ultime est d’étouffer économiquement le Maroc et le détacher de ses racines africaines. Ce général et ancien commandant en chef des Forces armées nigérianes est un pro-RASD déclaré. De la même manière qu’il a mené des médiations en Angola, au Burundi, au Mozambique, en Namibie et dans la région des Grands Lacs, son rêve est de voir le Sahara indépendant. Mais indépendant dans le cadre d’une confédération avec l’Algérie. Le Nigeria est également l’un des pays qui refusent l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Si l’actuel président, Muhammadu Buhari, souffrant, montre une certaine sympathie envers le royaume, son opinion générale et son opposition ne le voient pas ainsi. Ils estiment une entrée du Maroc au sein de cet espace comme une menace des intérêts supérieurs du Nigeria, refusant net que les frontières de la CEDEAO s’étendent à la méditerranée et au monde arabe. C’est d’ailleurs la conviction de l’ancien ministre nigérian des Affaires étrangères, Bolaji Akinyemi, proche de Olusegun Obasanjo, qui fait véhiculer cet argumentaire raciste et scandaleusement anti-marocain.

Nasser Judeh et Jean-Marie Guéhenno les moins hostiles

Pourquoi Antonio Guterres n’a choisi aucun marocain pour siéger dans ce Conseil ? Ou un tunisien à titre d’exemple? Ou juste éviter de provoquer gratuitement le Maroc par la nomination de personnalités qui respirent la haine envers le royaume ?

Rabat, dans le rush des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, n’a pas encore fait de commentaire à ce sujet.

Les autres membres du Conseil sur la médiation ne font malheureusement pas le poids devant ces deux ténors des relations internationales et de la diplomatie globale.

Et même si ces personnalités disposaient de l’envergure nécessaire, combien sont-ils sur qui le Maroc peut compter ? La Présidente chilienne Michelle Bachelet ? Elle est tout aussi proche du Maroc que de l’Algérie. La libérienne Leymah Gbowee Lauréate du prix Nobel de la paix ? Trop droit-de-l’hommiste pour s’adapter aux approximations du gouvernement El Otmani.

Peut-être le jordanien Nasser Judeh, ancien Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du royaume Hachémite. Un vrai ami du Maroc. Mais sans plus.

Le Lauréat du Prix Nobel José Manuel Ramos-Horta, originaire de Timor-Leste ? C’est un indépendantiste convaincu et défenseur des droits des peuples à l’autodétermination.

Reste peut-être Jean-Marie Guéhenno, chevronné diplomate français, spécialiste du monde arabe et théoricien de la doctrine de la France en matière de défense et de sécurité nationale sous François Hollande. Espérons qu’il ait été «approché» en amont par nos diplomates.

Guterres n’en est pas à sa première bourde

Il ne s’agit pas du premier dérapage du Secrétaire général des Nations unies depuis son élection. En mars dernier, il demandait à Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie occidentale, de retirer un rapport critique sur Israël. La responsable onusienne, de nationalité jordanienne, n’a pas voulu se soumettre à l’injonction d’Antonio Guterres, qui lui a intimé l’ordre de «de repenser sa décision». Récusant cet ordre, elle a préféré présenter sa démission.

En tout état de cause, et devant cette configuration pas très optimiste, les jours à venir ne s’annoncent pas faciles. Ce Conseil risque de donner du fil à tordre à la diplomatie marocaine qui manque de relais solides dans le nouveau groupe qui vient d’être formé. Nasser Bourita devrait profiter de sa présence à New York pour tirer rapidement au clair cette affaire, directement avec Antonio Guterres dont le chef du Gouvernement, Saad dine El Otmani, disait qu’il était un «grand ami du Maroc».

Abdellah El Hattach


Liste complète des 18 membres du Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation:

  1. La Présidente Michelle Bachelet (Chili)
  2. Mme Radhika Coomaraswamy (Sri Lanka)
  3. Mme Leymah Gbowee (Libéria)
  4. M. Jean-Marie Guéhenno (France)
  5. Mme Tarja Halonen (Finlande)
  6. M. David Harland (Nouvelle-Zélande)
  7. Mme Noeleen Heyzer (Singapour)
  8. M. Nasser Judeh (Jordanie)
  9. M. Ramtane Lamamra (Algérie)
  10. Mme Graça Machel (Mozambique)
  11. Mme Asha-Rose Migiro (Tanzanie)
  12. M. Raden Mohammad Marty Muliana Natalegawa (Indonésie)
  13. M. Olusegun Obasanjo (Nigéria)
  14. Mme Roza Otunbayeva (Kirghizistan)
  15. Mme Michèle Pierre-Louis (Haïti)
  16. M. José Manuel Ramos-Horta (Timor-Leste)
  17. M. Gert Rosenthal (Guatemala)
  18. Archevêque Justin Welby (Royaume-Uni)

Cover Facebook de Saaddine El Otmani, un signal d’ouverture ?

RealPolitik – Quelques minutes après sa nomination en tant que Chef de gouvernement, Saaddine El Otmani s’offre une nouvelle photo de couverture sur sa page Facebook, un signal fort d’ouverture : pragmatique et homme de consensus, El Otmani, à travers ce signal, orienterait-il sa politique vers plus de flexibilité et de réalisme politique contrairement à son prédécesseur?

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