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Jared Kushner

Irina et Touhfa attisent «les feux du désamour» entre Biden et MBZ devant notre porte

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Le 17 janvier dernier, Abu Dhabi fut le théâtre d’une attaque par drones des rebelles houthis du Yémen faisant trois victimes civiles. Un coup très dur, porté aux Émirats Arabes Unis qui puisent leur puissance du dynamisme de leur place financière et de la sécurité de leurs terres. Inattendue et spectaculaire cette agression a fait couler beaucoup d’encre. Pour plusieurs analystes, cet évènement est la confirmation du désamour chronique entre Joe Biden et Mohammed Ben Zayed. Ce dernier, se retrouve pour la première fois menacé et son pays non protégé. MBZ ne se faisait pas d’illusion sur la politique de la nouvelle administration américaine envers son régime. Avant même son investiture, Biden a déclenché les hostilités en arrêtant son lobbyeur Thomas Barrack et son conseiller George Nader, en bloquant le contrat de vente des F35 et en supportant le Qatar.

Il n’était que question de temps pour que ces vives tensions deviennent publiques et que leurs répliques arrivent jusqu’à notre pays. Aujourd’hui, tout porte à croire que nous y sommes.

Après des rumeurs sur l’échec de la dernière visite de Aziz Akhannouch à Abu Dhabi, deux phénomènes des réseaux sociaux se sont subitement mis à parler. Il s’agit de l’israélienne Irina Tsukerman et du YouTubeur marocain «Touhfa». Appartenant à deux mondes parallèles, rien ne semble les lier. Pourtant la semaine écoulée, ils se sont synchronisés pour que chacun de son côté tire à l’arme lourde sur les relations entre le Maroc et Israël d’une part et le Maroc et les Émirats Arabes Unis d’autre part. Irina Tsukerman s’en est pris à Nasser Bourita et Jared Kushner, tandis que Touhfa s’est chargé de Mansour ben Zayed et Tahnoun ben Zayed, deux hauts responsables émiratis. Une double-campagne lancée le jour même de part et d’autre, soit le 24 janvier 2022, et neuf jours avant l’annonce de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par le Chef de Gouvernement marocain à Doha.

Ces épiphénomènes sont ce qu’on appelle dans le jargon de la communication, des signaux faibles d’une crise en devenir. Ils peuvent être également des escarmouches de gens bien informés sur les orientations stratégiques du Royaume. Seule certitude est que le monde, assiégé par la pandémie, s’engage davantage dans la voie de la guerre que celle de la paix où plus rien n’est acquis et où plus rien n’est permanent.

Comme Donald Trump, Mohammed Ben Zayed doit se demander nuit et jour, pourquoi est-il traité de la sorte par l’administration américaine et d’une partie du gouvernement israélien. Lui qu’il a fait pour l’Etat hébreu ce que jamais un autre émir de son pays ou de tout le Golfe n’a réalisé.

Après avoir sauvé la face à Netanyahu et Trump, qui ont échoué à mettre sur pied un accord de paix définitif entre palestiniens et israéliens, en soutenant les accords d’Abraham, MBZ n’a reçu en retour que des déceptions.

George Nader, conseiller de MBZ, arrêté pour pédophilie puis accusé de complot contre les États-unis

Avant même son ascension au pouvoir, Joe Biden, dans sa guerre contre Donald Trump, a fait tomber l’un des principaux conseillers et lobbyeurs de MBZ auprès de la Maison Blanche, l’homme d’affaires américano-libanais George Nader.

Interrogé une première fois par le procureur spécial Robert Mueller en sa qualité de témoin sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de présidentielle américaine de 2016, George Nader s’est enfui à Abu Dhabi, avant d’être arrêté le 4 juin 2018 à l’aéroport JFK de New York pour possession d’images pédopornographiques. Il sera condamné fin juin 2020 à 10 ans de prison ferme pour trafic de sexe et de pornographie enfantine.

La pression sur l’ancien conseiller de MBZ ne va baisser avec l’arrivée de Biden. Le 16 janvier 2022, George Nader, plaide coupable pour le rôle qu’il a joué en aidant les Émirats arabes unis à donner des millions de dollars de contributions de campagne illégales dans le système politique américain pendant l’élection présidentielle de 2016.

Tom Barrack, le milliardaire et ami de Trump arrêté pour avoir travaillé secrètement pour MBZ

Le milliardaire américain et ami de Donald Trump a été arrêté en juillet 2021 pour «avoir tenté d’influencer la politique étrangère lors de la campagne présidentielle de Trump en 2016 et pendant les premières années de l’administration Trump».

Sept chefs d’inculpation ont été retenus contre Thomas Barrack, accusé de s’être servi de son accès à Trump pour promouvoir les objectifs de politique étrangère des Émirats arabes unis.

L’acte d’inculpation stipule que Barrack et deux autres individus agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats entre avril 2016 et avril 2018.

Les investigation ont également révélé que la société d’investissement immobilier et privé de Tom Barrack a reçu environ 1,5 milliard de dollars de la part de l’Arabie saoudite et des EAU juste entre la période allant de l’investiture de Trump à Juin 2021.

Biden et Bennett bloquent la vente des F35, MBZ dépité, claque 19 milliards de dollars dans le plus grand deal d’achat de Rafales de l’histoire de la France

MBZ tenait à ses F35. Ces avions dernière génération que les alliés des États-unis s’arrachent, tellement ils apporteraient une suprématie aérienne manifeste. L’acquisition de ces appareils, était d’ailleurs une des conditions que le prince héritier des E.A.U avait imposé à Donald Trump pour signer les accords d’Abraham. Netanyahu avait signifié clairement son désaccord mais l’ancien président américain avait réussi à décrocher le feu vert du Congress.

Arrivé au pouvoir, Biden ne dira pas non à la vente des F35 à MBZ mais pose de nouvelles conditions: Les Émirats n’en auront qu’une version sous-équipée tout en se soumettant à l’obligation systématique d’un accord du Pentagone avant toute utilisation.

MBZ rejète l’offre et signifie son irritation pour non respect d’engagement de l’accord ratifié par l’administration Trump. La riposte du dirigeant émirien sera à la hauteur de sa colère. Le 3 décembre 2021, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi, MBZ offre au président-candidat le plus grand bon de commande de l’histoire du constructeur français Dassault. «80 avions de chasse pour Abu Dhabi, soit une commande d’environ 19 milliards de dollars sans les armements, c’est du jamais-vu pour Dassault et une somme exceptionnelle pour l’industrie française. » avait titré LesEchos.

Avec cet accord, MBZ n’a pas réussi qu’à faire perdre au Pentagone 19 milliards de dollars mais à faire gagner Emmanuel Macron le double de la marge nette qu’il allait constaté en vendant ses sous-marins à l’Australie. Ce fameux «deal du siècle» de la marine française, capoté à la dernière minute par l’alliance AUKUS, l’alliance militaire entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Qatar, l’allié préféré des démocrates au Moyen-Orient, propulsé nouvel allié majeur de l’OTAN

Les démocrates ont cultivé depuis l’ère Obama une affinité particulière avec le Qatar. La puissante influence médiatique de la péninsule a joué un rôle décisif durant le printemps arabe et a constitué un relais efficace aux médias pro-démocrates dans la guerre du Yemen et les affaires Khashoggi et Pagasus.

C’est aussi au régime du Qatar que Biden a confié le rôle d’intermédiation et de gestion du retour des Taliban au pouvoir, excluant de facto le parrain historique du mouvement l’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats arabes unis.

L’avènement du conflit en Ukraine va positionner davantage Doha sur la scène internationale en sa qualité d’allié indéfectible de Washington. D’ailleurs pour rassurer l’Allemagne, Biden a demandé au Qatar de se préparer à fournir du gaz naturel à l’Europe en cas de déclenchement de guerre avec la Russie. La concurrence entre Tamim et MBZ n’en a fait que s’amplifier.

En effet, au moment où le président israélien visitait Dubaï, l’Émir du Qatar Tamim ben Hamad était reçu par Joe Biden à la Maison Blanche. Le président démocrate le couvre d’éloges, le qualifie de «bon ami» et le désigne officiellement «allié majeur de l’OTAN». Une désignation qui a été refusée auparavant à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Pour enfoncer le clou et montrer une autre preuve de son désamour pour MBZ, Biden annonce en présence de Tamim et devant les caméras la signature d’un contrat de vente de 50 Boeing 737 MAX au Qatar. Et comme dans la politique la vengeance est toujours un plat qui se mange froid, le montant de ce juteux «deal» annoncé par le président américain s’élève à 20 milliards de dollars. Soit 1 milliard de dollars de plus que la contrat des Rafales signé entre Mohammed Ben Zayed et Emmanuel Macron, deux mois plus tôt.

«Abu-Dhabi n’est plus protégée»

Pour la troisième fois depuis le début du mois de janvier et en deux semaines seulement, les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles lancés par les rebelles houthis du Yémen. Ce lundi 31 janvier, un missile balistique visant Abu Dhabi a certes été intercepté par le système de défense aérien du pays, sans faire aucune victime humaine ni de dégât matériel, mais le timing de son lancement est crucial. L’agression a coïncidé avec la visite «historique» du président israélien, Isaac Herzog, aux Émirats.

Longtemps épargné, le régime MBZ se sent pour la première fois menacé et son territoire «non protégé». Rappelons que la première attaque en date du 17 janvier 2022, revendiquée par les Houthis, a fait trois morts, des travailleurs asiatiques, un Pakistanais et deux Indiens.

La réaction officielle des États-unis, outre la condamnation de l’attaque, a été de mettre en garde ses citoyens contre les risques liés aux voyages aux Émirats arabes unis.

«Reconsidérez votre voyage en raison de la menace d’attaques de missiles ou de drones», a publié le département d’État américain sur son site Web.

La pire chose qu’on pourrait faire à MBZ. Qui pour éviter que son pays soit touché par les guerres en Syrie et au Yémen entretenait des relations directe avec l’Iran en dépit de sa position officielle anti-mollahs. Parait-il, le sujet iranien a été un des points traités lors de la visite non annoncée de Naftali Bennett à Abu Dhabi le 13 décembre 2021.

Dommages collatéraux en Egypte et crispation au Maroc

Egypte : al-Sissi met fin à la rébellion des hommes de paille d’Abu Dhabi

Le désamour entre Biden et MBZ a eu des répercussions immédiates en Egypte. Abdelfattah al-Sissi, se préparant à s’émanciper de l’emprise des pays du Golfe sur son pays, a du gérer la pression des démocrates sur la question des droits de l’homme et faire face à une rébellion synchronisée des hommes de paille des Émirats arabes unis dans son pays.

Au sujet des revendications des ONG américaines, al-Sissi a mené une grande campagne de «cosmétique» sur les prisonniers politiques et leurs conditions d’incarcération. Quand à la montée au créneau d’homme d’affaires critiquant l’hégémonie économique des militaires, le «Raiss» a réglé le sujet en direct devant les caméras puis a disqualifié les meneurs, notamment le promoteur milliardaire Naguib Sawiris et le magnat des médias Mohamed Al-Amin. Ce dernier sera même inculpé d’agression sexuelle sur jeunes filles mineurs de son orphelinat.

Les relations entre Biden et al-Sissi restent fortes, en dépit de la pression qu’exercent quelques sénateurs démocrates au sujet des droits de l’homme en Égypte. L’administration américaine vient d’approuver la vente de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules au Caire pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars. Al-Sissi a su gagner la confiance de Biden grâce à sa gestion de sa bonne distance avec MBZ et à sa médiation, en avril de l’an dernier, pour aider à mettre fin aux hostilités entre Israël et les militants du Hamas.

Maroc : Les relations avec Israël battent de l’aile, volte-face d’Irina Tsukerman et Touhfa accuse les Émirats d’espionnage

Les répliques des tensions entre les États-unis et les Émirats arabes unis commencent à se faire ressentir au Maroc. Une secousse aurait à ce titre touché le Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abu Dhabi. «Elle se serait mal passée» croit savoir un observateur. «D’ailleurs depuis son retour, il semble être en disgrâce» poursuit notre source.

Si c’est le cas, Akhannouch devrait se rattraper lors de son voyage prévu ce weekend au Qatar à la tête d’une délégation ministérielle. Cette visite qui survient au lendemain de la rencontre entre Biden et Tamim, verra la signature de plusieurs conventions bilatérales avec le gouvernement qatari.

L’autre dommage collatéral des tensions USA/E.A.U sont les accords d’Abraham. Mohammed Ben Zayed étant l’un des initiateurs du deal, s’est retrouvé du jour au lendemain sans relais à la Maison Blanche et face à un gouvernement Naftali Bennett, qui tient plus à regagner la confiance de l’administration américaine, que de faire plaisir à son allié arabe.

Les accords d’Abraham se retrouvent ainsi au point mort. Le processus de normalisation entre le Maroc et Israël également.

D’ailleurs, mis à part l’accueil chaleureux réservé au ministre de la défense israélienne, le Général Benny Gantz, Rabat n’a fait aucun pas vers le renforcement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Le chargé d’affaires israélien David Govrin, dont les sorties médiatiques désastreuses l’ont rendu peu fréquentable, a beaucoup de peine à faire bouger les lignes. Govrin fonctionne avec un logiciel déformé de par les contextes jordaniens et égyptiens dans lesquelles il a évolué depuis le début de sa carrière. De plus, il se retrouve désarmé face à la condition sine qua non du Royaume pour des relations «normales» avec l’Etat hébreu: «la reconnaissance da la marocanité du Sahara».

Ce contexte particulièrement tendu est resté une affaire de coulisses et de diplomates, jusqu’à ce que deux «influenceurs» s’emmêlent. Ils appartiennent certes à deux mondes parallèles mais partagent par contre la même mission celle de propagandistes.

Irina Tsukerman se lâche sur notre «héros national», Nasser Bourita

Depuis le 24 janvier 2022, c’est l’incompréhension totale et la stupéfaction générale sur le Twitter marocain. Irina Tsukerman, fervente défenseur de la cause nationale et des relations maroco-israéliennes s’est mise subitement à s’en prendre à «l’héros national» Nasser Bourita.

Ce n’est pas moins de 114 tweets assassins que l’avocate et propagandiste israélienne a posté en rafale et en 4 salves sur 7 jours.

Méthodique, elle prenait en cible une personnalité et un sujet et disait systématiquement tout le mal qu’elle pensait de Bourita et du Qatar.

Irina Tsukerman : Ses principaux sujets de prédilection

Les 114 tweets s’articulent tous autour de trois principaux «topics» :

  1. Pegassus
  2. Les Houthis
  3. Le Qatar

Irina Tsukerman : Ses cibles à abattre

  1. Jamal Benomar : Elle l’accuse d’espionnage pour le Qatar et d’être pro-Houthis,
  2. Nasser Bourita : Elle l’accuse d’avoir couvert Jamal Benomar et d’avoir mal défendu le Maroc des attaques de l’administration américaine et de l’Elysée,
  3. Jared Kushner : Elle l’accuse d’avoir saboter les Accords d’Abraham en imposant aux E.A.U l’accord d’Al-Ula,
  4. Yariv El Baz : Elle l’accuse de n’avoir d’autres objectifs que de s’enrichir sur le dos des Accords d’Abraham,
  5. Richard Attias : Elle l’accuse d’avoir profiter du Maroc, de l’Arabie saoudite et des E.A.U tout en fermant les yeux sur la campagne de diffamation du journal Le Monde contre ces mêmes pays.

Irina Tsukerman : Ses lignes rouges

  1. Le Roi Mohammed VI
  2. Israël

Irina Tsukerman : Son plaidoyer

L’avocate et propagandiste israélienne affirme que les Accords d’Abraham se désagrégaient et que les relations entre le Maroc et les Etat-unis et Israël allaient dans le mauvais sens. Alarmiste jusqu’au bout, elle prédit une prise de position négative de Joe Biden au sujet du Sahara.

Irina Tsukerman blâme en premier lieu le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita pour :

  1. avoir subit la pression des États-unis sur les droits de l’homme sans montrer aucune résistance ni déployer une stratégie de défense,
  2. n’avoir pas bien exploité les liens prouvés liant le Hezbollah, les Houthis et les séparatistes du Polisario,
  3. avoir été sous l’influence de l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le marocain Jamal Benomar, accusé d’espionnage pour le Qatar et d’acquaintance avec les Houthis. Une influence qui aurait poussé Bourita à ne pas s’engager dans une campagne anti-yéménite,
  4. avoir laissé faire Richard Attias en faisant appel à son agence de communication Publicis sans lui demander des comptes sur la campagne de diffamation contre le Maroc lancée par le journal LeMonde. Notamment au sujet de l’affaire Pegasus. Une information basée sur un fait qu’elle rapporte affirmant l’existence d’un lien d’actionnariat entre Lagardère, Publicis et LeMonde. Ce qui est faux.

L’influenceuse israélienne s’est également lâchée sur le groupe composé de Jared Kushner, Yariv El Baz et Richard Attias en les accusant «d’escroquerie». Pour elle, cette «clique» aurait vidé les accords d’Abrahams de tout leur sens en cherchent uniquement à s’enrichir.

Pour le gendre de Donald Trump, les accusations de Tsukerman vont plus loin. Elle estime que Kushner a torpillé les Accords d’Abraham le jour même où il a fait pression sur MBZ et MBS au nom de Trump pour lever l’embargo sur Tamim.

«Le Sommet d’Al-Ula qui a débouché sur une reprise complète des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Bahreïn et le Qatar, a donné l’occasion à ce dernier de mener une opération de sabotage des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes», affirme-t-elle.

Irina Tsukerman va consacrer autant de tweets injurieux contre le Qatar que contre Nasser Bourita. Un pays qu’elle tient pour responsable de la campagne mondiale contre Pegasus dans le but de «ruiner un pan entier de l’industrie israélienne» et tuer dans l’oeuf les Accords d’Abraham. Elle accuse également Doha d’encourager les Houthis dans leurs attaques contre les Emirats arabes unis.

Le YouTubeur Touhfa : «Les émiratis espionnent les marocains à travers Hespress»

Un autre influenceur, un autre environnement et d’autres éléments de langages. Ce YouTubeur installé en Floride aux Etat-unis qui brasse dans son sillage une large frange des marocains résidents à l’étranger avec une forte audience féminine, s’est engagé dans une campagne anti-émirats. Curieusement, sa première vidéo sur le sujet a été postée exactement le même jour que la première salve de tweets d’Irina Tsukerman, le 24 janvier 2022.

Le plaidoyer de Touhfa est plus simple. Le ministre des Affaires Étrangères des E.A.U, Mansour ben Zayed et le maître-espion d’Abou Dhabi, Tahnoon ben Zayed utilisent des proxies notamment le site web d’information Hespress, racheté en 2019 par les Emirats, pour «espionner et attaquer le Maroc».

Ce sont pratiquement les mêmes accusations portées contre le site d’information quatre années plus tôt. En cette période, les relations entre Rabat et Abu Dhabi étaient au plus bas et Hespress avait adopté une ligne éditoriale anti-Qatar.

Sauf que cette fois-ci, Touhfa va impliquer les cheikhs sus-cités, deux des plus hauts responsables émiratis après MBZ et Ben Rachid. Pour le YouTubeur, Mansour ben Zayed, ministre des Affaires étrangères serait aigri de ne pas avoir accès au Roi Mohammed VI. Cela l’aurait poussé à manoeuvrer contre les intérêts du Maroc en soutenant entre autres l’Algérie et en «espionnant les hauts responsables du pays», notamment à travers Hespress.

Rapprochement avec le Qatar en marche !

L’annonce ce mardi de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par Aziz Akhannouch, au lendemain de la rencontre importante entre Joe Biden et Tamim ben Hamad est un signal fort donné par le Maroc sur sa nouvelle orientation stratégique de sa diplomatie. C’est aussi sans aucun doute une conséquence de l’isolement de MBZ sur la scène internationale suite à son bras de fer avec Biden.

Rappelons que le Prince hériter émirati avait réussi à froisser son ancien ami, Mohammed ben Salmane qui s’est mis dans la tête de mener une guerre économique avec les E.A.U afin de réaliser les objectifs de sa vision 2030.

Concernant ce nouveau rapprochement avec le Qatar, Akhannouch qui entretient de bonnes relations avec le père de Tamim, aura sans aucun doute plus de facilité à mener à bien cette mission.

Un monde de tous les dangers

Depuis la crise financière de 2008, la planète est entrée dans une zone de turbulence avec des cycles de crises relativement longs. Les pays se doivent de piloter leur économie et leur sécurité avec peu de visibilité en prenant beaucoup de risques.

Les grandes démocraties vacillent. On l’a vu durant l’assaut du Capitole et on le voit aujourd’hui avec ce spectacle dramatique que nous offrent les présidentielles françaises ainsi qu’avec cet émerveillement prononcé de l’intelligentsia allemande et française devant la montée en puissance du nouveau Tsar russe Vladimir Poutine.

La fragilité et la versatilité sont devenues l’une des principales caractéristiques des relations internationales de notre époque. Nos dirigeants s’y adaptent, les citoyens les subissent.

Seul remède à ses gueules de bois à répétition est de rester unis autour d’un projet de société et autour de notre leader.

Abraham Accords : Cela ne s’est pas passé comme vous le croyez – (Partie 1)

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Vous a-t-il traversé l’esprit, un instant, que les Accords d’Abraham avaient été décidés presque par accident ? Et que Netanyahu n’en voulait pas du tout ? Que Trump considère Mahmoud Abbas comme son père et en veut à mort à l’ancien premier ministre israélien ? Que Jared Kushner a jeté l’ambassadeur israélien à Washington, Ronald Dermer, hors de son bureau ? Que le Royaume-Uni a menacé Trump de reconnaitre la Palestine ? Probablement non! Sauf si vous aviez lu le livre explosif du journaliste israélien, Barak Ravid, intitulé « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient » sorti le 8 décembre 2021.

Le livre de Barak Ravid est le récit inédit des coulisses souvent incroyables des négociations qu’ont mené l’ancien président américain, son gendre Jared Kushner et le jeune Avi Berkowitz, donnant lieu aux accords de normalisation entre Israël et quatre pays arabes. Sa sortie a été accompagnée par la diffusion de quelques enregistrements audio de Donald Trump interviewé par l’auteur. Lesquels enregistrements ont suscité de vives réactions, notamment celles de la communauté juive-américaine que l’ancien président accuse de détester Israël. Ce présent livre est un document pour l’histoire qui impactera sans aucun doute la suite des négociations de paix entre palestiniens et israéliens mais également le retour aux affaires de Trump et de Netanyahu. Le récit captivant de Barak Ravid perce le voile doré et scintillant qui magnifiait les relations israélo-américaines pour laisser apparaitre une réalité moins idyllique, présageant une ère d’incertitudes.

Dans cet article, nous avons essayé de synthétiser les révélations clés et inédites dont regorge le livre de Barak Ravid. Dans l’absence d’une version anglaise ou française, car le livre est paru en hébreu, nous avons épluché toutes les interventions de l’auteur, les articles parus sur les principaux journaux israéliens et britanniques, la synthèse disponible sur Amazon éditée par Washington press et surtout trois podcasts essentiels auxquels a participé le journaliste.

Ce que vous devez retenir

  1. Les accords d’Abraham signés en grandes pompes sur le perron de la Maison Blanche sont nés des cendres du deal du siècle avorté par Netanyahu lorsqu’il a annoncé son attention d’annexer la Cisjordanie.
  2. C’est Mohammed Ben Zayed qui a sauvé la mise, à un moment où la relation entre Tel-Aviv et Washington était au plus bas de l’histoire au point de menacer leur alliance historique.
  3. Le deal du siècle de Donald Trump prévoyait d’octroyer à Israël le tiers de la Cisjordanie. Une offre jamais proposée aux israéliens que Netanyahu a tout simplement ignoré.
  4. Donald Trump s’est rendu compte à l’image de Barak Obama et de Bill Clinton que Netanyahu ne voulait pas d’accord de paix avec les palestiniens.
  5. Netanyahu en complicité avec l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et celui d’Israël à Washington Ronald Dremer, ont essayé de forcer la main à Trump, en annonçant l’annexion de colonies israéliennes de la Cisjordanie.
  6. L’annonce de Netanyahu a suscité la colère de Trump mais aussi du Royaume-uni. L’envoyé britannique aux États-Unis a menacé ses homologues américains de reconnaitre la Palestine ainsi que d’autres pays si Trump autorise le plan d’annexion de l’ancien premier ministre israélien.
  7. Pour dissuader Netanyahu, empêtré dans ses affaires judiciaires et ses échecs électoraux, de mettre à exécution sa menace d’annexion de la Cisjordanie à la date butoir du 1er juillet 2020 que lui même à fixer, Trump a du le menacer de lui retirer tout le soutien international.
  8. Mohammed Ben Zayed, ne faisant pas confiance en Netanyahu, a exigé qu’Israël s’engage envers les américains et non Anvers son pays pour sceller la normalisation.
  9. Le 12 août 2020, à j-1 de l’annonce publique de l’accord de normalisation entre les E.A.U et Israël, Netanyahu a tenté de le faire capoter. Il a exigé des américains la présence d’au moins deux autres pays arabes aux côtés des Émirats.
  10. Toujours à j-1 de l’annonce, les accords n’avaient pas encore de nom. C’est le général Miguel Correa, directeur principal au Conseil national de sécurité, qui a proposé l’appelation «Accords d’Abraham».
  11. Après l’annonce par Trump des Accords d’Abraham, le Bahrein prend attache avec la Maison Blanche par le bias de son ministre des Finances et annonce son souhait de faire partie des signataires. Le ministre Bahreïni s’est confié à Jared Kushner : «La décision des E.A.U est la couverture dont on avait besoin pour révéler publiquement les relations de notre pays entretenait secrètement avec Israël».
  12. Donald Trump savait qu’on reconnaissant Jerusalem comme capitale d’Israël allait fâcher les palestiniens. Il pensait convaincre de prime abord les deux partis en mettant la main dans la poche et miroiter les dollars. Il voulait appâter les israéliens avec des annonces fortes, puis consacrer son deuxième mandat à faire revenir les palestiniens sur la table des négociations.
  13. Trump s’est investi autant dans le dossier israélo-palestinien pour deux raisons. La première est électorale. Trump voulait absolument séduire les électeurs évangéliques. La seconde est la grande influence qu’exerçait son principal soutien financier, Sheldon Adelson. Ce multimilliardaire, magnat de l’immobilier et des casinos, était le véritable architecte de la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël.
  14. Les relations entre Netanyahu et Trump se sont beaucoup détériorées quand ce dernier s’est rendu compte que l’ancien premier ministre israélien l’utilisait et ne se souciait nullement de son ambition de briquer un deuxième mandat. Dans son interview à Barak Ravid, Trump n’a pas hésité à lancer un «qu’il aille se faire foutre» à l’encontre de Netanyahu.
  15. L’assassinat du général iranien, Qassem Soleimani, en janvier 2020, présentée au monde entier comme le point culminant de la coopération et l’alliance israélo-américaine, s’est transformée rapidement en un point de tension majeur entre les deux pays.
  16. Selon Trump, d’aucuns de son entourage ne croit à un possible accord de paix entre palestiniens et israéliens. Les deux parties cultivent trop de haine de part et d’autre. Cette conviction est également partagé par l’auteur du livre Barak Ravid, qui estime à son tour qu’il n’y aurait pas de son vivant un accord de paix entre israéliens et palestiniens.

Le pitch

Le 15 septembre 2020, les pelouses de la Maison Blanche ont vu la signature des «Accords d’Abraham» qui ont changé la configuration géopolitique du Moyen-Orient. Négociés par Donald Trump, ces traités inédits visent à instaurer de relations officielles entre Israël et un certain nombre d’États arabes. A ce jour, quatre pays au total ont ratifié ces accords avec l’Etat hébreu sous l’égide de l’administration américaine : les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Un an après, alors que les pays signataires fêtent le 1er anniversaire de ces traités, le plus connecté et l’un des plus respectés journalistes du Moyen-Orient, Barak Ravid, créé l’évènement avec la publication de son livre « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient ».

Le journaliste israélien retrace la naissance de ces accords en apportant ses propres témoignages ainsi que ceux de dizaines de hauts responsables de tout bord, impliqués dans le processus de négociations, y compris Donald Tump lui-même. L’entretien avec l’ancien Président américain a suscité un fort engouement des médias et des réseaux sociaux et ce dès la sortie du livre. Des passages sonores de l’interview de Trump ont fait le tour du monde donnant un coup du publicité inattendu à cet ouvrage.

« Au cours des quatre années de sa présidence, Trump a changé la face du Moyen-Orient : il s’est retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, a reconnu le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël, a présenté un plan pour résoudre le conflit israélien. -Le conflit palestinien et le point culminant – les accords de paix et la normalisation.» peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre.

« Les accords d’Abraham ont été la plus grande avancée du processus de paix au Moyen-Orient au cours des 25 dernières années. Ils ont totalement reconfiguré les relations au sein de la région et un groupe de personnes vraiment improbables les ont rendus possibles. Malgré les échecs de Trump dans les affaires internationales et toutes les décisions controversées comme le retrait de l’accord de Paris sur le climat et l’accord sur le nucléaire iranien, dans ce domaine, de nombreux républicains et démocrates pensent qu’il a eu raison.» a affirmé Barak Ravid dans un podcast du site d’information américain Axios.

Jared Kushner, un problème à Washington, un atout au Moyen-Orient

Jared Kushner, le gendre devenu redoutable conseiller de Trump à la Maison Blanche, a été la cible de critiques acerbes et d’attaques multiples de la sphère politique de Washington dès les premiers jours de sa nomination.

Promoteur immobilier et fils de promoteur immobilier comme son beau-père, Kushner est arrivé à la Maison Blanche avec un mépris assez profond pour le style, la politique et la diplomatie de Washington.

Selon Barak Ravid, il était plein de confiance, venant tout juste de la campagne Trump. A cause de sa mine de papier glacé, il paraissait aux yeux de ses collègues être habité par une arrogance inébranlable.

«Les gens avec qui il discutait, pensaient qu’ils avait affaire à quelqu’un qui venait d’ingurgiter un tas de livres de management et de commerce de la Silicone Valley. Il évoquait souvent sa volonté de rendre la Maison Blanche complètement différente en apportant davantage l’esprit du secteur privé à Washington et la culture start-up» écrit le journaliste. «Ces stéréotypes et ces reprsentations que Kushner avait de la chose politique, ont très probablement influencé la façon dont les choses se sont déroulées durant le mandat de son beau-père» poursuit-il.

Ce que les gens ne savaient pas, c’est que Kushner a appris de la presse la nature de la mission que le nouveau président comptait lui confier.

En effet, avant-même son investiture, Donald Trump dans un brief au New York Times et lors d’une séance d’enregistrement, a annoncé que Jared Kushner, son gendre, allait «diriger les efforts diplomatiques de la Maison Blanche pour parvenir à la paix au Moyen-Orient».

Barak Ravid qui s’est entretenu aussi bien avec Donald Trump que son gendre, affirme que ce dernier n’en savait absolument rien. Kushner avoue même qu’il «n’y connaissait rien du dossier israélo-palestinien, qu’il n’avait aucune expérience sur cette question et qu’il ne pensait même pas qu’il allait s’en occuper». «Je suis un gars de l’immobilier, pas un diplomate» a-t-il insisté.

Quand Kushner arrive à la Maison Blanche, poursuit Barak Ravid, il lance une plaisanterie à son équipe : « Je pense que le président ma confié cette mission parce qu’il ne m’aime pas vraiment».

L’auteur du livre explique dans le podcast d’Axios ( voir ci-dessus) que Jared Kushner a géré le conflit israélo-palestinien comme une affaire immobilière. La nomination de Kushner a été très critiquée à Washington, poursuit-il. Toutefois au Moyen-Orient, sa nomination a été perçue différemment.

Pour de nombreux pays de la région, y compris Israël, parler à quelqu’un qui faisait partie de la famille du président américain avait du sens et du poids.

«Kushner voulait éviter de «re-continguer l’histoire», mais lorsque l’on traite du conflit israélo-palestinien ce n’est pas une option possible . L’histoire est partout et est vite devenue l’obstacle ultime à ce qu’ils essayaient de faire», reconnait Barak Ravid.

Après sa nomination au poste de Conseiller Spécial du président élu, Jared Kushner et Donald Trump ont commencé par mettre en place une équipe en charge du processus de paix. Ils vont ainsi constitué un cercle de conseillers qui allaient de «très pro Israël» à «très très très très pro Israël», souligne le journaliste.

L’une des personnalités clés qui vont peser sur le cours des choses était David Friedman, l’avocat de Trump spécialisé dans les faillites, que le nouveau président a nommé ambassadeur en Israël.

Trump, le plus pro-palestinien de son administration

Le plus drôle, révèle Barak Ravid, commentant l’équipe en charge du «deal du siècle» ainsi constituée, c’est que déjà au tout début de leurs échanges, la personne qui semblait se soucier le plus du côté palestinien était Trump lui-même !

Et ce que beaucoup de gens ne savent pas, signale l’auteur, c’est qu’en réalité, dans la première année de sa présidence, et Trump me l’a dit, sa relation avec le président palestinien Mahmoud Abbas était très très bonne.

Trump a été surpris par les sentiments positifs qu’il éprouvait à son égard, rapporte-t-il.

« Avant de les rencontrer tous les deux (Mahmoud Abbas et Netanyahu, ndlr). Je pensais que les Palestiniens étaient impossibles, et les Israéliens feraient n’importe quoi pour faire la paix et aboutir à un accord. J’ai trouvé que ce n’était pas vrai. C’était exactement le contraire. », s’est confié Donald Trump à Barak Ravid.

Toujours sur sa relation avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, Trump confit : «C’était presque comme un père. Il était si gentil. Il n’aurait pas pu être plus gentil.»

Mais cette relation chaleureuse ne va pas durer très longtemps.

En effet, explique M. Ravid, face au manque de sérieux de Netanyahu, et pour faire aboutir son deal du siècle Donald Trump va prendre de court tout le monde en annonçant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Trump pensait, poursuit l’auteur du livre, que ce coup politique pousserait Israël à accepter un plan de paix avec les palestiniens en leur cédant le tiers des territoires occupés.

Finalement sa prise de risque n’a pas servi son dessein de paix, les palestiniens quittèrent la table des négociations et Netanyahu poussera le bouchon encore plus loin.

Dans son podcast Axios, Barak Ravid est interpellé par son co-animateur Jonaythan Swan : « Il est surprenant que, comme Obama et Bill Clinton, Trump soit également arrivé à la conclusion que Bibi (surnom de Netanyahu) n’était pas sincère dans sa volonté de paix avec les Palestiniens ».

En réponse, Barak Ravid cite une déclaration de Donald Trump qu’il lui a fait sur le sujet :

«Je pense qu’il nous a juste fait la pression, beaucoup de pression. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix», a affirmé l’ancien président.

Malgré l’attitude de Trump envers Abbas et Netanyahu à l’époque, la décision de Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël était inattendue. C’est un tournant important dans l’histoire et c’est aussi un énorme doigt d’honneur aux Palestiniens.

Israël et les Palestiniens considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Reconnaître Jérusalem revient donc à prendre parti sur une question qui a fait l’objet de plusieurs cycles de négociations de paix au cours des 25 dernières années.

Pour Trump, cette décision était politique, explique M. Ravid. Il l’a fait pour sa base électorale. Trump et ses conseillers savaient que le transfert de l’ambassade nuirait à leur effort de paix, mais ils pensaient que Jérusalem ne serait qu’une «bombe sur la route». Cela s’est avéré être une énorme erreur de calcul.

Les Palestiniens ont pris connaissance de la décision du président américain lorsqu’une délégation de l’autorité palestinienne s’est déplacée à la Maison Blanche vers la fin de 2017. Jared Kushner a informé le négociateur en chef, feu Saeb Erekat, que l’ambassade allait déménager à Jérusalem. Rabougri, Erekat a dit à Kushner que «si vous faites cela, vous vous seriez disqualifié de tout rôle dans ce processus de paix». Kushner a rétorqué en criant: «Ne me menacez pas ! C’est notre affaire, c’est notre politique». Eurekat a répondu, «si vous faites cela, vous amènerez les Israéliens et les Palestiniens au point de désastre».

Les Palestiniens avaient perdu l’une des choses qui comptait le plus pour eux, écrit Barak Ravid. Ils étaient tellement en colère qu’ils sont sortis de la Maison Blanche et ne sont jamais revenus.

Un peu plus tard, Trump a appelé Mahmoud Abbas, nous informe le journaliste. Il lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’il obtiendrait quelque chose de grand par la suite. Mais Abbas était très en colère. Trump a fait un long monologue pour essayer de le calmer. A un moment donné, il s’est rendu compte que la ligne était coupée et qu’il parlait tout seul depuis plusieurs minutes. L’opérateur a demandé au président s’il voulait reprendre l’appel, Trump a répondu qu’il l’appellerait un autre jour.

Ce fut la dernière fois qu’ils se sont parlés. C’était le mardi 5 décembre 2017.

Le lendemain, Trump fait la grande annonce de sa décision de déplacer l’ambassade américaine à Jerusalem.

«Israël se réjouissait et les Palestiniens étaient furieux», explique le M. Ravid.

Mais survient un autre incident qui va envenimer davantage les relations entre Trump et Abbas.

En janvier 2018, ce dernier présidait une réunion avec les dirigeants palestiniens à Ramallah. Durant son discours, Abbas surpris l’auditoire et maudit le président américain en déclarant en arabe : «que sa maison soit détruite.»

La phrase arrive aux oreilles de Donald Trump, et on lui explique qu’il s’agit de la pire chose qu’on puisse souhaiter à son ennemie «Yekhreb bitak».

Trump ripostera. Dans les mois qui suivent cet incident, il coupe presque toutes les aides aux palestiniens. Il ferme le bureau de l’OLP à Washington ainsi que le consulat américain à Jérusalem qui accueillait la mission diplomatique américaine auprès de l’autorité palestinienne.

Les ponts ont été coupés pour de bon et les Palestiniens ne reviendront plus jamais à la table des négociations.

«Trump a sapé ses propres efforts en vue d’un accord de paix lorsqu’il a reconnu, en décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et a déclaré que l’ambassade des États-Unis y déménagerait», affirme Barak Ravid.

L’auteur rapporte par ailleurs que l’équipe de Kushner s’inquiétait des retombées de la décision de Trump sur l’éventualité d’un accord avec les Palestiniens. «Cela s’est avéré être beaucoup plus grave, devenant la pire crise entre les États-Unis et les Palestiniens depuis au moins 15 ans», écrit-il.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait comprendre la colère des Palestiniens, Trump a répondu : «Nous allions faire quelque chose pour eux dans une autre partie de Jérusalem. J’ai dit : Écoutez, Israël vient de gagner un point. Le prochain point sera le leur. Ils vont obtenir quelque chose de très grand qu’ils veulent’. Je le leur ai fait savoir.».

Trump a également concédé que la réduction de l’aide aux Palestiniens n’avait pas été efficace pour les ramener à la table des négociations. «Ce sont des gens endurcis», a-t-il déclaré.

L’ancien président américain voulait à tout prix être celui qui a réussi à signer un accord de paix entre palestiniens et israéliens malgré la réticence de tout son entourage. A ce sujet, Trump va se confier au journaliste en ces termes :

« Tout le monde m’a dit que ce n’était pas possible. Sheldon Adelson a dit que ce n’était pas faisable. La haine est si grande entre les Palestiniens et les Israéliens. Ils apprennent dès qu’ils sont en capacité d’ouvrir des livres à se détester les uns les autres, surtout les Palestiniens envers Israël. Sheldon m’a raconté les choses horribles sur le peuple juif qu’ils enseignent aux enfants dès leur jeune âge».

Et poursuit : «Sheldon Adelson qui était un de mes amis et sa femme Myriam est une femme fantastique, et qui était reconnu pour être un grand négociateur, il dit aussi que c’est impossible. Mais moi j’y suis allé. Ne connaissez-vous pas l’adage : Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Essayez !»

Trump : Netanyahu est déloyal et ne veux pas la paix, «qu’il aille se faire foutre»!

Barak Ravid s’est entretenu avec Donald Trump à deux reprises en 2021, dans le cadre de ses recherches pour son livre sur les accords d’Abraham. Décrivant l’une de ces rencontres : « Nous nous sommes juste assis là seuls. C’était même un peu touchant ».

M. Ravid ne savait pas encore que les enregistrements sonores de l’interview de l’ancien président américain allaient faire autant de bruit. Deux passages créeront l’évènement, celui sur les relations avec Netanyahu d’une part et sa théorie sur les juifs américains et Israël d’autre part.

Au sujet de l’ancien premier ministre israélien, le journaliste affirme que Trump a critiqué Netanyahu à plusieurs reprises lors des deux interviews.

«Bibi ne voulait pas faire d’accord», a déclaré Trump à Barak Ravid.

«Même plus récemment, lorsque nous sommes arrivés avec les cartes et tout, il a dit : C’est bien, c’est bien. Tout était toujours génial, mais il ne voulait pas faire d’accord. Je pensais que les [Palestiniens] étaient impossibles et que les Israéliens feraient tout pour faire la paix et conclure un accord. J’ai découvert que ce n’était pas vrai….. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix, je pense qu’il nous a mis la pression, juste mis la pression, mis la pression, mis la pression…. Bibi ne voulait pas faire la paix, il ne l’a jamais fait.»

Trump a également eu le sentiment d’avoir contribué à assurer la survie politique de Netanyahu, mais n’a pas obtenu la même chose en retour, assure Barak Ravid. Il ne sera d’ailleurs pas au bout des surprises quand Trump lâche à l’encontre de Netanyahu un «Fuck him».

En effet, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Trump a été lorsque Netanyahu a félicité le président élu Biden pour sa victoire électorale alors que Trump contestait encore le résultat.

«J’aimais bien Bibi. J’aime toujours Bibi. Mais j’aime aussi la loyauté. La première personne à féliciter Biden a été Bibi. Et non seulement il l’a félicité, mais il l’a fait sur une vidéo».

«Je ne lui ai pas parlé depuis», a ajouté Trump, «qu’il aille se faire foutre».

Frappe contre le Général Soleimani, Trump estime qu’il a été utilisé et qu’Israël «n’avait pas fait ce qu’il fallait»

L’assassinat du commandant iranien Qasem Soleimani en janvier 2020 semblait être l’apogée de la coopération sécuritaire et diplomatique entre les États-Unis et Israël. La vérité est que cet assassinat est devenu un point de tension majeur entre les alliés, écrit Barak Ravid.

Donald Trump s’attendait, selon ses déclarations, à ce qu’Israël joue un rôle plus actif dans l’attaque. «Mais Israël n’a pas fait ce qu’il fallait» s’est-il plaint.

Et de menacer : «Je ne peux pas parler de cette histoire. Mais j’ai été très déçu par Israël ayant à voir avec cet événement. … Les gens entendront parler de cela au bon moment».

Même si la partie israélienne (Un haut responsable de Tsahal) assure qu’elle avait proposé un rôle plus actif pour les forces israéliennes, et que les États-Unis avaient insisté pour que ce soit eux qui exécutent la frappe, M. Ravid justifie l’exaspération de Trump par son sentiment ainsi que celui de son administration d’être constamment utilisé par Netanyahu.

L’ancien président américain a d’ailleurs illustré la situation par une phrase d’un haut responsable de la Maison Blanche : «Benjamin Netanyahu, était prêt à combattre l’Iran jusqu’au dernier soldat américain».

Trump était foncièrement convaincu qu’aussi bien l’Otan ou Israël, les alliés voulaient systématiquement que les États-Unis combattent à leur place.

El Otmani : «Nous sommes mobilisés derrière SM le Roi, au service des intérêts suprêmes du Royaume»

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Le Chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, a réaffirmé, jeudi, la «mobilisation permanente du gouvernement derrière le Roi Mohammed VI dans toutes ses initiatives lancées au service des intérêts suprêmes du Royaume».

Intervenant à l’ouverture des travaux du Conseil de gouvernement, El Otmani a souligné que la question de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale a connu des tournants majeurs, notamment après la déclaration de l’Administration américaine reconnaissant la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

Le Chef du gouvernement a également insisté sur l’importance et l’urgence de la mobilisation nationale autour de la question du Sahara marocain et des autres questions, qu’elles soient internes, telles que le développement et la justice sociale, ou externes.

Nous devons être fiers des dernières réalisations de la diplomatie marocaine

Se félicitant des dernières réalisations de la diplomatie marocaine, «dont nous devons être fiers», El Otmani a évoqué le message adressé par le Roi, mercredi, au Président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas Abou Mazen, dans lequel le Souverain a réitéré la position constante du Royaume du Maroc soutenant la cause palestinienne, le statut spécial et le cachet musulman de la ville sainte d’Al-Qods et de la Mosquée Al-Aqsa.

Le Chef du gouvernement a également évoqué la décision du roi de convoquer la réunion de la 21è Session du Comité Al-Qods, et de procéder à l’actualisation des structures de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif afin de lui donner un nouveau souffle et lui permettre de poursuivre son soutien au profit des habitants Palestiniens d’Al-Qods en matière de santé, d’éducation et d’habitat, ce qui témoigne de la volonté du Souverain, en Sa qualité de Président du Comité Al-Qods, de s’acquitter de son rôle de soutien à la ville d’Al-Qods Acharif et aux Maqdessis.

Découvrez ce qu’a mangé la délégation américano-israélienne au bord du vol LY555

Une délégation américano-israélienne de haut niveau a effectué, mardi 22 décembre, une visite historique au Maroc ouvrant une nouvelle ère des relations ente l’Etat d’Israël et le Royaume du Maroc. Outre l’objet de la visite et les accords signés entre les pays, la presse israélienne s’est intéressée à quelques détails de la visite, notamment le menu présenté aux membres de la délégation au bord du vol LY555.

La décoration de l’avion de la compagnie israélienne El Al, assurant le vol LY555 transportant la délégation américano-israélienne de Tel-Aviv à Rabat, avait particulièrement marqué les esprits. Une décoration symbolique puisée dans la culture judéo-marocaine. Le cockpit de l’appareil a été frappé d’une «Khamssa» ou «Khmissa», d’une couleur légèrement dorée, avec «Peace, Salam, Shalom» (paix) pouvait-on lire en anglais, en arabe et en hébreu sur l’avion.

Après un décollage immortalisé par un selfie vidéo de Jared Kushner, conseiller spécial de Donald Trump, les passagers ont pu dégusté des pâtisseries marocaines durant un vol qui a duré 5h30.

Pour le déjeuner, l’équipage a proposé un menu composé d’une entrée de salade de légumes frais et saumon fumé aux haricots verts et ananas. Pour la suite des plats de poulet grillés à la sauce au poivre avec Ragoût de bulgur et légumes-racines, rosbif à la sauce laksa avec riz au lait de coco tanzanien, brocoli et pois, ou saumon à la sauce au citron, tortillas aux fruits, truffes et fruits Et du lait pour le dessert.

Un membre de l’équipage du bord d’El Al distribue des pâtisseries marocaines à bord du premier vol jamais organisé entre Israël et le Maroc le 22 décembre 2020

Jared Kushner n’est pas retourné à Tel-Aviv

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La délégation israélienne qui a effectué, mardi, une visite historique au Maroc soulignant la reprise des relations entre le Royaume et Israël, est rentrée ce matin en Israël sans Jared Kushner.

La délégation israélienne est revenue de son voyage de 24 heures au Maroc mercredi matin où elle a obtenu un engagement pour la réouverture des bureaux de liaison à Rabat et Tel Aviv, et a signé des accords matérialisant la reprise des liens entre les deux pays rompus, il y a deux décennies.

Le conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu, Meir Ben-Shabbat, et sa délégation ont quitté Rabat, tôt le matin sans les membres de la délégation américaine présidée par Jared Kushner rapportent les médias israéliens.

Meir Ben-Shabbat est retourné dans son pays avec dans la poche :

  • Une déclaration tripartie, signée par les États-Unis, Israël et le Maroc,
  • Quatre accords de coopérations notamment les exemptions de visa pour les officiels, la coopération dans le domaine de l’eau, les finances et l’aviation,
  • L’ouverture de vols directs entre les deux pays,
  • Réouverture des bureaux de liaison dans un délai de 15 jours.

Les délégations ont rencontré lors de cette visite officielle, des membres du gouvernement marocain et ont été reçu en audience par le roi Mohammed VI qui était accompagné par le prince héritier Moulay Hassan.

Une réunion de clôture de la visite s’est tenue mardi soir à minuit, à laquelle ont participé le chef du NSC Meir Ben-Shabbat, le conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita et le Conseiller du roi Mohammed VI Fouad Ali El Himma.

A son arrivée à l’aéroport Ben Gurion à Tel-Aviv, Ben-Shabbat a tenu un point de presse où il a remercié le Premier ministre Netanyahu pour le privilège de diriger la délégation israélienne au Maroc.

«Nous sommes revenus ce matin d’une visite très réussie à Rabat qui a eu lieu moins de deux semaines après l’annonce de l’établissement des relations entre les deux pays. Une mission marocaine officielle ouvrira à Tel Aviv dans environ deux semaines et nous avons déjà signé des accords préliminaires qui donneront un contenu tangible à la coopération bilatérale. Les relations avec le Maroc progressent rapidement et elles seront pleines, profondes, étroites, chaleureuses et très amicales.» s’est-il félicité.

Vidéo : Meir Ben-Shabbat devant le roi, respect, émotion et marocanité

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Le correspondant du desk diplomatique de la télévision publique israélienne Kan, Amichai Stein, a publié une vidéo sur Twitter immortalisant la rencontre entre le chef de la délégation israélienne en visite au Maroc, Meir Ben-Shabbat et le roi Mohammed VI. A la vue du souverain, le président du Conseil national de sécurité de l’Etat d’Israël, s’est exprimé en marocain dialectale, souhaitant longue vie au roi et manifestant son bonheur de le rencontrer. Mohammed VI a répondu être également ravi de le rencontrer. ( Vidéo )

La banque de développement dirigée par Adam Boehler porte les accords de promotion des investissements au Maroc et en Afrique concluent entre de Washington et Rabat

Le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique ont signé, mardi à Rabat, deux accords de coopération destinés à promouvoir les investissements au Maroc et en Afrique lors de la visite de la délégation américano-israélienne de haut niveau. Et c’est la toute nouvelle société américaine de financement du développement international pour le secteur privé, la DFC, lancée en fin 2019, qui porte ces accords en mettant sur la table 5 milliards USD d’investissements.

La DFC qui a fêté une année d’existence le 20 de ce mois de décembre est le fruit de l’adoption de la loi BUILD signifiant en français une « meilleure utilisation des investissements menant au développement » pour consacrer l’engagement des États-Unis envers le financement du développement, et sa volonté de travailler sur les marchés émergents.

Avec un plafond d’investissement de 60 milliards de dollars, la DFC a eu pour mission de catalyser des centaines de milliards de plus et d’investir en actions notamment dans les fonds de capital-investissement sur tout le continent africain.

Le Directeur Général de l’agence, Adam Boehler, a fait partie de la délégation américano-israélien de haut niveau qui a inauguré le premier vol direct entre Tel-Aviv et Rabat. Il a également accompagné Jared Kushner à l’audience royale qui a vu la signature de la Déclaration conjointe entre le Maroc, les USA et Israël. Parmi les points stipulés dans cette déclaration tripartite, figure l’engament des États-Unis et du Maroc à accompagner le développement économique en Afrique. A ce titre, deux accords ont été signés après la signature de la Déclaration Conjointe.

1er accord : 3 Milliards de USD pour des projets au Maroc et en Afrique subsaharienne

Le premier accord, un mémorandum d’entente entre le Gouvernement du Royaume du Maroc et la Société américaine de financement du développement international (United States International Development Finance Corporation-DFC), a été signé par Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration et M. Adam Boehler, PDG de la Société américaine de financement du développement international.

Ce mémorandum d’entente prévoit de fournir un soutien financier et technique à des projets d’investissement privés, d’un montant de 3 milliards de USD, au Maroc et dans les pays d’Afrique subsaharienne, en coordination avec des partenaires marocains.

«Ravi d’être de retour au Maroc pour lancer 3 initiatives qui mobiliseront 5 milliards de dollars d’investissements au Maroc et dans la région. Ces efforts élargissent @DFCGov + l’investissement américain au Maroc + renforcent son rôle en tant que centre économique pour le continent africain. https://go.usa.gov/xAbFp» a publié Adam Boehler sur Twitter.

2ème accord : Soutien à l’initiative américaine «Prosper Africa»

Le deuxième accord, signé par MM. Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et Adam Boehler, est une lettre d’Intention entre le Gouvernement du Royaume du Maroc et le Gouvernement des États-Unis, représenté par la Société américaine de financement du développement international concernant l’initiative américaine «Prosper Africa».

A travers cette lettre d’intention, le Gouvernement marocain exprime son soutien à l’initiative américaine Prosper Africa. Une antenne de cette agence sera ouverte à l’Ambassade des États-Unis à Rabat afin de faciliter l’accès aux investisseurs américains et coopérer ensemble vers l’Afrique.

Saad Eddine El Otmani signe la déclaration conjointe sur l’ouverture d’une ère nouvelle dans les relations entre le Royaume du Maroc et l’Etat d’Israël

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Devant le roi Mohammed VI qui était accompagné du Prince héritier Moulay El Hassan, Saad Eddine El Otmani, Chef de gouvernement et secrétaire général du parti islamiste, Parti Justice et Développement, a apposé, pour l’histoire, sa signature sur la Déclaration Conjointe qui a mis l’accent sur l’ouverture d’une ère nouvelle dans les relations entre le Royaume du Maroc et l’Etat d’Israël. Laquelle déclaration a été également paraphée par le candidat à la direction du Service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, Meir Ben-Shabbat. La signature de Saad Eddine El Otmani, chef de gouvernement démocratiquement élu et de surcroit porte parole du mouvement anti-normalisation du pays n’est qu’un autre miracle de la baraka et de la grâce divine qui sanctifie et protège la marche du Royaume chérifien.

Hier, fervent activiste contre la reconnaissance de l’Etat d’Israël, aujourd’hui, signataire de la déclaration de normalisation avec ce même pays, Saad Eddine El Otmani est la preuve qu’une page de l’Histoire est entrain de se tourner et que «les opportunités de stabilité et de prospérité qui ne viennent que de la paix, ne fait qu’accélérer l’effondrement des vieux préjugés», comme l’a affirmé si bien Jared Kushner dans les colonnes de L’observateur du Maroc.

Sur quoi s’est engagé Saad Eddine El Otmani ?

Aujourd’hui, une délégation américano-israélienne de haut niveau, présidé par le conseiller Spécial de Donald Trump, s’est déplacée depuis Tel-Aviv en grandes pompes, déployant un dispositif de communication huilée alliant bonne attention, nostalgie et marketing politique. Le côté israélien savait pertinemment que le Maroc était un cas spécial et avait un statut particulier dans le cœur du millions d’israélien d’origine marocaine.

La délégation «de paix» a eu droit à une audience royale, confirmant les déclarations de Jared Kushner dans lesquelles il exprimait sa fierté de son amitié avec le roi Mohammed VI et le contact permanent qu’il avait avec son équipe depuis le Iftar de mai 2019. Une audience qui a été sanctionnée par la signature d’une déclaration conjointe entre le Royaume du Maroc, l’Etat d’Israël et Les États-Unis d’Amérique.

Cette déclaration conjointe, signée devant le Roi par le Chef du Gouvernement, Saad Eddine El Otmani, le Conseiller principal du Président des États-Unis d’Amérique Jared Kushner et Meir Ben-Shabbat, Conseiller à la Sécurité, s’articule autour des axes suivants :

Engagement tripartite

Les trois pays formalisent dans cette déclaration conjointe les accords annoncés précédemment suite à l’entretien téléphonique entre Mohammed VI et Donald Trump.

C’est écrit noir sur blanc sur ce document : Ladite déclaration tripartie se réfère à «l’entretien téléphonique qui a eu lieu entre le Roi Mohammed VI et le Président Donald Trump, le 10 décembre 2020, ainsi qu’à leurs déclarations historiques respectives publiées le même jour, ainsi que par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu».

La déclaration Conjointe signée et paraphée par les trois partenaires met aussi en exergue la Proclamation des Etats-Unis portant sur la reconnaissance de la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara, tout en stipulant que les « Etats-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur l’ensemble du territoire du Sahara occidental et réaffirment leur soutien à la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc comme seule base pour une solution juste et durable du différend sur le territoire du Sahara occidental ».

Dans ce document, le Royaume du Maroc, les États-Unis d’Amérique et l’État d’Israël conviennent de s’engager à respecter pleinement les dispositions de la présente Déclaration, à les promouvoir et à les défendre et de convenir que chaque partie aura pleinement honoré ses engagements avant fin janvier, et qu’elle aura identifié des actions nouvelles.

Ils conviennent aussi d’œuvrer en conséquence aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral.

Washington et Rabat s’impliquent dans le développement économique et social du territoire du Sahara

Les États-Unis s’engage par la présente déclaration d’encourager le développement économique et social avec le Maroc, y compris sur le territoire du Sahara occidental, et, à cette fin, ouvriront un consulat sur le territoire du Sahara occidental, à Dakhla, pour promouvoir les opportunités économiques et commerciales en faveur de la région.

Préservation du statut spécial de la ville sacrée de Jérusalem

Dans la même Déclaration, les trois pays rappellent l’échange de vues qui a eu lieu durant ledit entretien entre le Roi Mohammed VI et le Président Trump à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, au cours duquel «le Roi a réitéré la position cohérente, constante et inchangée du Royaume du Maroc sur la question palestinienne, ainsi que la position exprimée sur l’importance de préserver le statut spécial de la ville sacrée de Jérusalem pour les trois religions monothéistes, pour le Roi, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods».

Les trois pays reconnaissent, dans le même document, le rôle historique dont le Maroc s’est toujours acquitté pour le rapprochement des peuples et la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, et tenant compte des liens particuliers que le Roi entretient avec la communauté juive marocaine vivant au Maroc et partout dans le monde, y compris en Israël.

Relations diplomatiques complètes

Saad Eddine El Otmani, Chef de Gouvernement du Maroc, a approuvé la déclaration qui stipule que les trois parties se disent conscientes que «l’établissement de relations diplomatiques complètes, pacifiques et amicales entre le Maroc et Israël est dans l’intérêt commun des deux pays», et qu’il contribuera à faire avancer la Cause de la paix dans la région, à renforcer la sécurité régionale, à ouvrir de nouvelles opportunités pour l’ensemble de la région.

Le roi Mohammed VI a confirmé l’intention du Royaume du Maroc et de l’Etat d’Israël d’accorder les autorisations de vols directs entre le Maroc et Israël, y compris via les compagnies aériennes israélienne et marocaine , et d’octroyer des droits de survol.

Le souverain a aussi ratifié sa décision «de reprendre sans délai les contacts officiels pleins et entiers entre homologues marocains et israéliens et d’établir des relations diplomatiques complètes, pacifiques et amicales».

Ainsi il sera procédé à la réouverture des bureaux de liaison à Rabat et à Tel-Aviv dans les prochaines deux semaines;

Coopération économique entre le Maroc et Israël

Enfin, la Déclaration Conjointe stipule l’engagement du Maroc et d’Israël de promouvoir une coopération économique bilatérale dynamique et innovante et de poursuivre la coopération dans les domaines :

  • du commerce;
  • de la finance et de l’investissement,
  • en matière d’innovation et de technologie;
  • d’aviation civile;
  • de visas et de services consulaires;
  • de tourisme;
  • d’eau,
  • d’agriculture et de sécurité alimentaire;
  • de développement;
  • d’énergie et de télécommunications;
  • et dans d’autres secteurs qui pourraient être définis d’un commun accord

Le roi Mohammed VI accorde une audience à la délégation américano-israélienne en visite officielle au Royaume

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Dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle, MAP, le Cabinet Royal annonce que le roi Mohammed VI, accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan, a reçu, le mardi 22 décembre 2020 au Palais Royal de Rabat, des membres de la délégation américano-israélienne en visite au Maroc. Il s’agit de Jared Kushner, Conseiller principal du Président des États-Unis d’Amérique ; Meir Ben-Shabbat, Conseiller à la Sécurité Nationale de l’État d’Israël et Avrahm Joel Berkowitz, Assistant spécial du Président des États-Unis d’Amérique et Représentant spécial pour les négociations internationales.

Au cours de cette Audience, le Roi Mohammed VI a réitéré sa pleine satisfaction quant aux résultats historiques de l’entretien que le souverain a eu, le 10 décembre 2020, avec Donald Trump, Président des Etats-Unis d’Amérique.

La proclamation présidentielle reconnaissant la marocanité du Sahara, ainsi que les mesures annoncées pour la reprise des mécanismes de coopération avec Israël, constituent des développements majeurs pour le renforcement de la paix et de la stabilité régionale.

Ces mesures concernent l’autorisation des compagnies aériennes israéliennes pour transporter des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens vers le Maroc, la pleine reprise des contacts et des relations diplomatiques et officiels avec Israël au niveau approprié, la promotion d’une coopération économique bilatérale dynamique et innovante, et l’action en vue de la réouverture des bureaux de liaison à Rabat et à Tel Aviv.

Le Roi Mohammed VI a félicité M. Kushner pour le travail substantiel accompli depuis sa visite au Maroc en Mai 2018, et qui a permis de réaliser ce tournant historique en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et ce développement prometteur pour la paix au Moyen Orient.

S’adressant à Meir Ben-Shabbat, le Roi Mohammed VI, a souligné les liens particuliers avec la communauté juive marocaine, et notamment ses membres occupant des postes de responsabilité en Israël.

L’Audience Royale a été l’occasion de réaffirmer que l’ensemble des décisions et mesures annoncées lors de l’entretien téléphonique du 10 décembre entre le Souverain et le Président Donal Trump, seront intégralement appliquées.

Le Roi a réitéré, enfin, la position cohérente, constante et inchangée du Royaume du Maroc sur la question palestinienne, basée sur la solution à deux Etats vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité ; les négociations entre les parties palestinienne et israélienne comme seul moyen de parvenir à un règlement global et définitif ; et son attachement en tant que Président du Comité d’Al Qods, à la sauvegarde du caractère musulman de la Ville Sainte.

A l’issue de cette audience une Déclaration Conjointe entre le Royaume du Maroc, les Etats-Unis d’Amérique et l’État d’Israël, a été signée devant Sa Majesté le Roi par le Chef du Gouvernement, Saad Eddine El Otmani, Jared Kushner et Meir Ben-Shabbat.

Ont assisté à cette Audience, Adam Seth Boehler, PDG de la société de financement du développement international des USA, Fouad Ali El Himma, Conseiller du Roi Mohammed VI, et Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.