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Xi Jinping - Page 2

L’ex-président chinois d’Interpol écope de 13 ans de prison pour «corruption»

Passé du sommet de la police mondiale à la prison, l’ex-patron chinois d’Interpol dont la rocambolesque disparition en 2018 avait défrayé la chronique a été condamné mardi dans son pays à 13 ans et demi de détention pour «corruption».

Il ne fera pas appel. Le verdict est donc le point final d’une affaire déclenchée en septembre 2018, lorsque Meng Hongwei disparaît du siège lyonnais de l’organisation policière mondiale.

Inquiète, son épouse Grace alerte la police française. Il faudra attendre une dizaine de jours pour que Pékin annonce que Meng Hongwei est rentré en Chine où il a été placé en détention sous le soupçon de corruption.

Le coup a été rude pour l’image du régime communiste, qui avait placé de haute lutte l’un de siens à la tête de l’organisation internationale à peine deux ans plus tôt mais n’avait pas jugé bon de prévenir que ce dernier était interrogé par ses services.

Jugé en juin dernier, Meng Hongwei avait plaidé coupable d’avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d’euros) de pots-de-vin.

Peu de détails ont été divulgués, mais les faits qui lui sont reprochés semblent sans lien avec ses activités à la tête d’Interpol.

M. Meng, 66 ans, cumulait en effet ces fonctions avec celles de vice-ministre chinois de la Sécurité publique (police).

Condamné pour «corruption», il a écopé outre sa peine de prison d’une amende de 2 millions de yuans (environ 260.000 euros), a précisé le Tribunal populaire intermédiaire n°1 de Tianjin (nord).

Le tribunal a publié plusieurs photos montrant Meng Hongwei dans la salle d’audience, entouré de deux policiers, les traits tirés et les cheveux blanchis.

Tension avec Paris

L’affaire a provoqué des tensions entre la Chine et la France.

L’épouse de Meng Hongwei a ainsi affirmé l’an dernier avoir été victime d’une tentative d’enlèvement et, selon son avocat, elle a obtenu l’asile politique en France. Elle fait désormais l’objet d’une protection policière.

Pékin avait à l’époque adressé une mise en garde à Paris, dénonçant « un abus total de la procédure française » si l’asile politique lui était effectivement accordé.

Meng Hongwei avait pris en novembre 2016 la tête d’Interpol, un poste qu’il aurait dû occuper jusqu’en 2020.

Sa nomination avait suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme, qui redoutaient que Pékin n’utilise sa présence pour mettre la main sur des dissidents chinois installés à l’étranger.

C’est sous sa présidence qu’Interpol avait émis une «notice rouge» concernant Guo Wengui, un milliardaire chinois exilé aux Etats-Unis qui se signale par ses imprécations à l’endroit du régime communiste. L’administration Trump n’a pas donné suite à cette demande d’extradition.

Opération mains propres

Meng Hongwei est l’énième haut dirigeant communiste à succomber à la campagne anti-corruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping peu après son arrivée au pouvoir. Elle a déjà sanctionné au moins 1,5 million de cadres du Parti communiste au pouvoir, selon des chiffres officiels.

Très populaire auprès d’une opinion publique lassée des malversations, cette opération «mains propres» est également soupçonnée de servir à faire tomber des opposants internes à la ligne du chef de l’Etat chinois.

Lors de son arrestation, Pékin avait annoncé qu’il était poursuivi dans le cadre d’une campagne destinée à «éliminer complètement l’influence pernicieuse» de Zhou Yongkang, l’ancien chef des services de sécurité, condamné en 2015 à la prison à vie pour corruption.

C’est ce même Zhou Yongkang qui avait nommé Meng Hongmei à son poste de vice-ministre 10 ans plus tôt.

A ce poste, M. Meng avait eu la charge de plusieurs dossiers sensibles, notamment les services anti-terroristes et la réponse à la violence dans la région du Xinjiang (nord-ouest) à majorité musulmane.

AFP

Power of Siberia, Nord Stream 2, TurkStream : L’Eurasie sino-russe est en marche

Il s’agit d’une réelle consécration pour Vladimir Poutine et d’un rapprochement historique entre Moscou et Pékin. Après plusieurs années de dures négociations, le président russe va inaugurer coup sur coup ces prochaines semaines trois gazoducs majeurs ralliant la Chine, l’Allemagne et la Turquie : Power of Siberia, Nord Stream 2 et TurkStream. En plus d’avoir réussi à contrecarrer le véto américain, Poutine vient de mettre en marche un rêve cher à la défunte URSS qui est l’émergence d’une grande puissance Eurasienne.

Vladimir Poutine et Xi-Jinping ont lancé aujourd’hui en direct par téléconférence, la mise en route du gazoduc «Power of Siberia». Il s’agit des premières livraisons de gaz russe de l’histoire sur le marché chinois et d’un contrat historique pour Gazprom. Avant la fin de l’année, le géant russe inaugurera le très controversé gazoduc Nord Stream 2 qui approvisionnera l’Europe du nord avant d’ouvrir, en janvier 2020, les vannes du TurkStream au profit de la Turquie.

Power of Siberia

C’est le plus important projet d’exportation de ces dix dernières années pour Gazprom. Il aura fallu quatre ans et demi à la compagnie gazière russe pour construire Force de Sibérie, le gazoduc de 2 200 kilomètres, de forêts de pins et de sols gelés, qui relie le gisement de Tchaïandinskoïé, dans le sud de la Iakoutie, à la frontière chinoise, où il passe sous le lit du fleuve Amour. Le point de passage entre les deux pays se trouve au niveau des villes russe de Blagovechtchensk et chinoise de Heihe.

Il s’agit de l’un des plus longs gazoducs du monde, qui doit encore se prolonger : côté russe vers l’ouest, mais aussi vers l’est pour déboucher sur l’océan Pacifique, et côté chinois jusqu’à Shanghai.

Le tube s’accompagne d’un énorme contrat d’approvisionnement de 38 milliards de mètres cubes de gaz par an, estimé à plus de 400 milliards de dollars sur 30 ans, et signé en 2014 après une décennie de négociations.

La portion chinoise devrait être achevée en 2022-2023 et amener 38 milliards de m3 de gaz par an jusqu’à la ville de Shanghai, pour rassasier l’inépuisable appétit énergétique du géant chinois, premier importateur mondial d’hydrocarbures.

Power of Siberia («Force de Sibérie»), construit dans des conditions extrêmes, illustre la main tendue de Vladimir Poutine à l’Asie, alors que les relations avec ses traditionnels partenaires occidentaux se sont considérablement tendues depuis le début du conflit ukrainien.

Le Kremlin affiche plus d’optimisme dans ce domaine. «Ce gazoduc est non seulement important pour la Russie et la Chine, mais il contribuera également au développement des pays de la région Asie-Pacifique», a déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, cité par Gazeta.ru. En effet, les besoins en pétrole et en gaz de ces pays ne devraient que croître, c’est pourquoi la Russie et la Chine mènent d’ores et déjà des pourparlers pour la construction de Force de Sibérie 2.

Jusqu’à présent, la Chine faisait venir son gaz du Turkménistan (à travers l’Ouzbékistan et le Kazakhstan), mais la demande croissante en ressources énergétiques n’était pas satisfaite. De plus, pour des raisons écologiques, la Chine s’efforce d’amorcer une transition du charbon vers le gaz.


A 96 ans, le Mage Henry Kissinger cherche-t-il à éviter à l’humanité une troisième guerre mondiale ou à neutraliser l’Eurasie ?


Nord Stream 2

L’Europe reste encore la priorité du géant gazier russe, malgré les tensions des dernières années.

Le controversé Nord Stream 2, arrivant en Allemagne, doit approvisionner l’Europe du Nord et de l’Ouest via la Baltique, en contournant l’Ukraine. Il est d’une capacité de 55 milliards de m3 par an, autant que son frère aîné, Nord Stream 1.

Ce projet est dénoncé par l’Ukraine, la Pologne, les pays baltes, mais aussi les Etats-Unis qui y voient un cadeau fait à l’adversaire qu’est le Kremlin. Washington a même menacé le projet de sanctions.

D’ailleurs, les critiques les plus véhémentes venaient de la Maison Blanche qui défend les intérêts des producteurs américains de gaz. Les États-Unis ont en effet développé leur GNL, gaz naturel liquéfié, et voient d’un mauvais œil la volonté de la Russie d’asseoir son emprise énergétique sur l’Europe, alors que le Vieux Continent pourrait être un débouché lucratif.

Donald Trump n’a pas eu de mots trop durs à l’égard de ce gazoduc. Le président américain avait même qualifié l’Allemagne de “prisonnière de la Russie” pour en avoir soutenu la construction.

En outre, vue de Washington, la Russie est en train de se transformer en pieuvre énergétique qui déploie de plus en plus ses tentacules en Europe.

DER SPIEGEL

Nord Stream 2, qui a coûté 9,5 milliards d’euros, est financé à moitié par Gazprom, à moitié par les Européens: les alemands Wintershall et Uniper, l’anglo-néerlandais Shell, le français Engie et l’Autrichien OMV.

Le gazoduc, construit à plus de 80%, devait être initialement lancé avant la fin 2019, mais l’autorisation du Danemark de traverser ses eaux n’ayant été délivrée que fin octobre, la nouvelle date de mise en service n’est pas encore connue.

Gazprom espère un lancement prochain, mais l’achèvement du tube dépendra de la météo en mer en plein hiver.

Sa mise en service presse, le contrat liant la Russie et l’Ukraine pour le transit gazier vers l’Europe prenant fin en 2019. Et l’Europe occidentale n’a pas envie de revivre les coupures d’approvisionnements hivernales des années 2000 causées par les différends russo-ukrainiens.

TurkStream

Le sud de l’Europe et la Turquie ne sont pas en reste: le gazoduc TurkStream, contournant également l’Ukraine, doit être inauguré en janvier par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc, Recep Tayyep Erdogan, et son homologue russe, Vladimir Poutine, lors de l’inauguration du premier tronçon du gazoduc Turkstream. Sputnik photo agency

D’une capacité de 31,5 milliards de m3 par an, il travers sur 930 km la mer Noire, comme son prédécesseur Blue Stream. Un des deux tuyaux de TurkStream est destiné à la Turquie et l’autre au sud et sud-est de l’Europe. Sa construction bénéficie d’une météo plus clémente que ses frères nordique et oriental.

L’accord d’intention pour sa réalisation entre Gazprom et Botas a été signé en 2014, avant que les relations russo-turques ne se détériorent brusquement après le crash d’un bombardier russe abattu par la Turquie fin 2015.

Poutine et Erdogan scellent néanmoins le contrat fin 2016. Le projet symbolise aujourd’hui le rapprochement de la Russie et de la Turquie. D’autant qu’Ankara entretient des relations compliquées avec l’UE et l’Otan.

A 96 ans, le Mage Henry Kissinger cherche-t-il à éviter à l’humanité une troisième guerre mondiale ou à neutraliser l’Eurasie ?

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Henry Kissinger, l’architecte de la scission entre l’URSS et la Chine maoïste qui a permis à l’empire du Milieu l’expansion économique qu’on lui connait aujourd’hui, continue à entretenir la stratégie de confinement qu’il a élaboré il y a 50 ans. Grâce à la complicité de Steve Bannon et le caractère «fougueux» de Donald Trump, Kissinger imaginera l’ultime plan censé «sonner le tocsin de la Chine».

Les rôles ont très bien été définis. Trump et son cabinet gèrent l’escalade diplomatique, Kissinger et ses sponsors négocient dans les coulisses. Après la déclaration de guerre commerciale de Trump envers la Chine en mars 2018, Henry Kissinger, en maître absolu de la Realpolitk, passera à l’offensive. De haut de ses 96 ans, il multipliera les contacts avec les décideurs chinois et fera pas moins de deux déplacements officiels à pékin. Hautement médiatisées, chacune de ces rencontres a été l’occasion au gouvernement de Xi Jinping d’accueillir, avec les honneurs, Kissinger, de distiller des messages d’apaisement et de réfuter toute intention hégémonique de la Chine. Le 22 novembre dernier, à l’occasion de sa participation dans un forum économique à Pékin, Kissinger sera plus que jamais alarmant en partageant ses craintes quant à l’éclatement d’un conflit militaire plus destructeur que celui de la première guerre mondiale. Une déclaration choc à travers laquelle le vieux loup vise à pousser les parties prenantes à conclure un accord qui tarde à voir le jour.

Avec Nixon, Kissinger a réussi à faire migrer la structure du monde de l’après-guerre vers un nouveau système international d’interdépendance. Cinquante ans plus tard, pourra-t-il récidiver avec Donald Trump, en installant un nouvel ordre mondial et en avortant le rêve sino-russe de l’émergence d’une grande puissance Eurasienne? 

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Sur fond de troubles à Hong Kong et de guerre commerciale avec les Etats-unis, la Chine publie un livre blanc sur ses ambitions militaires

La Chine a présenté, mercredi 25 juillet, un Livre Blanc de la Défense intitulé « La défense nationale chinoise dans une nouvelle ère ». Le dernier exercice de ce type remontait à 2015. Le timing choisi pour cette opération de communication n’est pas anodin. La pression occidentale sur la Chine au sujet de Hong Kong et au sujet du commerce international exaspère au plus haut point Pékin qui n’a pas hésité à signifier ouvertement que ses troupes de Hong Kong seraient en droit d’y maintenir l’ordre et à accuser l’administration Trump de mettre en danger la stabilité mondiale.

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La Chine confirme que le chef d’Interpol, Meng Hongwei, fait l’objet d’une enquête

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La Chine a confirmé dimanche soir avoir arrêté le président d’Interpol, Meng Hongwei, également vice-ministre chinois de la Sécurité publique soupçonné de «violation de la loi de l’Etat», rapporte le quotidien South China Morning Post basé à Hong Kong. Bien que Pékin n’ait pas fourni d’informations complémentaires sur l’enquête, les analystes contactés par le journal qui a mené un grand travail de journalisme d’investigation, ont affirmé que sa volonté de mettre en péril ses relations diplomatiques -en saisissant un haut responsable de la sorte- laissait supposer que les enjeux étaient considérables.

La Commission nationale de contrôle (CCN), un organisme judiciaire chinois relevant du pouvoir politique, a souligné dans une déclaration rendue inhabituellement très tard la nuit, que Meng faisait l’objet d’une enquête pour violations présumées graves de la loi de l’Etat.

À Lyon, l’épouse de Meng, Grace Meng, a parlé à la presse, invitant les gouvernements membres d’Interpol à intervenir, affirmant qu’elle craignait que la vie de son mari ne soit en danger, a rapporté l’Agence France Presse.

Grace Meng a déclaré que le dernier message qu’elle avait reçu de son mari sur les réseaux sociaux avait été envoyé le 25 septembre, disant «attendez mon appel», suivi d’un Emoji sous forme de couteau de cuisine.

«Cette affaire appartient à la communauté internationale», a déclaré son épouse lors d’une conférence de presse en anglais : «Je ne suis pas sûre de ce qui lui est arrivé.»

Une source a déclaré vendredi que Meng avait été «emmené» pour être interrogé par les autorités de la discipline «dès qu’il a atterri en Chine».

Mais le communiqué de la CCN, paru tard dimanche, ne précisait pas si Meng était soupçonné d’enfreindre les règles du Parti communiste, comme le dit l’agence anti-corruption à propos de ses enquêtes.

Les observateurs ont déclaré que le fait que Pékin soit disposé à mettre en péril ses relations diplomatiques en saisissant un haut responsable de telle sorte prouve que les enjeux sont énormes.

Dimanche après-midi, dernier jour des vacances de la fête nationale, le ministère de la Sécurité publique n’avait pas encore commenté la question, bien que son site internet indiquait qu’une réunion au plus haut niveau du comité du parti communiste se soit tenue le 30 septembre.

Le quotidien South China Morning Post précise qu’au cours de la réunion du comité du parti communiste, le conseiller d’Etat et ministre de la Sécurité publique, Zhao Kezhi, a annoncé que les entretiens qui avaient eu lieu la veille avec le chef de cabinet du président Xi Jinping, Ding Xuexiang, ce dernier aurait exhorté les responsables du siège du parti et le gouvernement central à rester vigilants face à la menace de corruption.

Pour sa part, Interpol a envoyé samedi à Pékin une demande officielle d’informations sur l’endroit où se trouvait Meng, alors que la police française a annoncé qu’elle menait sa propre enquête sur sa disparition.

La femme et les enfants de Meng ont été placés en lieu sûr sous protection de la police française après avoir reçu des menaces, a annoncé samedi le ministère français de l’Intérieur.

Selon plusieurs sources, la disparition de Meng nuirait non seulement aux efforts de la Chine visant à conclure des accords de coopération avec d’autres pays sur des questions juridiques et d’application de la loi, mais également à la possibilité de faire nommer des fonctionnaires à des postes élevés dans les institutions internationales.

Jing Ning : Le Maroc a un marché haut de gamme qui peut accueillir les industries chinoises

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En marge d’une conférence des experts préparatoire du 6ème sommet du Forum de coopération sino-africain (FOCAC), co-organisée, le mardi 6 mars à Rabat, par l’Institut Amadeus avec l’ambassade de Chine , le conseiller économique et commercial de la représentation diplomatique au Maroc, Jing Ning, a accordé à le1.ma une grande interview pour faire le point sur ce séminaire, les relations bilatérales entre les deux pays dans le cadre du partenariat stratégique, le rôle de la Chine en Afrique et bien d’autres questions.


Le1.ma : Monsieur Jing Ning, vous participez ce mardi 6 mars à la conférence préparatoire des experts en vue du prochain sixième sommet prévu l’automne prochain à Pékin. D’abord, pouvez-vous nous faire un bilan des précédents ?

Jing Ning : Je pense que les précédents sommets du FOCAC ont été très réussis et particulièrement celui tenu à Johannesburg en décembre 2015. A cette occasion, le gouvernement chinois avait annoncé 10 projets majeurs de plans de coopération avec des pays africains couvrant 10 secteurs clés, et nous sommes très heureux de voir ce type de coopération consolidé au cours des dernières décennies et surtout depuis l’an 2000 avec l’établissement du FOCAC.

Le1.ma : Quels sont ces secteurs clés auxquels vous avez fait allusion ?

Jing Ning : Nous parlons de l’industrie, des infrastructures, de la modernisation de l’agriculture, le commerce, la santé, le bien-être, la paix et la sécurité.

La Chine a formé 150 mille personnes issues de plusieurs pays africains

Le1.ma : Dans quelle mesure ces projets ont été réalisés ?

Jing Ning : Durant les deux dernières années, le gouvernement chinois en collaboration avec ses homologues africains ont coopéré pour la mise en œuvre de ces plans à l’occasion de la tenue du Sommet de Johannesbourg. J’ai eu quelques informations relevant des ministères chinois concernés par ces projets faisant état que tous les projets ont été menés à bien. Il faut dire que deux ans de coopération économique ne constituent pas une très longue période. Certains projets exigent beaucoup plus de temps pour discuter du mode et des détails mais vous savez que le gouvernement chinois fournit un grand soutien financier pour la coopération.

Le1.ma : Qu’en est-il de cette enveloppe financière ?

Jing Ning : Lors du sommet de Johannesburg, le gouvernement chinois avait annoncé le montant de 60 milliards de dollars américains de soutien financier. Certains projets ont bénéficié de cette enveloppe tels que le projet de chemins de fer reliant Addis Abeba à Djibouti ou bien le réseau ferroviaire reliant Mombassa à Nairobi au Kenya. Ce volet du réseau ferroviaire aidera les pays enclavés à avoir un accès plus facile aux ports pour leurs exportations. Aussi, la Chine a formé 150 milles personnes issues différents milieux pour les pays africains.

Le1.ma : Qu’en est-il des échanges économiques et commerciaux entre la Chine et l’Afrique ?

Jing Ning : En termes d’échanges commerciaux, je pense que la Chine est un marché ouvert au monde entier. De ce fait, les entreprises africaines auront davantage de partie à exporter vers la Chine.

Le1.ma : Quels types de produits l’Afrique pourrait exporter vers la Chine ?

Jing Ning : Des produits minéraux et d’agriculture, etc.

Le1.ma : Vous voulez dire des matières premières ?

Jing Ning : Pas uniquement des matières premières. Certaines autres traitées et exportées vers la Chine.

Le1.ma : Une sorte de plus value ?

Jing Ning : Oui, une valeur ajoutée à travers la coopération. On trouve également des produits agricoles et même certains produits électroniques fabriqués au Maroc ou bien en Afrique du Sud qui ont été exportés vers la Chine. Il ya également le textile et l’habillement. Vous savez, il ya certaines entreprises qui vendent du textile et de l’habillement à la Chine. En même temps, des pays africains achètent du textile et de l’habillement à la Chine. C’est mutuel et c’est un marché mondial.

On trouve des produits agricoles et même certains produits électroniques fabriqués au Maroc ou bien en Afrique du Sud qui ont été exportés vers la Chine

Le1.ma : En votre qualité d’expert, on relève que la Chine est passée par différentes périodes pour réaliser ses projets, comment vous analysez le modèle de développement en Afrique surtout que chaque pays a ses propres spécificités ? Est-ce que l’expérience chinoise peut être facilement dupliquée ?

Jing Ning : Je ne pense pas que le modèle chinois puisse être facilement dupliqué ou copié en Afrique ou ailleurs parce que chaque pays a sa propre civilisation, son propre environnement culturel (cultural background), ses propres ressources naturelles. Par conséquent, nous devrions respecter chaque pays. Je pense qu’en ce qui concerne la coopération, la Chine tire profit et apprend des pays africains et réciproquement pour les Africains qui apprennent de la culture et des entreprises chinoises. C’est vraiment une compréhension mutuelle. Nous tirons bénéfice les uns des autres. Par exemple, pour la main d’œuvre en Chine, certains experts ont déclaré aujourd’hui au cours du Forum que les chinois travaillent dur ; nous estimons que les travailleurs africains aussi travaillent dur pour rendre leur vie meilleure. C’est une force, et le sens commun des êtres humains est de coopérer et d’aider les uns les autres.

Le1.ma : Parfait, c’est très diplomatique de votre part mais pratiquement comment vous percevez les économies africaines et la main d’œuvre africaine, quelles sont les valeurs qui manquent aux économies de ce continent ?

Jing Ning : Jetons un coup d’œil sur la main d’œuvre marocaine. Je pense qu’elle est hautement efficace et en même temps je pense qu’avec le soutien de l’éducation et la formation professionnelle ainsi que le transfert des technologies, cette main d’œuvre ira de l’avant et aura plus d’élan pour s’adapter au processus de l’industrialisation. Cette situation a eu lieu en Chine il ya trente ans. L’organisation et l’industrialisation apporteront davantage d’opportunités pour les gens ordinaires afin d’accéder à l’enseignement supérieur pour acquérir la capacité d’exécuter un travail beaucoup plus compliqué et d’être connectés au monde, ce qui apportera aussi un développement économique.

La Chine abritera la foire internationale d’import-export à Shanghai du 5 au 10 novembre prochain. Nous coopérons pour cela avec le ministère marocain de l’industrie, la CGEM et l’AMDIE.

Le1.ma : Vous avez pris part aujourd’hui à ce Forum (non ouvert aux médias, ndlr). Que pouvez-vous nous dire sur les grands thèmes débattus et qu’est-ce que vous en avez retenu ?

Jing Ning : Je pense que la principale chose est d’écouter les voix des experts, des universitaires et des Think Tanks marocains et africains. Nous sommes venus écouter les propositions et les conseils pour savoir ce que nous devrions faire afin de promouvoir davantage la coopération entre la Chine et les pays africains. J’ai beaucoup profité aujourd’hui des discours, des dialogues et des questions-réponses.

Le1.ma : Quelles sont les idées phares qui ont retenu votre attention ?

Jing Ning : Je peux citer par exemple la coopération en matière de capacité de construction (capacity building) entre la Chine et les pays africains. Il s’agit-là d’un secteur clé pour la Chine au cours de ces dernières décennies que de coopérer avec les pays africains. On voit de nombreux responsables et personnels se rendre en Chine pour assister à des séminaires ou recevoir une formation. Certains experts chinois visitent également le continent pour échanger les idées et les points de vue dans le but d’améliorer la manière de mettre en œuvre la coopération. Il ya également un point très révélateur : certains experts ont déclaré que nous devions essayer de forger un nouveau mécanisme pour exporter les produits africains vers la Chine. Vous savez que la Chine dispose d’un très grand marché. Je peux vous signaler à cet égard que notre pays abritera la foire internationale d’import-export à Shanghai du 5 au 10 novembre prochain. Nous essayons d’avoir une coopération avec le ministère marocain de l’industrie, la CGEM et l’agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) pour promouvoir cet événement. J’espère que les entreprises africaines pourront prendre part à cette foire et essayer d’exporter plus de produits vers la Chine.

Le Maroc a un marché haut de gamme qui peut accueillir les industries chinoises. De plus, le royaume offre également un excellent environnement pour attirer les investissements.

Le1.ma : Est-il facile de démarcher le marché chinois ? Et avec quels de produits ?

Jing Ning : La Chine est très ouverte avec un marché très libre et concurrentiel. Et chaque investisseur devra disposer de sa propre stratégie.

Le1.ma : Quels conseils pourriez-vous donner à la communauté d’affaires africaine ?

Jing Ning : Je pense qu’il faudra étudier le marché chinois et trouver la voie pour la promotion de vos produits et services ciblant la clientèle chinoise. Prenons l’exemple des fruits au Maroc, certains d’entre eux peuvent facilement être exportés vers la Chine.

Le1.ma : Au sujet des relations sino-marocaines, vous êtes en poste à Rabat depuis 5 ans, quel bilan faites vous des relations économiques entre les deux pays ?

Jing Ning : Je pense que les relations économiques et commerciales entre la Chine et le Maroc vont connaître plus d’élan et de dynamisme particulièrement après la visite du Roi Mohammed VI à Pékin. Nous avons signé un accord de coopération pour la route de la soie au mois de novembre 2017. Je pense que ce type de coopération envoie un message clair et fort aux cercles d’affaires, selon lequel les deux pays ont davantage de liens d’affaires qui les unissent et que leurs gouvernements respectifs appuient et soutiennent l’installation des entreprises. Je vois aussi que le Maroc a un marché haut de gamme qui peut accueillir les industries chinoises. De plus, le royaume offre également un excellent environnement pour attirer les investissements.

Le1.ma : Comment jugez-vous le climat des affaires au Maroc pour attirer les investisseurs étrangers et particulièrement chinois ?

Jing Ning : Comme je viens de le dire, le Maroc offre un très bon environnement pour attirer les investissements. Cet environnement s’améliore de plus en plus avec le renforcement de la loi, et les services à l’échelle des autorités locales sont en train de s’améliorer. Je recommande fortement aux entreprises chinoises d’apporter plus de technologie en rapport avec l’industrie au Maroc. Mais en même temps, j’espère que les services au profit des petites et moyennes entreprises s’amélioreront.

Plus de 30 entreprises chinoises opérent actuellement au Maroc principalement dans le BTP, l’industrie du plastique et la pêche

Le1.ma : Avez-vous une idée sur le volume global des investissements chinois au Maroc ?

Jing Ning : En fait, les entreprises chinoises sont à un stade précoce dans leur investissement au Maroc , mais jusqu’à 2016 le montant était autour de cent million de dollars américains en stocks, et elles ont investi pour près de 100 millions de dollars.

Le1.ma : Quel est le nombre des entreprises chinoises implantées au Maroc et leur domaine d’activités ?

Jing Ning : Elles sont plus de 30 entreprises de grandes et moyennes tailles opérant dans l’infrastructure, l’industrie du plastique, de la pêche, alors que d’autres entreprises vont investir dans la construction automobile et les pièces détachées. Elles sont en train de construire leurs usines dans la zone franche de Kénitra telle que l’équipementier Xiezhong Nanjing. Sans oublier les centaines d’hommes d’affaires qui font du commerce.

Le1.ma : Qu’en est-il du projet de la ville intelligente «Cité Mohammed VI Tanger-Tech» ?

Jing Ning : On s’attend à des progrès pour la réalisation de ce projet mais je ne dispose pas de beaucoup d’informations sur ce dossier. Il s’agit d’un très grand projet stratégique et nous espérons que les entreprises chinoises pourront y participer.

Nous devons d’abord commencer par renforcer la compréhension réciproque et essayer de pousser vers l’avant la coopération économique, commerciale et dans d’autres secteurs.

Le1.ma : On parle d’un projet très prometteur à même de générer 100 000 emplois ?

Jing Ning : Oui, et j’espère que les entreprises chinoises y seront associées et qu’elles discuteront avec nos partenaires marocains mais là aussi, je ne dispose pas de beaucoup d’informations.

Le1.ma : Dans le cadre de leur partenariat stratégique, que peuvent faire le Maroc et la Chine en faveur de l’Afrique ?

Jing Ning : Comme vous le savez, la Chine et le Maroc sont des partenaires stratégiques. Par conséquent, nous devons d’abord commencer par renforcer la compréhension réciproque et essayer de pousser vers l’avant la coopération économique, commerciale et dans d’autres secteurs. En même temps, nous sommes ouverts pour accueillir toute idée de coopération avec le Maroc à destination des pays africains. Je pense que les entreprises chinoises sont prêtes. A titre d’exemple, à Ouarzazate, les entreprises chinoises coopèrent déjà aux côtés de compagnies saoudiennes et espagnoles dans le projet de la centrale solaire Noor de MASEN.

Le1.ma : Que pouvez-vous nous dire sur le prochain sommet du FOCAC ?

Jing Ning : Je pense que le prochain sommet couvrira toutes les questions importantes d’ordre politique, économique et de développement social. Tous les aspects liés aux relations sino-africaines seront débattus.

Le1.ma : Egalement les questions de la paix et de la sécurité ?

Jing Ning : Tout à fait.

Le1ma : Qu’avez- vous concrètement tiré de cette conférence aujourd’hui ?

Jing Ning : Je n’ai pas vraiment tiré une conclusion finale mais les experts et les Think Tanks ayant participé à cette conférence ont passé au crible la coopération sino-africaine. Nous pouvons aussi apprendre des choses des apports des gouvernements, notamment en tant que forces de proposition.

Le1.ma : Qu’en est-il du secteur privé ?

Jing Ning : Le séminaire d’aujourd’hui est académique. Nous avons voulu écouter les Think tanks, les universitaires et les chercheurs. En même temps, notre ambassade et notre délégation ont rencontré leurs homologues marocains. Par exemple, au début de février, le vice-ministre chinois du commerce a visité le Maroc et a eu une réunion avec le ministère de l’industrie et du commerce marocain sur la coopération entre nos deux pays. Ils ont échangé les idées quant à la manière de consolider les relations économiques et commerciales. Il a également rencontré la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc pour écouter les propositions du secteur privé. Ce sont les échanges d’idées à plusieurs niveaux qui nous aideront à réfléchir sur la coopération à l’avenir.

BMCE Bank of Africa et China Development Bank scellent un partenariat stratégique

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Le Maroc et la Chine s’étaient engagés depuis quelques années déjà à tisser des relations de partenariat de stratégique au service aussi bien des deux pays que du continent africain dans le cadre d’une coopération triangulaire et bien au-delà.

Pour preuve, lorsque le président chinois, Xi Jinping, avait lancé en 2013 son initiative «La ceinture et la Route» et la mise en place d’une ceinture économique, cette nouvelle route de la soie, le Maroc a été le premier pays africain à y adhérer.

Et lors du Sommet du forum sino-africain qui s’était tenu en décembre 2015 à Johannesburg en Afrique du Sud, le Souverain avait rendu hommage au président chinois pour son initiative «One Belt, One Road» et souligné dans son discours adressé aux participants de cet événement, que cette démarche constitue une véritable vision stratégique dans les relations bilatérales et multilatérales et vise à connecter plus étroitement les pays asiatiques, européens et africains».

De ce fait, et donnant suite au Mémorandum d’entente relatif à l’initiative «One Belt, One Road» signé entre le Maroc et la Chine en Novembre 2017, sous l’égide du Roi Mohammed VI, BMCE Bank of Africa a signé ce vendredi 23 mars au siège du groupe à Casablanca, un mémorandum d’entente avec la China Development Bank .

La cérémonie de signature s’est déroulée entre Liu Xin, Directeur Général, Branche Zhejiang de China Development Bank et Brahim Benjelloun Touimi , Administrateur-Directeur Général Exécutif Délégué de BMCE Bank of Africa et Président de BoA Group et Mohammed Agoumi, Directeur Général Délégué, en charge de la Coordination de l’International de BMCE Bank of Africa.

Selon le communiqué de presse parvenu à le1.ma, les deux banques ont exprimé et traduit par le truchement de cet accord leur volonté de renforcer la coopération et l’investissement entre les entreprises des deux pays.

Et pour cause, ce ne sont pas les projets qui manquent avec divers programmes d’infrastructures arrêtés, et ciblant les transports, la construction automobile, le parc technologique, d’investissement et de commerce, sans oublier ceux du développement durable.

C’est d’ailleurs dans ce contexte que s’inscrit l’ouverture prochaine d’une filiale de BMCE Bank of Africa à Shanghai pour un partenariat qui va de « Soie » !

Vers une guerre commerciale entre Washington et Pékin

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Le Dow Jones Industrial Average, l’indice américain de la bourse de Wall Street à New York, a clôturé ce jeudi avec une chute de pas moins de 724 points en raison de craintes d’une guerre commerciale américaine avec la Chine.

La moyenne industrielle du Dow Jones a dégringolé de 724 points, en baisse de près de 3% jeudi après que l’administration Trump ait annoncé son intention d’imposer des droits de douane élevés sur les importations chinoises.

Le président américain qui a accusé de «concurrence déloyale et de vol de propriété intellectuelle a pris des mesures punitives contre les importations chinoises pour un montant de 50 milliards de dollars dans une première étape, ont annoncé aujourd’hui des hauts responsables de la Maison Blanche.

Selon le site de la radio publique américaine NPR, Wall Street a réagi donc négativement de peur que la Chine riposte contre les industries majeures des États-Unis, de l’agriculture à la fabrication d’avions.

Par exemple, la Chine est un marché important pour Boeing, qui fabrique plus de la moitié des avions commerciaux dans ce pays. Les États-Unis ont exporté plus de 30 millions de tonnes de soja d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars -vers la Chine rien qu’en 2017.

Rien n’exclut l’éclatement d’une guerre commerciale entre Washington et Pékin aux conséquences imprévisibles.

Poutine, un plébiscite russe

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Dix-huit ans à la tête de la Fédération de Russie, et briguant un quatrième mandat pour la magistrature suprême de l’Empire des Tsars, Vladimir Poutine a réalisé un véritable triomphe. Victoire sans surprise certes mais c’est la voie vers six ans supplémentaires au Kremlin. A terme, Vladimir Poutine aura passé au moins un quart de siècle au pouvoir à moins que, en 2024, il décidait de rempiler de nouveau.

Connu pour son tempérament froid, autoritaire et distant, jamais Vladimir Poutine n’est apparu aussi heureux que dimanche soir après son sacre. Plébiscité par le peuple russe avec plus des trois-quarts des voix exprimées, il incarne désormais la Russie d’aujourd’hui : forte, puissante, crainte, intraitable. Lire ici

Après 30 ans passés dans l’Empire du Milieu, Ibrahima Diong donne son constat sur la Chine-Afrique

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Ibrahima Cheikh Diong est incontestablement le panafricain le plus chinois spécialisé dans les relations Chine –Afrique. Et pour cause, il a passé 30 ans de sa vie dans l’Empire du Milieu.
Riche d’une carrière politique et économique, il a occupé plusieurs postes clés aussi bien dans son pays natal en qualité de ministre, conseiller à la présidence du Sénégal ou bien à la tête de Senegal Airlines ou à l’international, avant de fonder son propre cabinet de consulting, l’Africa Consulting and Trading, une société panafricaine de conseil en gestion et de facilitation commerciale à Dakar.

Invité à prendre part à la conférence des experts préparatoire du 6ème Sommet du Forum de coopération sino-africain (FOCAC), co-organisée le mardi 6 mars par l’Institut marocain Amadeus et l’ambassade de Chine au Maroc, il a accordé à le1.ma une interview dans laquelle il parle entre autres, de son expérience, des jeux et des enjeux de la coopération sino-africaine et des perspectives d’avenir.

Le1.ma : Ibrahima Cheikh Diong, vous êtes une figure des relations Afrique-Chine surtout que vous avez passé pratiquement 30 ans de votre vie en Chine. Comment est venue l’idée de la part d’un Sénégalais pour atterrir en Chine alors qu’à l’époque de Senghor, c’était la rive gauche ou la rive droite de Paris ? Lire ici