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Gideon Saar

Gideon Sa’ar : Israël et le Maroc sont déterminés à lutter contre quiconque qui tente de miner leur souveraineté ou leur sécurité

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Au fur et à mesure des visites des hauts responsables israéliens, se dessinent clairement les contours d’une véritable coopération de sécurité et de défense entre le Maroc et Israël, d’un degré de maturité étonnant. Après Benny Gantz qui a balisé le terrain. Aviv Kohavi qui a brisé le plafond de verre psychologique. Le dernier hôte du Royaume, Gideon Sa’ar, Vice-Premier ministre et ministre israélien de la Justice, dévoile sans détour l’intensité et la force des liens entre les deux États.

Gideon Sa’ar, nouvel allié de Benny Gantz et nouvelle pièce maîtresse du jeu politique israélien est arrivé lundi 25 juillet à Casablanca pour une visite officielle de quatre jours. La présence de son épouse, la présentatrice vedette de la télévision israélienne Geula Even Saar, profère à cette visite un fort échos médiatique en Israël.

En effet, Geula Even Saar, du fait de la participation de son conjoint aux élections du 1er novembre, s’est vue signifier par son employeur, la chaîne de télévision publique Kan 11, sa suspension durant la période électorale. Une affaire largement médiatisée suite au refus de la présentatrice vedette d’accepter la décision de lui interdire les plateaux télés.

Gideon Sa’ar signe un article exclusif à L’Observateur et Al Ahdath Al Maghribia

Gideon Sa’ar, «جدعون ساعر» en arabe, est la deuxième personnalité politique israélienne après Benny Gantz à signer un article sur les colonnes du très influent groupe média marocain, Global Media Holding.

L’article du Vice-Premier ministre est paru dans les éditions du mardi 26 juillet d’Al Ahdath Al Maghribia sous le titre «Gideon Sa’ar : Merci Majesté le Roi» et de L’Observateur sous le titre : «Gideon Sa’ar : Les juifs auront toujours une place dans leur cœur pour le Maroc »

Le ministre israélien a articulé son article autour de trois axes :

  1. La sécurité du Maroc et d’Israël : un défi historique commun

L’histoire de la coopération en matière de sécurité, de défense et de renseignement entre le Maroc et Israël n’est plus un tabou dans le storytelling des responsables israéliens et dans les médias marocains. Ce qui était jadis, un secret d’Etats, est aujourd’hui un «game changer», un avantage et une supériorité géostratégiques indéniables.

Le vis-premier ministre israélien, Gideon Sa’ar, moins tenu à la réserve militaire que Benny Gantz et Aviv Kohavi a été très direct et très explicite dans sa description de cette coopération sécuritaire.

Israël et le Maroc sont déterminés à lutter contre quiconque tente de miner leur souveraineté ou leur sécurité.

Gideon Sa’ar sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique

«Avec la fondation de l’État d’Israël, la coopération entre les deux pays était naturelle. Nous avons maintenu des relations de sécurité étroites qui se sont poursuivies et renforcées sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI (même sans maintenir de relations publiques)», a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : «En 1977, le Roi Hassan II a amené le ministre israélien de la Défense, Moshe Dayan, à rencontrer l’émissaire et conseiller personnel du président égyptien el-Sadate. Cela a permis une percée diplomatique, conduisant finalement à un contact direct entre Israël et l’Égypte, culminant avec la visite historique du président Sadate en Israël».

Le plaidoyer de Gideon Sa’ar le conduit à révélé l’intensité et le degré de maturité de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Ainsi, il affirme sana ambiguïté qu’Israël et le Maroc sont dévoués à la relation qui s’est développée entre leurs établissements de sécurité respectifs et «sont déterminés à lutter contre quiconque tente de miner leur souveraineté ou leur sécurité».

  1. Coopération judiciaire : Signature d’une déclaration conjointe

«La justice est une pierre angulaire de toute foi et de toute société» écrit le ministre de la justice israélien.

Gideon Sa’ar annonce sur les colonnes de L’Observateur qu’au cours de sa visite, il allait procéder avec son homologue, Abdellatif Ouahbi, une déclaration conjointe concernant la coopération entre les systèmes juridiques israélien et marocain.

Parmi les domaines qui seront discuter :

  • La promotion de la Défense Publique,
  • Une plus grande accessibilité des citoyens au système judiciaire,
  • Les alternatives à la justice punitive.
  1. La place du judaïsme et de la communauté juive au Maroc

«La place que le judaïsme et la communauté juive ont au Maroc, pendant aussi longtemps, facilite les bonnes relations avec Israël, et rend les liens entre les peuples eux-mêmes si chaleureux, et pas seulement entre les dirigeants et les gouvernements», écrit le ministre israélien.

Gideon Sa’ar a tenu à remercier le Roi Mohammed VI et lui exprimer sa gratitude pour son engagement constant en faveur de la sauvegarde du patrimoine juif marocain et son support aux communautés juives au Maroc.

«Je tiens à remercier Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour avoir bien voulu parrainer le processus de réorganisation des communautés juives au Maroc et pour l’inclusion des études juives dans le cursus national» a-t-il écrit.

«Je remercie également Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour avoir récemment approuvé trois nouvelles institutions visant à protéger les traditions juives marocaines, tant dans le Royaume qu’à travers le monde», poursuit-il

«J’exprime également ma gratitude au Souverain pour avoir lancé un projet de réhabilitation pour des centaines de sites juifs à travers le Royaume – une action sans précédent dans la région» s’est félicité l’hôte du Royaume.

Gantz et Sa’ar fusionnent leurs partis politiques et se positionnent en favoris pour les élections de novembre

Le parti Bleu et Blanc du ministre de la Défense Benny Gantz et le parti Nouvel espoir du ministre de la Justice Gideon Sa’ar fusionnent, en perspective des élections législatives israéliennes du mois de novembre prochain. Les cinquième du genre en 3 ans et demi. L’annonce a été faire le 10 juillet dernier lors d’une conférence de presse conjointe.

«Aujourd’hui, nous posons la première pierre du prochain gouvernement», a déclaré Gantz.

«Les extrêmes ont donné le ton pendant trop longtemps, et le centre israélien est resté sans voix».
s’est-il indigné.

Benny Gantz a décrit l’année qu’il a passée sous la direction de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahou, comme «une main sur le volant», qui a réussi à «arrêter au moment critique le coup qu’il allait être porté à la démocratie et à sauvegarder le système juridique.»

«Les citoyens d’Israël ont besoin d’un gouvernement qui fonctionne et qui s’occupe de sa sécurité nationale», a-t-il martelé avant de faire l’éloge de son nouvel allié, Gideon Sa’ar, le qualifiant de «leader courageux et honnête».

Gantz a appelé à l’unité tous ceux qui reconnaissent Israël comme un «État fort, confiant, juif et démocratique mais qui n’ont pas d’opinions racistes».

Projet électoral de la fusion : Droite patriotique et sécurité nationale centriste

Gideon Sa’ar a ensuite pris la parole et a souligné que la fusion serait celle de la «droite patriotique» mais avec des politiques de «sécurité nationale centriste».

«Benny Gantz s’est montré fort face à la machine à poison», a-t-il déclaré. Les décisions prises par Gantz ont été pour le bien du pays. Il a fait preuve de résistance face aux attaques.

Cela a prouvé que Gantz était « le leader approprié pour se tenir à la tête de ce gouvernement d’union », a-t-il dit.

Les négociations entre les deux leaders donnent au parti de Gideon Sa’ar, «New Hope», un tiers des sièges du parti commun, contre deux tiers pour les Bleu et Blanc, de Benny Gantz.

Israël: Gideon Saar, l’ancien ministre qui défie Netanyahu

Avec ses airs de comptable «gentleman», il n’a pas le charisme de son ancien mentor Benjamin Netanyahu. Mais jeudi, Gideon Saar va défier le Premier ministre à la tête du Likoud, grand parti de droite au coeur de la vie politique israélienne.

Né à Tel-Aviv, Gideon Saar, 53 ans, est une des figures du Likoud depuis une décennie et a été plusieurs fois ministre dans les gouvernements Netanyahu entre 2009 et 2014.

Surtout, il a été l’un des premiers à réclamer l’organisation d’une primaire pour désigner un nouveau chef du parti, après l’inculpation de Benjamin Netanyahu pour corruption.

Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, Benjamin Netanyahu a toujours refusé de désigner un successeur à la direction du parti et M. Saar l’a accusé à plusieurs reprises de l’en écarter.

Avocat et journaliste, l’aspirant chef du Likoud entre en politique en 1999 grâce à Netanyahu qui le nomme secrétaire du gouvernement, une fonction qu’il occupera aussi dans le gouvernement d’Ariel Sharon en 2001.

Il est élu au Parlement en 2003, puis réélu en 2006, 2009 et 2013.

La popularité de Gideon Saar grandissant au sein du parti, sa rivalité avec M. Netanyahu est devenue de notoriété publique.

En septembre 2014, alors ministre de l’Intérieur, il annonce brusquement «prendre une pause» dans sa carrière politique pour passer plus de temps avec sa famille.

Il renonce ensuite à son siège au Parlement tout en restant membre du Likoud.

Durant son absence de la scène politique, il est qualifié par les commentateurs politiques de successeur potentiel à Netanyahu, qui le considère comme une menace.

En avril 2017, il annonce son retour en politique.

Les gens veulent du changement à la tête du Likoud

Marié à une célèbre présentatrice et père de quatre enfants dont deux d’un premier lit, Gideon Saar semble plus calme que le volubile Premier ministre.

«Il tient plus du gentleman», estime Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. «La deuxième différence est qu’il n’est pas visé par des soupçons de corruption.»

En novembre, le procureur général a inculpé Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires. Le Premier ministre, qui nie en bloc ces accusations, n’est pas obligé de démissionner de son poste tant qu’il n’est pas condamné et que tous les appels n’ont pas été épuisés, d’après la loi.

Réélu député lors des législatives d’avril puis de septembre 2019, Gideon Saar «essaie de doubler le Premier ministre sur sa droite», affirme Ofer Zalzberg, analyste au think-tank International Crisis Group (ICG).

Plus marqué à droite que Netanyahu, l’ancien étudiant en sciences politiques se dit en faveur de l’annexion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et appelle à restreindre le pouvoir de la Cour suprême dans ses décisions sur les questions constitutionnelles.

Alors que le Likoud, arrivé au coude-à-coude avec le parti centriste « Bleu-Blanc », ne parvient pas à atteindre une majorité nécessaire pour former un gouvernement lors de législatives en novembre, Netanyahu déclare envisager une primaire au sein du Likoud.

Sur Twitter, Gideon Saar répond du tac au tac: «Je suis prêt». «Les gens veulent du changement à la tête du Likoud», affirme-t-il.

Le politicien aux tempes grisonnantes et aux lunettes à la monture quasi transparente, joue la carte du rassembleur au-delà de son propre camp, en misant sur ses relations avec des chefs d’autres partis et, bien qu’il n’en souffle pas mot, sur le fait qu’il n’est pas inculpé, au contraire de Netanyahu.

«Gideon Saar peut bâtir la prochaine coalition (gouvernementale). Il peut élargir nos appuis, non seulement avec «Bleu-Blanc» mais avec d’autres partis de droite», estime auprès de l’AFP Sharren Haskel, une des rares députées du Likoud qui soutient ouvertement Gideon Saar.

Mais les chances de remporter ces primaires pour Saar, qui compte pour l’heure sur le soutien public de moins de cinq députés et d’aucun ministre, semblent pour certains encore bien minces.

AFP