Chine - Page 8

#Le1Facts: Il y a 45 ans la Chine revenait au Conseil de Sécurité

/

Le 23 novembre 1971, soit il y a tout juste 45 ans, la Chine, membre fondateur de l’ONU, retrouve son siège au Conseil de Sécurité au détriment de Taïwan. Les forces nationalistes s’étaient en effet réfugiées sur l’île après leur défaite contre les communistes. En sécession avec le reste du territoire Chinois, elles prétendaient toujours représenter le pays et avaient conservé le siège. Mais l’ONU a reconnu la République Populaire de Chine comme légitime héritière de la République de Chine. Cette arrivée d’un nouveau pays communiste marque la fin de la domination des occidentaux au Conseil de Sécurité.

Routes de la soie : le Maghreb assiste impuissant à l’encerclement de l’UE

/

Par temps clair au large des baies de Tanger, Tunis ou Alexandrie, on assiste distinctement au suicide européen. Lorsque le ciel est dégagé, on peut témoigner du flux ininterrompu des dizaines de milliers de porte-conteneurs géants en provenance d’Asie se dirigeant vers Rotterdam. Ainsi, au lieu d’être la chance de l’Europe, la Méditerranée est aujourd’hui l’instrument de son déclin, comme une veine ouverte dans un bain chaud.

Risque d’encerclement géo-économique

La balance commerciale de l’Union européenne (UE) avec les pays du sud de la Méditerranée dégage un surplus qui compense à peine le tiers de son déficit avec la Chine. Les coûts cachés de ce commerce au long cours sont très sous-estimés, de sorte que l’Europe pâtit sans doute moins de la « stratégie des mille entailles » du théoricien du djihadisme Abou Moussab Al-Souri que du programme One Belt, One Road proposé en 2013 par le président chinois Xi Jinping (une ceinture, une route, association de la route de la soie terrestre eurasiatique et la route de la soie maritime).

L’activisme de la Chine devrait alerter les Européens sur le risque d’encerclement géo-économique qui pèse sur l’UE. Pendant que l’Union dilapide ses fonds structurels dans la réhabilitation du moindre réseau de routes secondaires en Pologne ou en Hongrie, Pékin a acquis, en avril, 67 % du deuxième plus important port grec que ses entreprises s’empressent désormais de relier par le rail… à la Hongrie.

Le périmètre extérieur de la One Belt, One Road ne se limite pas à la Méditerranée orientale. Pékin est déjà devant Paris le premier partenaire économique de l’Algérie, ses fleurons étatiques ont déjà pris des parts dans les ports d’Alger, de Nouakchott et de Dakar. Autorités et sociétés chinoises avaient avancé, en novembre 2015 à Marrakech, l’idée d’un package « construction-financement » avec concession de gestion sur quarante ans qui pourrait s’appliquer au projet de liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar.

Faire descendre les capitaux européens en Afrique

Si les dirigeants européens voient assez clairement ce que One Belt, One Road peut apporter à Pékin en termes de compétitivité et d’ascendant, ils semblent éprouver les pires difficultés à imaginer ce que serait l’apport décisif d’un corridor Europe-Afrique via le Maghreb. L’Eurafrique est la dimension pertinente pour répondre au défi compétitif que posent à l’Europe l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et l’Association des nations d’Asie du Sud-Est auquel sont associés la Chine, le Japon et la Corée du Sud (Asean + 3).

Alors qu’elles devraient investir massivement au sud pour créer une division euro-méditerranéenne du travail, les entreprises du Vieux Continent ne consacrent aujourd’hui pas plus de 2 % de leurs investissements directs étrangers aux pays de la rive sud et à peine 3 % à l’Afrique si l’on en croit les calculs de l’Ipemed. Et cela au moment où les Etats-Unis, le Japon et la Chine accroissent leurs efforts d’investissement sur le continent dans des proportions atteignant 15 % à 20 %.

Ce grave déficit d’investissement se traduit très concrètement : il est aujourd’hui deux fois et demie plus cher d’acheminer un conteneur sur 1 000 km de Cotonou à Ouagadougou que sur 12 000 km de Cotonou à Shanghai. Seuls trois pays ouest-africains figurent dans le top 15 des nations africaines dans le rapport du 28 juin 2016 de la Banque Mondiale sur la « logistique du commerce dans l’économie mondiale ». L’Afrique de l’ouest étant logistiquement fragmentée, l’Europe est durablement amputée d’un voisinage prospère.

Si l’Europe ne réagit pas, les 780 millions d’Ouest-Africains en 2050 ne seront ni des clients ni des sous-traitants, mais enverront leur lot de migrants économiques et de réfugiés. Si les capitaux européens ne descendent pas en Afrique, les travailleurs africains iront vers eux et les classes moyennes de leur pays d’origine consommeront chinois.

Le long des fuseaux horaires « Europe-Middle East-Africa »

Chaque euro dépensé en Afrique du Nord aurait pourtant pour effet de stimuler la demande adressée en retour puisque les pays maghrébins réalisent plus des deux tiers de leurs importations depuis l’UE. Plus de 60 % des importations allemandes en provenance de Chine sont des produits que le Maghreb exporte aussi : textile, électronique, mécanique et cuir.

Un nombre croissant d’entreprises mondiales adoptent un découpage géographique « Europe-Middle East-Africa » par groupement de fuseaux horaires. Le corridor économique Paris-Madrid-Tanger-Dakar est le prolongement naturel de cette évolution.

Le TGV qui reliera les plateformes maritimes de Tanger et de Casablanca en un peu plus de deux heures contre près de cinq heures actuellement devrait être mis en service dès septembre 2018 et constituer un premier jalon concret posé vers une liaison fixe traversant le détroit de Gibraltar. Ce projet est aujourd’hui envisagé par la SNED comme un tunnel ferroviaire à triples rails à l’horizon 2025.

Le prolongement du TGV marocain au sud vers Agadir par la China Railway Construction Corporation a fait l’objet d’un mémorandum d’entente signé après la visite royale à Pékin, en mai. La même entreprise s’est vue attribuer la réhabilitation des plus de 1 200 km de la ligne Dakar-Bamako pour 2,3 milliards d’euros.

La revanche du train sur le porte-conteneur

La ligne de chemin de fer qui relie en 13 jours Duisbourg en Allemagne occidentale à Chongqing (30 millions d’habitants) par la Pologne et la Biélorussie a été mise en service le 28 janvier 2011, deux semaines seulement après la chute du régime Ben Ali. Les chinois ont fait leur la maxime de John D. Rockefeller « acheter au son du canon, vendre au son du clairon ». Pas moins de neuf lignes de chemin de fer reliant la Chine à l’Europe ont été lancées entre 2011 et 2015. Pékin prévoit de porter la part de son traffic commercial par chemin de fer de 1% à 7% à l’horizon 2020.

Le train offre une alternative intéressante en termes de rapport coût/délai et d’efficacité commerciale, avec une durée moyenne du parcours Chine-Europe de moins de deux semaines contre plus cinq semaines par la mer. Seulement deux bateaux sur trois sont aujourd’hui ponctuels, les rotations sont de plus en plus longues, les infrastructures portuaires saturées, les bateaux toujours plus gigantesques (jusqu’à 20 000 conteneurs) rendant le fret maritime de plus en plus lent donc moins attractif pour les produits industriels de grande consommation.

Hewlett Packard est l’un des utilisateurs réguliers de la ligne Chongqing-Duisbourg, aux côtés d’industriels de la pétrochimie, des pièces détachées automobiles, de l’électronique et de l’agro-alimentaire. Dans le cadre du programme « Go West », les autorités municipales des mégalopoles intérieures (Wuhan, Chengdu ou Zhengzhou) subventionnent massivement les expéditions ferroviaires vers l’Europe pour accélérer l’industrialisation des régions non côtières.

La quatrième route de la soie en Afrique atlantique

Pendant que l’UE manque cruellement d’un plan géo-économique cohérent pour la Méditerranée et l’Afrique, la Chine construit non pas une mais quatre routes de la soie vers l’Europe : l’une par l’Asie centrale, l’autre par l’océan Indien et la troisième à travers l’Arctique. La quatrième est celle qui se dessine progressivement dans le prolongement de la péninsule Ibérique vers l’Afrique atlantique puis le golfe de Guinée.

Le corridor mauritanien, qui commence au sud du Maroc, est un segment critique de cette quatrième route de la soie. Le Maroc a son propre plan d’infrastructures, le « modèle de développement des provinces du Sud » qui, pour près de 7 milliards d’euros d’investissements, vise à reconstituer un couloir logistique transsaharien. La plus grande gare routière d’Afrique, à Laayoune, mettra les marchés d’Abidjan et de Lagos à la portée des conteneurs de Tanger Med.

Vu de Bruxelles, l’horizon indépassable des relations UE-Maghreb demeure malheureusement la négociation indifférenciée d’accords de libre échange complets et approfondis, y compris dans l’agriculture et les services. Avec des pays comme la Tunisie dont la part des industries manufacturières dans le PIB a baissé de cinq points entre 1990 et 2013.

Si les voix qui s’élèvent dans toute l’Europe du Sud pour réclamer une stratégie continentale de relance par les grands travaux se font entendre, le Fonds européen pour les investissements stratégiques – dont 6 % des engagements concernent le secteur du transport – devrait se pencher sur le corridor eurafricain dans le cadre du « Plan Juncker » qui n’a investi que 37 % de son enveloppe globale. Il est encore temps d’agir.

Le libre-échange tient lieu de logique intellectuelle de repli, en l’absence d’une appréhension lucide des intérêts européens. Dans le cas contraire, le Vieux Continent risque fort de se trouver pris dans la toile des routes de la soie, comme Mowgli dans Le Livre de la jungle se réveille enserré dans les anneaux du python Kaa.

Article initialement publié dans Le Monde.fr , rédigé par 

Une première depuis la 2éme guerre mondiale: Accord trilatérale entre les marines Américaine, Britannique et Japonaise

Les chefs d’Etat-major des forces marines de l’US Navy, de la Royal Navy et de la Force d’autodéfense maritime du Japon se sont réunis au Pentagone le 20 octobre pour mener des pourparlers et signer un accord de coopération trilatérale sans précédent. L’accord renforce la relation de travail étroite qui lie les trois armées, lesquelles sont déjà engagées par des accords de type stratégique.

L’objectif annoncé de cette coopération est de mener à l’avenir des patrouilles conjointes, et la nécessité de traiter rapidement et plus efficacement le renseignement militaire dans un monde de plus en plus mondialisé, et aussi assurer la libre circulation du commerce et l’accès aux biens. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau traité ou d’une nouvelle obligation de défense, l’accord établit une feuille de route pour les futures activités de coopération afin d’obtenir des ‘effets stratégiques mutuellement souhaités’.

L’accord n’est pas spécifique à une région en question puisque les trois pays coopèrent déjà dans des régions aussi diverses que l’Afrique de l’Est, l’Europe et le Pacifique occidental, mais la double importance accordée à la protection du commerce maritime libre et au renforcement mutuel des capacités de combat hautement sensible, implique un nouveau modèle de coopération, avec une forte concentration sur le Pacifique occidental et la mer de Chine méridionale.

Le discours vérité du Roi Mohammed VI au sommet Maroc -CCG

/

Le texte intégral du Discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI, mercredi 20 avril 2016 à Ryad, à l’occasion du sommet Maroc-CCG:

«Louange à Dieu.
Paix et salut sur le Prophète.
Sa famille et Ses compagnons.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses, Excellences,
Je viens aujourd’hui, le cœur plein d’affection et de fierté, celles-là mêmes que Je ressens chaque fois que je Me rends dans la région du Golfe arabe.
Mais Je voudrais, tout d’abord, exprimer Mes remerciements à notre frère, le Serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane bin Abdelaziz Al-Saoud, qui a bien voulu accueillir cet important Sommet, ainsi qu’à tous les Chefs d’Etat des pays du Conseil de Coopération du Golfe, qui y participent.
Je tiens également à vous dire combien je suis fier et sensible au soutien matériel et moral que vous apportez au Maroc, dans la réalisation de ses projets de développement et la défense de ses justes causes.
En effet, notre rencontre aujourd’hui traduit la profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays.
Nonobstant les distances géographiques qui séparent nos pays, nous demeurons unis, grâce à Dieu, par des liens solides, qui ne reposent pas seulement sur la langue, la religion ou la civilisation, mais qui s’appuient également sur un attachement commun aux mêmes valeurs et principes et aux mêmes orientations constructives.
Nous partageons aussi les mêmes défis et faisons face aux mêmes menaces, surtout dans le domaine sécuritaire.
Mais pourquoi ce Sommet, le premier du genre? Et pourquoi aujourd’hui précisément?
Mes frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Nous sommes parvenus, grâce à notre volonté commune, à poser les solides fondations d’un partenariat stratégique, issu d’un processus fructueux de coopération au niveau bilatéral.
En effet, le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères. Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes.
Nous nous réunissons donc aujourd’hui pour donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels.
C’est la meilleure démonstration que l’Action arabe commune ne se réalise pas à coups de réunions et de discours, ni au moyen de Sommets périodiques de forme, ou de résolutions toutes prêtes, mais inapplicables.
En revanche, elle requiert des efforts soutenus et une coopération tangible, ainsi que le renforcement et l’exploitation judicieuse des expériences réussies, dont et au premier chef, l’expérience pionnière du Conseil de Coopération des Etats du Golfe Arabe.
C’est un message d’espoir pour nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuples quant à notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs.
Majestés, Altesses,
Ce Sommet se tient dans une conjoncture délicate. La région arabe vit, en effet, au rythme de tentatives de changement de régimes et de partition des Etats, comme c’est le cas en Syrie, en Irak et en Libye, avec tout ce que cela comporte comme tueries, exodes et expulsions d’enfants de la patrie arabe.
Après ce qui fut présenté comme un printemps arabe qui a occasionné tant de ravages, de désolations et de drames humains, nous voilà vivre aujourd’hui un automne calamiteux, avec le dessein de faire main basse sur les ressources des autres pays arabes et de briser les expériences réussies d’autres Etats, comme le Maroc, en portant atteinte à son modèle national original qui le distingue.
Nous respectons la souveraineté des Etats et respectons leurs choix et leurs orientations, pour établir et développer leurs relations avec les partenaires qu’ils veulent. Nous ne sommes pas ici pour demander, les uns aux autres, des comptes sur nos choix politiques et économiques.
Il y a cependant de nouvelles alliances qui risquent de conduire à des divisions et à une redistribution des cartes dans la région. Ce sont, en réalité, des tentatives visant à susciter la discorde et à créer un nouveau désordre n’épargnant aucun pays, avec des retombées dangereuses sur la région, voire sur l’état du monde.
Pour sa part, tout en restant attaché à la préservation de ses relations stratégiques, le Maroc n’en cherche pas moins, ces derniers mois, à diversifier ses partenariats, tant au niveau géopolitique qu’au plan économique.
Et c’est dans ce cadre que s’inscrit Notre visite réussie en Russie, le mois dernier, visite marquée par le développement de nos relations hissées au niveau de partenariat stratégique approfondi et par la signature d’accords structurants dans de nombreux domaines vitaux.
Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République Populaire de Chine, où Nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut.
Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays. Il restera fidèle à ses engagements à l’égard de ses partenaires, qui ne devraient y voir aucune atteinte à leurs intérêts.
C’est dire que la tenue de ce Sommet n’est dirigée contre personne en particulier, surtout parmi nos alliés. C’est une initiative naturelle et logique de la part d’Etats qui défendent leurs intérêts, comme le font tous les Etats. Il est un fait que nos frères du Golfe supportent le coût et les conséquences des guerres successives que connaît la région.
Majestés, Altesses,
La situation est grave, surtout au regard de la confusion patente dans les prises de position et du double langage dans l’expression de l’amitié et de l’alliance, parallèlement aux tentatives de coups de poignard dans le dos.
Que veulent-ils de nous?
Nous faisons face à des complots visant à porter atteinte à notre sécurité collective. Ceci est clair et n’a pas besoin d’analyse. Ils en veulent à ce qui reste de nos pays, qui ont pu préserver leur sécurité, leur stabilité et la pérennité de leurs régimes politiques.
J’entends par là, les Etats du Golfe arabe, le Maroc et la Jordanie, qui constituent un havre de paix et de sécurité pour leurs citoyens, et un élément de stabilité dans leur environnement.
Nous faisons face aux mêmes dangers, aux mêmes menaces, si variées qu’en soient les sources et les manifestations.
En effet, la défense de notre sécurité n’est pas uniquement un devoir commun, elle est une et indivisible. De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc. Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également.
Il s’est toujours attaché à le montrer en tous temps et en toutes circonstances en contrecarrant toutes les menaces auxquelles la région est confrontée, que ce soit lors de la première guerre du Golfe ou à l’occasion de l’opération de restauration de la légalité au Yémen, outre la coopération continue en matière de sécurité et de renseignement.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Les plans d’agression attentatoires à notre stabilité se poursuivent toujours et ne cesseront pas. En effet, après avoir morcelé et détruit nombre de pays du Machreq Arabe, les voilà qui s’en prennent aujourd’hui à son flanc occidental. Le dernier en date concerne les manœuvres orchestrées contre l’intégrité territoriale de votre deuxième pays, le Maroc.
Rien de nouveau, puisque les adversaires du Maroc déploient tous les moyens, directs et indirects, dans leurs menées flagrantes.
Ils tentent, selon les conjonctures, soit de délégitimer la présence du Maroc dans son Sahara, soit d’appuyer l’option de l’indépendance et la thèse séparatiste, ou encore d’affaiblir l’Initiative d’autonomie dont la communauté internationale atteste le sérieux et la crédibilité.
Avec la persistance de ces manigances, le mois d’avril, qui coïncide avec les réunions du Conseil de Sécurité sur l’affaire du Sahara, est devenu un épouvantail qu’on agite à la face du Maroc et, parfois, un moyen de pression ou d’extorsion.
Majestés, Altesses,
Nous saisissons cette occasion pour vous exprimer la fierté et la considération que nous inspire votre soutien constant à notre pays dans la défense de son intégrité territoriale. En effet, les pays du Golfe ont toujours fait leur l’affaire du Sahara marocain et cela ne nous surprend guère de votre part.
Car, déjà, en 1975, ont participé à la Marche Verte lancée à l’époque pour la récupération de nos provinces du Sud, des délégations d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar, du Sultanat d’Oman et des Emirats, avec la présence marquante de Notre Frère, Son Altesse Cheikh Mohammed Bin Zayed Al-Nehyane, Prince Héritier d’Abou Dhabi, qui avait 14 ans à l’époque.
Depuis lors, les Etats du Golfe n’ont ménagé aucun effort pour faire triompher notre Cause juste et défendre la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire. Une position que vous avez réaffirmée pendant la dernière crise avec le Secrétaire général des Nations Unies.
Mais cette fois-ci, la situation est grave et inédite dans l’histoire de ce conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara.
Les choses en sont arrivées au point d’engager une guerre par procuration où le Secrétaire général des Nations Unies est instrumentalisé pour essayer de porter atteinte aux droits historiques et légitimes du Maroc concernant son Sahara, comme en témoignent les déclarations partiales du responsable onusien et ses agissements inacceptables afférant au Sahara Marocain.
Mais ne vous en étonnez pas car dès lors qu’on connait les raisons, il n’y a plus de mystère. En effet, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il admet ne pas avoir une connaissance complète du dossier du Sahara Marocain, comme c’est le cas pour de nombreuses autres affaires? Mieux encore, il ignore le détail des développements et les véritables dessous du dossier.
Par ailleurs, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il est l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent?
L’on sait aussi que certains parmi ces fonctionnaires ont des parcours nationaux et des backgrounds politiques particuliers, et qu’ils servent les intérêts d’autres parties, sans respect de l’obligation de neutralité et d’objectivité à laquelle ils sont tenus du fait de leur appartenance à l’Organisation des Nations Unies, et qui se trouve être le fondement de l’action onusienne.
En effet, le Secrétaire général, en dépit de l’estime personnelle que Nous lui portons, n’est en définitive qu’un homme. De ce fait, il lui est impossible deºcerner toutes les affaires soumises aux Nations Unies et de trouver les solutions qu’il faut à toutes les crises et à tous les différends qui éclatent dans le monde.
Je tiens ici à souligner que le Maroc n’a aucun problème ni avec les Nations Unies dont il est un membre actif, ni avec le Conseil de Sécurité dont il respecte les membres avec lesquels il interagit en permanence. Le problème est, plutôt, avec le Secrétaire général, et plus particulièrement avec certains parmi ses collaborateurs en raison de leurs positions hostiles au Maroc.
Le Maroc a toujours coordonné, au sujet ce conflit artificiel suscité autour de son intégrité territoriale, avec ses amis traditionnels, comme les Etats Unis d’Amérique, la France et l’Espagne, et avec ses frères arabes, notamment les pays du Golfe, et africains comme le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Gabon.
Mais le problème reste posé avec les responsables des administrations qui changent en permanence dans certains de ces pays.
A chaque changement, il faut déployer de grands efforts pour informer ces responsables du dossier du Sahara Marocain, de toutes ses dimensions et de ses véritables dessous et leur rappeler que ce conflit, qui dure depuis plus de quarante ans, a fait de nombreuses victimes et occasionné d’importants coûts matériels, et que le dossier du Sahara est l’affaire de tous les Marocains, et non seulement celle du Palais Royal.
Majestés, Altesses,
L’heure de la sincérité et de la vérité a sonné. Le monde arabe traverse une période critique car ce que vivent certains pays n’est pas une exception, mais il s’inscrit plutôt dans le cadre de plans programmés qui nous visent tous.
En effet, le terrorisme ne fait pas que nuire à la réputation de l’islam et des musulmans. Certains s’en servent aussi comme un prétexte pour diviser nos pays et pour y semer la zizanie.
Cette situation exige d’ouvrir un débat franc et profond entre les différents rites pour corriger les mystifications, mettre en lumière la véritable image de l’Islam et réactiver les valeurs de tolérance qui sont les nôtres.
Il ne s’agit pas d’une affaire liée à un pays donné, mais bien de notre besoin d’une prise de conscience collective par rapport à ces défis et d’une volonté réelle de renouveler notre pacte stratégique scellé avec nos partenaires selon des termes bien définis devant régir nos relations pour les décennies à venir.
Nous vivons une période charnière entre ce que nous voulons et ce que les autres veulent que nous soyons.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de positions unies et claires rassemblant tous les pays arabes. Car, soit nous nous agrégeons les uns aux autres comme une seule entité et à l’image d’une structure bien charpentée, soit nous serons à l’inverse de ce que nous voulons être.
Puisse Dieu guider nos pas dans l’intérêt bien compris de nos peuples et de notre Oumma.
Wassalamou Alaïkoum Warahmatullahi Wabarakatuh.»