Guantánamo

Urgent – L’administration Biden transfère son premier détenu, un Marocain, de Guantánamo Bay

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Selon The New York Times, l’équipe Biden a repris là où l’administration Obama s’était arrêtée au sujet de la prison de Guantánamo avec le rapatriement d’un Marocain, Abdellatif Nasser, réduisant la population carcérale à 39 détenus. Nasser devait être libéré et rapatrié au Maroc en 2016. Il n’a jamais été accusé d’aucun crime. Il sera pris en charge par sa famille à Casablanca.

Il s’appelle Abdellatif Nasser, âgé de 56 ans, et il avait été capturé par les forces de sécurité pakistanaises en 2001, juste après les attentats du 11 septembre de la même année, qui l’ont remis à l’armée américaine. Il a été incarcéré depuis, dans la célèbre prison de Guantánamo.

Les responsables du renseignement militaire américains ont présenté Abdellatif Nasser comme un ancien combattant taliban qui a combattu les forces d’invasion américaines dans les montagnes de Tora Bora à la fin de 2001. Selon The New York Times, le marocain avait déclaré devant un panel regroupant plusieurs départements de sécurité par l’intermédiaire d’un représentant il y a cinq ans qu’il « regrettait profondément ses actions du passé». Après ce «hearing» sa libération a été approuvée par ledit panel gouvernemental le 11 juillet 2016, dans la seule condition qu’il soit envoyé à son pays natal au Maroc avec les garanties de sécurité du gouvernement marocain.

Le panel en question était constitué des représentants de six agences de sécurité nationale, dont la Direction du renseignement, l’état-major conjoint du Pentagone et le Département de la sécurité intérieure. Sa recommandation de transfert qui ne granitisait pas la libération n’a pas été suivie par l’administration Trump.

En effet, le processus de transfert, poursuivi par les administrations George W. Bush et Barack Obama, s’était atrophié sous Donald J. Trump, explique The New York Times. L’ancien président a interrompu tous les transferts et a fermé le bureau du département d’État qui négociait des accords de sécurité concernant ce types de sujets.

Il fallait attendre son successeur, qui en plus de la pression des sénateurs démocrate déploie depuis son élection sa propre vision pour les gestion des mouvements islamistes armés, les Taliban et le Hamas entre autres, pour que le processus du transfert du Marocain soit enclenché.

Pour exécuter le départ de Guantánamo, le département d’État américain a dû conclure en avance un accord de transfert avec le Royaume et attendre l’approbation personnelle du Secrétaire d’Etat à la Défense qui doit en informer le Congrès.

Abdellatif Nasser transféré ce lundi matin

Les forces américaines ont en effet remis, ce lundi matin, Abdellatif Nasser à la garde du gouvernement marocain. «Ses membres de la famille à Casablanca se sont engagés à le soutenir en lui trouvant du travail dans l’entreprise de nettoyage de piscines de son frère», a déclaré son avocat, Thomas Anthony Durkin de Chicago.

Dans un communiqué, l’avocat Durkin a qualifié les quatre dernières années de la détention de Abdellatif Nasser de « dommages collatéraux de la politique brute de l’administration Trump et des faucons républicains zélés de la guerre contre le terrorisme », ajoutant : « S’il s’agissait d’une condamnation injustifiée cas dans le comté de Cook, cela aurait valu 20 millions de dollars d’indemnités».

«Nous applaudissons l’administration Biden pour n’avoir causé aucun autre préjudice», a-t-il déclaré.

Reconnaissance américaine

« Les États-Unis sont reconnaissants au Royaume du Maroc pour sa volonté de soutenir les efforts américains en cours pour fermer le centre de détention de Guantánamo Bay », a déclaré au journal américain, ce dimanche, un haut responsable de l’administration, sous couvert de l’anonymat, alors que le transfert au Maroc de Abdellatif Nasser était en cours. Le responsable a également déclaré que la Maison Blanche s’était «consacrée à un processus délibéré et approfondi de réduction responsable de la population carcérale et, in fine, la fermeture du centre de détention de Guantánamo Bay».

Aucun détail des arrangements entre Rabat et Washington n’ont été rendus publics assure la source américaine. Toutefois, souligne-t-elle, pendant les années Obama, les États-Unis exigeaient généralement au pays hôte de ne pas laisser l’ancien détenu voyager à l’étranger pendant plusieurs années et de s’engager à le surveiller et à partager toute information à son sujet avec le gouvernement américain.

Abdellatif Nasser a laissé derrière lui 39 autres détenus, dont 11 ont été inculpés de crimes de guerre. À son apogée dans les années qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 et l’invasion de l’Afghanistan, le complexe pénitentiaire de la base navale américaine abritait environ 675 hommes .