Benjamin Stora

Hammouchi reçu au Centre national du contre-terrorisme, la nouvelle Task Force du renseignement auprès de Macron

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Oubliées les bisbilles diplomatico-judiciaires qui ont entaché les relations entre le Maroc et la France sous François Hollande ? Et les attaques dont Abdellatif Hammouchi, patron de la police et des services secrets marocains, avait été la cible par certaines ONG et autres milieux politico-médiatiques de l’Hexagone ? C’est ce que croient savoir nos confrères de Mondafrique qui font état d’une réunion, il y a quinze jours, à l’Elysée, du directeur général de la DGSN et de la DGST avec ses homologues français du contre-espionnage et du renseignement.

Présenté comme l’interlocuteur «privilégié de la France au Maroc sur les dossiers sécuritaires», Abdellatif Hammouchi aurait eu, «de longues discussions avec les proches collaborateurs du président français, Emmanuel Macron, notamment sur des dossiers se rapportant à la lutte contre le terrorisme.»

Abdellatif Hammouchi ne serait pas «un inconnu» pour Emmanuel Macron, lequel aurait eu «un entretien avec Abdellatif Hammouchi juste après son dîner avec le souverain marocain, Mohamed VI» lors de sa récente visite à Rabat, ajoute Mondafrique. Emmanuel Macron aurait même été, «impressionné par la maîtrise des dossiers sécuritaires dont a fait preuve le patron des renseignements chérifiens».

Informé de la visite de Abdellatif Hammouchi à l’Elysée, «le président français aurait tenu à passer une tête chez ses collaborateurs et à s’entretenir sur les dossiers sécuritaires» avec le patron des services marocains de renseignements.

LE1.ma avait fait état de la création, le 8 juin 2017, d’une «task force» placée auprès du président de la République française chargée du «pilotage stratégique des services de renseignement» à la tête de laquelle a été nommé l’ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian. Emmanuel Macron avait procédé, à la même date, à la nomination du préfet Laurent Nunez en tant que directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), et Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, en tant que patron de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).
Pour rappel, Emmanuel Macron a comme «confident» l’historien Benjamin Stora qui s’affiche désormais solennellement auprès du chef de l’Etat français en qualité de «conseiller officieux» pour les affaires du Maghreb et dont il a l’oreille.

LE1

Benjamin Stora, le référent attitré de Macron pour les Affaires et l’Histoire du Maghreb

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Pour la seconde fois en moins d’un mois, le président français, Emmanuel Macron, recevra ce jeudi à l’Elysée, l’historien Benjamin Stora qu’il avait déjà rencontré lors d’un tête-à-tête le 23 juin dernier. Si Benjamin Stora était connu pour être un visiteur du soir du temps de François Hollande, dont il était un proche ami, -les deux hommes ayant en commun un attachement particulier à l’Algérie, il est considéré aujourd’hui, aux côtés de Richard Ferrand -l’éminence grise du jeune président, comme son conseiller officieux pour les Affaires du monde arabo-musulman, et de l’Afrique du Nord en particulier. Véritable encyclopédie vivante de l’histoire contemporaine du Maghreb, il joue le rôle de référent historique patenté pour ces questions auprès du chef de l’Etat.

Membre de plusieurs délégations françaises ayant accompagné l’ancien président dans ses visites en Algérie, Benjamin Stora a été d’un grand soutien à Ségolène Royal lors de la présidentielle de 2007. D’ailleurs, c’est lui qui a introduit plusieurs personnalités franco-algériennes dans l’entourage de François Hollande et qui occuperont de hautes fonctions gouvernementales auprès de l’ex-Chef de l’Etat.

Aujourd’hui, Benjamin Stora, Président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration –c’est son titre officiel- pilote, en particulier, toute la politique maghrébo-arabo-musulmane d’Emmanuel Macron, et en général la politique étrangère du président français.

Juif français d’origine algérienne, et auteur du Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, Benjamin Stora grandit dans la communauté juive de Constantine. Il conseille désormais Emmanuel Macron comme il le faisait avec François Hollande mais d’une manière plus appuyée et davantage prononcée. Benjamin Stora est désormais annoncé officiellement dans l’agenda du président dont il est le confident attitré. A 66 ans, il connaît parfaitement les arcanes et les rouages des politiques du monde arabo-musulman sur lequel il a publié des dizaines d’ouvrages et d’articles de référence.

Rappelons-nous, suite aux propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation qu’il a qualifiée de «crime contre l’humanité», et qui ont vu une véritable levée de boucliers de la part d’une partie de la classe politique française, c’est justement Benjamin Stora qui est venu à la rescousse du président, alors candidat à l’Elysée, en déclarant que « les historiens ont apporté la preuve des massacres » commis par la puissance coloniale, en parlant de l’Algérie. Emmanuel Macron n’oubliera jamais ce coup de pouce salvateur de Stora, dans une période où rien n’était encore joué pour les présidentielles.

Fin tacticien, c’est lui qui aurait soufflé à Emmanuel Macron de se rendre en premier au Maroc pour y rencontrer le Roi Mohammed VI plutôt qu’en Algérie. La visite du président français qui a été présentée, par l’entourage même de Macron, comme un appui fort et un soutien souverain de Paris à Rabat, alors que la situation institutionnelle et socio-politique du royaume passent par une phase sensible et délicate. Plusieurs sources médiatiques ont évoqué une possible visite imminente de Mohammed VI en France où il rencontrera, probablement, le chef de l’Etat français.

D’après l’organigramme de l’Elysée, c’est la jeune franco-tunisienne de 40 ans, Ahlem Gharbi, parfaitement arabophone, qui chapeaute la cellule Afrique du Nord et Moyen-Orient sous les ordres de Aurélien Lechevallier, Conseiller diplomatique et sherpa du président, et aux côtés du Conseiller Afrique, Franck Paris. Cela dit, c’est Benjamin Stora, brillantissime intellectuel et académicien de renom, qui détient le dernier mot sur ces dossiers dont il manie, avec grand talent, les secrets.

 

Abdellah El Hattach