fbpx

Omar el-Béchir

Soudan: Omar el-Béchir condamné à deux ans en centre correctionnel pour corruption

L’ancien président soudanais Omar el-Béchir a été condamné par un tribunal de Khartoum samedi, à deux ans de détention dans un centre correctionnel, pour corruption, quelques mois après avoir été destitué par l’armée sous la pression de la rue.

Omar el-Béchir, 75 ans, destitué le 11 avril après 30 ans de pouvoir, était jugé par un «tribunal spécial» depuis le mois d’août pour fonds perçus de l’Arabie saoudite.

A l’issue de l’audience qui a duré plus d’une heure et demie, le juge Al-Sadeq Abdelrahmane a déclaré l’ex-président coupable de «corruption» et «possession de devises étrangères».

Le juge a expliqué que Omar el-Béchir sera placé dans un centre correctionnel pour personnes âgées, car selon la loi soudanaise, toute personne âgée de plus de 70 ans ne peut être détenu en prison.

L’un des avocats, Hashimi el-Gaaly, est allé parler à el-Béchir, qui a assisté à l’audience dans une cage métallique. A son retour, il a déclaré à la cour que «l’ancien président Omar el-Béchir est un officier de l’armée (…) il ne souhaite pas d’allégement de sa peine car il ne souhaite la clémence de personne».

Ses avocats ont alors dénoncé un «procès politique» avant de quitter le tribunal.

A l’extérieur du tribunal, plusieurs dizaines de partisans de l’ex-président on manifesté leur mécontentement en scandant: «Il n’y a de dieu que Dieu».

L’ex-président fera appel de ce verdict «devant la cour d’appel et devant la haute cour», a dit à la presse à la sortie du tribunal un autre avocat, Ahmed Ibrahim, affirmant toutefois ne « pas avoir confiance dans le système judiciaire soudanais ».

Le juge a également prononcé la confiscation des fonds retrouvés au domicile de M. Béchir après son arrestation en avril, soit 6,9 millions d’euros, 351.770 dollars et 5,7 millions de livres soudanaises.

Arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat, l’ex-officier est détenu depuis avril à la prison de Kober à Khartoum.

Samedi matin, un important dispositif de sécurité était visible dans les rues de Khartoum pour empêcher tout débordement de violence de la part d’éventuels partisan de M. Béchir mécontents.

Le pape François au secours du Soudan chrétien

Alors que Omar El-Béchir perdait le pouvoir au nord, le président de Sud-Soudan Salva Kiir et son rival Riek Machar effectuaient une retraite spirituelle au Vatican à l’invitation du pape François. Pour marquer au fer rouge cette médiation, le souverain Pontife a rompu avec le protocole pontifical devant les caméras, en s’agenouillant pour embrasser les pieds des deux dirigeants en leur demandant de faire la paix. Le média officiel du Saint-Siège, Vatican News, a qualifié le geste du pape de « surprenant et émouvant », un geste qui « ne peut être compris que dans le climat de pardon réciproque qui a caractérisé les deux jours de retraite ».

Lire ici

Soudan : Blanc bonnet et bonnet blanc

L’armée soudanaise au lieu de se ranger du côté du peuple, a préféré s’approprier la révolution pour servir ses propres intérêts. Même si le Conseil militaire de transition montre des signes de tergiversation, la présence de la garde rapprochée du Président déchu dans le premier cercle de pouvoir révolte les Soudanais, qui veulent un changement de régime, et non pas une opération esthétique de ce dernier.

Lire ici

Sommet arabo-européen à Charm el-Cheikh les 24 et 25 février

La station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh abritera les 24 et 25 février courant le Sommet Ligue des Etats arabes–Union européenne avec la participation de plusieurs chefs d’Etats. Côté arabe, on confirme déjà la présence du roi d’Arabie saoudite, Salmane Ben Abdelaziz, le président soudanais, Omar el-Béchir et le tunisien Béji Caïd Essebsi. Côté européen, les noms de la chancelière allemande Angela Merkel, de la première ministre britannique Theresa May et du président français Emmanuel Macron sont confirmés.

Lire ici

Soudan : Vladimir Poutine vole au secours d’Omar el-Béchir

//

Depuis le 19 décembre dernier, date de l’éclatement du mouvement de protestation au Soudan à la suite d’une décision gouvernementale de tripler le prix du pain, la contestation n’a pas faibli mais a pris de l’ampleur et embrasant pratiquement tout le pays. Un lourd bilan en pertes humaines d’au moins 50 morts dans les rangs des manifestants qui réclament la liberté et justice mais aussi la tête du président Omar el-Béchir au pouvoir depuis 30 ans, et la chute de son régime.

Le maréchal El Béchir, qui se trouve dans de mauvais draps, a cherché appuis et aides auprès de certains Etats comme les Émirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, l’Egypte qu’il visite ce lundi pour demander le soutien du Rais Abdelfattah al-Sissi, la Turquie et la Russie en particulier.

Contesté el lâché même par une partie de son parti, le Congrès National, sans oublier la principale formation de l’opposition et son chef Sadek Al-Mahdi qui a appelé vendredi au départ du président

Plusieurs médias et des observateurs n’ont pas hésité à qualifier ce mouvement de « nouvelle vague de printemps arabe » mais sans préciser ses commanditaires. En attendant de voir plus clair, il est fort probable que ce qui se passe au Soudan fasse partie d’une nouvelle guerre froide entre Moscou, d’une part, et Washington et autres puissances, d’autre part, dans le cadre d’une lutte d’influence aussi bien sur le continent africain que dans le monde arabe.

Le Soudan ce vaste pays de plus de 40 millions d’habitants censé être le grenier de l’Afrique, se trouve frappé par la misère en raison d’un régime gangréné par la corruption et le clanisme. Le régime aux abois aujourd’hui cherche par tous les moyens à survivre. Pour ce faire ? El-Béchir n’a pas hésité à demander le secours au chef du Kremlin, Vladimir Poutine.

Une aubaine pour Moscou pour élargir sa zone d’influence. Les médias britanniques ont révélé que des mercenaires russes aident à réprimer les manifestations au Soudan et que des éléments russophones dans la capitale soudanaise ont suscité des inquiétudes quant à la décision du Kremlin de soutenir le régime autocratique du président Béchir.

Les reportages et les photos de Khartoum sont apparus alors que les manifestations antigouvernementales se multipliaient et que le président faisait face à la plus grande menace qui pèse sur sa dictature militaire depuis sa prise du pouvoir il y a 30 ans.

Le déploiement apparent du muscle russe intervient alors que le Kremlin cherche à développer des liens de commerce, de sécurité et de défense avec l’Afrique subsaharienne. Au cours des deux dernières années, il a autorisé des projets d’énergie nucléaire civile en République du Congo, au Nigeria et au Soudan. Les entreprises russes participent également à une entreprise d’extraction de platine d’une valeur de 400 millions de dollars au Zimbabwe, à une immense centrale nucléaire devant être construite en Égypte et à un projet de bauxite de 220 millions de dollars…

The Times : Des soldats de la société privée de services militaires russes Wagner aperçus dans les rues de Khartoum le mois dernier

Information démentie quatre jours plus tard par le gouvernement soudanais par la voix de son ministre de l’intérieur, Ahmed Bilal Osman, qui l’a qualifiée de Fake news !

Manque de pot pour le responsable soudanais, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a reconnu ce lundi l’existence d’ «instructeurs russes dans le cadre des relations bilatérales russo-soudanaises qualifiant ce soutien de « légitime ».

Idem pour le vice –ministre des affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov qui a déclaré que des « instructeurs privés et gouvernementaux sont au Soudan pour des missions de formation » !

Droit dans ses bottes, el-Béchir n’arrête pas d’accuser les médias d’attiser la colère des soudanais tout en reconnaissant l’existence d’un véritable malaise: « Il y a un problème. On ne peut pas nier qu’il y a un problème, mais il n’a pas l’ampleur et les dimensions qu’en donnent les médias. C’est une tentative de clonage du Printemps arabe au Soudan. Ce sont les mêmes slogans et une très large utilisation des médias sociaux. Mais le peuple soudanais est en alerte. »

Finira –t-il par subir le même sort que le tunisien Ben Ali, le libyen Kaddafi ou l’égyptien Moubarak ?

Soudan : La tension monte et le pouvoir ne veut rien céder

/

Depuis l’éclatement de la colère populaire au Soudan le 19 décembre dernier après le triplement du prix du pain, plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort, dont des membres des forces de l’ordre. Et au moment où le pouvoir n’entend pas céder à la pression, les manifestants choisissent de durcir le ton en appelant à une « semaine du soulèvement ». Pour preuve, alors que plusieurs villes soudanaises étaient secouées par des manifestations violentes, Omar El-Béchir, le président soudanais a affirmé, lors d’un rassemblement de ses partisans au Darfour à l’ouest du pays, que la contestation qui secoue le pays depuis près d’un mois ne viendra pas à bout du pouvoir qu’il exerce depuis près de trois décennies.

Devant ses partisans rassemblés à Niyala, la capitale du Darfour-Sud, Omar El-Béchir a clamé que « les manifestations ne conduiront pas à un changement de pouvoir ». Cette déclaration survient après les premières manifestations contre le pouvoir dans cette région, ravagée par la guerre depuis le début des années 2000. Omar El-Béchir du haut de ses 75 ans a ajouté qu’il y a « une seule voie vers le pouvoir, et c’est celle des urnes. Le peuple soudanais décidera en 2020 qui doit les gouverner ».

J’y suis, j’y reste

Dirigeant le pays d’une main de fer depuis 1989, Omar El-Béchir ne semble pas inquiété par ce mouvement de colère de la population. Si le bilan officiel des victimes fait état de 24 morts, les ONG Human Rights Watch et Amnesty International estiment leur nombre à quarante. Cela ne semble pas affecter le président soudanais qui jette la pierre aux pays étrangers : « le Soudan a beaucoup d’ennemis et ces ennemis comptent quelques personnes parmi nous qui ne veulent pas la stabilité et la sécurité ».

Le danger vient de l’extérieur

Pour mater la colère des Soudanais, le Président a pris de la graine de ses prédécesseurs. Si les manifestations ont commencé par de petites villes avant de gagner Khartoum et le Darfour, le pouvoir compte sur la police pour mater les protestants, à coups de gaz lacrymogène, de matraques et de jets d’eau et, s’il le faut, avec des tirs à balles réelles. A ce propos, plus de 1000 personnes ont été arrêtées par les autorités dans différentes localités du Soudan en trois semaines de manifestations, dont des militants, des leaders de l’opposition et des journalistes.

Détention secrète de plus de 1000 personnes

Environ 1000 personnes ont été arrêtées dans différentes localités du Soudan en trois semaines de manifestations, selon des groupes de défense des droits humains, notamment des militants, des leaders de l’opposition et des journalistes. Vers la fin de l’année, plusieurs appels ont été lancés pour mener une enquête sur la mort de manifestants. Le parti du Congrès populaire (PCP), membre de la coalition au pouvoir au Soudan, a réclamé l’ouverture d’une enquête dans ce sens.

Le Président soudanais n’entend pas céder. Il a promis de mener de « vraies réformes » pour sortir de la crise et calmer la rue, en vain. En tout cas, il peut compter, lui qui est sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour génocide au Darfour, sur le soutien de des alliés arabes et occidentaux. Arabes comme l’Egypte et l’Arabie saoudite avec laquelle combattent les soldats soudanais au Yémen. Occidentaux comme l’Union européenne soucieuse de stopper le flux d’immigrés et les Etats-Unis qui cherchent à renforcer leur présence dans la région.

L’armée contrôlée par des organisations parallèles

Si le mouvement de contestation est inédit depuis 30 ans, il ne pourra pas compter sur l’appui de l’armée. Et pour cause, si les révolutions de 1964 et 1985 ont conduit à des changements de gouvernement après le ralliement des forces armées aux côtés du peuple, il n’en sera pas ainsi cette fois. Selon, Willow Berridge, universitaire et auteur de « Soulèvements civils au Soudan moderne », « le régime d’El-Béchir a clairement tiré les leçons des erreurs de ses prédécesseurs. Il a créé un service national de sécurité et du renseignement (NISS) beaucoup plus puissant, ainsi que de nombreuses autres organisations de sécurité et milices armées parallèles, qu’il utilise pour contrôler Khartoum au lieu de l’armée régulière. Cette organisation, conjuguée aux craintes mutuelles des différents commandants de devoir répondre des crimes de guerre en cas de chute du régime, signifie qu’une intervention de l’armée ne se produira pas facilement, comme ce fut le cas en 1964 ou 1985 ».

En d’autres termes, le pouvoir soudanais a les mains franches pour écraser les protestants. Ses alliés regarderont ailleurs lorsqu’il se salira les mains.

Tensions au Soudan : Khartoum s’appuie sur Damas et Moscou pour réprimer dans le sang

Des dizaines de morts et blessés, c’est le triste bilan de plusieurs jours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre au Soudan, secoué depuis mercredi dernier par une tension sociale sans précédent. En cause, la décision du gouvernement de tripler le prix du pain qui passe d’une à trois livres soudanaises. En trente ans de pouvoir, jamais Omar El-Béchir n’a eu à gérer une telle contestation.

Lire ici