Reuven Rivlin

Israël: Yaïr Lapid mandaté pour former une coalition

Le président israélien, Reuven Rivlin, a annoncé mercredi soir qu’il avait confié au chef de l’opposition Yaïr Lapid, la responsabilité de former un gouvernement après l’échec du Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu.

Que se passe-t-il :

Après l’expiration, mardi minuit, du délai accordé à Netanyahu à la suite des élections législatives du 23 mars pour former un gouvernement, le président israélien Reuven Rivlin a rencontré Yaïr Lapid, Chef de la formation centriste Yesh Atid (« Il y a un futur ») et Naftali Bennett, le leader de la formation de droite radicale Yamina qui ont chacun demandé au président d’obtenir le mandat pour former le prochain gouvernement.

«J’ai parlé avec Yaïr Lapid et je lui at dit que je lui confiais le mandat de former le gouvernement», a déclaré Rivlin lors d’une allocution officielle depuis la présidence à Jérusalem.

«Des recommandations reçues il est clairement apparu que le député Lapid avait le plus de chance de former un gouvernement», a-t-il ajouté.

Yaïr Lapid a reçu l’appui mercredi d’une cinquantaine de députés du «bloc du changement», tandis que le «bloc de droite» de Benjamin Netanyahu n’a pas recommandé de candidats mais plutôt demandé au président de donner 21 jours aux parlementaires pour trouver un candidat.

Ce qu’ils disent :

Chef de la formation centriste Yesh Atid (« Il y a un futur »), arrivée en deuxième place avec 17 députés aux législatives, les quatrièmes en moins de deux ans, Yaïr Lapid cherche à former un «gouvernement d’union nationale» afin de chasser du pouvoir Netanyahu.

«Le temps pour un nouveau gouvernement est venu (…) Il s’agit d’une opportunité historique de briser les barrières qui divisent la société israélienne, d’unir les religieux et les laïcs, la gauche, la droite et le centre», a-t-il lancé cette semaine.

S’il apparaît comme un choix logique pour nombre de commentateurs israéliens, Yaïr Lapid pourrait devoir trouver un terrain d’entente avec Naftali Bennett, chef de la formation de droite radicale Yamina (7 députés), pour tenter d’atteindre le seuil des 61 députés.

De son côté le parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu continue de s’en prendre au leader de Yamina, Naftali Bennett, à qui il impute la responsabilité de l’échec du Premier ministre à former un gouvernement avant la date limite fixée. Le parti accuse Bennett de «tromper tout le monde et joue sur tous les tableaux».

Netanyahu a également vivement critiqué Bennett, qu’il a accusé d’avoir refusé d’exclure un gouvernement d’unité avec Yaïr Lapid, peu après que ce-dernier se soit fut confié le mandat pour former la prochaine coalition, après l’échec du chef du Likoud, rapporte i24News.

Urgent – Netanyahu ne parvient pas à former un nouveau gouvernement israélien

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à former un nouveau gouvernement avant la date limite de mardi à minuit, mettant son avenir politique en péril alors qu’il est jugé pour corruption, prolongeant une impasse politique qui n’a fait qu’empirer après quatre élections en deux ans.

«Peu avant minuit, Benjamin Netanyahu a informé la présidence qu’il était incapable de former un gouvernement» a indiqué un communiqué du bureau du président israélien Reuven Rivlin. A ce titre, le mandat du Premier ministre israélien pour former un gouvernement a expiré mercredi, a souligné la présidence israélienne qui devra désormais mandater un nouvel élu afin de tenter de sortir le pays de la crise politique, rapporte i24news.

«En raison du refus de M. Bennett de s’engager dans un gouvernement de droite, ce qui aurait certainement conduit à la formation d’un gouvernement avec l’ajout de d’autres membres de la Knesset, le Premier ministre Netanyahu a maintenant rendu le mandat au président», a déclaré le Likoud.

Les adversaires de Bibi ont désormais la possibilité de l’évincer du pouvoir après 12 années consécutives à la tête de l’exécutif de l’Etat hébreux..

Israël : La formation du gouvernement, un feuilleton interminable

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz n’ont pas réussi à s’entendre sur un gouvernement «d’union et d’urgence», en pleine crise du coronavirus, à l’issue jeudi de leur ultimatum pour tenter de mettre un terme à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël.

Après 16 mois de gouvernement de transition, trois élections législatives et des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, les équipes de Netanyahu, 70 ans, et Gantz, 60 ans, se sont retrouvées mercredi soir après la fin des festivités de la Pâque juive, Pessah, ont-elles annoncé dans un communiqué conjoint.

Avec l’assentiment d’une majorité de parlementaires après les législatives du 2 mars, le président Reuven Rivlin avait accordé à Benny Gantz le mandat de former le prochain gouvernement. Et ce dernier avait causé la surprise en disant accepter de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu, ce qu’il refusait jusque là accusant notamment le Premier ministre de corruption.

Au cours des deux dernières semaines, les deux ont multiplié les pourparlers au point où, après l’expiration du mandat de Benny Gantz, lundi soir, le président avait décidé in extremis de remettre un jeton dans la machine à négociations accordant ainsi aux deux leaders jusqu’à minuit (21H00 GMT mercredi) pour trouver un accord de gouvernement.

Mais passé minuit, le mandat de Benny Gantz a bien expiré, a confirmé à l’AFP une source à la présidence. En théorie, le président israélien pourrait redemander aux parlementaires de lui recommander un autre élu pour tenter de former un gouvernement et sortir Israël d’une crise politique sans précédent et ce en pleine crise du nouveau coronavirus qui y a contaminé plus de 12.000 personnes, dont 130 sont décédées.

Désaccord sur le portefeuille de la Défense

Les dernières semaines ont montré des tensions entre les camps Netanyahu et Gantz sur le choix notamment du futur ministre de la Justice, qui sera aux commandes pendant le procès de Netanyahu, poursuivi pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

Le procès de Bibi, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec 14 ans au pouvoir, devait s’ouvrir à la mi-mars. Mais les mesures de confinement pour tenter de juguler la crise du Covid-19 ont forcé, comme dans de nombreux pays, la fermeture des tribunaux et donc le report du procès.

Des désaccords semblent aussi persister sur la nomination d’un ministre de la Défense — M. Gantz et son acolyte Gaby Ashkenazi étant d’ex-chefs d’état-major –, ainsi que sur le projet d’annexion de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Netanyahu pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester aux commandes du pouvoir

Après avoir été initialement désigné pour former le gouvernement, Benny Gantz, qui il y a encore quelque temps refusait de participer à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu en raison de son inculpation pour corruption, a mis de l’eau dans son vin en renonçant, à court terme du moins, à son projet de devenir Premier ministre et en consentant à participer à un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu.

«Netanyahu, nous sommes arrivés à l’heure de vérité», a déclaré cette semaine Benny Gantz, dont le projet de former un gouvernement avec Benjamin Netanyahu a contribué à l’implosion de sa propre coalition centriste Kahol Lavan (Bleu-Blanc, les couleurs du drapeau israélien).

Des ténors de son parti ont refusé de le joindre dans sa politique de la main tendue à Benjamin Netanyahu, qui a désormais face à lui une opposition affaiblie.

Après ces rounds de discussions sans résultat probant, nombre d’éditorialistes s’interrogent sur les intentions du Premier ministre sortant: Benjamin Netanyahu veut-il vraiment partager le pouvoir avec Benny Gantz?

Surfant de surcroît sur des sondages d’opinion très favorables qui plébiscitent sa gestion de la pandémie — Israël ayant été nommé le pays le plus sûr, devant l’Allemagne, selon une étude du consortium DKV –, le Premier ministre pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester d’ici là aux commandes du pouvoir.

Rebondissement spectaculaire en Israël, Gantz laisse sa place à Netanyahu et se contente de la présidence du Knesset

Dans un retournement aussi spectaculaire qu’inattendu, Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien jeudi dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Netanyahu pour mettre fin à la pire crise politique de l’histoire d’Israël.

Après trois élections en moins d’un an, Benny Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée, a dit justifier cette volte-face par la nécessité, selon lui, d’agir de manière «responsable» et «patriotique» pour doter Israël d’un gouvernement stable, «d’union et d’urgence», afin d’affronter la pandémie de nouveau coronavirus dans le pays.

Jeudi après-midi à Jérusalem, le petit monde politique attendait l’élection d’un nouveau président du Parlement, au lendemain de la démission de Yuli Edelstein, un proche du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, chef du parti de droite Likoud.

Benny Gantz, N.1 du parti centriste «Bleu-Blanc» qui a été désigné le 16 mars pour former le nouveau gouvernement après les élections du 2 mars, devait présenter la candidature d’un de ses députés pour diriger le Parlement. Mais dans un coup de théâtre, il a présenté sa propre candidature, la seule d’ailleurs pour ce poste.

Il a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de «Bleu-Blanc» ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de Netanyahu.

Benny Gantz s’est rendu sans se battre et a rampé vers un gouvernement Netanyahu

Depuis un an, Benny Gantz ne lorgnait pas le poste de président du Parlement mais celui de Premier ministre. Et il ne cessait de dire qu’il refusait de faire partie d’un gouvernement dirigé Netanyahu car ce dernier est inculpé pour corruption.

À l’heure actuelle, aucun de nous n’a le droit de s’y opposer. Nous sommes tous déterminés à placer Israël en premier.

En tant que soldat et ancien commandant, en tant qu’élu public, en tant que président élu de la Knesset et en tant que candidat au poste de Premier ministre, je m’engage auprès de tous les citoyens d’Israël à faire ce qu’il faut pendant cette situation d’urgence.

Benny Gantz

Benny Gantz a même été chargé par le président Reuven Rivlin de former le gouvernement mais est resté incapable à ce stade de rallier une majorité d’appuis.

Son élection comme chef du Parlement est un «arrangement temporaire» et consacre l’abandon de son projet de diriger le pays, explique Udi Sommer, qui enseigne les sciences politiques à l’université de Tel-Aviv. Le mandat de former le gouvernement devrait revenir à Benjamin Netanyahu qui y «nommera Gantz à un poste clé».

Mais déjà, des partisans de Benny Gantz se «sentent trahis», souligne M. Sommer. Et en première ligne, les désormais ex-associés du général qui avaient ensemble formé il y a plus d’un an «Bleu-Blanc» avec pour objectif avoué de chasser du pouvoir Benjamin Netanyahu.

Les ténors du parti, Yaïr Lapid et Moshe Yaalon, qui revendiquent avec leurs soutiens 18 des 33 sièges de «Bleu-Blanc», ont indiqué ne pas suivre le général Gantz dans cette manoeuvre.

«Benny Gantz a décidé de quitter Bleu-Blanc (…) Ce qui prend forme aujourd’hui n’est pas un gouvernement d’union ou d’urgence mais un autre gouvernement Netanyahu», a fustigé Yaïr Lapid. «Benny Gantz s’est rendu sans se battre et a rampé vers un gouvernement Netanyahu.»

Moshe Yaalon a déploré une décision «incompréhensible et décevante».

Quand le coronavirus sauve Netanyahu

Pendant ce temps, les équipes de Gantz et Netanyahu mènent des pourparlers dans l’espoir d’accoucher d’un gouvernement «d’union et d’urgence», pour faire face surtout au nouveau coronavirus.

Mais déjà des alliés de Netanyahu ont salué la décision de Benny Gantz. «Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d’intégrer un gouvernement d’unité mené par Benjamin Netanyahu. Il s’agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d’urgence» sanitaire, a commenté le ministre de la Défense Naftali Bennett.

L’un des effets secondaires de la pandémie a été le report sine die du procès de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, malversations et abus de confiance dans trois affaires.

Jusqu’à présent plus de 2.693 cas, dont huit morts, ont été confirmés officiellement en Israël.

Les autorités ont renforcé les restrictions en interdisant aux citoyens de sortir de chez eux hormis pour des raisons essentielles comme acheter des vivres, des médicaments, recevoir des soins de santé, ou dans certains cas travailler.

«De nouvelles mesures d’urgence ont été mises en place limitant nos déplacements et notre liberté, comme jamais auparavant, mais pour notre bien-être à tous», a souligné le président israélien Reuven Rivlin, Benjamin Netanyahu prévenant que la crise pourrait perdurer en Israël car «le nombre de patients double tous les trois jours».

Israël: Benny Gantz, rival de Netanyahu en passe d’être nommé pour former le gouvernement

Le président israélien Reuven Rivlin a annoncé son intention de charger lundi Benny Gantz de former un gouvernement mais seulement après une discussion trilatérale «d’urgence» impliquant le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu à propos d’un cabinet d’union.

Pour le président israélien, il est surtout nécessaire de former un gouvernement «le plus tôt possible» afin de tenter de contenir la propagation du nouveau coronavirus en Israël où 213 cas de personnes contaminées ont été recensés jusqu’ici et des dizaines de milliers d’Israéliens sont confinés chez eux.

Les législatives du 2 mars, les troisièmes en moins d’un an dans un pays plongé dans la crise politique, n’ont pas réussi à départager Netanyahu, chef du parti de droite Likoud, et Gantz, ex-chef d’état-major et dirigeant du parti centriste «Bleu-Blanc».

Dimanche, Reuven Rivlin a reçu les représentants des partis élus au Parlement pour qu’ils lui fassent part de leur candidat favori pour former une nouvelle équipe ministérielle.

Au terme de ces consultations, «61 députés ont recommandé Benny Gantz, contre 58 députés pour (…) Benjamin Netanyahu», a indiqué le bureau du président dans un communiqué.

«Demain (lundi), autour de midi (10H00 GMT), le président confiera à Benny Gantz la tâche de former un gouvernement», selon la même source.

En Israël, il est nécessaire d’être soutenu par 61 des 120 membres du Parlement pour constituer un cabinet. A l’issue des précédentes élections d’avril et septembre 2019, aucun bloc n’était parvenu à atteindre ce seuil.

Ancien chef d’état-major, Benny Gantz a obtenu le soutien de la «Liste unie» des partis de la minorité arabe israélienne (15 sièges), qui l’ont recommandé auprès du président israelien, ainsi que celui du parti de droite nationaliste laïque Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman.

Eviter une quatrième élection

«Nous recommandons Benny Gantz pour une raison très simple: lors de la dernière campagne, nous avons dit que le plus important était d’éviter une quatrième élection», a affirmé Lieberman.

«Nous avons aussi dit que nous soutenons fortement un gouvernement d’urgence et d’unité nationale», a ajouté Lieberman, un ancien allié et ministre de Netanyahu.

Il n’est toutefois pas certain que Gantz parvienne à former un gouvernement du fait des divergences entre ses soutiens, Avigdor Lieberman ayant par le passé refusé de participer à un gouvernement soutenu par les partis arabes israéliens.

Dans ces circonstances, Rivlin pourrait chercher «à accentuer la pression» tant sur Gantz que Netanyahu «pour qu’ils envisagent un gouvernement d’union», selon Gideon Rahat, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Le président rencontrait dimanche soir les deux rivaux, convoqués «d’urgence».

Inculpé pour malversation et abus de confiance dans trois affaires, M. Netanyahu appelle depuis plusieurs jours à la formation d’un gouvernement d’union nationale sous sa direction, pour répondre à la crise du coronavirus.

Report du procès Netanyahu à cause du Coronavirus

«Face à la situation d’urgence nationale et mondiale, nous devons unir nos forces et mettre en place un gouvernement fort et stable qui peut adopter un budget et prendre des décisions difficiles», a affirmé dimanche Netanyahu dans un communiqué.

«Le gouvernement servira six mois et les ministères seront répartis de manière égale: le Premier ministre ne pourra pas démettre les ministres de ‘Bleu-Blanc’ et Bleu-Blanc ne pourra pas destituer le Premier ministre», a-t-il proposé.

A l’issue des deux précédentes élections, Gantz avait refusé de participer à un gouvernement dirigé par Netanyahu car celui-ci est inculpé pour malversation et abus de confiance.

Premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être mis en examen en cours de mandat, il clame son innocence et se dit victime d’une « chasse aux sorcières ».

Son procès qui devait s’ouvrir mardi a été reporté de deux mois «au vu de la propagation du coronavirus et selon les instructions limitant le travail des tribunaux», a annoncé le tribunal de Jérusalem.

Les autorités ont annoncé de nouvelles mesures pour tenter d’arrêter la propagation de l’épidémie: les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, tous les lieux de loisirs doivent rester fermés, comme le sont déjà écoles et universités.

Un homme d’affaires libano-suisse donne le chapeau d’Hitler à Israël

Un homme d’affaires libano-suisse a déclaré dimanche avoir acheté des objets ayant appartenu à Adolf Hitler et les remettre à des organisations juives afin de lutter contre la montée du racisme et de l’antisémitisme en Europe.

Lors d’une vente aux enchères le 20 novembre à Munich, Abdallah Chatila a déboursé environ 600.000 euros (660.000 dollars) pour acquérir huit objets, dont un chapeau haut-de-forme porté par Hitler.

S’il avait d’abord envisagé de les brûler, il a finalement décidé de les remettre au Keren Hayessod, un organisme de collecte de fonds israélien, qui a proposé de les confier à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Ce fut une décision «très facile» à prendre, a confié l’homme d’affaires libanais, lors d’une conférence de presse à Jérusalem. Craignant que ces objets ne «tombent entre de mauvaises mains», «j’ai considéré que je n’avais pas d’autre choix que d’aider la cause», a t-il précisé.

Selon lui, «ce qui s’est passé ces cinq dernières années en Europe nous a prouvé que l’antisémitisme, le populisme, le racisme sont de plus en plus forts, et nous sommes ici pour le combattre et montrer aux gens que nous n’avons pas peur».

«Aujourd’hui, avec la désinformation, les médias, le pouvoir que procure Internet, avec les réseaux sociaux», quelqu’un d’autre pourrait manipuler le public, a-t-il poursuivi, évoquant Hitler. Ces objets pourraient selon lui être utilisés par des groupes néonazis ou des personnes voulant attiser l’antisémitisme et le racisme en Europe.

«C’est pourquoi j’ai senti que je devais le faire», a déclaré Chatila évoquant son achat.

Les objets, toujours à Munich, devraient être transférés à Yad Vashem et s’ajouter à une collection d’effets personnels de nazis, pour lutter contre le négationnisme. Mais ils ne seront pas exposés de façon permanente, a précisé Avner Shalev, directeur du musée.

Dimanche, Chatila a visité Yad Vashem et rencontré le président israélien Reuven Rivlin.

Pourtant Chatila est un non-juif!

Né en 1974 à Beyrouth dans une famille de joailliers chrétiens, Chatila a fait fortune dans les diamants et l’immobilier à Genève.

Il est l’une des 300 plus grandes fortunes de Suisse et soutient notamment l’aide aux réfugiés syriens et libanais.

La vente aux enchères avait suscité un tollé en Allemagne, notamment dans la communauté juive. Mais pour le président de l’Association juive européenne, le rabbin Menachem Margolin, le geste de Chatila reste un message fort contre le racisme et la xénophobie.

D’autant plus qu’il émane d’une personne non-juive et d’origine libanaise, selon lui, alors que le Liban et Israël sont techniquement en état de guerre.

«Il ne fait aucun doute qu’un message venant de vous est 10 fois ou 100 fois plus puissant qu’un message de nous», a affirmé le rabbin à Chatilla.

Cela montre comment une seule personne «peut changer considérablement les choses», a-t-il poursuivi, estimant «qu’il y a de quoi être optimiste».

Avec AFP

Trump nomme un sioniste en Israël et une milliardaire aristocrate au Vatican, Ryadh toujours sans ambassadeur

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Quelques jours avant la visite de Donald Trump au Vatican, en Israël et en Arabie saoudite, dans lesquels le poste d’ambassadeur des Etats-Unis est vacant depuis plusieurs mois, Washington tente de combler ce vide en accélérant les procédures d’accréditation. Si les missions américaines à Tel-Aviv et au Saint-Siège ont été vite pourvues, Ryadh demeure sans ambassadeur ce qui soulève moult interrogations dans les chancelleries de la région.

 

Désigné en décembre 2016 en qualité d’ambassadeur des Etats-Unis en Israël et d’Envoyé spécial du président Trump auprès de l’Etat hébreux, David Friedman, qui a obtenu le feu vert du Congrès américain pour rejoindre ses nouvelles fonctions, a remis hier, le jour de la commémoration du 69ème anniversaire de la Nakba, ses lettres de créance au président israélien Reuven Rivlin.

De confession juive orthodoxe, David Friedman est le fils de l’ancien Grand rabbin de New York et membre émérite du Congrès sioniste mondial, Rabbi Morris Friedman. Parlant couramment le hébreu, il est aussi un fervent défenseur de la colonisation et de l’annexion par Israël des territoires palestiniens sous occupation.

David Friedman est un membre influent de l’American Friends of Bet El Institutions, une organisation qui milite contre la solution des deux Etats (Palestine et Israël) et donatrice de 2 millions de dollars annuels à la colonie Bet El en Palestine occupée.

Cet avocat d’affaires de 59 ans, spécialiste des banqueroutes, est considéré comme un faucon relevant de l’aile droite du parti républicain qui ne cesse de faire campagne pour le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville sainte d’Al-Qods. D’ailleurs, dès sa prise de fonction, il s’est empressé d’aller se recueillir sur le Mur des Lamentations, haut lieu du Judaïsme.

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Autre urgence, le poste sensible d’ambassadeur des Etats-Unis au Vatican doit être pourvu avant la visite officielle de Trump au Saint-Siège pour y rencontrer le Pape François. Le choix s’est porté sur Callista Gingrich, épouse de l’ancien président républicain de la Chambre des représentants auprès duquel elle a fait campagne pour son investiture à la primaire du Parti républicain à l’élection présidentielle américaine de 2012. Femme d’influence, elle est la présidente de Gingrich Productions, une société de multimédias et de communication basée à Washington DC qui produit des documentaires et des films institutionnels pour le gouvernement américain.

Callista Gingrich nouvelle ambassadrice des USA au Vatican avec son mari l’ancien président républicain de la Chambre des représentants

En revanche, il n’y a toujours pas d’ambassadeur (ni de nomination en vue) pour la mission américaine en Arabie saoudite alors que Donald Trump compte réunir à Ryadh un soi-disant «axe sunnite composé de pays arabo-islamiques afin de contrer l’hégémonie iranienne.» Les autorités saoudiennes, qui vont accueillir ce forum unique en son genre, ne comprennent pas pourquoi Washington tarde à nommer un ambassadeur chez eux alors que, paradoxalement, chez le voisin émirati, à Abu Dhabi, l’ambassadrice Barbara Leaf n’a pas bougé depuis 2014. Est-ce un choix stratégique ou juste une saute d’humeur de la part de Trump?

Si l’on voit les égards avec lesquels le président américain a reçu, lundi, le Prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayd al-Nahyane, et les éloges qu’il n’a pas tari sur le numéro 2 de l’Etat des émirats arabes unis, on saisit l’importance de l’axe Washington-Abu Dhabi chez les stratèges du Département d’Etat américain et du Conseil de la Sécurité nationale.

D’ailleurs, Mohammed Ben Zayd a eu de longs entretiens avec le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, et le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, avec lesquels il a passé en revue la préparation du Sommet de Ryadh où sont attendus quelque 50 pays islamiques.

Abdellah EL HATTACH