Mohsen Fakhrizadeh-Mahabadi

«Mister D» le nouveau espion en Chef d’Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé cette semaine la nomination du remplaçant de Yossi Cohen, l’un des architectes des «Abrahams Accords» et le responsable des opérations spéciales contre le nucléaire iranien, à la tête du Mossad. Mais on sait peu de choses sur le mystérieusement nommé «D» qui dirigera l’agence d’espionnage.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré mardi que son choix a été fait concernant le prochain chef du Mossad.

Identifié uniquement par la lettre hébraïque «Dalet», le successeur de Yossi Cohen, serait l’ancien directeur adjoint du Mossad, responsable de l’unité en charge de la collecte de renseignements, des opérations secrètes et de la lutte contre le terrorisme en Israël. «D» avait occupé ce poste durant deux ans.

L’actuel chef des renseignement, Yossi Cohen, a fait l’exception dans les pratiques de l’agence d’espionnage de l’Etat hébreu.

En effet, Israël ne divulgue pas habituellement les noms des hauts responsables du Mossad pour des raisons de sécurité. Ce qui n’a pas été le cas pour Cohen qui a été largement considéré comme ayant un profil public plus important que de nombreux anciens chefs des services de renseignement étrangers.

Que connait-on de «Mister D» ou «Dalet»

«“D” est un vétéran accompli du Mossad», a déclaré un communiqué du bureau du Premier ministre israélien.

Selon le journal israélien le Jerusalem Post, “D” a servi dans une unité d’élite de reconnaissance des Forces de défense israéliennes.

Le nouveau directeur aurait également servi dans plusieurs divisions du Mossad, y compris en tant que chef de la division Tsomet qui recrute des espions et en tant que chef adjoint de la section des écoutes électroniques de Keshet.

L’ancien chef du Mossad, Danny Yatom, et l’ancien chef adjoint du Mossad, Ram Ben Barak, ont tous deux salué cette nomination, a rapporté le Jerusalem Post.

Remplacement de Cohen : «Pressions iraniennes» ou «Mission accomplie»

Yossi Cohen a été nommé à la tête du Mossad en 2015 après avoir été conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu et auparavant chef adjoint de l’agence d’espionnage.

Le nom de Yossi Cohen est devenue publique depuis ces voyages médiatisés dans le monde arabe pour préparer le fameux deal du siècle. Il a effectué des visites clés aux Émirats arabes unis et à Bahreïn dans le cadre des accords de normalisation négociés par Israël et les États-Unis.

Son dernier déplacement a eu lieu le mois dernier en Arabie Saoudite, accompagnant Netanyahu pour des entretiens secrets avec le prince héritier Mohammed Ben Salman.

Si Cohen a joué un rôle politique majeur dans ses discussions avec les dirigeants du monde arabe, rôle qui lui ouvre la porte à reprendre les rênes du Likoud, son nom a également été lié aux opérations de liquidation du général iranien Qassem Soleimani et du scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh.

Certains analystes avancent que le «limogeage» de Yossi Cohen serait une conséquence de pressions iraniennes suite à l’assassinat de Fakhrizadeh au cœur de son territoire, l’ultime opération après des mois d’autres opérations tactiques contre le dispositif nucléaire de la république islamique.

L’annonce du départ de Cohen seraient également en anticipation de la nouvelle stratégie de l’administration Biden sur le dossier du nucléaire iranien.

Que se passe-t-il ensuite?

Le remplacement de Cohen doit être approuvé par le Comité consultatif de la fonction publique, dirigé par l’ancien juge de la Cour suprême Eliezer Goldberg, indique le communiqué du gouvernement. Le Jerusalem Post a rapporté que, s’il était approuvé, l’installation de «Mister D» à la tête du Mossad aurait lieu en juin 2021.

«Le Mossad a de grands et importants défis à relever pour préserver la sécurité de l’État d’Israël. Nous attendrons l’approbation de la Commission Goldberg et souhaitons à Dalet plein de succès dans ses fonctions», a affirmé le ministre de la Défense, Benny Gantz.

Un commando de 12 professionnels ont assassiné le scientifique iranien dans une opération qui a durée 3 minutes

On en sait davantage sur l’assassinat de l’éminence grise du programme nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, vendredi près de la capitale iranienne. L’Iran pointe du doigt les services secrets israéliens et les fuites de l’enquête évoquent l’implication de 62 agents dont 12 assassins qui auraient attaqué le convois du scientifique en seulement 3 minutes. Une autre version parle d’un tir téléguidé depuis une camionnette bleue.

Alors que l’Iran pleure devant le corps du père de la bombe iranienne, Mohsen Fakhrizadeh, âgé de 59 ans, assassiné vendredi aux abords de Téhéran, exposé devant les fidèles, les informations sur l’opération de sa liquidation font le tour des rédactions.

Version du Samedi

Selon une première version qui a prévalue depuis samedi soir, l’alimentation en courant électrique de toute la région, où allait passer le convoi de la cible, aurait été coupée. Puis une pluie de tirs d’armes à feu et d’explosifs auraient détruit le convoi avant que le corps de Mohsen Fakhrizadeh ne soit traîné de la voiture et liquidé.

Selon cette version 69 agents auraient participé à l’organisation de l’assassinat dont 12 assassins, tous évaporés dans la nature.

C’est un journaliste iranien, Mohamad Ahwaze, qui a publié sur twitter, un compte rendu des événements attribué aux services iranien.

Ahwaze a déclaré que 62 membres étaient impliqués dans l’attaque de Fakhrizadeh. Le convoi de Fakhrizadeh composé de trois voitures blindées a été pris pour cible près d’Absard, à 40Km à l’est de la capitale Téhéran par 12 membres du commando, qu’il a décrit comme étant hautement formés et assistés par des «services de sécurité et de renseignement à l’étranger».

«Plus de cinquante autres personnes auraient apporté un soutien logistique», ajoute Ahwaze.

Il n’a pas précisé s’ils étaient en Iran ou à l’étranger.

Le commando surveillait Fakhrizadeh et savait qu’il allait conduire de Téhéran à Absard vendredi.

Absard est un village montagneux de 10 000 personnes. C’est l’endroit où de nombreux Téhéranais disposent de résidences secondaires, et Fakhrizadeh, 59 ans, y avait une villa.

Le récit du journaliste iranien était particulièrement détaillé : «Une Nissan a été mise en place et gréée pour exploser au passage de Fakhrizadeh et des tireurs d’élite attendaient le convoi, ainsi qu’une voiture Hyundai avec des assassins à l’intérieur. Ils ont planifié l’attaque pour un rond-point à Absard, au pied d’un boulevard bordé d’arbres qui pénètre dans la ville. Une Hyundai Santa Fe avec quatre passagers, quatre motos et deux tireurs d’élite l’attendaient sur les lieux de l’embuscade, avec un pick-up Nissan piégé ».

Sepah Cybery, une chaîne de médias sociaux affiliée au corps des gardiens de la révolution islamique, a dévoilé que les hommes armés du commando auraient ouvert le feu sur les voitures et une intense fusillade s’en aurait suivie.

Ahwaze a rajouté dans sa série de tweet que selon les leaks iraniens, le chef de l’équipe d’assassinat aurait sorti Fakhrizadeh de sa voiture et lui aurait tiré dessus et s’est assuré qu’il était mort. »

«Le commando aurait ensuite disparu sans subir aucune perte», a rapporté Ahwaze.

Version du Dimanche

Dimanche, l’agence de presse iranienne Fars a publié une dépêche dans laquelle a donné quelques nouveaux détails sur l’exécution de Mohsen Fakhrizadeh.

L’agence de presse rapporte que l’opération n’aurait duré que trois minutes et que le convois aurait été la cible de tirs aurait effectués avec une arme téléguidée. Fars affirme qu’aucune trace des assassins n’a été trouvée dans la zone de l’attentat.

Cette camionnette aurait porté une arme téléguidée qui aurait tiré sur le convois de Mohsen Fakhrizadeh

Mais cette version des faits «serait de la pure désinformation» selon des observateurs israéliens. Minimiser la taille de l’opération mettrait moins dans l’embarras les services iraniens accusés d’avoir démontré des failles dans la surveillance du territoire.

Le ministère iranien du renseignement a annoncé plus tard: «Nous avons obtenu les premiers indices de l’attaque et de l’assassinat de Fahrizadeh»

De plus, des informations ont affirmé dimanche soir que l’un des gardes du corps du scientifique, gravement blessé, serait toujours vivant. Son témoignage pourrait éclairer les enquêteurs iraniens.

Les responsables iraniens ont blâmé le Mossad d’Israël pour l’assassinat. Un responsable américain et deux autres responsables du renseignement ont également déclaré au New York Times qu’Israël était derrière l’attaque.

L’Iran a juré des représailles pour le meurtre de son principal scientifique nucléaire

Inquiétudes le la communauté internationale

Les EAU et Oman, deux pays qui se concurrencent dans le rôle de pays tampon de la région, ont gardant des relations ouvertes avec le régime des mollahs de Téhéran, et qui sont tous deux engagés dans le processus de normalisation avec Israël, n’ont pas manqué de condamner l’assassinat de Fahrizadeh.

Alors qu’Abou Dhabi a publié un communiqué de sa diplomatie, décriant «le crime odieux» de l’assassinat du scientifique iranien et mettant en garde du risque d’escalade qui pourrait embraser la région, le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Hamad al-Busaidi, a appelé son homologue iranien, Javad Zarif, pour condamner cet assassinat. Le ministre a exprimé ses condoléances à l’Iran, affirmant que l’assassinat était «contraire au droit humain et international».

La Jordanie a suivi les pas de ses voisins pour condamner dans un communiqué de sa diplomatie l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh et en appelant à coordonner les efforts pour «pour réduire les tensions, empêcher l’escalade dans la région et protéger la sécurité et la stabilité.»

Samedi, les Nations unies ont tenté de calmer le jeu en «exhortant à la retenue et à la nécessité d’éviter toute action qui pourrait mener à une aggravation des tensions dans la région du Moyen-Orient».

« Bien sûr, nous condamnons tout assassinat ou meurtre illégal », a ajouté Stéphane Dujarric, en réponse à une demande de réaction du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à cet évènement vivement dénoncé par Téhéran qui a menacé de représailles.

Dans une lettre au secrétaire général de l’ONU, l’ambassadeur iranien auprès de l’Organisation, Majid Takht Ravanchi, avait réclamé dès vendredi soir à Antonio Guterres et au Conseil de sécurité une condamnation claire de l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère de la Défense.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale et du Conseil de politique étrangère du Parlement iranien a pour sa part affirmé aujourd’hui que le rôle d’Israël aurait été prouvé dans l’assassinat de Fahrizadeh, mais en raison de la complexité de l’opération, d’autres éléments étrangers seraient probablement impliqués. Applaudi par les député, Abolfazl Amouei, a ajouté : «Il est clair qu’il s’agissait d’une opération préplanifiée, et complexe. Nous avons déjà de bons indices pour savoir qui était derrière».

Jared Kushner pour éteindre le feu ?

Aux États-Unis, un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré que le conseiller et gendre du président, Jared Kushner, s’était rendu en Arabie saoudite et au Qatar et qu’il devait rencontrer le prince héritier saoudien Ben-Salman dans la ville de Naum. Les envoyés de Trump dans la région, Avi Berkowitz, qui a récemment travaillé à la normalisation des relations d’Israël avec les pays arabes, et Brian Hawke, l’envoyé de l’administration en Iran, se joindront également à la visite.

Sabotage de la diplomatie et de la feuille de route de l’administration Biden

Mais pour la plupart des analystes américains, l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh est dangereux et affaiblit la position de Joe Biden qui, désireux de rompre avec l’unilatéralisme de Donald Trump, a dit vouloir offrir «à l’Iran une voie crédible de retour à la diplomatie» en vue d’une réintégration des Etats-Unis à l’accord sur le nucléaire iranien.

L’éditorialiste, Barbara Slavin a écrit sur The New York Times que le président élu Joe Biden et son équipe ne peuvent pas faire grand chose de plus que «d’envoyer des messages à travers les médias à l’Iran pour qu’il reste patient jusqu’à l’inauguration le 20 janvier – et aux Israéliens pour arrêter leur campagne de sabotage».

Pour John Brennan, ancien patron de la CIA, c’est un «acte criminel et extrêmement dangereux», qui risque d’entraîner des «représailles létales et une nouvelle phase de conflit régional». Brennan, qui était à la tête de l’agence de renseignement américaine de 2013 à 2017, sous la présidence de Barack Obama et alors que Joe Biden était vice-président, a exhorté l’Iran à «résister à l’envie» d’exercer des représailles et d’attendre «le retour de dirigeants américains responsables sur la scène internationale».

Les EAU condamnent l’assassinat attribué au Mossad, du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh

La diplomatie émiratie vient de prendre ses distances avec l’assassinat du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh de peur de représailles de l’Iran avec qui MBZ entretient des relations ambiguës. Alors que le pays du Golf accélère la mise en œuvre des accords d’Abrahams signés avec Trump et Netanyahu, dans le but de mettre devant le fait accompli la nouvelle administration Biden, les rumeurs de la liquidation du père du programme iranien par le Mossad, non démenties par Tel-Aviv, compliquent la position de l’émirat qui se préparait à reprendre son rôle de facilitateur des négociations sur le nucléaire iranien voulues par Biden et l’Europe.

L’agence de presse officielle WAM, vient de publier un communiqué de la diplomatie des EAU, dans lequel elle condamne l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh qu’elle a qualifié de «crime odieux» et met en garde sur les risques d’escalade dans la région.

«Le Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale a affirmé que l’instabilité de notre région et les problèmes de sécurité auxquels elle est confrontée nous incitent tous à œuvrer pour éviter les actions qui conduiraient à une escalade, qui menace la stabilité de toute la région», met en garde Abdallah ben Zayed, ministre des affaires étrangères dans son communiqué.

« Les Émirats arabes unis, fondés sur leur ferme conviction de la nécessité de rechercher tous les éléments de stabilité dans la région, condamnent le crime odieux d’assassinat qui a visé M. Mohsen Fakhrizadeh, qui conduirait à un état d’alimenter le conflit dans la région.» a déclaré le ministère dans le même document.

Avant de rajouter que «compte tenu de ce que traverse la région, les Émirats arabes unis appellent toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue pour éviter que la région ne sente à de nouveaux niveaux d’instabilité et menace la paix.».

Iran: l’assassinat du père de la bombe iranienne risque de compliquer la tâche de Biden

L’assassinat d’un scientifique iranien du nucléaire, attribué à Israël, risque d’attiser les tensions dans la région et de compliquer la tâche du président élu américain Joe Biden, qui a signalé son intention de reprendre le dialogue avec Téhéran.

Avec AFP

L’Iran a accusé vendredi Israël d’avoir voulu semer le «chaos» en tuant Mohsen Fakhrizadeh, 59 ans, un scientifique de haut rang du programme nucléaire iranien, laissant entendre que l’Etat hébreu a agi avec la bénédiction des Etats-Unis.

Washington n’a pas commenté officiellement cette opération, mais le président sortant Donald Trump a retweeté un article et des commentaires sur l’affaire.

Donald Trump a sorti son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, au nom d’une politique de «pression maximale» contre l’Iran, que son gouvernement est déterminé à appliquer jusqu’à la fin de son mandat.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui vient d’effectuer une visite en Israël, a encore imposé vendredi de nouvelles sanctions économiques contre quatre sociétés chinoises et russes accusées d’avoir soutenu le développement du programme nucléaire iranien.

«Cette administration est là jusqu’au 20 janvier» et «elle continuera à mettre en œuvre ses politiques jusqu’à la fin», a assuré récemment un haut responsable du département d’Etat, qui a requis l’anonymat.

«J’espère que ce rapport de forces favorable que l’administration tente tellement d’obtenir», le prochain gouvernement américain «en fera bon usage pour pousser les Iraniens à se comporter comme un pays normal», a-t-il ajouté.

Sabotage de la diplomatie ?

Mais pour la plupart des analystes américains, l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh est dangereux et affaiblit la position de Joe Biden qui, désireux de rompre avec l’unilatéralisme de Donald Trump, a dit vouloir offrir «à l’Iran une voie crédible de retour à la diplomatie» en vue d’une réintégration des Etats-Unis à l’accord sur le nucléaire iranien.

Pour John Brennan, ancien patron de la CIA, c’est un «acte criminel et extrêmement dangereux», qui risque d’entraîner des «représailles létales et une nouvelle phase de conflit régional».

M. Brennan, qui était à la tête de l’agence de renseignement américaine de 2013 à 2017, sous la présidence de Barack Obama et alors que Joe Biden était vice-président, a exhorté l’Iran à «résister à l’envie» d’exercer des représailles et d’attendre «le retour de dirigeants américains responsables sur la scène internationale».

Alors que les Etats-Unis ont envoyé dans le Golfe le porte-avions USS Nimitz, tout en assurant que cela n’avait rien à voir avec l’assassinat du scientifique iranien, l’Allemagne a mis en garde samedi contre «une nouvelle escalade de la situation» tandis que les Nations unies ont exhorté les parties «à la retenue».

«A quelques semaines de l’entrée en fonction du nouveau gouvernement aux Etats-Unis, il s’agit de conserver les marges existantes de dialogue avec l’Iran afin de pouvoir régler par la négociation le conflit sur le programme atomique iranien», a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand.

Un avis partagé par Ben Friedman, professeur à la George Washington University, pour qui cet assassinat «aidera probablement l’aile dure en Iran qui veut des armes nucléaires». C’est aussi «un acte de sabotage visant la diplomatie et les intérêts des Etats-Unis», a-t-il tweeté.

«C’est une action scandaleuse, destinée à saper les relations diplomatiques entre un nouveau gouvernement américain et l’Iran», a estimé pour sa part Ben Rhodes, ancien conseiller diplomatique de Barack Obama. «Il est temps que cette escalade continue cesse».

Certains pourtant voient dans cette opération un levier que le gouvernement Biden pourrait utiliser dans d’éventuelles discussions avec Téhéran.

«Il reste encore deux mois avant que Joe Biden prenne ses fonctions», a noté Mark Dubowitz, directeur du centre de réflexion conservateur Foundation for Defense of Democracies. «C’est bien suffisant pour que les Etats-Unis et Israël infligent des dommages sévères au régime en Iran et donner des moyens de pression à l’administration Biden».

Assassinat du père de la bombe nucléaire iranienne aux abords de Téhéran

Le chef du programme militaire nucléaire iranien a été assassiné vendredi aux abords de Téhéran. L’information a été confirmée par le ministère de défense de la république islamique.

Le docteur Mohsen Fakhrizadeh-Mahabadi, professeur de sciences physiques et officier des Gardiens de la révolution, désigné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en 2018, comme étant à la tête du projet d’armement nucléaire en Iran, a été abattu en plein rue, dans une ville proche de Téhéran.

Mohsen Fakhrizadeh a été pris en embuscade dans la ville d’Absard, à 70 km à l’est de Téhéran. Quatre assaillants ont ouvert le feu après que des témoins aient entendu une explosion. Les efforts pour réanimer Fakhrizadeh ont échoué et son garde du corps a également été blessé.

Un conseiller du chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que le pays exercerait des représailles contre les auteurs. «Nous frapperons comme le tonnerre les assassins de ce martyr opprimé et leur ferons regretter leur action», a tweeté Hossein Dehghan, un commandant militaire.

Le ministère iranien de la Défense a confirmé la mort de Fakhrizadeh dans un communiqué. «Lors de l’affrontement entre son équipe de sécurité et les terroristes, Mohsen Fakhrizadeh a été grièvement blessé et emmené à l’hôpital», a-t-il indiqué. «Malheureusement, l’équipe médicale n’a pas réussi à le faire revivre, et il y a quelques minutes, ce directeur et scientifique, après des années d’efforts et de lutte, a atteint un haut degré de martyre.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a immédiatement identifié Israël comme le coupable probable. «Les terroristes ont assassiné un éminent scientifique iranien aujourd’hui», a-t-il tweeté. «Cette lâcheté – avec des indications sérieuses du rôle israélien – montre un bellicisme désespéré des auteurs. L’Iran appelle la communauté internationale – et en particulier l’UE – à mettre un terme à leur honteux deux poids de mesure et à condamner cet acte de terreur d’État. »

Israël responsable de cet assassinat?

Netanyahu avait révélé en 2018 que l’Etat juif s’était saisi de nombreuses archives dans un entrepôt de Téhéran qui étaient consacrées aux détails de son programme militaire nucléaire, il avait ajouté : « Souvenez-vous bien de ce nom, Fakhrizadeh. »

Un reportage diffusé par la télévision israélienne avait affirmé que l’Etat juif avait décidé de ne pas assassiner Fakhrizadeh dans le passé, préférant le garder en vie pour voir ce qu’il était capable de réaliser.

Israël aurait tué plusieurs éminents scientifiques iraniens au fil des ans pour entraver le programme nucléaire de la république islamique.

Ronen Bergman, expert des renseignements, avait indiqué devant les caméras de la Dixième chaîne, en 2019, que dans la mesure où un grand nombre des proches associés de Fakhrizadeh avaient été tués au cours des années dans des assassinats liés au Mossad, il était « raisonnable de supposer » qu’il serait lui aussi « ciblé » par un assassinat des services secrets israéliens.

Et parce qu’il était encore en vie, avait ajouté Bergman, « on peut se dire qu’apparemment, il y a eu un plan d’assassinat ». Et qu’apparemment, ce plan aurait été abandonné quand Ehud Olmert était Premier ministre, avait poursuivi Bergman, choisissant ses mots avec soin au vu des limitations induites par la censure militaire sur les dossiers de sécurité nationale.

Par ailleurs, en vue de la forte sensibilité de la fin de mandat de Donald Trump, l’armée israélienne s’était préparée à la possibilité que le président américain ordonne une frappe contre l’Iran avant de quitter la Maison Blanche au mois de janvier.

Les responsables israéliens, avaient déclaré que Washington informerait probablement l’Etat juif avant de lancer une action militaire contre la république islamique.

Il est rappeler qu’au mois de janvier 2020, les Etats-Unis avaient assassiné Qassem Soleimani, le puissant dirigeant des forces al-Quds, au cours d’une frappe aérienne perpétrée à l’aéroport international de Bagdad, qui avait failli déclencher un conflit plus important entre les deux pays.

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