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Turquie : Erdogan, les dessous d’un putch

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La démission de Ahmet Davutoglu s’est faite dans la douleur. Les relations n’ont jamais été aussi tendues entre le Président turc  et son Premier ministre, même si les divergences de points de vue ne sont pas nouvelles.

Mais elles ont pris ces derniers temps des dimensions telles que la cohabitation n’était plus possible entre les deux hommes.

La politique intérieure du pays est le principal point de divergence entre Erdogan et l’ancien ministre des Affaires étrangères, notamment sur le périmètre d’intervention dans le domaine du renseignement que le président désire garder comme sa chasse réservée.

Autre point de discorde, la direction du Parti Justice et Development au pouvoir et à qui en contrôlera l’appareil. Davutoglu accuse Erdogan d’avoir la mainmise sur toutes les structures du Parti alors que ce dernier reproche au premier d’avoir échoué à former un gouvernement de coalition après les élections anricipees voulues par…Erdogan, et suite auxquelles le PJD a perdu sa majorité au Parlement.

Mais le point crucial qui a fait sauter le couvercle de la marmite demeure le profond désaccord entre le Président et son Premier ministre concernant le système politique du pays : Erdogan le veut présidentiel avec presque les pleins pouvoirs alors que Davutoglu préconise que le régime reste parlementaire et que le rôle du Président soit celui de simple arbitre et garant de la Constitution qu’Erdogan cherchait à tailler à sa mesure.

Cette crise politique intérieure en Turquie coïncide avec les pressions européennes sur le dossier des flux migratoires qu’Ankara peine à contenir. Et même si Bruxelles a supprimé le visa imposé jusqu’à présent aux ressortissants turcs en intégrant la Turquie à l’espace Schengen, l’ouverture d’un bureau israélien au siège de l’OTAN est venu pour exercer davantage de pression sur Erdogan qui ne voyait pas d’un bon oeil cette initiative, lui dont le pays est membre du Traité de l’Atlantique Nord.

 

Abdellah El Hattach

Israël ouvre son bureau au siège de l’OTAN après la levée du Veto turc

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Après plusieurs années de blocage, la Turquie a levé son opposition pour qu’Israël puisse ouvrir un bureau de représentation au sein du quartier général de l’OTAN à Bruxelles

Le gouvernement israélien a été notifié hier mardi (03.05.2016) par l’OTAN de son accord pour qu’Israël, Etat non-membre, puisse mettre en place une représentation à son siège de Bruxelles, un signe provisoire de rapprochement entre l’Etat juif et membre de l’OTAN en Turquie.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé, au cours d’une réunion des ministres appartenant à son parti, le Likoud, que la Turquie a levé son opposition, qui bloquait la décision depuis plusieurs années.

L’OTAN a déclaré par ailleurs, dans un communiqué, que l’ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne, David Walzer, pouvait désormais diriger sa mission du siège de l’alliance.

Nous avons dit que nous pouvons l’accueillir si tous les pays sont traités de la même manière

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré de son côté, qu’Ankara avait discuté de l’ouverture de la mission israélienne à l’OTAN avec le secrétaire général Jens Stoltenberg. « Nous avons dit que nous pouvons l’accueillir si tous les pays sont traités de la même manière », a précisé Cavusoglu. «Il est important que non seulement Israël, mais d’autres partenaires du Sud se voient accorder le même droit. »

L’agression israéliene contre « flottille de la paix  » pour Gaza

A la suite de l’agression de la marine israélienne contre la “flottille de la paix » pour Gaza, en mai 2010, au cours de laquelle neuf citoyens turcs avaient été tués par les commandos israéliens, les relations entre la Turquie et Israël étaient très tendues, et Ankara s’opposait à toute activité militaire conjointe entre l’OTAN et Israël.

Comme le note Haaretz, les liens entre l’OTAN et Israël (qui n’en est pas membre) sont pourtant étroits, mais les règles internes de l’OTAN exigent l’accord unanime de tous les pays membres pour la coopération militaire avec les pays non-membres.

Pendant que le mouvement de défense des droits des Palestiniens se consacre à la énième campagne censée « stopper Israël », celui-ci a poursuivi son annexion de la Palestine tout en consolidant sa pénétration de toutes les instances stratégiques de pouvoir. Silvia Cattori.

Depuis 2010, la participation de l’armée israélienne aux exercices militaires conjoints donc avait été “gelée”, en dépit des fortes pressions exercées sur la Turquie par les États-Unis et d’autres pays de l’OTAN.

Le gouvernement israélien interprète par conséquent la levée de l’opposition d’Ankara à l’ouverture de sa représentation au quartier-général bruxellois de l’OTAN comme un signe supplémentaire du désir de la Turquie de normaliser ses relations avec Israël. Il y a quelques jours, cependant, le Premier Ministre turc, Ahmet Davutoglu a posé comme condition à la signature d’un accord de réconciliation qu’une solution intervienne au problème de l’approvisionnement en eau et en électricité dans la Bande de Gaza. Les deux problèmes sont liés, puisque l’énergie électrique manque pour faire fonctionner une usine d’épuration d’eau. La Turquie a proposé depuis des années d’envoyer un navire-centrale électrique à Gaza, mais Israël s’y est jusqu’ici toujours opposé.

Des pourparlers devraient reprendre dans une quinzaine de jours entre Israël et la Turquie, et il semble que les précédentes rencontres ont déjà permis de progresser, notamment à propos de la construction d’une centrale électrique à Gaza (au financement de laquelle l’Allemagne participerait) ainsi que d’une usine de désalinisation de l’eau de mer (on peut évidemment se demander combien de temps après leur inauguration ces installations vitales seraient bombardées par l’aviation israélienne).

Un point de crispation demeure, selon Haaretz : la Turquie refuse d’ordonner la fermeture du bureau de représentation du Hamas dans sa capitale, alors qu’Israël affirme que ce bureau sert à planifier et à financer “des activités terroristes” en Cisjordanie occupée.

Avec ReutersHaaretzPourlapalestine.be

AFRICAN LION 2016 Interopérabilité multinationale

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Jusqu’au 28 avril courant, des unités militaires représentant la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Mauritanie, les Pays-Bas, l’Espagne, Sénégal, la Tunisie, le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis et le pays hôte participent, dans le sud du Maroc, à divers entraînements tactiques et exercices de poste de commandement dans le cadre de l’exercice AFRICAN LION 2016, avec comme mission « le soutien aux activités d’entrainement mandatées par l’ONU en vue de faire progresser l’interopérabilité multinationale et le renforcement des capacités dans un contexte de soutien de la paix suivant une potentielle crise régionale. »

Contrairement à l’édition 2015, qui a connu un déploiement massif des composantes terre, air et mer, celle de 2016 sera limitée à l’aspect du maintien de l’ordre durant les opérations onusiennes, et c’est en 2017 que des exercices militaires d’envergure auront lieu.

L’exercice AFRICAN LION, le plus vaste exercice multinational sur le continent africain, sollicite la participation de contingents terrestres, aériens et navals. Il vise à mettre à l’épreuve les capacités interarmées, interinstitutions et multinationales des partenaires à mener des opérations de paix et à enrichir les relations militaires dans la région.

Ce type d’entraînement donne aux participants la possibilité de renforcer leur coopération avec des forces multinationales, de consolider leurs capacités de défense, de maintenir une position stratégique et de se préparer à intervenir en cas de crise sur le continent africain.

Dans le cadre de l’exercice AFRICAN LION 2016 se tiendront plusieurs activités, notamment la planification d’intervention en cas de crise et les opérations conformément aux normes de l’ONU relativement aux opérations de paix, comme la protection des civils et la lutte contre la violence et le trafic humain, ainsi que la formation des pays participants à l’entraînement au sujet du droit des conflits armés.

African Lion et le GCTF, des interfaces militaire et politique Maroc-US

Bourita GCTF

Lors d’une réunion du comité de coordination du Forum mondial de lutte contre le terrorisme le GCTF, tenue le 13 avril 2016 à LA Haye, le Maroc a succédé à la Turquie et a rejoint les Pays-Bas – qui ont eux-mêmes remplacé les Etats Unis- en tant que nouveau co-président du forum. Il est a rappeler que les 2 pays coprésidaient auparavant le Groupe de travail des combattants terroristes étrangers au sein du GCTF.

Nasser Bourita, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume, présent à la cérémonie marquant la passation de la co-présidence, a défini trois fondamentaux du plan d’action stratégique de la co-présidence du GCTF pour la période 2016-2018. Il s’agit de la consolidation et l’innovation, l’action au service du résultat et l’ouverture dans la cohésion portant notamment sur le renforcement de la coordination entre les membres des GCTF, ses institutions spécialisées, les Nations Unies et les organisations régionales et sous régionales.

Aujourd’hui, African Lion et GCTF sont des interfaces militaires et politiques, entres autres, permettant aux États-Unis et au Maroc de coordonner leurs actions pour la sécurité dans la région. Désigné comme un allié majeur hors-OTAN, le Maroc est le premier pays du Maghreb à être un membre de la coalition américaine anti-Daech.

Durant le sommet des dirigeants des États-Unis-Afrique en Août 2014, les deux pays avaient signé un cadre de coopération sur la formation pour les services de sécurité civile  » afin de développer une expertise mutuelle dans les domaines de la gestion des crises, la sécurité aux frontières et enquêtes sur le terrorisme pour renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme régional et à stopper l’expansion des terroristes et des réseaux terroristes  »

 

LE1.