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Roadshow Africain de l’Institut Amadeus pour expliquer les enjeux de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO

L’Institut Amadeus, connu pour être fortement impliqué dans les problématiques africaines, lance une initiative de réflexion et d’échanges en perspective de l’adhésion du Royaume du Maroc à la CEDEAO. Le think tank marocain, dirigé par Brahim Fassi-Fihri, est le promoteur des MEDays qui constituent désormais un rendez-vous de rayonnement mondial où les principales problématiques géopolitiques de l’heure sont traitées par les plus grands experts et éminents spécialistes de tous les continents.

C’est en collaboration avec des think tanks sénégalais que l’Institut Amadeus organise le 29 mars prochain à Dakar une conférence sous le thème «Adhésion du Maroc à la CEDEAO : Fondements, enjeux et perspectives communes», avec l’ambition d’élargir le débat, les prochaines semaines, dans d’autres capitales d’Afrique de l’Ouest.

Selon les organisateurs de l’événement, «l’objectif de cette conférence est d’instaurer une écoute respective ainsi qu’un dialogue franc et ouvert entre les principaux acteurs sénégalais et marocains concernés, sur les conditions optimales d’un élargissement, au Royaume du Maroc, de la CEDEAO.» «Cet exercice permettra de partager les ambitions communes, d’exprimer les attentes réciproques, d’identifier les appréhensions respectives ainsi que les accommodements nécessaires et le dépassement en commun des difficultés rencontrées» peut-on lire dans un communiqué publié sur le portail de l’organisme marocain.

La rencontre de Dakar, la première d’une série de conférences, degré réunir «des responsables gouvernementaux, des parlementaires, des opérateurs économiques et des acteurs influents de la société civile, du Sénégal et du Maroc (…) et permettra de présenter d’une part la perspective du Royaume du Maroc, notamment les fondements de sa vocation ouest-africaine, et de connaître d’autre part les différentes positions des parties prenantes sénégalaises sur cette adhésion, y compris les inquiétudes qu’elle peut susciter.»

Les organisateurs de la conférence assurent que les recommandations qui en découleront «seront communiquées à l’ensemble des décideurs marocains et sénégalais» surtout que «cette première étape permettra d’identifier les bases d’un débat plus large qui ambitionne d’être étendu au reste de la communauté d’Afrique de l’Ouest» conclut le communiqué.

Bourita empêtré dans un bourbier diplomatique

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En clôturant son sommet ordinaire à Addis Abeba, la Conférence des chefs d’Etat a, comme il est toujours question, publié une déclaration finale. Celle-ci comporte un paragraphe important concernant le Sahara marocain et le conflit qui l’entoure. Beaucoup de fuites et de rumeurs se sont ensuite enchaînées pour faire parler un texte qui n’a pas encore été officiellement publié par les instances de l’Union africaine mais dont tout le monde connaissait plus ou moins la teneur.

Malgré tous les contacts entrepris au niveau du ministère marocain des Affaires étrangères, personne n’était en mesure de confirmer ou d’infirmer le contenu du communiqué ou d’en faire disposer une copie aux parties intéressées. Par ce mutisme incompréhensible de la part des services de Nasser Bourita, la voie était dégagée pour Alger et le Polisario afin d’interpréter la déclaration finale du 30ème sommet africain comme bon il leur semblait.

Au lieu de laisser l’opinion publique dans le black-out total, la simple publication par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale du contenu de la déclaration finale de la Conférence ordinaire des chefs d’Etat africains aurait calmé les esprits et rassuré les marocains. Malheureusement, Bourita et ses équipes ont opté pour des justifications qui n’ont convaincu personne. Il s’agit quand-même de notre première cause nationale et les citoyens ont droit à la vérité. Tout le monde s’attendait au déploiement d’un argumentaire clair et précis de la part de nos services diplomatiques en vue de désarticuler l’amas de mensonges et autres contre-vérités des adversaires du Maroc, sauf que nous avons eu droit à des approximations dans le cadre d’une stratégie défensive jamais offensive.

Durant la conférence de presse donnée hier par Nasser Bourita à Addis Abeba, le chef de la diplomatie marocaine a parlé de tout sauf des points les plus cruciaux qui concernent et inquiètent les marocains. A titre d’exemple, une des moutures fuitées de la déclaration finale, parle de «relancer le processus de négociation entre le Maroc et la RASD» et non pas le Polisario. Que répond Bourita à ce point ? La Conférence des chefs d’Etat africains a aussi appelé les «deux Etats» à engager sans conditions préalables des «pourparlers sérieux et directs pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental.» Motus et bouche cousue de Nasser Bourita. Par ailleurs, alors que Rabat ne reconnaît aucun rôle à l’Union africaine dans l’affaire du Sahara marocain, le communiqué final appelle les deux parties à coopérer pleinement avec «l’envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental», l’ancien président du Mozambique Joaquim Chissano. Bien sûr en plus de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, l’allemand Horst Köhler. Plus grave, la Conférence demande au Maroc de «permettre à la Mission d’observation de l’UA de retourner à Laâyoune (…) pour permettre un suivi indépendants des droits de l’homme dans le territoire» ! En plus de violer la Charte des Nations unies, cette disposition est une grave atteinte à la souveraineté du Maroc et une immixtion inacceptable dans ses affaires internes. Nasser Bourita n’a pas jugé bon de crier au scandale en choisissant de faire profil bas.

Certes le président de la Commission africaine, Moussa Faki Mahamat, a rappelé, oralement, donc sans aucune valeur juridique probante, que la décision 653 adoptée en juillet 2017 était toujours en vigueur, mais à aucun moment il n’a évoqué une quelconque caducité ou nullité de la déclaration finale du 30ème sommet laquelle, il faut le reconnaître, est en défaveur du Maroc. Le texte final a été voté en bonne et due forme, il a donc valeur de droit. Surtout que la Conférence des chefs d’Etat est l’instance suprême et souveraine de l’Union africaine alors que la Commission n’en est qu’un bras exécutif.

Un bémol en revanche : L’adhésion du Maroc au conseil paix et sécurité de l’organisation panafricaine, belle tribune politique et mécanisme militaire intéressant pour déployer notre stratégie africaine et notre vision pour l’avenir du continent.

La balle est aujourd’hui dans le camp du Parlement et ses deux Chambres qui sont tenus de convoquer Nasser Bourita pour qu’il explique les tenants et aboutissants de ses échecs à répétition sur plusieurs théâtres d’opération notre diplomatie, les plus stratégiques : Phosphate, CEDEAO, Pêche et Sahara.

Mouhcine Jazouli, nouvel homme fort de la diplomatie marocaine

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Le Roi Mohammed VI a reçu mardi à Casablanca vingt-deux ambassadeurs étrangers, représentant les cinq continents, venus présenter au souverain leurs lettres de créance en tant qu’ambassadeurs plénipotentiaires et extraordinaires de leurs pays respectifs dans le Royaume. Aux côtés de Sidi Mohamed El Alaoui, Chambellan du Roi, qui a assisté à cette audience, et en l’absence de Nasser Bourita et de Mounia Boucetta, c’était le baptême de feu pour le tout nouveau ministre délégué chargé de la Coopération africaine, Mouhcine Jazouli, qui inaugurait par-là ses charges gouvernementales alors qu’il n’était toujours pas officiellement installé dans ses fonctions. Et si Mounia Boucetta représentait le Maroc à des travaux onusiens portant sur les armes chimiques dans une conférence à Paris, l’absence du chef de la diplomatie, en revanche, soulève quelques interrogations.

Dans les stratégies multilatérales globales engagées par le Maroc, l’Afrique est au sommet des priorités. Il ne s’agit ni d’une lubie, ni d’un fantasme, ni encore moins d’un caprice folklorique. C’est une affaire très sérieuse. Une affaire d’Etat. Celui ou celle qui maîtrise aujourd’hui les arcanes des affaires africaines et des rouages y afférant est le mieux à même de diriger le département des affaires étrangères. La nomination de Mouhcine Jazouli est un véritable camouflet pour Nasser Bourita qui se fait ainsi retirer le portefeuille le plus stratégique de la politique étrangère marocaine à savoir l’Afrique. En France par exemple, le chef de la diplomatie a le titre de ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ce qui signifie que l’Europe est au centre de la politique étrangère du président Macron qui en fait une priorité parmi les priorités. Les ratages de Nasser Bourita, qui a conduit le Maroc dans les méandres d’une crise non avouée avec quelques pays de la CEDEAO, ont poussé les pouvoirs publics à proposer une personnalité qui s’occuperait exclusivement des dossiers africains tant sur le plan politique que celui du développement à l’échelle continentale et de la coopération sud-sud.

Nous évoquions ici même, il y a quelques mois, et en exclusivité, comment Valyans Consulting, cabinet à la tête duquel officiait Mouhcine Jazouli jusqu’à hier, jour de sa nomination en tant que ministre délégué à la Coopération africaine, avait bénéficié d’un contrat avec le département des Affaires étrangères d’un montant de 3 millions de dirhams pour accompagner le département sur des dossiers ad hoc. Le rapport concocté par Valyans Consulting, et commandé par la Secrétaire d’Etat Mounia Boucetta, comporte toute l’orientation de l’Etat marocain concernant la politique africaine du pays et sa stratégie chiffrée au détail près, les contacts, le contenu des négociations, les deals et autres contrats diplomatiques et économiques portés par le Maroc. Fort de ses données, Mouhcine Jazouli a disposé de cinq mois pour «digérer» toute cette stratégie dont il a été un des artisans. Il est donc devenu, tout naturellement, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut : il est aujourd’hui celui qui maîtrise le plus parfaitement le dossier africain, le vrai «Monsieur Afrique» du royaume.

Mouhcine Jazouli, qui a le titre de ministre délégué, assistera aux conseils des ministres, contrairement à Mounia Boucetta qui n’est «que» Secrétaire d’Etat ce qui ne lui permet pas d’y prendre part. «Monsieur Afrique» a déjà assisté à son premier conseil lundi soir juste après sa prestation de serment devant le Roi. Et en tant que «ministre délégué», il a systématiquement la délégation de signature, il n’est donc pas obligé de revenir vers Nasser Bourita pour engager telle ou telle autre dépense. Autonome politiquement, indépendant financièrement et maîtrisant les dossiers dont il a désormais la charge, Mouhcine Jazouli se fraie doucement un chemin vers les cimes de la diplomatie marocaine alors que Nasser Bourita est resté piégé du multilatéralisme global. Mouhcine Jazouli pourra d’ailleurs compter sur l’expérience de l’ambassadeur du Maroc en Argentine, Fouad Yazourh, qui a été bombardé en conseil des ministres directeur général des Relations bilatérales et des affaires régionales, périmètre cher et réservé de Nasser Bourita, ce qui affaiblit davantage ce dernier. Sachant que l’ambassadeur Yazourh, connu pour son dynamisme et son ambition, et qui chapeautera sept directions, dont celle à juste titre des affaires africaines, n’est pas connu pour faire partie de l’écosystème du chef de la diplomatie marocaine à l’inverse de son prédécesseur, Nabil Adghoghi, aujourd’hui ambassadeur du Maroc au Brésil, un fidèle allié de Nasser Bourita.

#Transfer_Pricing : Quand Grant Thornton trace la feuille de route de l’Afrique

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Carrefour entre l’Europe et l’Afrique et au cœur de la dynamique économique marocaine, Grant Thornton Maroc accompagne, depuis ses bureaux casablancais, les décideurs de tous les horizons à faire émerger les opportunités et contribuer à libérer le potentiel de croissance des acteurs de la région. Réunis en séminaire durant trois jours dans la capitale économique du Maroc, les experts de Grant Thornton représentant les régions Cedeao, Cemac, Uemoa et Maghreb ont fait le point, le 23 novembre 2017, sur les règles du Transfer Pricing en présence de 13 pays africains en plus de la France.

Invités exclusifs à cette réunion réservée aux clients du cabinet Grant Thornton Maroc, nous avons été frappés d’emblée par le caractère réaliste, opérationnel et sans langue de bois de l’événement qui contraste avec les messages et postures diplomatiquement correctes des grandes conférences ultra-médiatisées qui se sont multipliées ces dernières années. La priorité a été donnée à la réalité économique des entreprises africaines.

Les intervenants, des professionnels aguerris et experts confirmés dans la fiscalité internationale, venus de contextes multiples et divers ont, en effet, traité de la réglementation fiscale qui accompagne ou freine l’investissement en Afrique, pays par pays. Le regard était celui d’acteurs économiques opérationnels qui gèrent les problématiques quotidiennes des PME africaines.

De plus, écouter parler un fiscaliste traitant des problématiques mondiales et locales des entreprises, des citoyens, des élus, des régions etc. résume fidèlement et simplement le regard de l’Etat, tant sur le fonctionnement micro que macro économique. Sa vision d’ensemble nous permet un raccourci objectif et réaliste : la fiscalité c’est l’Etat !

Le Transfer Pricing entre optimisation et évasion fiscales

Le Transfer Pricing, thème choisi pour cette rencontre est d’une importance capitale pour l’investisseur. Car tout l’intérêt d’un investissement transfrontalier c’est de pouvoir le transférer et en récolter les dividendes sans pour autant grever les bénéfices.

Sauf qu’avec la globalisation et la croissance vertigineuse des résultats des multinationales en dehors des frontières de leurs sièges sociaux, ont poussé les gouvernements et les groupements économiques à surveiller de très près les pratiques d’optimisation fiscales utilisées par ces grands groupes.

Les organismes de régulation scrutent de très près les opérations intragroupes et transfrontalières qui pourraient être sujettes à majorations ou minorations des prix, ou sous forme de prêts consentis dans des conditions différentes de celles du marché, ou correspondre à des versements de redevances excessives sans contrepartie ou absence de redevance, ou à des prises en charge de frais ou d’abandons de créances. Des opérations qui peuvent être assimilées à du transfert indirect de bénéfices en utilisant des moyens détournés pour récupérer les bénéfices réalisés par une implantation étrangère.

Exemple 1 : Au sein d’un groupe, une filiale A établie en France vend des ordinateurs à une autre filiale B établie en Grande-Bretagne, le prix de vente des ordinateurs est un prix de transfert.
Exemple 2 : une société mère française A facture des frais de siège à ses filiales B et C, situées à l’étranger, le service facturé relève des prix de transfert.
Exemple 3 : une entreprise A fabrique en France des biens qu’elle vend à une filiale étrangère B qui les commercialise, le prix de vente est un prix de transfert.
Exemple 4 : une transaction transfrontalière entre des entreprises non associées ne constitue pas un prix de transfert.

 

L’Afrique entre encouragement des IDE et protection de la richesse

Le sujet, très d’actualité, est d’une importance capitale pour l’Afrique, aussi bien en termes du transfert des richesses continentales vers l’occident et l’orient qu’en termes de développement de l’investissement inter-africain et de la coopération sud-sud.

Comme n’a de cesse de le marteler le Roi Mohammed VI, «l’Afrique doit compter sur l’Afrique» et l’Afrique doit tourner la page du colonialisme et de l’exploitation par autrui. Car ce sont les pratiques de certaines multinationales, souvent de la nationalité de l’ancienne puissance coloniale, par lesquelles les transferts s’opèrent vers les sièges et de manière détournée ; ce qui prive le continent de ses richesses et ressources. Durant toute la soirée qu’a duré l’événement, il était frappant de constater la maturité des Etats africains quant à l’élaboration de leurs propres dispositifs fiscaux après des années de «copier-coller des lois du colonisateur» comme l’a si bien illustré un des conférenciers.

Par ailleurs, les intervenants et l’assistance qui ont animé le débat, ont déroulé cas par cas, pays par pays, l’état d’avancement de la réglementation du transfert des prix. Au sujet de l’impact vécu ou attendu sur les projets d’investissement en Afrique dans le cadre de cette tendance des gouvernements africains de réglementer les prix de cessions inter-filiales, jusqu’à les fixer dans certains cas de figures, les experts de Grant Thornton ont précisé que les règles de sous-capitalisation et des prix de transfert en Afrique ont des objectifs sous-jacents à l’équité fiscale à savoir la protection de l’investissement et le développement du tissu bancaire Africain.

Quid de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

Concernant le Maroc, il est intéressant d’étudier l’impact du traitement fiscal des transferts de prix sur les investissements intra-africains, notamment quand le royaume s’arrimera à la CEDEAO et les répercussions sur la liberté de circulation des biens et des services.

A titre d’illustration, la convention fiscale entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, qui offre plusieurs avantages pour les investisseurs des deux pays, n’empêche pas l’application de la réglementation des prix de transfert et des sous-capitalisations. Un point qui a fait réagir un investisseur marocain à Abidjan qui se voit «limité» pour financement de son projet via son siège marocain, car la valeur du transfert représentait plus du double du capital de sa filiale ivoirienne. La réponse à cette inquiétude a été apportée par le fiscaliste représentant le bureau ivoirien de Grant Thornton, qui a expliqué que cette disposition a pour objectif de pousser tout investisseur à recapitaliser son entreprise ou à faire appel au financement bancaire local.

Cependant, sous d’autres cieux, comme la Tunisie, le Sénégal ou le Togo, en quête d’IDE, la réglementation permet une meilleure souplesse dans le mouvement du capital. D’ailleurs, il était intéressant de noter comment chaque expert s’est transformé le temps de cette rencontre en ambassadeur économique de son pays.

Il est certain que les écarts des réglementations fiscales entre les différents pays de la CEDEAO représentent un défi important aux acteurs économiques de la région qui accueillera en son sein, dans les prochains mois, le Maroc en tant que membre important et influent.

Fiscalité, le Maroc pionnier régional

La réunion de travail de Grant Thornton nous a appris, avec objectivité, et sans chauvinisme aucun, que le Maroc constitue et demeure un pays locomotive pour la région CEDEAO, CEMAC ET UEMOA en termes de la réglementation fiscale.

Concernant les prix de transfert, le Maroc a commencé à les suivre de près depuis les années 1990. Le royaume a été d’ailleurs pionnier dans leur intégration dans ses lois de finance. Le Cameroun et le Gabon, par exemple, ont suivi en 2014, la Côte d’Ivoire n’ayant franchi le pas qu’en 2017.

Sans que l’expression soit péjorative, on peut dire que le «Makhzen fiscal» existe bel et bien, résultat d’un cumul d’expertise législative et juridique, car la réglementation marocaine sur ce point précis du transfert des prix, un cas d’école unique au monde, permet à l’administration un total pouvoir discrétionnaire dans la fixation des prix de référence de cession entre filiales. Une particularité qui a fait sursauter l’expert fiscal auprès de la Commission européenne Chaïd Dali-Ali.

Le débat nous a apporté d’autres enseignements concernant le poids, l’influence et la vitalité des économies des pays représentés dans la rencontre Grant Thornton. En effet, la Côte d’Ivoire semble disposer d’un leadership confirmé et incontesté sur son périmètre géographique régional. Aussi, l’Afrique du Sud représentée par le directeur de Grant Thornton Africa, John Lourenço, suit de près et avec beaucoup d’attention l’évolution fulgurante de cette région du continent.

Au Maghreb, si la Tunisie -qui était un certain temps le challenger du Maroc en matière de commerce international- traîne des lacunes et accuse du retard par rapport au reste du continent, l’Algérie est pour sa part hors sujet, son arsenal législatif demeurant désuet et anachronique.

Enfin, l’influence de Paris reste très perceptible sur les décisions économiques et réglementaires du continent. D’ailleurs, le seul pays non africain présent à la conférence était la France.

Algérie-Mauritanie : Le nouveau poste frontalier PK-75 dans la ligne de mire du satellite Mohammed VI-A

Le point kilométrique PK-75, pas loin de Tindouf, a été choisi par les autorités algériennes et mauritaniennes comme point de départ du tronçon routier qui reliera Tindouf à la ville mauritanienne Zouérate, pour faciliter la circulation des personnes et des biens, l’intensification des échanges commerciaux, le désenclavement des populations de cette zone frontalière.

En présence du ministre mauritanien de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah et de l’ambassadeur d’Algérie à Nouakchott, Nouredine Khandoudi, le président mauritanien, Mohamed Abdel Aziz, a reçu, ce mercredi, le ministre algérien de l’Intérieur, Nouredine Bedoui, venu l’informer du contenu de l’accord portant sur l’ouverture d’un passage frontalier et ses «impacts aux plans sécuritaire, économique et social.» Pour le ministre algérien de l’Intérieur, «il s’agit là d’un acquis dont les retombées seront largement bénéfiques» pour les deux pays.

Le Président mauritanien, Mohamed Abdel Aziz, reçoit le ministre de l’intérieur algérien, Nouredine Bedoui

Avec pour objectif non déclaré de contourner le poste frontalier de Guerguerat, les autorités algériennes et mauritaniennes avaient procédé en septembre dernier à la pose de la première pierre du passage frontalier entre les deux pays résultant de la décision de la haute commission mixte algéro-mauritanienne tenue à Alger en décembre dernier.

Mais les enjeux économiques et stratégiques de Guerguerat sont à ce point incommensurables qu’aucun autre poste frontalier n’est à même de le concurrencer surtout avec la future accession du Maroc à la CEDEAO qui renforcera cet axe sensible et fondamental dans les flux nord-sud et sud-sud.

Et la mise en orbite cette nuit du nouveau satellite marocain Mohammed VI-A, qui servira notamment aux activités cartographiques et cadastrales, à l’aménagement du territoire, au suivi des activités agricoles, à la prévention et à la gestion des catastrophes naturelles, au suivi des évolutions environnementales et de la désertification, permettra aussi la surveillance des frontières, parmi lesquelles la verticale allant de Guerguerat à Tindouf, tout au long  des 1 560 km qui séparent le Maroc et la Mauritanie entre les 22e et 26e parallèles Nord.

Abdellah El Hattach

Grave dérive du Secrétaire général des Nations unies : Le Conseil sur la médiation créé par Guterres pullule d’anti-marocains

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Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a nommé auprès de lui un Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation, formé de 18 «personnalités éminentes». Le conseil est chargé de lui prodiguer des conseils sur les initiatives de médiation et de soutenir des efforts spécifiques de médiation dans le monde entier.  Cette structure est formée de 18 dirigeants internationaux, passés et actuels, de hauts fonctionnaires et d’experts renommés qui possèdent, ensemble, une expérience, des compétences, des connaissances et «des contacts sans équivalent.» Parmi ces noms, figurent deux personnalités foncièrement anti-marocaines : Ramtane Lamamra, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, et Olusegun Obasanjo, ex-Président de la République du Nigéria.

Lamamra et Obasanjo, des faucons onusiens

Le Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation a été créé pour permettre aux Nations Unies de travailler plus efficacement avec les organisations régionales, les organisations non gouvernementales et les autres acteurs impliqués dans la médiation dans le monde entier. Sauf que la désignation d’un Ramtane Lamamra et Olusegun Obasanjo dont l’anti-marocanisme est d’un credo caractérisé, n’augure rien de bon.

Antonio Guterres est très au fait de ces sensibilités, on se demande sur quelle base ce choix s’est fait.

Que ce soit en tant que chef de la diplomatie algérienne, ou en qualité de Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine, ou bien auparavant en tant qu’ambassadeur de son pays aux Nations Unies et aux Etats-Unis, Ramtane Lamamra a toujours veillé à saboter les intérêts du Maroc et à mener une politique haineuse vis-à-vis de Rabat, parfois même avec un excès de zèle accentué.

Pour sa part, l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, est un des théoriciens de l’axe Alger-Lagos-Pretoria qui voulait faire de cet espace un ensemble hégémonique dont le but ultime est d’étouffer économiquement le Maroc et le détacher de ses racines africaines. Ce général et ancien commandant en chef des Forces armées nigérianes est un pro-RASD déclaré. De la même manière qu’il a mené des médiations en Angola, au Burundi, au Mozambique, en Namibie et dans la région des Grands Lacs, son rêve est de voir le Sahara indépendant. Mais indépendant dans le cadre d’une confédération avec l’Algérie. Le Nigeria est également l’un des pays qui refusent l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Si l’actuel président, Muhammadu Buhari, souffrant, montre une certaine sympathie envers le royaume, son opinion générale et son opposition ne le voient pas ainsi. Ils estiment une entrée du Maroc au sein de cet espace comme une menace des intérêts supérieurs du Nigeria, refusant net que les frontières de la CEDEAO s’étendent à la méditerranée et au monde arabe. C’est d’ailleurs la conviction de l’ancien ministre nigérian des Affaires étrangères, Bolaji Akinyemi, proche de Olusegun Obasanjo, qui fait véhiculer cet argumentaire raciste et scandaleusement anti-marocain.

Nasser Judeh et Jean-Marie Guéhenno les moins hostiles

Pourquoi Antonio Guterres n’a choisi aucun marocain pour siéger dans ce Conseil ? Ou un tunisien à titre d’exemple? Ou juste éviter de provoquer gratuitement le Maroc par la nomination de personnalités qui respirent la haine envers le royaume ?

Rabat, dans le rush des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, n’a pas encore fait de commentaire à ce sujet.

Les autres membres du Conseil sur la médiation ne font malheureusement pas le poids devant ces deux ténors des relations internationales et de la diplomatie globale.

Et même si ces personnalités disposaient de l’envergure nécessaire, combien sont-ils sur qui le Maroc peut compter ? La Présidente chilienne Michelle Bachelet ? Elle est tout aussi proche du Maroc que de l’Algérie. La libérienne Leymah Gbowee Lauréate du prix Nobel de la paix ? Trop droit-de-l’hommiste pour s’adapter aux approximations du gouvernement El Otmani.

Peut-être le jordanien Nasser Judeh, ancien Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du royaume Hachémite. Un vrai ami du Maroc. Mais sans plus.

Le Lauréat du Prix Nobel José Manuel Ramos-Horta, originaire de Timor-Leste ? C’est un indépendantiste convaincu et défenseur des droits des peuples à l’autodétermination.

Reste peut-être Jean-Marie Guéhenno, chevronné diplomate français, spécialiste du monde arabe et théoricien de la doctrine de la France en matière de défense et de sécurité nationale sous François Hollande. Espérons qu’il ait été «approché» en amont par nos diplomates.

Guterres n’en est pas à sa première bourde

Il ne s’agit pas du premier dérapage du Secrétaire général des Nations unies depuis son élection. En mars dernier, il demandait à Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie occidentale, de retirer un rapport critique sur Israël. La responsable onusienne, de nationalité jordanienne, n’a pas voulu se soumettre à l’injonction d’Antonio Guterres, qui lui a intimé l’ordre de «de repenser sa décision». Récusant cet ordre, elle a préféré présenter sa démission.

En tout état de cause, et devant cette configuration pas très optimiste, les jours à venir ne s’annoncent pas faciles. Ce Conseil risque de donner du fil à tordre à la diplomatie marocaine qui manque de relais solides dans le nouveau groupe qui vient d’être formé. Nasser Bourita devrait profiter de sa présence à New York pour tirer rapidement au clair cette affaire, directement avec Antonio Guterres dont le chef du Gouvernement, Saad dine El Otmani, disait qu’il était un «grand ami du Maroc».

Abdellah El Hattach


Liste complète des 18 membres du Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation:

  1. La Présidente Michelle Bachelet (Chili)
  2. Mme Radhika Coomaraswamy (Sri Lanka)
  3. Mme Leymah Gbowee (Libéria)
  4. M. Jean-Marie Guéhenno (France)
  5. Mme Tarja Halonen (Finlande)
  6. M. David Harland (Nouvelle-Zélande)
  7. Mme Noeleen Heyzer (Singapour)
  8. M. Nasser Judeh (Jordanie)
  9. M. Ramtane Lamamra (Algérie)
  10. Mme Graça Machel (Mozambique)
  11. Mme Asha-Rose Migiro (Tanzanie)
  12. M. Raden Mohammad Marty Muliana Natalegawa (Indonésie)
  13. M. Olusegun Obasanjo (Nigéria)
  14. Mme Roza Otunbayeva (Kirghizistan)
  15. Mme Michèle Pierre-Louis (Haïti)
  16. M. José Manuel Ramos-Horta (Timor-Leste)
  17. M. Gert Rosenthal (Guatemala)
  18. Archevêque Justin Welby (Royaume-Uni)

Après l’Afrique et l’Asie, Netanyahu à la conquête de l’Amérique latine

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Jamais un premier ministre israélien en exercice ne s’était rendu auparavant dans un pays d’Amérique latine, et ce depuis la création de l’Etat hébreu en 1948. Benjamin Netanyahu compte ainsi visiter respectivement le Mexique, l’Argentine et la Colombie, un périple de cinq jours qu’il entame dès ce dimanche. Cette tournée latino-américaine intervient une année après celle effectuée par Netanyahu en Afrique de l’Est et qui a conduit le premier ministre israélien en Ouganda, au Kenya, au Rwanda et en Éthiopie. En juin dernier, Netanyahu participait au sommet de la CEDEAO, véritable offensive israélienne en Afrique de l’Ouest avec, comme objectif annoncé, retrouver une place d’observateur au sein de l’Union africaine. Tous ces mouvements ont un but ultime : une normalisation totale des relations avec le groupe des 77 et garantir désormais, à travers cette action, un vote sinon favorable, au moins neutre dans les instances des Nations unies.

Benjamin Netanyahu et sa femme s’envolent vers l’Amérique latine

Historiquement, les pays de l’Amérique du sud sont traditionnellement pro-palestiniens. Dans leur quasi-majorité, ils font partie du G77 réunissant d’anciens pays non-alignés aux côtés de nations africaines et asiatiques. La fameuse Tricontinentale basée à La Havane et dont le Secrétaire général n’était autre que Mehdi Bebarka.

Netanyahu ne se rend pas dans cette région les mains vides. Si pour sa tournée africaine il a misé 1 milliard de dollars pour des projets modernes de troisième génération, en Amérique latine il proposera d’importants contrats d’armement. Il jouera aussi sur la fibre affective et passionnelle en participant à Buenos Aires à une cérémonie à la mémoire des victimes des attentats de 1992 et 1994 contre respectivement l’ambassade d’Israël en Argentine et un centre culturel juif.

Le premier ministre israélien, qui rencontrera également dans la capitale argentine le président paraguayen Horacio Cartes, tentera de convaincre ses interlocuteurs de l’importance de s’allier à un nouveau partenaire au détriment de l’ami palestinien.

Avec ce déplacement en Amérique du sud, Benjamin Netanyahu part armé d’alliances nouvelles et solides en Afrique, ainsi que de nouveaux partenariats en Asie –Inde, Russie, Chine et Japon-  et des contacts avancés avec plusieurs pays arabes, dont des pays importants du CCG et d’autres non signataires d’Accords de Paix avec l’Etat hébreu.

D’ailleurs, en recevant l’année passée le président du Guatemala, Jimmy Morales, Netanyahu avait la certitude que 2017 serait pour son pays celle de la grande offensive diplomatique internationale. Netanyahu ne compte pas s’arrêter là. A New York, il présentera la candidature d’Israël pour un siège permanent…au Conseil de sécurité !

La crise du Golfe, le rapprochement entre Ryad et Téhéran, la suprématie russe dans toute la région du Moyen-Orient, les changements climatiques majeurs qu’on suit désormais on live à la télévision, les flux migratoires de masse ont fait presque oublier la cause centrale des pays arabo-musulmans.

En effet, avec cette vague de normalisations tous azimuts, la cause palestinienne semble être rétrogradée à une place inférieure dans l’échelle des priorités diplomatiques des principales capitales mondiales. Si l’ex-G77 bascule dans le camp israélien, on peut dire de facto que la question palestinienne est pliée.

Abdellah EL HATTACH

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