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Nikki Haley

Conseil de sécurité : Le projet de résolution russe condamnant les frappes contre la Syrie rejeté

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Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni d’urgence, ce samedi 14 avril, à la demande de la Russie pour évoquer la situation et voter un projet de résolution russe condamnant les frappes aériennes menées quelques heures plutôt par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre la Syrie pour la punir contre l’usage présumé d’armes chimiques contre la ville de Douma, dans la Ghouta orientale samedi dernier. Frappes menées à la veille de l’arrivée des experts de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) dans la capitale syrienne pour entamer une enquête. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et les 15 membres du Conseil de sécurité en plus de l’ambassadeur syrien à l’ONU Bashar Jaafari ont pris part à cette réunion.


La réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies s’est soldée par le rejet du projet de résolution russe lors du passage au vote : la Russie, la Bolivie et la Chine ont voté pour, huit contre et quatre autres pays se sont abstenus (ndlr : pour qu’un projet de résolution passe, il faut 9 voix et qu’aucun des 5 membres permanents du Conseil de sécurité n’oppose son véto). Un projet de résolution qui qualifie l’attaque de violation du droit international et de la charte de l’ONU.

A l’ouverture de la réunion, Guterres a appelé à la retenue pour éviter toute aggravation de la situation en Syrie : « la situation en Syrie représente aujourd’hui la menace la plus sérieuse pour la paix et la sécurité internationales. Aussi, faut-il éviter que la situation ne devienne incontrôlable. »

Par la suite, les ambassadeurs ont pris la parole pour clarifier ou défendre les positions de leurs pays.

L’ambassadeur russe Vassily Nebenzia : un acte d’agression contre un Etat souverain

Parlant des frappes de missiles, l’ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, a déclaré que Moscou condamne l’attaque, soulignant que Washington, Londres et Paris ont ignoré les appels au bon sens et aux lois internationales en menant des attaques contre la Syrie. Il a ajouté que les actions américaines conduisaient à la détérioration de la situation humanitaire en Syrie.

« Votre agression est une menace majeure pour la possibilité de poursuivre le processus politique sous les auspices de l’ONU », a-t-il déclaré. Nebenzia a ajouté que les « installations scientifiques attaquées en Syrie sont utilisées uniquement pour des activités pacifiques visant à renforcer l’efficacité de l’activité économique en Syrie. »

Ayant décrit les attaques comme un acte de «hooliganisme sur la scène internationale», Nebenzia a souligné que Washington avait miné sa tentative de négocier l’accord pour le processus de paix syrien.

L’ambassadrice américaine Nikki Haley : les frappes sont légitimes, justifiées et proportionnées

De son côté, l’ambassadrice américaine, Nikki Haley, a affirmé que les frappes avaient été soigneusement planifiées afin de minimiser les pertes civiles, qualifiant l’attaque de « légitime, justifiée et proportionnée » à l’attaque chimique présumée. « Nous sommes convaincus que nous avons paralysé le programme d’armes chimiques de la Syrie et nous sommes prêts à maintenir cette pression si le régime syrien est assez fou pour tester notre volonté », a-t-elle déclaré.

La représentante permanente des Etats-Unis à l’ONU a ajouté que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques à Douma le 7 avril, ajoutant que des données claires démontraient la « culpabilité » d’Assad.

Haley a également accusé Moscou d’avoir défendu le président syrien Bachar Assad et de ne pas avoir assuré la destruction des armes chimiques syriennes en 2013.

L’ambassadeur syrien, Bashar Jaafari: les frappes ne condamneront pas la détermination à détruire les terroristes

L’ambassadeur syrien à l’ONU Bashar Jaafari a déclaré que les frappes visaient à saper le travail de l’équipe de l’OIAC dans le pays qui devait inspecter le site de l’attaque chimique présumée à Douma. Il a déclaré que trois personnes avaient été blessées et que des dégâts matériels avaient été causés par les frappes contre les cibles syriennes.

L’ambassadrice britannique aux Nations Unies, Karen Pierce : utiliser la force pour empêcher l’assassinat de personnes innocentes

Parlant de l’attaque contre la Syrie, l’ambassadrice britannique aux Nations Unies, Karen Pierce, a déclaré: « il ne peut pas être illégal d’utiliser la force pour empêcher l’assassinat d’un tel nombre de personnes innocentes ». Dans le même temps, elle a déclaré que les trois États qui avaient mené l’attaque continueront à faire pression en faveur de la «solution diplomatique» en Syrie. « L’évaluation complète n’est pas encore terminée, mais nous pensons que les frappes seront couronnées de succès », a déclaré Pierce. Elle a également déclaré qu’aucun autre groupe que le gouvernement syrien ne pouvait avoir mené l’attaque chimique à Douma.

L’ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre : la Russie a « trahi » l’engagement de 2013 de détruire l’arsenal chimique syrien

L’ambassadeur France à l’ONU, François Delattre, a déclaré que le gouvernement syrien était sans aucun doute responsable des attaques chimiques. Il a exhorté Moscou à appeler Damas à mettre fin aux souffrances des Syriens.

Delattre a également ajouté que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis présenteraient une nouvelle résolution sur la Syrie (ndlr : le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a déclaré ce samedi lors d’une interview accordée à TF1 :
« Il faut que l’on s’achemine vers un règlement pacifique. (…) Nous allons prendre des initiatives dès lundi au Conseil de sécurité à New York et à Bruxelles lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères pour tracer la feuille de route avec ceux qui veulent bien y contribuer. »

L’ambassadeur de la Chine Ma Zhaoxu : Pékin exprime sa profonde inquiétude

L’ambassadeur de la Chine auprès de l’ONU, Ma Zhaoxu, a déclaré que Pékin exprime sa « profonde inquiétude » face à l’escalade en Syrie, ajoutant qu’il exhorte toutes les parties à s’abstenir de tout mouvement susceptible d’aggraver la situation. Selon le diplomate chinois, la Chine serait prête à continuer son rôle constructif dans le processus de paix syrien.

L’affaire Skripal empoisonne les relations entre Londres et Moscou

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L’affaire de l’empoisonnement par un agent innervant mortel de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Loulia, retrouvés dans un état critique le 4 mars sur un banc public de la paisible petite ville de Salisbury dans le sud-ouest de l’Angleterre, n’a pas cessé d’empoisonner, à juste titre, les relations entre Moscou et Londres.

Digne d’un remake du film «Bons baisers de Russie», cette affaire qui n’est pas la première du genre , a fait perdre à la première ministre britannique Theresa May tout son flegme. Elle a tout de suite pointé du doigt la Russie promettant des sanctions au cas où elle ne reçoit des explications plausibles du Kremlin. Ce dernier a répondu par le dédain en qualifiant ces accusations de cirque. Il n’en fallait pas plus pour que Theresa May passe à l’acte. Ainsi, elle a ordonné hier mercredi l’expulsion de pas moins de 23 diplomates russes, la suspension des contacts avec Moscou et last but not least le boycott de la prochaine coupe du monde par la famille royale britannique et par les membres du gouvernement. Lire ici

L’Arabie saoudite féminise ses représentations diplomatiques

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En droite ligne avec la Vision 2030 initiée par le prince héritier et ministre de la Défense de l’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz, visant à procéder à une véritable révolution culturelle dans la société saoudienne, les pouvoirs publics saoudiens ont engagé un processus de féminisation de la diplomatie saoudienne. Le dernier en date est le choix de la jeune diplomate Manal Radwan pour présider la délégation saoudienne aux travaux du Conseil de sécurité de l’ONU consacrés mercredi 18 octobre à l’Iran.

Il ne s’agit pas d’un précédent, car Manal Radwan est déjà intervenue en plénière en 2015 pour le compte de son pays, mais c’est un gage politique majeur de Ryadh, et un signal fort à l’opinion publique internationale, que l’Arabie saoudite a réellement fait le choix de l’ouverture et de la modernité. Surtout que les sorties de Manal Radwan se font de plus en plus fréquentes jusqu’à faire qu’elle pourrait, à terme, succéder à l’ambassadeur Abdallah Al-Mouallimi, actuel représentant permanent de l’Arabie saoudite aux Nations unies.

Il y a quelques semaines, le Roi Salmane Ben Abdelaziz avait décrété l’autorisation des femmes saoudiennes à conduire alors que c’était formellement interdit pour ne pas dire péché pour certains prédicateurs ultra-conservateurs. L’annonce du souverain saoudien a eu l’effet d’un électrochoc car sa décision est en passe de bouleverser les mœurs des saoudiens et de leurs us et coutumes hérités d’une autre ère.

Lors de la réunion ce mercredi du Conseil de sécurité de l’ONU, la délégation américaine était présidée par Nikki Haley, ambassadeur-représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies.

LE1

Le représentant permanent d’Israël à l’ONU élu vice-président de l’Assemblée générale

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L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon a été élu mercredi à la vice-présidence de l’Assemblée générale, devenant ainsi le quatrième Israélien de l’histoire à être élu à ce poste.


L’année dernière, et pour la première fois depuis 1949, un Israélien s’était retrouvé à la tête d’une commission de l’Assemblée générale de l’ONU. Danny Danon a en effet été élu président de la commission chargée des questions juridiques, malgré l’opposition des pays arabes.

«C’est un honneur de représenter l’État d’Israël à ce poste de direction des Nations Unies», a déclaré Danny Danon.
Danny Danon est connu pour fustiger régulièrement les organismes des Nations Unies malgré le soutien indéfectible de Washington à la politique israélienne.

Dans le cadre de sa mission, Danny Danon devra présider les réunions de l’Assemblée générale, participer à l’établissement de l’ordre du jour de l’assemblée et observer le décorum pendant les sessions. Son mandat débutera en septembre lors de la nouvelle session de l’Assemblée générale.

Danny Dannon a réussi cette élection grâce au soutien du Groupe des États d’Europe occidentale et autres (GEOA), l’un des plus importants blocs régionaux votant aux Nations unies. Outre Israël, le GEOA comprend 28 États membres et deux observateurs : tous les États d’Europe de l’Ouest (24 pays), la Turquie, les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Par ailleurs, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nikki Haley, s’est félicitée de cette élection. Nilkki Haley doit se rendre en Israël les 7 et 9 juin, où elle tiendra rencontrera les dirigeants israéliens.

LE1 avec agences

Donald Trump : «Le machin qu’on appelle ONU»*

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Donald Trump, pour qui la contribution américaine au budget de l’ONU n’est pas équitable, souhaite que la quote-part des Etats-Unis au service des opérations de maintien de la paix soit plafonnée à 25%. Le président américain, qui s’adressait lors d’un déjeuner offert, lundi, à la Maison Blanche aux 15 ambassadeurs membres du Conseil de sécurité de l’ONU, estime que les Etats-Unis supportent une part trop lourde du budget des Nations unies tout en estimant qu’une modification du fonctionnement des Nations unies pourrait rendre l’investissement valable. Tout en disant la chose et son contraire, et comme s’il s’adressait à des écoliers, Trump a fait la leçon aux 15 représentants permanents : «Si vous faites du bon travail, la question du budget sera beaucoup moins importante pour moi, parce qu’il s’agit là d’une bagatelle en comparaison au travail important accompli par l’ONU», alors qu’il venait tout juste de fustiger ce dernier. «Il faut que les Etats membres soient d’accord pour éliminer les pratiques non efficientes et s’assurent qu’aucun pays ne supporte une part disproportionnée du fardeau» a-t-il martelé devant des diplomates médusés.

Le président américain, Donald Trump, a offert lundi à la Maison Blanche, un déjeuner en l’honneur des 15 ambassadeurs membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le président américain, qui a fait en présence de ses hôtes un tour d’horizon de l’actualité internationale, à sa tête la situation au Moyen-orient, a insisté sur la responsabilité du Conseil de sécurité à trouver une solution urgente à la «menace Nord-Coréenne» considérée comme prioritaire par l’Administration américaine.

Donald Trump, qui était accompagné de Nikki Haley, représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies, et qui préside le Conseil de sécurité pour ce mois d’avril, a profité de l’occasion pour «sermonner» les représentants permanents sur les résultats peu convaincants du Conseil de sécurité sur le dossier syrien en les incitant à fournir davantage d’efforts sur cette question.

Le président américain, qui ne tient pas beaucoup l’organisation onusienne dans son cœur, la considérant comme « juste un club où les gens se rencontrent pour parler et passer de bons moments», a informé les 15 de sa décision de réduire drastiquement le budget du département d’Etat et de l’aide au développement des Etats-Unis, ce qui inclut une diminution non spécifiée de la contribution financière américaine à l’Onu et ses agences.

Les manières cavalières et peu adroites de Donald Trump gênent énormément les diplomates aux Nations unies ainsi que ceux en poste à Washington. D’ailleurs, les homologues de Nikki Haley au Conseil de sécurité le lui font subtilement savoir.

Surtout que les Etats-Unis sont le premier pays contributeur des Nations unies, dont ils financent 22% du budget principal, qui s’élève à 5,4 milliards de dollars mais ont une dette de 896 millions de dollars vis-à-vis de l’Onu au titre de sa contribution au budget principal, ce qui n’autorise pas Washington, selon les détracteurs de l’Administration américaine, à donner des leçons aux autres pays, plus enclins et plus prompts à s’acquitter, dans les délais, de leurs contributions.

Deux jours avant cette rencontre, le président américain avait reçu à la Maison Blanche le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, après un breifing politique avec le conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster.

(*) Citation du Général Charles de Gaulle en 1960 à propos de l’ONU

LE1

Rima Khalaf refuse le diktat d’Antonio Guterres et démissionne

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Refusant de retirer un rapport critique sur Israël, Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie occidentale (CESEAO), a présenté vendredi sa démission. La responsable onusienne, de nationalité jordanienne, n’a pas voulu se soumettre à l’injonction du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui lui a intimé l’ordre de «de repenser sa décision». Récusant cet ordre, elle a préféré présenter sa démission.

Publié mercredi, le rapport  accuse Israël d’imposer un «régime d’apartheid aux Palestiniens » lesquels sont soumis à une « fragmentation stratégique » permettant à Israël d’imposer une « domination raciale » avec des lois différentes en fonction des régions. «Ce qui correspond à un crime contre l’humanité» conclut le texte.

Sans attendre, le ministère israélien des Affaires étrangères s’en est pris à Rima Khalaf l’accusant de répandre de la « propagande antisémite nazie ».

Il ne s’en est pas fallu davantage pour que les Etats-Unis, principal allié d’Israël, réagissent également –et virulemment-  à ce rapport en se disant «outrés» par le texte. L’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikki Haley, en quasi porte-parole israélienne, a affirmé qu’il n’est pas surprenant qu’«une propagande à ce point anti-israélienne émane d’une organisation dont la quasi-totalité des membres ne reconnaissent pas» (ndlr : la CESAO est composée de 18 pays arabes, dont l’Etat de Palestine comme un membre à part entière).

Et, réponse du berger à la bergère, Rima Khalaf a précisé que tout le monde « s’attendait bien sûr à ce qu’Israël et ses alliés exercent des pressions énormes sur le secrétaire général de l’ONU pour qu’il désavoue le rapport et qu’ils lui demandent de le retirer », ce qu’a bien sûr refusé la diplomate jordanienne qui a préféré présenter sa démission.

De son côté, le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a indiqué que « le rapport  ne [reflétait] pas les positions du secrétaire général », précisant qu’il avait été rédigé sans consultations avec  Antonio Guterres.

Décision politique

Tentant de dédramatiser l’événement, Antonio Guterres, via son porte-parole a tenté d’expliquer que ce n’est pas tant le contenu du document qui a dérangé mais la procédure qui a été suivie pour sa rédaction. Selon Stephane Dujarric, «le secrétaire général ne peut pas accepter qu’un secrétaire général adjoint ou un autre haut fonctionnaire de l’ONU placé sous son autorité soit autorisé à publier sous le nom de l’ONU, sous le logo de l’ONU, sans consulter ni les services compétents, ni lui-même».

Sauf qu’en claquant la porte, Rima Khalaf a exercé un acte politique majeur. Car elle sait pertinemment que Antonio Guterres n’est pas indépendant dans ses actions et n’a pas agi de son propre chef mais a subi d’énormes pressions de la part de Washington et Tel-Aviv.

 

Abdellah EL HATTACH

Sahara, l’après Ross

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L’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, Christopher Ross, n’a pas démissionné de ses fonctions mais a décidé de ne pas rempiler pour un autre mandat qui s’achève à la fin du mois de mars et dans lequel il a échoué sur toute la ligne, ne réussissant jamais à mettre d’accord les différentes parties du dossier dont il a la charge depuis huit ans.

Le successeur de Christopher Ross aura devant lui non seulement un dossier vieux de 42 ans, mais également une situation géopolitique internationale des plus complexes dans laquelle les principaux acteurs internationaux sont, dans leur quasi-majorité, orientés vers de nouveaux défis et qui n’admettraient jamais de voir la région du Sahara virer en une zone d’instabilité, ce qui se répercuterait inéluctablement sur les intérêts vitaux des uns et des autres.

Le mandat de Christopher Ross s’achève avec celui de Barack Obama dont l’administration Démocrate n’a pas été très «diplomatique» avec le Royaume. Aujourd’hui, tous les observateurs proches de ce dossier, sont unanimes à dire que le gouvernement Trump est davantage pragmatique que son prédécesseur et ne fera certainement pas l’erreur de s’opposer frontalement à Rabat sur la question de notre intégrité territoriale.

Mais ce scénario ne pourra être concrètement vérifié et acquis que lors de la discussion de la future résolution sur le Sahara par le Conseil de sécurité de l’ONU au mois d’avril prochain. Car on ne connaît pas réellement non plus les véritables intentions de la nouvelle représentante américaine aux Nations unies, Nikki Haley, réputée rigoureuse et méthodiste, et très proche de Donald Trump dont elle a la confiance. Son prédécesseur, Samantha Power, avait quant à elle donné beaucoup de fils à retordre à la diplomatie marocaine.

Pragmatisme russe

Au Conseil de sécurité toujours, et sur le papier, on peut aussi compter sur le soutien de la Russie qui est liée au Maroc par un partenariat stratégique approfondi et qui, historiquement, n’a jamais contrarié le Maroc, du moins solennellement, dans l’affaire du Sahara.

Mais la mort soudaine, il y a moins d’un mois, de l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vitali Tchourkine, réputé proche de l’ambassadeur marocain Omar Hilale, a laissé un réel vide dans l’enceinte onusienne, et son jeune second Pyotr Ilichov, connu pour sa flexibilité et son intelligence, peut être un bon canal de communication avec les équipes de Hilale.

Moscou, qui ne voit pas nécessairement d’un bon œil tout le déploiement marocain en Afrique peut, par son pragmatisme naturel, se joindre à la dynamique du royaume dans le continent par la mise en place de joint-ventures qui sauvegarderaient les intérêts russes sans altérer ceux du Maroc dans une approche «gagnant gagnant». Et le retour du Maroc au sein de l’Union africaine et sa candidature pour être membre à part entière dans la CEDEAO peut rassurer la Russie et conforter sa position dans le continent, surtout sur le plan militaire et de la sécurité sachant que Rabat est seul à même de garantir la stabilité de toute la zone CEN-SAD.

La France aux aguets

La France n’en demandera pas moins, elle qui dispose d’une présence militaire majeure dans le Sahel en plus d’intérêts économiques stratégiques. Paris compte beaucoup en effet sur le Maroc dans la lutte anti-terroriste dans cette zone très vaste et réputée dangereuse. Et seul un Maroc fort et stable, et dont l’intégrité territoriale est reconnue, peut garantir la sécurité d’une zone dont la superficie fait 4 fois celle de la France, avec un sous-sol riche qui fait dresser toutes les velléités possibles et imaginables.

On restera cependant très attentifs au nouveau locataire de l’Elysée. Le futur président français aura son mot à dire sur ce dossier qui est une des priorités du pouvoir en France : la fragilité du pouvoir en Algérie et le risque d’une implosion du pays fait craindre à Paris une déstabilisation de toute la région, d’où tout le poids qu’elle met à l’international pour soutenir et saluer la stabilité du royaume et toutes les réformes qu’il entreprend, institutionnellement et économiquement.

Le Maroc déjoue le complot algérien

La gestion intelligente par les autorités marocaines de la «crise de Guerguerat» pour éviter toute escalade militaire dans la région a été saluée unanimement par toutes les capitales occidentales, car le vœu de l’Algérie, par Polisario interposé, était d’attirer Rabat dans un guet-apens belliqueux dont aucune partie ne sortirait gagnante, seule option pour Alger de colmater ses crises internes. L’Algérie est devant un choix cornélien et dramatique : déclarer la guerre (au Maroc) ou mourir.

La raison de toute cette hérésie tient son origine dans la dynamique marocaine en Afrique et le leadership porté par Rabat dans le continent, matérialisé par le projet du gazoduc Atlantique qui fait de l’axe Rabat-Abuja une alliance stratégique et un duo de poids dans lequel toute idée de séparatisme n’a pas de place.

Et c’est en prenant compte toutes ces évolutions politiques et économiques que le Conseil de sécurité de l’ONU devra examiner le dossier du Sahara en avril prochain. Washington, Moscou et Paris ont saisi ce moment politique et historique, cette transformation économique et sociale qu’entreprend le Maroc, avec ses alliés dans le continent, et les traduiront, sans aucun doute, en résolution claire et forte en faveur de la paix et de la stabilité de la région.

Abdellah EL HATTACH

Nikki Haley, alias Nimrata Randhawa, nouvelle ambassadrice US à l’ONU

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Donald Trump enchaîne les nominations pour mettre en place sa future administration. Il vient ainsi de nommer Nikki Haley en tant qu’ambassadeur des États-Unis aux Nations unies. Il s’agit là d’une belle promotion pour la gouverneure de l’Etat de Caroline du Sud qui n’avait pourtant pas soutenu Donald Trump durant les primaires.

Sans expérience internationale particulière ni en matière de défense ou de sécurité, Nikki Haley aura la lourde tâche de remplacer l’influente Samantha Power au conseil de sécurité. Prochaine nomination imminente de Donald Trump : celle du secrétaire d’Etat américain. Au jeu des pronostics, c’est l’ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney qui pourrait décrocher le poste.

Nikki Haley, symbole de la diversité ethnique des Républicains

Confrontés à des mutations démographiques, notamment à l’augmentation des minorités ethniques, au premier rang desquelles les hispaniques, les Républicains ont vite réagi à l’effet Obama en nommant à leur tête dés 2008, Michael Steele, un Afro-américain. Puis nous avons vu la montée en puissance de plusieurs membres « non blancs », notamment Marco Rubio sénateur de la Floride et Ted Cruz sénateur du Texas qui sont d’origine hispanique, Bobby Jindal ex sénateur de la Louisiane et Nikki Haley, née Nimrata Randhawa, qui sont d’origine indienne et enfin le sénateur Tim Scott un Afro-américain.

Donald Trump a parié sur ces figures montantes et a montré qu’il était possible d’être républicain sans être blanc, ce qui a poussé certains électeurs à franchir le pas. Cerise sur le gâteau, en plus d’être « de couleur », ils sont jeunes: Rubio et Haley ont 44 ans, Cruz a 45 ans.

En changeant de nom, la nouvelle ambassadrice des Etats-unis a déchaîné les passions

D’origine sikhe, Nimrata Randhawa est née le 20 janvier 1972 à Bamberg en Caroline du Sud. Ses parents, le Dr Ajit et Raj Randhawa, sont des Indiens punjabis immigrants sikhs d’Amritsar. Pour son mariage en 1996, avec un employé fédéral au Département de l’armée des États-Unis et officier dans la Caroline du Sud Army National Guard, elle décide de se convertir au christianisme et devient membre du conseil de l’Église méthodiste unie . La nouvelle mariée décide alors de changer son nom et porter celui de son futur mari pour devenir Nikki Haley.

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Ce changement de nom va resurgir en janvier 2016 avec les primaires républicaines, quand un journaliste va tweeter le vrai nom du la gouverneur de la Caroline du Sud. Les passions se sont déchaînées chez les minorités américaines accusant Nikky Haley d’avoir eu honte de ses origines.